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tations histologiques ne permettent de trouver une cause nette à l’hyperémie.
Aussi est-elle jusqu’à un certain point physiologique : peu d'organes sont soumis à de plus brusques variations de régime circulatoire que l’ovaire.
STAPFER dans un ouvrage qui a connu un moment de vogue a insité sur ces variations physiologiques. Pour lui, deux vagues de sang envahissent à jours fixes et à intervalles égaux les organes pelviens : la première vague occupe le milieu du cycle menstruel, son sommet étant atteint du quatorzième au seizième jour, la deuxième vague occupe les deux extrémités du cycle. Précédant les vagues il y a des phases de congestion passive ou molimens : le premier molimen précède la vague intermédiaire de trois à six jours, le deuxième molimen précède d’une semaine la deuxième vague.
MarTY dans sa thèse admet que les hémorragies ovariennes surviennent généralement pendant les deux molimens de Stapfer.
Les chiffres que nous avons donnés dans notre chapitre étiologique et qui montrent la fréquence des hémorragies du 14° au 16° jour et dans la période prémenstruelle nous conduisent plutôt à admettre leur coïncidence avec les vagues.
Cest à une hauteur anormale de ces vagues qu’il faudrait attribuer un certain nombre d’hémorragies et il n’est pas interdit de penser que la cause profonde doit en résider dans un déséquilibre sympathique d'origine endocrinienne.
Nous nous permettrons d’ailleurs de risquer une hypothèse sur le rôle possible d’une glande à sécrétion interne, l’hypophyse dont on sait les relations étroites avec l’ovaire.
Faut-il rappeler qu’on admet actuellement que son lobe antérieur sécrète deux substances : l’une le prolan A qui déclanche la maturation folliculaire, l’autre le prolan B qui est une hormone de lutéinisation ?
Le passage dans la circulation d’un excès d'hormones antéhypophysaires intensifiant maturation folliculaire ou lutéinisation pourrait amener de telles hémorragies.
En faveur de cette hypothèse, nous trouvons deux arguments, l’un expérimental, l’autre anatomique.
L'argument expérimental nous est fourni par l'existence des hémorragies dans les kystes lutéiniques observés sur les
RE
ovaires des animaux femelles chez lesquelles on pratique la réaction d’Ascheim Zondek ou une réaction qui en dérive.
L'argument anatomique réside dans la fréquence de la dégénérescence microkystique des ovaires qui saignent. Cette dégénérescence reste sans doute discutée dans son mécanisme, mais les données physiologiques modernes conduisent à préférer aux anciennes théories mettant en cause une inflammation que rien ne prouve, les conceptions qui lattribuent à un trouble endocrinien dont le primum movens serait hypophysaire.
L'apparition des hémorragies après le coït signalée plus haut pourrait s’expliquer par la stimulation hypophysaire qu’il provoque, on sait d’ailleurs que chez les rongeurs, il est nécessaire pour déclencher la maturation folliculaire.
Si l’existence des hémorragies intrapéritonéales d’origine ovarienne se trouve assez bien expliquée par les considérations pathogéniques précédentes, leur importance considérable dans certains cas reste assez peu compréhensible quand il n’y a pas une grande dyscrasie sanguine en cause.
Faut-il invoquer la sécrétion d’une substance anti-coagulante ? Seitz a isolé du follicule en évolution une lipamine anticoagulante mais il a extrait du corps jaune une substance lutéolipoïde hémostatique et les hémorragies les plus fréquentes sont celles du corps jaune.
RoTH a parlé d’un facteur qui nous paraît très important, c’est l’aspiration par la cavité péritonéale.
La tension intrapleurale se prête à une étude facile qui a été faite depuis longtemps. La tension intrapéritonéale serait au contraire d’une étude très difficile, mais il est certain qu’elle est sujette à de très grandes variations de tous les instants avec l'effort, la respiration, la replétion du tractus intestinal et des organes pelviens.
Son état intervient sans doute dans le déclenchement de la torsion des organes intrapéritonéaux. Sans compter les autres causes possibles chaque mouvement respiratoire doit entraîner une véritable action de succion sur un ovaire qui saigne.