‹ Les Hémorragies MéningéesChapitre 26 sur 34 · partie postérieure de la tête · texte numérisé non relu

partie postérieure de la tête

Vomissements répétés, assez abondants, verdâtres.

Pas de constipation.

SASEE

Raideur de la nuque très marquée, le malade ne baisse 1a tête qu'avec grande difficulté et grande douleur.

Léger embarras de la parole.

Signe de Kernig très net et très prononcé.

Exagération des réflexes patellaires.

Raie méningitique peu nette.

Hyperesthésie.

Température 375, pouls 92. Il y aune hypertension marquée : 17 1/2 à l'appareil Potain.

La ponction lombaire est pratiquée et donne issue à du sang presque pur, après centrifugation, le culot mesure 15 millimètres de hauteur.

25 janvier. — Les vomissements sont arrêtés et la céphalalgie moins intense.Le pouls est toujours lent et irrégulier. Légère inégalité pupillaire (pupille gauche plus dilatée).

Raie méningitique nette.

26 janvier. — Même état, photophobie assez marquée, la céphalalgie diminue, Le malade est plus gai ; état intellectuel absolument intact.

27 janvier.’ — Fourmillements passagers dans les doigts, céphalalgie de moins en moins intense.

Une deuxième ponction lombaire est pratiquée,la quantité de sang est beaucoup moindre, le culot ne mesure plus que 5 millimètres de hauteur.

29 janvier. — La raideur de la nuque diminue beaucoup. Il y a quelques douleurs dans la région lombaire. Le signe de Kernig persiste encore très nettement. ;La ponction lombaire retire un liquide dont le culot ne mesure plus que 1 millimètre de hauteur.

30 janvier. — Le malade entre en pleine convalescence, et

TR pendant les jours qui suivent, se rétablit complètement et vite. Pourtant une légère céphalée persiste toujours. Le 10 février au soir et le 11 dansla journée, les douleurs de tête s'accentuent, deviennent assez intenses.

A 5 heures, le malade pousse un cri, appelle la surveillante et tombe brusquement dans un état syncopal : arrêt du pouls, ou pouls extrêmement faible, arrêt de la respiration, pâleur de la face, état flasque pendant, quelques, instants, puis contracture généralisée. Les membres inférieurs se placent en extension, les pieds en hyperextension sur les

jambes, la tête est renversée.

Les membres supérieurs sont en flexion extrême, le pouce en adduction et en opposition (main d'accoucheur) ; main hyperfléchie sur l’avant-bras en bec de cygne.

La respiration se rétablit peu à peu, le pouls augmente d’amplitude, la contracture diminue beaucoup, des sueurs apparaissent. Au bout d’un quart d'heure, résolution accompagnée d'excitation musculaire très accentuée.

Pas de vomissements. «

13 février. — La ponction lombaire donne un liquide très sanglant : le culot a 10 millimètres de hauteur. La réaction méningée persiste, le pouls est irrégulier. Petite quantité d’albumine dans l'urine.

19 février. — Depuis neuf heures du matin, le malade

pousse des cris hydrencéphaliques, mais il a toujours sa

connaissance complète.

À 10 heures, nous assistons à une crise :il renversela tête, les yeux deviennent fixes, la face est pâle. La respira-

tion et le pouls sont suspendus pendant quelques secondes,

puis le pouls devient très fréquent, par moments ineomptable, et extrêmement irrégulier.

On note le battement des jugulaires.

Cette fois, il n'y a pas de contracture, le malade est en pleine résolution, sauf la tête qui est portée en Here Léger tremblement des membres supérieurs.

Les pupilles sont normales. La respiration avec ses pauses et ses phases d'accélération affecte un rhytme particulier se rapprochant du Cheyne-Stokes. |

On fait une piqûre d'éther. Un quart d'heure après, le pouls est à 140, mais le malade respire plus tranquillement. Une demi-heure après, le pouls est à 92, presque régulier. Toujours pas de contracture. Un instant après, le pouls est à 84, très irrégulier.

Les pupilles se dilatent beaucoup.

Mouvements dé contorsion, lents et continus. On fait une ponction lombaire.Pour la première fois, le liquide est jaune ambré après centrifigation. Le culot a 10 à 12 millimètres.

18 février. — L'amaigrissement est prononcé.Incontinence des urines etdes matières. Délire intermittent. Pouls à 140.

Le malade meurt dans la nuit ; l’autopsie n'a pu être faite.

OBSERVATION II (Personnelle)

Hémorrugie méningée à rechutes. —Guérison.

C... Yves, âgé de quarante et un ans, employé d’administration, entre le 18 mai 1910, salle Jenner,à la Pitié, pour des douleurs vives dans la nuque et le dos et pour des céphalées

tenaces.

Il aurait eu une excellente santé jusqu’au commencement de mai. A cette date, en plein travail dans le bureau de son chef, il fut pris d’éblouissements et tomba sans connaissance. Rapidement, il serait revent à lui et put rentrer chez lui à pied sans fatigue, et cependant la course était longue (du ministère des Finances aux Gobelins).

. A partir de ce moment, il s’aperçut qu’ilavait perdu la mémoire des faits récents ; c’est ainsi que deux jours avant cet iclus ilavait été faire une vérification en province et il ne se rappelait plus du tout ce qu'il avait été y faire; il se demandait même s’il n'avait pas été à l’hôpital dans cette salle.

De ce moment aussi datent les maux de tête qui sont continuels et la raideur de la nuque. C’est d’ailleurs la persistance de ces symptômes qui le décida à entrer à l'hôpital.

