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'Globules rouges.
I FPFNnc } NeutropHiles.
LEGENOE< Eosmophiles-:
Grands élèments\ \uninuclées J
ô tVieme-aei.
FiG. 5.
cas, les deux dernières malades ont vécu huit et dix jours, malgré une hémorragie très abondante.
B. FORMES CURABLES
Elles sont au nombre de dix: quatre traumatiques et .'^ix spontanées.
Observation I.
Th..., décambreur, âgé de 27 ans, entre, le 28 mai 4903, à l'hôpital Cochin, dans le service de M. Widal.
Son père est mort d'une aflection respiratoire indéterminée. Sa mère, âgée de 62 ans, est bien portante : elle a eu 21 grossesses, dont une
fausse couche de 4 mois. Cinq enfants sont morts de variole en 1870 ; neuf autres sont morts avant Tàge de deux ans, de maladies indéterminées. Le malade, qui est le quinzième enfant, a trois sœurs et un frère bien portants.
A l'âge de 55 ans, il présente à trois reprises, à la suite de contrariétés, des crises nerveuses s'accompagnant de chute brusque avec perte de connaissance, convulsions, écume à la bouche.
L'alcoolisme est assez accusé. 11 ne porte pas de stigmate de syphilis.
Le iS mai, vers 11 heures du soir, le malade, se trouvant en état d'ivresse, reçoit au cours d'une querelle des coups de pied sur la tête. Il est jeté à terre, est étourdi, mais peut rentrer chez lui. A son arrivée, il se plaint de céphalée; il devient somnolent et délire.
Le 24, il expectore quelques mucosités sanglantes; il vomit les aliments qu'il prend dans la journée.
Le 25, il se plaint de céphalée, avec sensation d'élancement dans les régions temporales et sifflement dans les oreilles. On est surpris de lui voir tenir à une ou deux reprises des propos incohérents. 11 présente un état d'excitation anormale et délire pendant la nuit.
Le 28, la céphalée et l'excitation mentale persistent. On amène le malade à l'hôpital. La température = 37°, 8.
Le lendemain 29, le malade est assis sur son lit avec toute l'apparence d'un homme bien portant. Interrogé sur l'endroit où il se trouve, il répond qu'il est chez lui. 11 s'agite, a des mouvements brusques, la parole haute, et dit qu'il n'est pas malade.
Le crâne présente, sur la partie la plus saillante de la bosse pariétale gauche, une petite coupure du cuir chevelu, ayant 2 centimètres environ de longueur et intéressant à peine le derme. La cicatrisation est commencée et il n'y a pas de douleur à la percussion du crâne. 11 n'existe pas de dépression dans cette région. On remarque que la joue gauche est un peu tuméfiée, et bien que le pli naso-génien soit un peu eflacé de ce côté, il n'y a pas de signes nets de paralysie faciale. On ne constate pas d'ecchymoses, ni éplstaxis, ni otorragie.
Il n'existe aucun trouble moteur du côté des membres. Les réflexes rotuliens sont très diminués. Le signe de Babinski est en flexion des deux côtés.
La sensibilité est intacte.
11 y a une légère inégalité pupillaire : la pupille gauche est plus large qu-î la droite. Il n'y a pas de signe d'Argyll-Robertson, mais de la danse pupillaire après action de la lumière.
On ne trouve pas de signe de Kernig, pas de Irismus, ni de raideur de la nuque. On produit une raie vaso-motrice très nette et on voit des alternatives de rougeur et de pâleur.
Les autres organes sont normaux; les artères radiales sont souples.
La température = 37°, 2 elle pouls = 80, régulier.
Le 30 mai, le malade s'est brusquement réveillé dans la nuit et voulait s'en aller en emportant son lit.
Une ponction lombaire donne issue à un liquide uniformément sanglant dans trois tubes. La température = 37". Pouls = 96.
Le ["''juin, le malade se lève toute la journée et ne présente rien de particulier. II se plaint uniquement de bourdonnements et de sifflements dans les oreilles. Il ne délire pas, sait parfaitement où il se trouve, mais présente un peu d'excitation mentale.
La marche est normale, ne s'accompagne pas de vertiges. Le signe de Kernig est toujours absent.
L'inégalité pupillaire persiste.
Dans les jours suivants, on ne note rien de particulier. Le malade reste levé toute la journée et marche sans difficulté. La température est toujours à 37°.
A partir du 14 juin, il ne se plaint plus de bourdonnements d'oreille, et le 22 juin, jour de sa sortie, il présente la même inégalité pupillaire qu'à son entrée à l'hôpital.
Ponctions lombaires. — On a pratiqué, chez ce malade, trois ponctions lombaires : le 30 mai au septième jour ; le A juin, au douzième jour, et le 12 juin, au vingtième jour de la maladie.
1° Le septième jour, ponction lombaire dans le cinquième espace.
Ecoulement en jet continu.
Quantité : 20 centimètres cubes, dans trois tubes. Coloration jaune rosàtre, uniforme dans les trois tubes. Centrifugation : culot hématique assez abondant. Liquide jaune. Albumines : la globuline et la sérine sont assez abondantes. Spectroscopie : on ne constate pas les raies de roxyhémoglobine, ni la réaction bleue par la teinture de gaïac et l'eau oxygénée. 2° Le douzième jour, ponction lombaire dans le cinquième espace. Position couchée.
Ecoulement: en jet, puis en gouttes rapides. Quantité: 12 centimètres cubes, dans trois tubes. Coloration : légèrement jaune.
Centrifugation : culot hématique minime.
Cytologie : globules rouges nains, épineux, bien colorés. Les globules peu colorés sont en plus petit nombre. Lymphocytes assez nombreux. Grands éléments uninucléés, mal colorés. Polynucléaires très rares.
Albumines: la globuline et la sérine semblent diminuer.
SpectrosQopie : on ne constate pas les raies de Toxy hémoglobine.
Perméabilité : le Kl, ingéré à la dose de A grammes depuis quatre jours, ne se trouve pas dans le liquide céphalo-rachidien. 3° Le viiujlième jour, ponction dans le cinquième espace. Position assise.
Ecoulement en gouttes lentes.
Quantité : 12 centimètres cubes, dans trois tubes. Coloration : léger reflet jaunâtre.
Cytologie: quelques polynucléaires. Lyraphocytesasseznombreuxet plus rares éléments uninucléés, mal colorés. Globules rouges peu abondants, les uns petits et bien teintés, les autres plus grands et mal colorés.
