RP
paraît, la tension artérielle subit une nouvelle ascension, à 15/10, et atteint 19/12 le 14 novembre.
Des troubles sympathiques laissent prévoir l’approche d’une prochaine menstruation ;
Des signes méningés se manifestent à nouveau et une nouvelle ponction lombaire ramène un liquide sanglant. . Le 15 novembre les règles apparaissent avec une poussée d’herpès labial.
Le 17 novembre le tableau s’aggrave : La contraction, l’hvperthermie assombrissent le pronostic.
La tension artérielle est à 17,5/10.
L’albuminurie est de 5 grammes.
L’azotémie de 4,30 o.
Le 21 novembre la malade succombe. »
O8s. X. — «L'autre observation concerne une femme de A1 ans, qui est admise à l'hôpital à la suite d’un malaise subit avec perte de connaissance.
Le 26 avril elle avait eu ses règles dans des délais normaux. Mais une céphalée vive, avec une légère raideur de la nuque ava'ent précédé le flux menstruel de 48 heures.
Le 30 avril, les règles cessent.
Le lenderaain, 17 mai, elle a cette syncope à l’occasion de laquelle elle est amenée à l'Hôpital.
À l'examen on constate que la céphalée des jours précédents persiste avec exacerbation. De plus la malade a des vomissements.
Il existe des contractures, un signe de Kernig, et les deux signes de Brudzinski.
Le faciès est vultueux et aux lèvres existe un herpès résiduel qui date des dernières règles.
La tension artérielle au Pachon est à 17/8.
L’azotémie est de 0,30 °/s.
Par Ha ponction lombaire on retire un liquide sanglant.
eo N Et
La durée des temps de saignement et de coagulation est normale, dit l’auteur, (il n’est pas donné de chiffre). Dans le sang et dans le L. C. R. la réaction de B.-W. est négative. L’anamnèse de cette femme apprend qu’en 1917 elle avait eu des accidents méningés, sur la nature desquels on n’a aucun détail ; on ne sait même pas s’il fut pratiqué une P. L. Toujours est-il qu’à cette époque, elle reçut des injections de cyanure de mercure.
Le 25 mai, la malade quitte l'hôpital très améhorée, malgré la persistance de la céphalée et d’une raideur de la nuque. On institue chez elle un traitement par le cvanure de mercure.
Le 4 juin, venant à la consultation pour son injection on apprend qu’elle a ses règles depuis le matin. Brusquement elle perd connaissance. On l’hospitalise et on constate l’existence d’un syndrome méningé. Par la ponction lombaire, s’écoule un liquide franchement sanglant.
L'examen du fond d’œil est normal.
Le 23 juin la malade termine ce second séjour à l'hôpital très améliorée. ;
Le 28 juin elle vient consulter à l’occasion du début d’une nouvelle période menstruelle ; mais aucun incident ne marque cette menstruation.