La céphalée est continue, excessivement vive, elle est réveillée par le moindre bruit, par le contact du lit et par la lumière; aussi le malade reste-t-il les paupières closes, Cette céphalée siège dans toute la tête, mais elle est surtout frontale et occipitale ; elle ne cesse pas la nuit.

La raideur du cou dont se plaint le malade esttrès grande et l’oblige à ôter le traversin ; il tourne la tête avec beaucoup de difficultés et ne peut la pencher en avant sans souffrir. Lorsqu'on veut le faire asseoir sur le lit, on ne peut y parvenir, il souffre aussitôt beaucoup, et on constate un signe de Kering des plus nets.

Le sommeil est absolument impossible, et le malade présente une agitation très grande, à certains moments même il délire.

La température qui le premier jour était à 3802 monte

rapidement au-dessus de 39 degrés et l'agitation devient extrême. A l'examen on ne constate pas de troubles nets de la motilité, pas de contracture en dehors des raideurs du cou et du tronc, pas de parésie.

L'examen des réflexes tendineux décèle des troubles dans les réflexes des membres inférieurs, on ne peut trouver les réflexes achilléens, et les réflexes patellairs, s'ils existent, sont très faibles. Le réflexe cutané plantaire, se fait en flexion des deux côtés. Les pupilles sont presque insensibles à la lumière.

Le surlendemain de son entrée, le malade ayant une augmentation notable de ces troubles et en particulier de la céphalée et de la raideur du cou, une ponction lombaire est pratiquée qui donne issue à un liquide coulant en jet sous très forte pression, et fortement teinté de sang. Un tube de liquide abandonné à lui-même décante, et les globules tombent au fond sans qu’il y ait coagulation ; le liquide qui surnage est jauné.

La centrifugation donne les mêmes résultats et le culot obtenu au bout de dix minutes estd’un rouge vif.

Après la ponction lombaire, le malade s’est senti très nettement soulagé, la raideur de la nuque a diminué et la céphalée s’atténuant le malade a pu reposer.

26 mai. — Une seconde ponction est pratiquée et ramène un liquide encore sanglant et hypertendu. Mais par centrifugation, le culot estun peu moins haut ; après cette ponction le malade éprouve le même soulagement.

4 juin. — Les céphalées ayant considérablement diminué, mais la raideur persistant encore, une troisième ponction

est faite, et ramène un liquide à peine rosé et ne présentant

qu’un petit culot d'hématies. Après cette ponction le malade est franchement mieux, les troubles délirants ont complètement disparu et ilne garde plus qu'un peude lourdeur de la tête, de lenteur de la parole avecdifficulté à trouver les mots et un peu de raideur de la nuque ; il peut s'asseoir sur son lit, et commet même l’imprudence de se lever malgré les recommandations.

12 juin. — La raideur et les céphalées réapparaissent ; une ponction lombaire donne un liquidebeaucoup plus sanglant, mais l'amélioration est considérable ensuite, et le malade

veutabsolument se lever pour aller à la garde-robe,

15 juin, — Céphalée et raideurs augmentent; CG... est dans un état d'agitation marquée, il pleure facilement, la figure sans cesse contractée, il ne peut plus dormir. On retire deux tubes d’un liquide céphalo-rachidien qui est peut-être plus sanglant qu’à la première ponction. La température qui s'était abaissée presque à la normale est remontée à 39°5.

Le malade est examiné de nouveau à fond à ce moment, et on a grand peine à retrouver ses réflexes patellaires. Toutefois, après de nombreuses excitations, on arrive à obtenir une très légère contraction des quadriceps; il n'existe pas de trépidation spinale.

Les réflexes tendineux des membres supérieurs sont très forts, surtout les gauches. La force musculaire est un peu plus faible à droite qu’à gauche, mais le malade est gaucher.

Les pupilles sont inégales ; la droite est plus petite et elles ne réagissent que très lentement à la lumière.

L’examen du sang pratiqué chez ce malade a montré une

réaction de Wassermann positive.

La raideur de la nuque est très marquée, le malade a du Kernig et se remue d’une seule pièce. La ponction lombaire, cette fois, semble rester sans effet. |

16 juin. — Une ponction lombaire donne encore un liquide sanglant quoique un peu moins teinté; une numération faite à l'appareil Hayem donne 651.000 globules rouges pour 930 globules blancs.

18 juin. — Une septième ponction montre une amélioration et un changement très grand du liquide dont le culot a notablement diminué.

25 juin. — Une rachicentèse est encore pratiquée, bien que le malade aille beaucoup mieux depuis la dernière ; la raideur persiste toutefois encore un peu, mais le malade dort et commence à se soulever sur son lit.

2 juillet. — État général excellent. Le malade parle de - partir malgré toutes les recommandations. Une ponction lombaire montre un liquide clair, encore hypertendu, et l'examen microscopique montre la présence d'assez nombreux globules rouges bien qu'il n’y ait pas de culot apparent ; la réaction leucocytaire est très nette.

4 juillet. — Le malade sort, se trouvant tout à fait bien. La température est tombée, la raideur et la céphalée ont disparu ; il reste un état de paresse intellectuelle assez grand, de lenteur de la parole, de légers troubles de mémoire qui font penser à la méningo-encéphalite.

Le malade a été revu dans le courant d'août se portant très bién, mais n'ayant pas encore repris ses occupations.

Il a été revu en novembre 1911 : pas de nouvelle rechute.

Ces > observations étaient à rapprocher l’une

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