‹ Les Hémorragies Méningées CataménialesChapitre 26 sur 29 · PRONOSTIC ET TRAITEMENT · texte numérisé non relu

PRONOSTIC ET TRAITEMENT

Avant de terminer nous voudrions encore envisager quelques considérations d'ordre pronostique et thérapeutique au sujet des hémorragies méningées cataméniales.

Pronostie

En ce qui concerne leur pronostie, ces hémorragies ont la gravité des hémorragres méningées des sujets jeunes : c’est-à-dire que si certaines formes, cérébroméningées, peuvent mettre la vie de la malade en danger, et même être mortelles, comme nous en avons cité des exemples, en règle générale elles sont curables et laissent après elles un minimum de séquelles.

Mais la notion essentielle qui doit toujours s’imposer à l'esprit devant un semblable accident est la prédisposition de l’hémorragie à se reproduire, et à se reproduire dans les méninges : la récidive, en effet, est la conséquence logique des circonstances d’apparition : des causes analogues ont toujours tendance à produire des effets semblables.

On a tout à redouter d’une telle récidive ; l’expérience prouve qu’elles sont en général: plus graves. Cette prédisposition itérative est done une notion d'ordre avant tout pratique, car elle doit conduire le médecin à s’efforcer de prévemr la répétition de cet accident. :

Traitement

Du point dé vue thérapeutique la chose importante est de bien se convaincre qu'il s’agit là d’'hémorragies en tous points analogues aux autres types de règles déviées, dont la gravité n’est fonction que du siège de l’hémorragie.

Du traitement curatif de l’hémorragie méningée, il y à peu de chose à dire ; c’est le traitement de toute hémorragie méningée qui doit être dominé par le souci d’écarter les accidents de compression cérébrale éminemment dangereux : c’est le rôle des petites ponctions lombaires répétées : (soustraction de 8 à 15 ce. de liquide céphalo-rachidien chaque jour ou tous les deux jours).

Si la malade guérit, tous les efforts doivent tendre à éviter la récidive d’une telle hémorragie méningée, ce qui revient à chercher à empêcher cette femme de saigner au moment de ses menstruations.

S'il s’agit d’une hémogénique vraie, constitutionnelle ou acquise, il faut avant tout améliorer la crase

sanouime, c’est-à-dire la fragilité des capillaires et

l’incocrcibilité des hémorragies capillaires. Si on est en présence d’altérations profondes du temps de saignement, du eaillot, de la thrombocytose si les hémorragies spontanées sont multiples, même dans l'intervalle des règles, ou si les traitements médicaux sont manifestement impuissants à modifier l’hémocrasie, il y a lieu de discuter très sérieusement de l'opportunité d’une ligature de l’artère splénique (Lemarre, de Louvain) ou de la splénectomie. Devant son échec ou son insuffisance d’action, traduite par la réapparition d'accidents purpuriques après quelques mois d'amélioration, 1l y a certainement lieu de poser les indications de la castration radiothérapique, dont P. E. Werz nous a rapporté d’heureux résultats. C’est sans doute une sanction thérapeutique à laquelle on ne se résout qu’à regret et que l’on ne doit envisager qu’après échec de tous les traitements, en raison de l’âge de la malade qui par définition est une femme réglée, c’est-à-dire jeune et en pleine activité génitale. Et pourtant on est en droit de se demander si dans certains cas il n'y aurait pas intérêt à stériliser d'emblée la femme, sans lui faire courir les risques de la splénectonue, attendu que le seul caractère strictement cataménial des accidents, montre a priori qu’il y a une altération des fonctions génitales et que cette altération doit disparaître radicalement avee la disparition des

fonctions génitales elles-mêmes.

S’ul ne s’agit pas d’hémogénie vraie, et si l’on est

seulement conduit à conclure à l’existence d’altérations endothélio-plasmatiques passagères, en relation étroite avec les fonctions génitales, qu'il y ait ou non des stigmates temporaires de l’hémogènie cataméniale, le problème est plus délicat ; car la discrétion au moins apparente des symptômes d’atteinte spléno-endothéliale, ne justifie pas une splénectomie ; elle aurait du reste peu de chance, sans doute, d’être ellicace, car il est certain qu'il s’agit là moins que jamais de lésions isolées de la rate. Néanmoins si atténuées que soient en apparence les troubles fonctionnels, ils suflisent à produire une hémorragie méningée qui conserve toute sa gravité du fait de son éventuelle récidive.

Il faut donc interroger et fouiller minutieusement les fonctions génitales, tant au point de vue anatomique (ovarite scléro-kystique) que physiologique, tenir grand compte des signes de dysovarie, de quelque nature qu'ils soient, se rappeler principalement que c’est à la période prémenstruelle du cycle, c’est-à-dire à une époque de véritable insuflisance ovarienne, que se constituent ces altérations sanœuines où mieux vasculaires qui peuvent être de si fächeuse conséquence.

C’est donc en traitant les troubles ovariens et le cas échéant les troubles hypophysaires annexes, qu’on pourra espérer améliorer l’accomplissement du cycle œstrien. Mais nos connaissances sont encore bien obscures sur ces problèmes, et les traitements,

dits endocriniens, restent souvent aveugles et déce- André Amphoux. 10

vants. Aussi peut-on être conduit à proposer dans des cas rebelles et menaçants une castration radiothérapique: pour être certainement trop radicale, elle n'en est pas moins un procédé bien eflicace, puisque en supprimant leur condition même d'apparition, on supprime l'éventualité d'aceidents cata-

ménIaux.

EX RÉSUMÉ, si nous voulons maintenant faire une svuthèse rapide des phénomènes complexes que nous nous sommes efforeés d'analyser depuis le début de ce travail, nous verrons que : les hémorragies méningées cataméniales prennent un intérêt particuhier du fait des problèmes nombreux que leur étude oblige à aborder.

Tout d'abord, elles rentrent dans le eadre des règles déviées, et de ce fait les conclusions auxquelles elles conduisent, ont une portée générale, aussi bien pratique que doctrinale.

En second heu, ces hémorragies méningées étant imputables à des causes apparentes variables, mais en dernier ressort, hées toujours à une fragilité partieuhère des endothélhiums, fragilité permanente ou transitoire, leur étude nous à permis d'établir l'importance du facteur hémeogénique, constitutionnel ou physiologique (hémogènie eatamémiale) et de. préciser l'époque prémenstruelle où se cônstitue ou

s'exalte cette hémogémie: elle nous à permis aussi, de

ce fait, de soupçonner la réalité de certaine synergie de fonctions entre le système spléno-endothélal et le système hypophyso-ovarien.

Enfin, l'apparition d’une hémorragie cataméniale déviée étant ainsi admise comme un accident inéluctable, nous avons vu que rien de très probant ne permettait de préjuger de son siège méningé, sinon cette notion fréquente d’une véritable susceptibilité nerveuse, avec prédisposition aux accidents migraineux ou convulsifs, ou avec antécédents neuro-

logiques.

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