On la suit ainsi jusqu’en décembre suivant mais rien n’est à signaler. »
En ce qui concerne la première de ces observations, c’est l’histoire d’une hémorragie méningée cataméniale, à répétition survenue chez une femme hypertendue et azotémique. S1 l’on ne considérait que l’une des deux phases de l’histoire de cette malade, on serait en droit de conclure qu'il s’est agi d’une hémorragie méningée déterminée par l’hypertension,
André Amphoux. 3
et d'envisager la coïncidence des règles, comme une circonstance purement fortuite ; mais l’observation complète incite à penser différemment, car, si c’est chaque fois au cours d’une période menstruelle que s’est produite l’hémorragie, c’est aussi à cette époque, et à cette époque, seulement que s’est manifestée l’hypertension. Il y a lieu de noter, en effet, que l'hypertension artérielle n’a pas été permanente, mais qu’elle a connu deux poussées paroxystiques lors de ces deux phases génitales. Dans l’intervalle, la tension artérielle est revenue à 12/8. Si donc, l'hypertension artérielle peut être tenue pour immédiatement responsable de l’hémorragie méningée, il est non moins certain que l’élément cataménial paraît avoir Joué un rôle au moins occasionnel et tenu, sous sa dépendance l’hypertension : par sa périodicité, la menstruation semble avoir à la fois déterminé la reprise d’une poussée hypertensive et déclanché la récidive de l'H. M, récidive qui devait, du reste, être fatale. Pour justifier cette interprétation, les auteurs prennent en considération les troubles vasculaires (perturbations tensionnelles) et humoraux (troubles de la crase sanguine), qui peuvent exister normalement au moment des règles ; 1l s’agit alors de modifications quasi physiologiques dont l’exagération toute transitoire peut engendrer des accidents ; ces mêmes troubles peuvent, au contraire, être établis de manière permanente, véritable tare constitutionnelle,
et le molimen cataménial, alors accentue encore bien
PÉNCTSEE
plus l'importance de ces facteurs et leur déterminisme pathologique. CHèxe et BEerpeT vont même plus loin, et groupant ces observations d’hémorragies méningées, dans le cadre des hémorragies cataméniales supplémentaires, ils s'efforcent de préciser à quoi est imputable dans le cas particulier la localisation méningée de cette hémorragie supplémentaire ; ils recherchent une épine irritative méningée, mais sans pouvoir en dégager la réalité ; ils ineriminent des spasmes vasculaires liés à des troubles neuro-végétatifs cataméniaux, mais sans plus.
À tous ces égards, la seconde observation, rapportée par ces auteurs, est aussi particulièrement claire et éloquente : par deux fois, en 6 semaines, au début des règles, chez une femme de 40 ans se déclare une hémorragie méningée accompagnée d’hypertension artérielle. Et dans les antécédents, 12 ans auparavant, on retrouve un aceident méningé dont la signification certaine nous est à la vérité demeurée obscure. Ici l'hypertension est restée isolée sans azotémie, et n’a pas entraîné la mort.
Enfin, dans l’un et l’autre cas, 1l n’existait pas de modification de la crase sanguine. |
En définitive, cette notion nouvelle de l’hypertension cataméniale à l’origine d’une hémorragie méningée, elle aussi cataméniale, est le principal enseignement à retenir de ces deux observations : c’est un fait étiolog que que nous n’avions pas encore rencontré et qui contribue à rendre plus complexe
Sr =
encore l'étude étiologique des H. M. cataméniales dont les aspects apparaissent déjà multiples.
Une dernière observation nous est fournie par une communication de BARBIER et THÉVENON à la Société Médicale des Hôpitaux de Lyon, en
O8s. XI. — « Une jeune fille de 24 ans voit apparaître ses règles !e 13 février. Le même jour, à la suite d’un bain de pied très froid, les règles s'arrêtent brusquement.
Un peu plus tard dans la journée la malade fait des accidents du type comitral.
Deux jours plus tard ces mêmes accidents se renouvellent et un certain état de torpeur s’installe.
La température est normale.
Mais il existe une hémiplégie droite avec paralysie faciale droite et un syndrome méningé.
Le liquide coule en jet par la ponction lombaire. Il est uniformément sanglant.
En outre : la tension artérielle est basse, et le temps de saignement normal. Deux jours plus tard l’amélioration clinique est des plus nettes. Le liquide céphalo-rachidien reste hémorragique.
On y recherche en vain le Bacille de Koch. De même l’inoculation restera stérile. La réaction de Wassermann est négative dans le liquide. Deux mois plus tard, la malade était guérie avec persistance d’une hémiparésie droite, marquée surtout au membre supérieur.
Les auteurs concluent à une hémorragie méningée d’allure essentielle, aucune étiologie avérée ne pouvant ètre incriminée.
Ni la syphilis, ni l'alcoolisme.
Ni un rétrécissement mitral.