Albumines : la globuline et la sérine sont un peu moins abondantes.
Perméabilité : le Kl, ingéré depuis douze jours, n'°st pas trouvé dans le liquide céphalo-rachidien.
Observation II.
P..., chiflonnier, âgé de 18 ans, entre, le 2 juillet 1903, à l'hôpital €ochin, dans le service de M. Widal.
Le malade, qui ne présente rien de particulier à signaler dans ses antécédents héréditaires et personnels, est tombé d'une charrette, sur le crâne et l'épaule gauche. Il a perdu connaissance pendant une heure environ et a été amené à l'hôpital.
A son entrée, on constate une petite plaie du cuir chevelu, de 2 centimètres de longueur environ, située au-dessus du sourcil droit, et quelques érosions superficielles dans la région scapulaire gauche postérieure. Le malade est un peu prostré, mais il revient rapidement à l'état normal.
Il ne présente aucun symptôme, sauf un peu de céphalée. Pas de contractures ni signe de Kernig. La température = 37°. Le pouls est lent ; on compte 48 pulsations à la minute. Le malade ignore s'il avait le nouls lent, avant cet accident.
Le 5 juillet, une ponction lombaire permet de constater une hémorragie méningée. La température = 37°, 5. Pouls = 48.
Le 6 juillet, on trouve toujours le pouls à 48, et très nettement dicrote. La céphalée a disparu.
Dans les jours suivants, on trouve tous les matins le pouls oscillant entre 48 et 52 pulsations, et cela malgré qu'on fasse marcher le malade pendant quelques instants ; le soir, le malade étant levé depuis deux ou trois heures, on constate que le pouls oscille entre 100 et 108 pulsations. La température 37°.
Il quitte l'hôpital le H juillet.
Ponctions lombaires. — On a pratiqué deux ponctions lombaires : le S juillet, au quatrième jour, et le 11 juillet, au dixième jour de la maladie.
1° Le quatrième jour, ponction lombaire dans le quatrième espace.
Quantité: lo centimètres cubes, dans trois tubes.
licoulement : en jet, puis en gouttes rapides. Coloration rosée.
Centrifugation : culot hématique très petit, et liquide présentant une teinte légèrement jaunâtre.
Numération : globules rouges = 1.538, dontl.500 sphériques et opaques. Eléments blancs = 6.
Cytologie : nombreux globules rouges, épineux et bien teintés. Equilibre cellulaire :
Lymphocytes . . 47,77
Polynucléaires ; 16,78
Grands éléments uninucléés 35,44
Cryoscopie : A = — 0,58.
2" Le dixième jour, ponction dans le cinquième espace. Position assise.
Quantité : 15 centimètres cubes, dans trois tubes. Ecoulement en gouttes rapides.
Coloration légèrement jaunâtre.
Centrifugation : culot hématique punctiforme.
Cytologie : lymphocytes. Globules rouges nains et bien colorés. Globules peu colorés en grand nombre.
Cryoscopie : A = — 0,58.
Albumines : la globuline et la sérine sont assez abondantes.
Observation III.
G..., âgé de 49 ans, corroyeur, est apporté, le 13 juillet 1902, à l'hôpital Cochin, dans le service de M. Widal. Il vient de faire une chute d'un omnibus et a perdu connaissance.
La mère du malade est morte de tuberculose pulmonaire ; il a eu deux sœurs mortes de la même maladie et a un frère bien portant. Il a eu la variole, la fièvre typhoïde et a contracté la syphilis en 1874. Sa femme a fait quatre fausses couches sur cinq grossesses. Le malade, en outre, est alcoolique. Il a des étouffements nocturnes fréquents depuis deux ou trois ans, et des étourdissements le matin quand il est levé, surtout depuis un an. Il a une insuffisance aorlique.
Nous trouvons le malade somnolent, mais il peut répondre à nos questions. Il existe de la céphalée, et la région occipito-pariétale est très douloureuse à la pression, surtout vers la suture pariéto-occipitale. On ne constate pas d'ecchymoses, ni otorragie, et pas de trouble auditif.
Il existe une raideur de tous les muscles du corps, surtout nette aux membres et au cou. L'avant-bras gauche est constamment en légère flexion et présente de la contracture intermittente : le bras gauche est narésié La face n'est pas déviée. 11 existe un signe de Kernig très net. Les réflexes tendineux sont normaux, sauf aux membres supérieurs ou ils sont un peu accentués. Le signe de Babinski est en flexion des deux côtés
11 n'existe pas de trouble de la sensibilité générale. On ne constate rien au niveau des yeux. La langue est rouge et sèche; il n'y a pas de
vomissements. , . , ^.
Le malade se plaint d'une vive dmileur dans le côté droit du thorax. La respiration est superficielle, mais de fréquence normale. A l'auscultation, on constate des râles sous-crépitanls dissémines.
Le pouls, régulier, bondissant et dépressible = 10 i. 11 y a du battement des vaisseaux du cou, et les temporales sont dures et flexueuses. La pointe du cœur bat dans le sixième espace. Il existe un souffle diastolique à l'orifice aortique, un pouls capillaire et un double souffle crural.
La température = 37°, 8. Il y a de l'incontinence durine. Ni sucre, m
albumine. ,
Une ponction lombaire permet de constater l'existence d une hémorragie méningée. ., . k Dans la soirée, au moment où le malade essayait de se lever, il tombe brusquement avec des convulsions, généralisées à tous les membres, qui durent deux à trois minutes. La face est congestionnée et la langue mordue à gauche, près de la pointe. Après cette crise, on constate que le bras gauche seul, soulevé, retombe lourdement sur le lit. Le signe de Babinski est en flexion des deux côtés.
\ partir du 15 juillet, le malade délire d'une façon intermittente. 11 est surtout agité la nuit et veut continuellement se lever. 11 ignore où il se trouve, ne se souvient plus de son accident et ne répond aux questions posées que par des paroles incohérentes. 11 se plaint toujours du côté droit de la poitrine. Le pouls monte à 120 et la température à 40 ,2. Le lendemain, la température descend à 30%5.
Le il juillet, la douleur thoracique s'est atténuée, mais on trouve, à la partie moyenne du poumon correspondant, de la raatitéavec une respiration soufflante et des râles sous-crépitants. La contracture intermittente de l'avant-bras droit est peu marquée. La respiration égale := 30. Le pouls = 76. La température = 38» le
matin et 38°,4 le soir.
