CHAPITRE II
HEMORRAGIES D'ORIGINE UTERINE
HEMORRAGIES PAR REFLUX UTERO TUBO PERITONEAL CATAMENIAL
Historique.
Le reflux de sang menstruel utérin par les trompes est une des hypothèses le plus anciennement soulevées pour expliquer les hémorragies intrapéritonéales avant la connaissance de la rupture de grossesse tubaire.
En 1848, BERNUTZ émit cette théorie dans un travail intitulé « Mémoire sur la rétention messtruelle » et ALPHONSE GUÉRIN la soutint.
RICHET, GALLIARD, GUYON, l’attaquèrent avec passion.
Pathogénie.
On peut classer les hémorragies par reflux en deux catégories :
— les hémorragies par reflux par obstacle utéro-vaginal,
— les hémorragies par reflux sans obstacle.
1°. Reflux par obstacle utéro vaginal.
Le reflux utéro-tubo-péritonéal peut se voir dans tous les cas où il y a un obstacle à l’écoulement du sang menstruel : absence de vagin, imperforation hyménéale, malformation utérise, sténose ou atrésie du canal cervical, oblitération de l’orifice cervical par un myome sous-muqueux.
Mais tous les cas où il y a obstacle à l'évacuation des règles ne s’accompagnent pas d’hémorragie intrapéritonéale, celle-ci
y est même l’exception puisque PuEcx sur 310 cas ne l’a notée que 16 fois.
L'hématométrie simple est en effet l’éventualité la plus fréquente et déjà plus rare est l’hématométrie compliquée d’hématosalpinx. :
2°. Hémorragies par reflux sans obstacle mécanique.
BERNUTZ qui, répétons-le, ignorait tout de la grossesse extrautérine, avait imaginé pour expliquer le reflux utéro-péritonéal en l’abstnce de tout obstacle anatomique, un obstacle physiologique créé par la contraction du col utérin.
Rien n’est venu étayer cette hypothèse.
Néanmoins, il est incontestable que nombre d’auteurs ont constaté au cours de laparotomies faites en période menstruelle, l'issue du sang par le pavillon de la trompe, nousmême avons pu faire semblable constatation dans le cas relaté plus loin.
Mais il est très difficile de savoir si le sang ainsi épanché provient de la muqueuse utérine ou de la muqueuse tubaire, s’il y a reflux utéro-tubo-péritonéal ou reflux tubo-péritonéal.
La constatation de débris de muqueuse utérine ne permet même pas la différenciation, car nous avons vu que la menstruation péritonéale peut s’observer au cours de l’endométriose tubaire.
La question du reflux utérin physiologique a cependant repris un grand intérêt, du fait qu’elle est à la base de la théorie nugratoire de SAMPSON de l’endométriose.
La trompe dans les conditions normales oppose une assez forte résistance au reflux utérin : l’insufflation tubaire nécessite une certaine pression pour vaincre le sphincter décrit par SCHNEIDER et EISCH.
Boxp1 n’a pu forcer l’ostium utérinum par la distension de l’utérus provoquée par la mise d’un obstacle à l’évacuation de ses sécrétions.
Cependant, on peut admettre avec SAMPsON que des modifications dans la position de l’utérus (rétroflexion) ou des formations pathologiques utérines (myomes sous-muqueux) pourraient favoriser le reflux du sang menstruel.