I FORMES AIGUES
Le Syndrome clinique.
Le propre de l’hémorragie ovarienne est de n’avoir pas de physionomie personnelle et d'évoluer essentiellement sous le masque de deux affections : l’appendicite aiguë et la rupture de grossesse tubaire.
1°, Forme pseudo appendiculaire,
Le début est marqué par une douleur vive. Tantôt, elle se localise d'emblée à la fosse iliaque droite, tantôt elle est d’abord diffuse dans l’hypogastre et ne vient que secondairement se limiter dans le quadrant inférieur droit de l’abdomen.
Elle s’accompagne de nausées et très souvent de vomissements.
A l’examen, on note très rarement de la contracture vraie : dans la plupart des observations, on parle de défense musculaire dans la fosse iliaque droite qui est douloureuse à la palpation.
C’est absolument un tableau d’appendicite aiguë auquel ne manque même pas l’élévation thermique, la température atteignant 37,5-38 ou 38,5.
Cependant le pouls est souvent plus rapide que ne le comporte la fièvre et surtout on note une certaine pâleur du visage.
Cette forme pseudo-appendiculaire se trouve réalisée 44 fois sur 80 cas relevés dans la littérature, sept fois sur seize dans nos observations.
Les hémorragies ovariennes des vierges sont presque toujours opérées avec le diagnostic d’appendicite.
LE en
Un point très important sur lequel a insisté notre maître, M. le Professeur ProusT est que le {type pseudo appendiculaire n'est nullement réservé à l'ovaire droit.
Sur 35 cas où on est intervenu avec le diagnostic d’appendicite et où le côté qui saigne est indiqué nous notons que 16 fois l’ovaire gauche est le siège de l’hémorragie. Les malades de nos observations IX, XI, XII opérées pour appendicite aiguë avaient une rupture de corps jaune de l’ovaire gauche.
2°. Forme simulant la rupture de grossesse ectopique.
Quand les signes d’hémorragie interne sont au premier plan, le tableau réalisé est celui d’une grossesse ectopique rompue ou fissurée.
Le début ici encore est marqué par une douleur très vive dans l’hypogastre.
Dans plusieurs observations, on signale son irradiation scapulaire.
Parfois elle s’accompagne de syncope, souvent de lipothymies.
La pâleur de la face est extrême, les muqueuses sont décolorées, le pouls est petit et très rapide.
On pense d’autant plus volontiers à une rupture de grossesse tubaire que le toucher vaginal révèle souvent la sensibilité exquise du Douglas et permet de percevoir une annexe augmentée de volume.
Parfois cependant ce toucher vaginal est impossible, le syndrome a été, en effet, observé chez des sujets vierges où il acquiert alors une valeur diagnostique de premier ordre.
Un autre signe de valeur est l’absence de suintement sanguin qui est notée dans 75 % des cas par L. SImoN.
Il existe des cas à évolution suraiguë, tel celui de la jeune fille de 26 ans observée par Bockor. Elle avait été éveillée par des douleurs extrêmement vives puis était tombée en syncope. À l’autopsie, on trouva le ventre plein de sang et la rupture d’un kyste de corps jaune de l’ovaire gauche.
ATAJANZ put opérer sa malade à temps, mais elle lui fut amenée en état de mort imminente.
Plus nombreux sont les cas où l’évolution plus lente et se
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faisant par à-coups on voit se constituer progressivement un tableau d'hématocèle rétro-utérine.
Nous en rapportons plusieurs observations.