1 es jours suivants, pendant que l'obnubilation intellectuelle ne se modifie pas, les autres signes s'atténuent et le 20 juillet, on ne constate plus dans le poumon droit que quelques râles sous-crépitants. La tempéra-
ture est descendue à 37° et se maintient autour de ce cliilTre jusqu'à la sortie du malade,
Le 23, le signe de Kernig existe toujours et ne disparaît que le 30. Les réflexes tendineux sont un peu exagérés. Les réflexes cutanés des deux côtés sont normaux. Le signe dcBabinski se produit en flexion des deux côtés. L'état psyciiique s'améliore dans les premiers jours du moi-s d'août. La force musculaire revient lentement dans le bras gauche et, lorsque le malade sort, le 29 août, il raisonne parfaitement, et ne souffre plus dans la région crânienne.
Ponctions lombaires. — On a pratiqué deux ponctions lombaires : le 14 juillet, au deuxième jour, et le 24 juillet, au douzième jour de la maladie.
1° Le deuxième jour, ponction dans le quatrième espace. Position couchée.
Quantité : 20 centimètres cubes, dans trois tubes. Ecoulement en gouttes rapides.
Coloration rouge cerise, uniforme dans les trois tubes.
Centrifugation : culot hématique de moyen volume et liquide très légèrement jaunâtre. Pas de coagulum.
Numération : globules rouges = 32.100, dont 2.500 sphériques et opaques. Eléments blancs = 100.
Albumine :1a globuline et la sérine sont assez abondantes.
Cryoscopie : A = — 0,56.
Spectroscopie : on ne constate pas les raies de l'oxyhémoglobiue. Pigments biliaires : la réaction de Gmeiin est négative dans le liquide céphalo-rachidien et dans le sérum sanguin. Réaction alcaline.
2° Le douzième jour, ponction dans le cinquième espace. Position assise.
Quantité : 15 centimètres cubes, dans trois tubes. Ecoulement en gouttes lentes.
Coloration légèrement jaunâtre, uniforme dans les trois tubes. Cytologie: lymphocytose très légère. Globules rouges peu colorés par l'éosine.
Albumines : la globuline et la sérine ont diminué. Cryoscopie : A = — 0,56.
Perméabilité: le Kl, ingéré depuis huit jours à la dose de A grammes par jour, n'est pas décelé dans le liquide céphalo-rachidien.
Observation l'y.
D..., âgé de 65 ans, cocher, entre, le 9 novembre 1903, à l'hôpital Cochin, dans le service de M. Chauflard.
Le 7 nouembre, il tombe du siège de sa voiture ; l'épaule gauche et le crâne viennent heurter le sol. Le malade peut rentrer chez lui, n'ayant qu'un peu de céphalée et de rachialgie. Le lendemain, il se sent courbaturé et il est pris dans la nuit de délire avec perte de connaissance.
Après son entrée à l'hôpital, on le trouve encore délirant ; il ne peut répondre aux questions qu'on lui pose et quand on cherche à le mobi- .'iser, il souflre et pousse des gémissements.
Le malade ne présente aucun antécédent pathologique et n'est pas alcoolique. Le traumatisme qu'il a subi lui a laissé une petite plaie du cuir chevelu très superficielle et une ecchymose assez étendue au niveau de l'articulation acromio-claviculaire.
Les mouvements du bras sont très douloureux, et on constate une luxation de la clavicule sur l'acromion. Il n'existe aucun signe de fracture du crâne, ni écoulement de sang ou de sérosité par le nez, la bouche ou l'oreille, ni ecchymoses de la région mastoïdienne, de la paupière ou de la conjonctive, ni paralysie faciale ou oculaire.
La sensibilité et la motricité sont normales. Il n'y a pas de contractures, ni signe de Kernig.
La température = 38°, 9 et le pouls = 80°.
Une ponction lombaire donne issue à un liquide céphalo-rachidien hémorragique.
Les jours suivants, l'état du malade s'améliore ; son délire disparaît, et il ne persiste qu'un peu de céphalée diffuse. Les mouvements du bras gauche sont très douloureux et la pression de l'épaule gauche reste toujours très sensible.
La température s'abaisse graduellement ; le cinquième jour, elle arrive au-dessous de 38° et le neuvième jour atteint 37".
Quelques jours après, il peut se lever et sort de l'hôpital le l*"" décembre; il n'a conservé aucun trouble cérébral. La guérison de la contusion de l'épaule est complète.
Ponctions lombaires. — On a pratiqué, chez ce malade, trois ponctions lombaires : le 9 novembre, au troisième jour de la maladie; le 12 novembre, au sixième jour, et le 23 novembre, au dix-septième jour de la maladie.
1° Le iroisième jour, ponction lombaire dans le quatrième espace. Ecoulement en jet continu dans les trois tubes. Coloration rosée, uniforme dans les trois tubes. CentrifugatioD : liquide légèrement jaune.
Numération : globules rouges = 9.333, la plupart sphériques et opaques. Eléments blancs = 76.
Cytologie : globules rouges peu teintés par l'éosine et globules épineux mieux colorés. Equilibre cellulaire :
Lymphocytes
Polynucléaires ^''^'^^
Grands éléments uninucléés ''.26
Albumines : là globuline et la sérine sont peu abondantes. Sucre : la liqueur de Febling donne une réaction assez lorte. Cryoscopie : A = — 0,52.
Dans les urines, on constate un peu d'urobiline et d albumine. Dans le sang, on trouve : globules rouges = 5.640.000 ; globules blancs = 11.400.
2° Le sixième jour, ponction dans le cinquième espace.
Position assise.
Ecoulement en gouttes lentes, dans trois tubes. Coloration rosée dans les trois tubes.
Centrifugation : liquide légèrement jaune.
Numération : globules rouges = 4.940. Eléments blancs = 22. Hématophages — 2.
Cytologie : globules épineux très colorés ; autres globules bien [plus grands et moins colorés. Equilibre cellulaire :
Lymphocytes ^'^^
Grands éléments uninucléés
Pigments biliaires : la réaction de Gmelin est négative.
Perméabilité : le Kl, ingéré depuis trois jours, ne se trouve pas dans le liquide céphalo-rachidien.
