‹ Les hémorragies des hépatiquesChapitre 28 sur 48 · TOUS · texte numérisé non relu

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poison, en l'occurence le phosphore ou le chloroforme.

Le fait que par l’hépatectomie on provoque la disparition du fibrinogène du sang, et l’incoagulabilité sanguine, que par intoxication phosphorée on obtienne la même baisse du fibrinogène avec incoagulabilité, et au surplus tendance manifeste aux hémorragies, semble donner la confirmation expérimentale aux données de la clinique.

CRITIQUE DES FAITS CLINIQUES. — En clinique disent tous les auteurs, la tendance aux hémorragies présentée par les malades atteints de certaines affections du foie, est de connaissance très ancienne.

On peut invoquer HippocRATE et GaLten, les travaux de Monnerer, Gu8Ler, MurcniNson, ceux de la plupart des hépatologistes modernes.

On note en effet des hémorragies dans des maladies réputées pour frapper exclusivement le foie, ictère grave, cirrhoses.

29 Dans des intoxications ou infections générales, affectant le foie : spirochétose, fièvre jaune, rougeole (Huninez), variole, scarlatine, typhoïde, syphilis, diphtérie (CourmonrT, Doyon, Pavror).

Or il n’y à pas de maladies frappant exclusivement le foie. L’ictère grave est la traduction d’une infection ou d’une intoxication générale dans laquelle le foie est gravement lésé, mais tout autant que lui le rein, et la rate dont l'atteinte constante se traduit

par l’augmentation de volume et par des témoignages nécropsiques.

On peut leur attribuer tout aussi bien qu’au foie origine des hémorragies.

La cirrhose est une maladie générale qui frappe rate, foie, pancréas, capsules surrénales, endothehums, vasculaires, elle n’est pas un argument valable.

Quant aux affections générales, hémorragipares, elles frappent le foie certes, et cette atteinte est sans doute nécessaire à la production des hémorragies dont le mécanisme est très complexe.

Mais son rôle est-1l prédominant ? voire unique comme on le prétend ?

Un autre organe est frappé parallèlement à lui avec la même fréquence, et une imtensité plus grande peut-être et c’est la rate.

Elle est toujours lésée dans la spirochétose, dans la fièvre jaune, dans la syphihis et cette atteinte est si commune que la splénomégahe est un symptôme même de ces affections.

Nous avons eu cet hiver l’occasion de voir 2 rouseoles présentant une éruption purpurique chez des enfants, dans les deux cas on retrouvait une splénomégalie importante, rate facilement palpable ; or c’est un symptôme inhabituel dans les rougeoles banales.

Nous venons d’observer une diphtérie oculaire, chez un enfant de 3 ans, d’allure grave d’emblée et rapidement mortelle, des epistaxis, des gingivorra-

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gies, un temps de saignement apparemment très prolongé, (il ne fut pas recherché, mais les piqûres pratiquées étaient le siège d’un saignement difficile à arrêter), nous invitent à palper sa rate, elle est volumineuse, très facilement accrochable.

Dans 2 autres diphtéries malignes avec purpura et hémorragies, même splénomégalie. Remarquons en passant que la diphtérie est une maladie à indice de coagulabilité élevée (BLocu). On peut donc dans tous ces cas, incriminer la rate, au moins autant que le foie dans la pathogénie des hémorragies.

En ce qui concerne la fièvre typhoïde, V. AubIBERT et A. Raypaup dans un mémoire récent sur lhémogénie typhique viennent corroborer notre opinion.

D'une série d’observations ils concluent que chez les typhiques « l’hémorragie typique ulcérative est une rareté, et que la dyscrasique est la règle », ils ont trouvé chez un certain nombre de typhiques une prolongation du temps de saignement, de la thrombopénie, le signe du lacet ; la coagulation était modifiée de façon plus inconstante ; ils ont retrouvé cet état chez tous les typhiques ayant saigné et aussi chez certains malades n’ayant pas présenté d’hémorragies, formes latentes.

De tous ces stigmates ils estiment que le plus constant, le plus important est le signe du lacet.

À l’origine de cette dyscrasie endothélio-plasmatique ils recherchent l’attemte hépatique.

Mais fait nouveau, ils insistent sur le rôle possible

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