‹ Les hémorragies des hépatiquesChapitre 18 sur 48 · LA NE A · texte numérisé non relu

LA NE A

et décédés dans les services de médecine de Genève de 1900 à 1930, la grande diathèse hémorragique, avec purpura est notée dans 4,3 % des cas, les hémorragies diverses dans 38 % des cas.

Ces manifestations hémorragiques surviennent dans toutes les sortes de cirrhoses.

Elles consistent en épistaxis, gingivorragies dont on sait qu’elles sont d’observations courantes dans les cirrhoses, parfois manifestations uniques, beaucoup plus souvent répétées, mais peu abondantes.

L’apoplexie laryngée (DEBove) est très rare : Les hémorragies digestives, gastriques, intestinales, peuvent survenir au cours de ce tableau.

Signalons enfin la possibilité de ménorragies et même de métrorragies, d’hématuries très rares.

L’hématome du grand droit (PouLain et DEvE) est de même un accident exceptionnel et tardif.

Le purpura se manifeste sous forme d’ecchymoses faciles, de petechies siégeant surtout aux parties déclives. :

Parfois, c’est un simple petit piqueté hémorragique ne s’effaçant pas à la pression, parfois de grandes plaques purpuriques des jambes ou des chevilles coexistant avec l’œdème.

Il faut en rapprocher les varicosités du visage, les noevi vasculaires, toutes les petites altérations des capillaires sur lesquelles ont insisté Hanor et GILBERT, Boucnarp, GizserT et HerscHER et plus récemment N. FressiNGer.

On se contentait autrefois de noter tous ces signes

SE Ua

rattachés à l'insuffisance hépatique et par analogie quand on les rencontrait au cours de maladies infectieuses ou d’intoxications, on ineriminait l’atteinte du foie dont elles étaient considérées comme le signe le plus précieux. |

On connaissait de longue date le rôle du foie dans la coagulation du sang, et les travaux de Doyox, de Nozr étaient venus le confirmer.

C’est cependant à la lueur des travaux récents qu’on a exploré systématiquement les différentes fonctions sanguines des hépatiques.

P. E. Weiz, Bocace et Iscm Warr précisent en 1922 les résultats de leurs recherches chez plus de 100 hépatiques, et décrivent lesyndrôme de l’insuffisance hémocrasique du foie.

I comporte :

19 frrétractlité du caillot : la diminution de la rétractilité du caillot, parfois l’absence de retraction après 24 heures sont à peu près constantes, il n’y a pas d’exsudation du sérum.

2€ Emiettement du caillot : la partie inférieure du caillot est dissociée au bout de 24 heures ; quand on agite le tube il se détache des globules rouges des bords du caillot. témoignage de sa fragilité.

30 Redissolution du caillot : Le caïllot conservé sous huile de paraffine se redissout en grande partie au bout de 24 à 48 heures, alors que chez l’homme normal il n’y à pratiquement pas de dissolution avant 4 à 5 jours.

Tous ces signes témoignant de la mauvaise qualité

LR

du caïllot ont conduit P. E. Wgiz à rechercher l’état des hématoblastes et il en a constaté la déminution souvent importante, même en dehors de toute hémorragie.

Ceci concorde avec les recherches anatomiques de J. Rossier qui trouve récemment que 90 % des cas de cirrhoses présentent des lésions médullaires, caractérisées essentiellement par

19 une érythropoïèse active

20 une grande diminution des mégacaryocytes.

Quant au retard de la coagulation il est rarement observé, la coagulation se faisant alors sur le type plasmatique, et il s'agissait toujours d’un syndrome hémophilique du sang sans traduction clinique et insoupçonné.

Tous ces stigmates sont ceux que l’on rencontre chez les hémogéniques ; cliniquement ils s’extériorisent par la prolongation du temps de saignement.

Mais l’épreuve de Due fournit des résultats variables chez les hépatiques, comme chez les hémogéniques quand on la pratique à différentes reprises.

Il faut donc se garder de conclure sur un seul examen que le temps de saignement est normal.

Des examens répétés montreront dans un grand nombre de cas même en absence d’hémorragies, des temps de saignement exagérés et arythmiques ; ces résultats sont presque constants dans les ictères, les foies cardiaques ou congestifs.

Dans les cirrhoses, dans la moitié des cas les temps de saignement paraissent normaux ou sub-

Ha

normaux, mais on observe des poussées pendant lesquelles ils augmentent brusquement.

N. Fressincer partage l’avis de P. E. Werz quant à l'absence de prolongation du temps de coagulation. Mais il souligne l’inconstance de laugmentation du temps de saignement et même du signe du lacet.

Il insiste avec Draconescu sur la fragilité des capillaires dont témoignent varicosités, taches rubis ; c’est dans la résistance diminuée du capillaire sanguin que réside pour lui la cause des hémorragies des hépatiques.

En résumé, pour tous les auteurs, c’est une action complexe endothélho-plasmatique qu'il faut rechercher à l’origine du purpura des hépatiques ; le temps de saignement, le signe du lacet, les varicosités capillaires, permettent d’en apprécier les éléments.

Ces résultats sont assez surprenants et MM. P. E. Wei, Bocace et Iscu-Wazrr, l'avaient remarqué : alors qu’expérimentalement les grandes intoxications lésant le foie chez l'animal, provoquent un grand retard de la coagulation, chez les hépatiques, c’est le trouble le plus rarement observé et l’on est en présence de. modifications de type hémogénique.

À propos d’une communication de M. ABraAMi, M. AUBERTIN exposait récemment que pour lui, contrairement à l’opinion de P. E. War, l’hémophilie est plus fréquente chez les hépatiques que l’hémogénie ; cette discordance de vue s’expliquerait par le fait qu’il n’a examiné que des hépatiques qui

Page 1