Urobiline: elle est absente dans le liquide céphalo-rachidien, mais est constatée dans les urines jusqu'au dixième jour de la maladie.
3» Le dix-seplième jour, ponction lombaire dans le quatrième espace.
Position assise.
Écoulement en gouttes.
Quantité : 15 centimètres cubes, dans trois tubes. Couleur légèrement jaunâtre.
Cytologie : lymphocytose légère.
Albumines : la globuline et la sérine sont en petite quantité. Sucre : la liqueur de Fehling donne une réduction légère. Cryoscopie : A = — 0,53.
Observation V (1).
D..., parqueteur, âgé de 52 ans, est transporté à l'hôpital Cochin, dans le service de M. Chauffard, le 20 mai 1903.
Il n'a jamais été malade. On ne trouve, dans ses antécédents, ni bronchite, ni symptômes de diabète, ni syphilis. 11 n'en est pas de même de Talcoolisme, qui est notable.
La maladie actuelle date de la nuit précédente. Il s'était couché bien portant, lorsque vers minuit, dans son sommeil, il tombe brusquement dans le coma. Il est étendu dans son lit, sans connaissance, les yeux révulsés eu haut. II reste ainsi une heure environ, puis il s'agite, se débat, veut se lever, et plusieurs personnes sont nécessaires pour le maintenir étendu. On le transporte immédiatement à l'hôpital.
Examiné huit heures après le début de l'ictus, on le trouve pâle, le visage couvert de sueurs, remuant sans cesse dans son lit, avec tendance nette à rouler vers la droite. Il ne répond pas quand on l'interpelle, ne reconnaît pas sa femme qui est à côté de lui. II s'agit cependant plutôt de torpeur intellectuelle que de coma vrai. Il se défend quand on l'examine, ses yeux sont très mobiles; ses paroles, bien articulées, ne sont pas tout â fait incohérentes.
Il existe une légère contracture généralisée, sans crises convulsives^ On ne découvre aucun symptôme en foyer : aucune paralysie des membres, des muscles oculaires, de la face. Le réflexe rotulien à droite est nettement exagéré, sans qu'il y ait de clonus du pied de ce côté. Le signe de Babinski est en flexion à droite comme à gauche.
Aucun trouble de la sensibilité générale ou sensorielle.
Les Dupilles réagissent assez bien à l'accommodation et à la lumière.
Il existe peut-être un peu de raideur de la nuque. Pas de signe de- Kernig. Pas de vomissements.
Incontinence des matières et de l'urine. Celle-ci, retirée par sondage,, ne contient pas d'albumine, mais réduit en masse la liqueur de Fehling. La réaction de Gerhardt est négative.
La respiration est normale, pas de rythme de Cheyne-Stokes, pas de respiration suspirieuse. L'examen des poumons et du cœur ne donne que des résultats négatifs.
La température est à 38°, 2; le pouls régulier bal à 110.
Malgré la présence de sucre, et d'après l'absence d'odeur chloroformique de l'haleine, de respiration suspirieuse, de réaction de Gerhardt,
(i) Observation publiée avec MM. Chauffard et Boidin, dans la Presse médicale, 24 juin igo3.
on élimine un coma diabétique et on fait immédiatement une ponction lombaire pour éclairer le diagnostic. Le liquide recueilli dans trois tubes est très fortement et uniformément hémorragique.
Rapidement, tous les symptômes s'amendent. Dans la soirée, le malade, toujours agité, est cependant plus conscient.
Le lendemain, 21 mai, après une nuit calme, la température tombe à 37», 8 le matin, 37", 5 le soir ; le pouls à 82. La rétention d'urine succède à l'incontinence. Le sucre a totalement disparu pour ne plus jamais reparaître. Le malade répond maintenant aux questions; il parle bien et dit ne souffrir que de la tète et des reins. 11 ne sait cependant où il est; il reconnaît sa famille, mais oublie sa visite quelques instants après.
Le 22 mai, un nouveau symptôme fait son apparition ; ce sont des vomissements verdàtres, faciles, fréquents. Ils ne persistent que pendant deux jours. Le signe de Kernigfait toujours défaut.
Depuis, l'état s'améliore progressivement. La température est à la normale; la mémoire revient. Le malade est calme; cependant, tous les soirs, vers o heures, il s'agite, se lève et parcourt les salles en réclamant ses habits; il veut à toute force s'en aller. Cette excitation dure peu. Les douleurs lombaires et la céphalée persistent encore légères ; la rétention d'urine disparaît.
Pendant les quinze jours qu'a mis l'amélioration à se produire, trois ponctions lombaires ont été pratiquées, qui montrèrent la diminution progressive du sang épanché dans le liquide céphalo-rachidien.
Cependant une nouvelle alerte se produit; les 5 et Q juin, le malade est plus souffrant, la tête est lourde, les douleurs lombaires vives, quelques vomissements se produisent.
Le signe de Kernig fait toujours défaut. Une nouvelle ponction calme vite ces symptômes, et depuis, le malade est tout à fait bien portant. 11 est levé toute la journée, se promène dans les jardins, il mange et dort bien. L'état mental est absolument normal. Seules persistent quelques douleurs lombaires avec une légère céphalée. Au vingt-troisième jour, ces phénomènes réactionnels ont eux-mêmes à peu près complètement disparu.
Quatre pondions lombaires ont été pratiquées. La première, dix heures après le début des accidents. Elle a donné issue, en jet fort et continu, à un liquide nettement hémorragique, presque aussi rouge que du sang pur. Cette teinte était uniforme dans les trois tubes qui servient à le recueillir. 11 n'y eut pas de coagulation ; le culot, formé par dépôt des éléments sanguins, est considérable et rouge noirâtre ; le liquide supérieur est très légèrement jaune.
La deuxième ponction fut pratiquée au troisième jour de la maladie- Un liquide rouge clair, bien moins foncé que la première fois, s'écouler
en jet modéré. La coloration est toujours uniforme dans les trois tubes. Le dépôt globulaire est bien moins abondant que lors de la première ponction ; le liquide supérieur est jaune d'or. Décanté, ce liquide ne donne pas de raie spectroscopique.
La troisième ponclion, faite au onzième jour, montre dans les trois tubes un liquide rose, donnant un culot très peu abondant. Le liquide supérieur est légèrement jaune. Pas de raie spectroscopique.
La quatrième ponction, au dix-buiticme jour, laisse échapper goutte à goutte un liquide roussàtre (lavure de chair). Le culot, égal dans les trois tubes, est minime, mais encore sanglant.