Ni la tuberculose, ni aucun autre état infectieux. Ni enfin l’hémogénie. »
Cette observation a pour principal intérêt de nous montrer une hémorragie méningée cataméniale, à l’origine de laquelle aucune étiologie ne peut être incriminée, Rien ne justifie l’hémorragie spontanée rien non plus la localisation méningée. Toutefois, un autre point est important : c’est la cessation brutale du flux menstruel (à la suite de ce bain de pied froid) qui parait avoit précédé immédiatement l’hémorragie méningée. [Il ne s’agit donc plus ie d’'H. M. surajoutée à une hémorragie menstruelle normale; mais d’une menstruation troublée, compliquée d’une hémorragie véritablement déviée, dont le caractère essentiel est que le début des accidents se produit seulement après que les règles anormalement écourtées, ont cessé. À la notion d’hémorragies méningées complémentaires ou supplémentaires des règles, s’ajoute donc celle d’hémorragies vicariantes ; ainsi les hémorragies méningées cataméniales sont vraiment à rapprocher des autres types de règles déviées, d'observation beaucoup plus classique et banale
(épistaxis, hémoptysies).
Si maintenant, nous nous proposons de fare en quelque sorte une synthèse rapide des constatations
cliniques auxquelles donne lieu létude de ces quelques observations, nous pourrons retenir un certain nombre de faits précis ; après quoi nous envisagerons nos propres observations, pour aborder ensuite l’étude plus complète de la question qui fait l’objet même de ce travail.
Tout d’abord, nous avons par ces quelques exemples, acquis la notion de la réalité de l’hémorragie méningée catamémiale : 1l n’y a pas entre Îles deux hémorragies menstruelles et méningée, coïncidence fortuite ; il existe entre elles un lien certain; nous n’en voulons pour preuve que la répétition possible de l’hémorragie méningée lors des mêmes circonstances.
En ce qui concerne la clinique, ces hémorragies méningées qui par définition surviennent chez des femmes jeunes, c’est-à-dire encore réglées, n’ont rien de particulier : leur début est brutal ou progressif, les symptômes fonctionnels,le plus souvent rencontrés sont la céphalée et les vomissements. Parfois s’y associent des phénomènes syncopaux ou convulsifs. Le syndrome méningé est toujours net, et la ponction lombaire permet un diagnostic formel. Enfin, ce sont des hémorragies méningées souvent bénignes, c’est-à-dire curables ; il s’agit alors le plus souvent d’hémorragie méningée pure ; mais il n’y a rien là d’absolu et nous avons vu qu’elles peuvent être graves et entraîner la mort : 1l s’agit en général dans ces cas d’hémorragies cérébro-méningées.
L’étiologie des hémorragies méningées catamé.
niales n’est pas univoque ; souvent même elle est complexe ; parfois aussi elle reste obstinément obseure : 1} en est de même du mécanisme de ces hémorragies.
Toutefois, nous avons pu dégager des observations préeitées, un certain nombre de notions
En premier heu ces lésions hémorragiques surviennent souvent chez des femmes dont les règles sont absolument normales ; d’autres fois, il s’agit de femmes dysménorrhéiques. Ou bien, il s’agit d’hémorragie complémentaire, ou supplémentaire (et c’est le cas le plus fréquent) ou plus rarement, il s’agit d’hémorragies vicariantes. En second lieu, d’autres hémorragies spontanées peuvent être associées à PH. M., mais plus souvent celle-c1 est isolée. Dans tous les cas certains auteurs ont soupçonné le rôle joué par un terrain spécial hémorragipare, et ils entrevoient dans la détermination de cet état, des facteurs vasculo-sanguins, ou endocriniens. Des causes plus générales peuvent entrer en ligne de compte aussi, telles que la syphilis ou l’ypertension artérielle.
En outre, d’aucuns posent le problème de l’existence d’une certaine susceptibilité nerveuse ou méningée justifiant la localisation méningée de l’hémorragie.
Enfin, du point de vue anatomique, 1l semble bien qu'il n’y ait pas hémorragie en foyer par rupture d’un tronc vasculaire, mais hémorragie capillaire
diffuse saignant en nappe.
ee
Telles sont les conclusions que nous a permises l'étude des observations anciennes.
Nous allons à présent envisager les 2 observations récentes que nous avons pu étudier chez notre maître ABrami, et les rapporter d’une manière aussi objective que possible, nous réservant ensuite de chercher à en dégager les principaux enseignements.
GHAPTPRES TI