La cytologie montre de très nombreux globules rouges, de très nombreuses cellules dont on ne voit plus que le noyau mal coloré. On y note aussi la présence de lymphocytes. Les polynucléaires sont au contraire exceptionnels.
L'iodure de potassium ingéré préalablement à la ponction n'est pas décelable dans le liquide céphalo-rachidien.
Une cinquième ponction lombaire est pratiquée au vingt-troisième jour. Le liquide s'écoule goutte à goutte. Il n'est plus sanglant, mais très légèrement jaunâtre. Par centriiugation, on obtient un culot tout à lait minime, mais encore rouge. L'examen microscopique montre encore de nombreuses hématies avec très peu de polynucléaires, et une lymphocytose moyenne. Les cellules à noyau mal coloré, que nous avions notées si nombreuses lors de la précédente ponction, ont presque totalement disparu.
Le liquide supérieur est très légèrement jaunâtre ; il est albumineux 11 ne recèle pas trace de l'iodure de potassium ingéré préalablement.
Observation VI (1).
B..., couturière, âgée de 22 ans, entre à l'hôpital Cochin, le 2^ juin 1903, dans le service de M. Chauffard.
Le père de la malade est bien portant. Sa mère est atteinte de néphrite avec albuminurie. Elle a trois sœurs qui sont en bonne santé.
Elle a contracté deux maladies infectieuses : à huit ans, une scarlatine non compliquée; à vingt ans, une lièvre typhoïde qui a duré trois mois et qui a été suivie d'accidents pulmonaires ayant fait penser à de la tuberculose. Mariée depuis un an, elle a fait, au mois de février dernier, une fausse couche ; deux mois après, elle aurait eu des métrorragies abondantes, d'une durée de trente-quatre jours. C'est une ner-
(i) Observation communiquée avec M. Chauffard à la Soc. méd. des hôpitaux, le 29 octobre 1908.
veuse, impressionnable, aux pleurs et aux colères faciles, ayant eu même quelques crises convulsives, mais elle ne présente aucun stigmate hystérique.
Le 27 juin, la malade, se trouvant au moment d'une période menstruelle et souffrant depuis cinq ou six jours d'une fatigue générale avec céphalée légère, est prise brusquement, une heure après le repas du soir, et au moment où elle venait de se coucher, d'une céphalalgie violente avec vomissements alimentaires. Dans la nuit, cette céphalalgie augmente : elle empêche le sommeil et arrache des cris.
Dès le lendemain, 28, l'état douloureux restant aussi intense, on transporte la malade à l'hôpital. A son arrivée, nous la trouvons parfaitement consciente et elle peut répondre à nos questions. Ses traits sont un peu contracturés: les pommettes sont colorées et la tête légèrement renversée en arrière. Le mal de tête est atroce, surtout marqué au niveau des deux régions temporales, avec un point très douloureux vers le milieu de la suture fronto-pariétale droite : c'est une douleur gravative avec élancements extrêmement douloureux, marqués par les cris de la patiente, et qu'on exagère quand on lui remue la tête ou quand on l'asseoit. Dans les moments de calme, elle est somnolente.
Il existe une raideur généralisée et la palpation des masses musculaires du cou est extrêmement douloureuse. Quand on asseoit la malade, les mouvements provoqués dans le rachis sont très pénibles et on constate que le signe de Kernig se caractérise non seulement par la (lexion invincible des jambes sur les cuisses, mais encore par l'intensité de cette flexion qui se maintient invariablement à angle aigu.
Nous trouvons une force musculaire assez notable du côté droit, tandis que les membres du côté gauche sont fortement parésiés. De ce côté, la malade ne peut fléchir la jambe sur la cuisse et l'avant-bras sur le bras qu'en les traînant sur le lit; elle ne peut pas ensuite les ramener à l'extension. Les extrémités distales, pied et jambe, main et avant-bras, sont paralysées; les muscles de la cuisse et du bras sont seulement parésiés. Nous ne pouvons pas déceler de paralysie faciale ; il n'y a pas de déviation de la langue.
11 existe une exagération légère des réflexes rotulicns. Le signe de Babinski se fait en extension des deux côtés, surtout à gauche. Il n'y a pas de troubles de la sensibilité.
Du côté des yeux, il n'y a pas de strabisme ni de ptosis. On constate seulement un léger myosis avec pupilles égales et réflexes pupillaires normaux.
Nous provoquons une apparition rapide de la raie vaso-motrice ; eHe est très prononcée et dure quelques instants. Le pouls = 80. La respiration régulière = 24. La température = 38°, 7.
On ne décèle rien au cœur ni aux poumons. La langue est saburrale et un peu sèche. Les vomissements ne se sont pas reproduits depuis la veille.
Le diagnostic est hésitant, mais une ponction lombaire donne issue à un liquide céphalo-rachidien hémorragique dont les caractères permettent d'aflirmer le diagnostic d'hémorragie méningée. La ponction atténue un peu les douleurs de la malade.
Le 29, la céphalée persiste et des élancements aussi douloureux sont provoqués par les moindres mouvements. Les traits du visage restent contracturés. Le pouls est régulier, mais nous constatons nettement qu'il s'accélère beaucoup au moment des crises douloureuses. La rachialgie et le signe de Kernig sont toujours extrêmement prononcés.
Les urines ne contiennent ni albumine ni sucre. La température = 38». Le pouls = 100.
Le 30, la céphalée diminue et les élancements douloureux s'espacent. Le pouls = 108. La température = 37°.
Le 1" juillet, les paroxysmes douloureux des premiers jours ont disparu. La douleur dans le cou et dans la région dorsale s'atténue beaucoup, mais le signe de Kernig persiste toujours. La température oscille autour de 38°. Le pouls = 112.
Le 4, il existe encore un peu de céphalée, mais la douleur réveillée par les mouvements du cou et du rachis a beaucoup diminué. Le signe de Kernig existe encore un peu à gauche, mais beaucoup moins marqué que les autres jours. La température = 370,9 le matin, et 3T»,-41e soir.
Le 6, la céphalée a disparu et on ne trouve plus le signe de Kernig. Les douleurs rachidiennes se sont très atténuées. La température = 37°. Le pouls = 92.
Le 7, la malade signale un peu de douleur dans la région de l'occipital. Les mouvements de la tète ne sont pénibles que dans l'extension et la flexion forcées; de même la rachialgie n'apparaît que si la malade se penche fortement en avant ou si l'on cherche avec insistance le signe de Kernig. La température oscille entre 37° et 37°, 6. Le pouls = 90.
Le 12, l'amélioration persiste et les douleurs ne se montrent plus. On constate des deux côtés une exagération notable des réflexes rotuliens et achilléens et une amorce de trépidation épileptoïde. Le signe de Babinski se produit en extension des deux côtés, surtout à gauche. 11 n'existe pas de troubles de la sensibilité, mais la malade est incapable de se lever sans aide. Dans la station debout, elle repose surtout sur le pied droit et si on la fait marcher, elle steppe et fauche légèrement du membre inférieur gauche. La force musculaire du membre supérieur gauche est moins prononcée que celle du membre droit. Elle ne peut en outre accomplir le moindre eflort avec la main gauche.
La température oscille tous les jours entre 3T' et 38». Le pouls = 90.
Le 23, après un retour graduel des forces, la malade peut se lever seule et marcher, mais le pied gauclie traîne un peu sur le sol. Il existe toujours une exagération des réûexes rotuliens, avec trépidation épileptoïde plus marquée à gauche. Le réflexe de Babinski se produit constamment en extension à gauche et à droite.
Le côté parésié présente une grande diminution de la force musculaire : le dynamomètre marque 45 pour la main gauche et 8!) pour la droite.
La température oscille depuis quelques jours entre 3"°,S et 37°.
Dans les jours suivants, la parésie diminue, la marche devient facile et la malade quitte l'hôpital le 30 juillet.
Elle vient consulter le 8 août, parce qu'elle a reçu la veille un coup de pied dans la région dorsale. On ne constate pas de trace d'ecchymoses, mais une hyperesthésie très marquée le long de la colonne vertébrale. On fait une ponction lombaire : le liquide n'est pas sanguinolent.
La force musculaire est à peu près égale des deux côtés. Il n'existe pas de troubles de la marche, mais les réflexes rotuliens sont exagérés et il y a aussi de la trépidation épileptoïde : ces phénomènes sont toujours plus marqués du côté gauche.
Ponctions lombaires. — On a pratiqué, chez cette malade, six ponctions lombaires : le 28 juin, au deuxième jour ; le 29 juin, au troisième jour; le 6 juillet, au dixième jour; le 13 juillet, au dix-septième jour; le 29 juillet, au trente-troisième jour, et le 8 août, au quarante-troisième jour de la maladie.
1° Le deuxième jour, ponction lombaire dans le cinquième espace.
Position couchée.
Quantité : 15 centimètres cubes, dans trois tubes.
Ecoulement en jet continu.
Coloration rose, uniforme dans les trois tubes.
Centrifugation : culot hématique peu volumineux. Liquide jaune. Pas de coagulum fibrineux.
Numération : globules rouges = 20.333, dont 1.766 sphériques et
opaques.
Cytologie : globules rouges épineux, très abondants. Les éléments blancs sont, par rapport aux globules rouges, en plus forte proportion que dans un sang normal. Equilibre de ces élément blancs :
Grands éléments uninucléés
Albumines : la globuline et la sérine sont peu abondantes.
Sucre : il n'y a pas de réduction par la liqueur de Fehling. Cryoscopie : A = — 0,57.
Spectroscopie : les raies de l'oxyhémoglobine existent, mais sont à peine visibles.
Pigments biliaires : la réaction de Gmelin est négative, dans le liquide céphalo-rachidien et dans le sérum sanguin.
^2° Le troisième jour, on ponctionne la malade et on ensemence i centimètres cubes de son liquide céphalo-rachidien dans 400 centimètres cubes d'eau peptonée.
On pratique de même l'ensemencement de 4 centimètres cubes de sang, pris au pli du coude, dans 400 centimètres cubes d'eau peptonée. Aucune culture microbienne ne peut être décelée dans ces milieux.
Il y avait 5.600 leucocytes dans le sang, et l'équilibre leucocytaire était
le suivant :
Polynucléaires 66,66
Mononucléaires 32,57
Eosinophiles 0,74
Dans le liquide céphalo-rachidien, le pourcentage des éléments blancs montrait :
Lymphocytes 37
Grands éléments uninucléés 13
Nombreux globules rouges épineux, à centre peu teinté par l'éosine. 3° Le dixième jour, ponction lombaire dans le cinquième espace. Position assise.
Quantité : 15 centimètres cubes, dans trois tubes. Ecoulement en gouttes rapides.
Coloration jaune très marquée, uniforme dans les trois tubes.
Centrifugation : culot hématique minime. Pas de coagulum fibrineux,
Numération : globules rouges = 107 ; globules blancs = 40. Les globules rouges sont crénelés et on voit à l'état frais de nombreux débris protoplasmiques incolores.
(Cytologie : globules rouges mal colorés. Lymphocytes abondants. Grands éléments uninucléés assez nombreux. On ne compte que 5 ou 6 polynucléaires parmi lesquels 3 éosinophiles.
Albumines : la globuline et la sérine sont peu abondantes.
Cryoscopie : A = — 0,55.
Perméabilité : le Kl, ingéré depuis huit jours à la dose de 4 grammes par jour, n"est pas trouvé dans le liquide céphalo-rachidien. Spectroscopie : absence des raies de l'oxyhémoglobine et de l'urobiline.
Pigments biliaires : la réaction de Gmelin est négative. 4« Le dix-sepîième jour, ponction dans le quatrième espace. Position assise.
Quantité : lo centimètres cubes, dans trois tubes. Écoulement en gouttes lentes.
Coloration moins jaune qu'aux ponctions précédentes. Pas de coagulum (ibrineux.
Après centrifugation, culot hématique punctiforme.
Numération : globules rouges = 6; globules blancs — 9. On voit de nombreux débris protoplasmiques incolores à l'état frais.
Cytologie : globules rouges mal colorés. Lymphocytose abondante. Grands éléments uninuclcés très rares.
Albumine : la globuline et la sérine sont assez abondantes.
Sucre : la liqueur de Fehling ne donne aucune réduction.
Cryoscopie : A = — 0,56.
Réaction alcaline.
n° Le Irenle-lroisièine jour, ponction dans le cinquième espace. Position assise.
Quantité : 15 centimètres cubes, dans trois tubes. Écoulement en gouttes lentes.
Coloration très légèrement jaunâtre.
Centrifugation : petit culot hématique. Pas de coagulum fibrineux. Cytologie : nombreux globules rouges épineux et bien colorés. Le pourcentage des éléments blancs est le suivant :
Lymphocytes
Polynucléaires
Grands éléments uninucléés Hémato-macrophages. . .
Albumines : la globuline et la sérine sont moins abondantes que dans le liquide de la ponction précédente.
Sucre : la liqueur de Fehling donne un très léger précipité rougeâtre. Cryoscopie : A = — 0,58.
Réaction alcaline.
6" Le quaranle-lroisième jour, ponction dans le quatrième espace. Position assise.
Quantité : lo centimètres cubes, dans trois tubes. Écoulement en gouttes lentes.
Liquide limpide.
Cytologie : lymphocytose très légère. Quelques globules rouges assez bien colorés.
Albumines : la globuline et la serine sont en proportion minime. Cryoscopie : A = — 0,60.
Observation VII.
M..., 48 ans, journalière, entre à l'hôpital Cochin, le 7 juillet 1903, dans le service de M. Widal.
Elle se plaint d'une céphalée légère, et d'une gène dans les mouvements des membres gauches supérieur et inférieur. Les troubles datent de quatre jours. Ils sont survenus brusquement à la suite d'un ictus parliculiiir.
La malade, dans les antécédents de laquelle on ne relève absolument rien (pas de syphilis, pas de tuberculose, pas de cardiopathie), était en pleine santé. Elle n'avait pas subi de traumatisme, les jours précédents; elle était en dehors de ses périodes menstruelles.
Occupée à coudre à la machine, elle est prise subitement de vertige et tombe à terre sans perdre connaissance. Elle se relève aussitôt, mais constate que la tête lui tourne et qu'elle marche difficilement. Elle se couche.
Le lendemain et le surlendemain, elle reprend son travail, mais sa tête est pesante, sa jambe gauche est faible et elle ne peut avancer que lentement ; son bras gauche est maladroit et se meut plus difficilement qu'à l'état normal.
Le 7 jiiillel, aucune amélioration ne s'étant produite, elle entre à l'hôpital.
C'est une femme de petite taille, mais sans stigmates de dégénérescence. Elle a une hémiplégie gauche, sans participation de la face, hémiplégie légère et spasmodique d'emblée. Il y a une diminution marquée de la force musculaire dans les membres du côté gauche, surtout dans la main qui serre difficilement les objets, et une lenteur plus grande des mouvements de ce côté.
Au membre supérieur, les mouvements passifs de flexion et d'extension sont gênés par la raideur musculaire ; les réflexes olécraniens et des extenseurs sont exagérés. Au membre inférieur, il y a de la raideur dans les mouvements, de l'exagération du réflexe rotulien, du clonus du pied, le phénomène de la rotule. Le signe de Babinski se produit en extension ; il n'y a pas de signe de Xernig.
La démarche est paralytique ; la malade traîne la jambe, ébauchant un léger mouvement de fauchage ; en même temps, le membre est raidi et la malade talonne.
Tous les autres symptômes sont négatifs: il n'y a pas de troubles sensitifs, ni troubles visuels ; l'intelligence est intacte. 11 n y a plus
de vertiges. Tous les appareils sont normaux ; il n'y a pas d'artériosclérose.
La température = 380,2. Le pouls = 83. La pression artérielle = 14.
On pratique, le lendemain de l'entrée, une ponction lombaire qui donne issue à un liquide hémorragique.
Les jours suivants, l'état reste stationnaire ; le surlendemain de l'entrée, la réaction fébrile s'accentue : la température monte à 39°,6. Elle est à 38», 4 le jour suivant, puis tombe à 37°. Elle reste oscillante entre 37° et 38° jusqu'au 49 juillet, et, à partir de ce moment;, se maintient à 37°.
Les phénomènes moteurs restent peu accentués ; la malade se lève et marche assez facilement, malgré sa parésie spasmodique. Elle se sert de son bras gauche. On ne constate pas de symptômes nouveaux. Le 22 juillet, pour la première fois, le signe do l'abduction des orteils de Babinski est constaté : il est très net du côté paralysé. Les réflexes sont toujours exagérés.
L'hémiplégie régresse peu à peu. La malade quitte le service le 7 août, trente joursaprèsson entrée. Il persistedel'exagération du réflexe rotulien gauche, le signe de l'orteil en extension, une démarche un peu traînante, de la diminution de la force musculaire dans le membre supérieur gauche. Pendant dix jours, du 6 au 16 juillet, la malade a été soumise à un traitement mercuriel intensif.
Ponctions lombaires. — On a pratiqué, chez cette malade, quatre ponctions lombaires : le 8 juillet, au cinquième jour; le 10 juillet, au septième jour ; le 15 juillet, au douzième jour, et le 4 août, au trentedeuxième jour de la maladie.
1° Le cinquième jour, ponction dans le quatrième espace.
Position assise.
Quantité : 45 centimètres cubes, dans trois tubes. Ecoulement en jet continu.
Coloration rouge dans les trois tubes. La teinte rouge est plus marquée dans les deux derniers tubes et on voit s'y former très rapidement un coagulum fibrineux assez massif. Cette inégalité de teinte et cette coagulation tiennent sans nul doute à la piqûre d'un vaisseau par l'aiguille : la malade a remué au cours de la ponction. Le liquide qui surnage est très jaune.
Cytologie : globules peu colorés, en assez grand nombre. II y a beaucoup de globules blancs comparativement aux globules rouges. L'équilibre cellulaire est le suivant :
Lymphocytes 2,67
Polynucléaires 90,90
Grands éléments uninucléés .... ... 6,42
F no IN. 7
2° Le septième jour, ponction dans le cinquième espace. Position coucliée.
Quantité : '20 centimètres cubes, dans quatre tubes. Ecoulement en gouttes rapides.
Coloration rouge jaunâtre (lavure de chair), dans les quatre tubes.
Centrifugation : culot hématique peu volumineux. Liquide très jaune. Pas de coagulum fibrineux.
Numération : globules rouges = 18.200 dont 17.667 sont sphériques et opaques. On voit aussi beaucoup de globules pâles et décolorés.
Cytologie: les globules rouges sont petits, épineux et très colorés, ou bien grands et mal teintés. Les globules blancs sont très nombreux par rapport aux globules rouges. Equilibre cellulaire :
Lymphocytes ^^'^^
Polynucléaires "^^'^^
Grands éléments uninucléés 28
Hémato-macrophages ^-^^
On aperçoit également quelques polynucléaires renfermant des corpuscules héraoglobiques.
Albumines : la globuline et la sérine sont assez abondantes. Sucre : il n'y a aucune réduction par la liqueur de Fehling. Cryoscopie : A = — 0,53.
Spectroscopie : les deux raies de l'oxyhémoglobine existent, mais légères.
Réaction alcaline.
3» Le douzième jour, ponction dans le cinquième espace. Position assise.
Quantité : 15 centimètres cubes, dans trois tubes. Ecoulement en gouttes très lentes.
Coloration jaune; pas de coagulum fibrineux.
Numération : globules rouges = 540, presque tous sphériques et opaques. Globules pâles. Eléments blancs = 17.
Cytologie : globules rouges épineux, en grand nombre. L'équilibre cellulaire est le suivant :
Polynucléaires 1.62
Grands éléments uninucléés 13,02
Hémato-macrophages 0,97
Albumines : la globuline et la sérine sont toujours assez abondantes. Sucre : il y a une réduction légère par la liqueur de Fehling. Cryoscopie A = — 0,55.
Perméabilité : le Kl, ingéré depuis cinq jours à la dose de 4. grammes, est décelé dans le liquide céphalo-rachidien.
Spectroscopie : on ne constate pas les raies de l'oxyhémoglobinc. Réaction alcaline.
-i» I.e Irenle-dcuxièine Jour, ponction dans le cinquième espace. Position couchée, puis, au milieu de l'intervention, position assise. Quantité : 12 centimètres cubes, dans trois tubes, lïcoulement continu en gouttes très lentes. Liquide incolore.
Cytologie : globules rouges peu nombreux, la plupart sont déformés et prennent fortement l'éosine. Lymphocytose légère. Sucre : légère réduction par la liqueur de Fehling. Cryoscopie : à = — 0,58.
Perméabilité : Le Kl, ingéré depuis vingt-huit jours à la dose de 4 grammes, n'est plus retrouvé dans le liquide céphalo-rachidien.
Observation VIII (1).
R..., relieur, âgé de 36 ans, entre à l'hôpital Cochin, le 4 septembre -1903, dans le service de M. Chauflard.
On ne trouve, comme passé morbide, qu'une scarlatine à 14 ans. Le malade nie la syphilis et ou n'en trouve aucun stigmate. Il est un peu alcoolique.
Le 31 août, après son repas, étant en pleine santé, il sort en voiture, par une température très élevée. Brusquement, il se trouve mal et perd connaissance. On le transporte chez lui. Il est très agité, se lève à tout instant et vomit à plusieurs reprises.
L'état persiste identique avec délire d'action, jusqu'au 5 septembre, époque à laquelle le malade entre à l'hôpital. Notons que les vomissements ne s'étaient pas reproduits.
Le 3 septembre, on trouve le malade dans le coma presque complet, ne répondant pas aux questions qu'on lui adresse, mais ayant cependant un certain degré de conscience, car il exécute les mouvements qui lui sont ordonnés. 11 se couche indilïéremment d'un côté ou de l'autre. On constate de la raideur de la nuque et un signe de Kernig des plus nets. Les quatre membres sont parésiés et retombent flasques quand on les soulève. Les réflexes rotuliens sont abolis ; le réflexe de Babinski est en flexion des deux côtés. La sensibilité générale est partout diminuée. 11 n'y a pas de troubles des réservoirs.
(i) Observnliou puhlice avec M. Boidin, dans la Gazelle des hôpitaux, le 7 janvier icjo/j.
Les pupilles sont étroites mais égales. Elles réagissent bien à la lumière et à la distance.
La respiration est normale et le pouls = 76, tandis que la température = 39".
Les urines ne contiennent ni sucre ni albumine. Le cœur est normal.
On fait immédiatement une ponction lombaire qui permet de retirer un liquide sanglant.
Les jours suivants, l'état reste sensiblement identique.
Le 9 septembre, on constate une hémiplégie droite ; paralysie flasque, incomplète, intéressant la face, les membres supérieurs et inférieurs.
Le 12, il sort un peu du coma, l'hémiplégie persiste. On fait lever le malade qui peut se tenir debout.
La température, qui s'était maintenue les premiers jours entre 39° et 40°, est ensuite descendue progressivement et atteint la normale le 12 septembre. Le pouls a toujours été plutôt ralenti et est descendu à 60.
Le malade a été soumis depuis le 7 septembre au traitement mercuriel, mais le 14 septembre, une stomatite intense se montre, avec suppuration des gencives, qui oblige à l'interrompre.
A ce moment, l'hémiplégie droite est moins prononcée. Le malade commence à marcher, quoique encore péniblement. Le réflexe rotulien est diminué à droite. Le réflexe de Babinski est en flexion. Le signe de Kernig est très net. Le malade est maintenant tout à fait conscient, ce qui permet de découvrir un nouveau signe, l'aphasie. Le malade comprend tout ce qu'on dit et tout ce qu'il lit; il écrit assez bien ce qu'il veut et ce qu'on lui dicte.Quand il répond aux questions posées il emploie toujours les mêmes mots. Son répertoire en comprend une dizaine environ.
Dans la suite, 1 état s améliore progressivement et l'hémiplégie droite disparait au début d'octobre; les réflexes sont normaux; 1p malade ne traîne pas la jambe; il n'existe pas d'asymétrie faciale.
Le signe de Kernig ne disparait que le 4 octobre. L'aphasie persiste plus longtemps; cependant, le malade, rééduqué, retrouve tous les jours quelques mots et, le 15 novembre, il lit presque couramment.
Le 16 septembre, à la fin de la phase aiguë, au moment où la température était retombée à la normale, deux épreuves avaient été pratiquées : l'épreuve de la tuberculine et le séro-diagnostic tuberculeux, et toutes deux sont restées négatives.
Ponctions lombaires. — On a pratiqué, chez ce malade, sept ponctions lombaires : le 5 septembre, au sixième jour ; le 8, au neuvième jour, le 10, au onzième jour; le 11, au douzième jour; le 17 octobre, au quarante-huitième jour ; le 7 novembre, au soixante-neuvième jour, et le 29 novembre, au quatre vingt-onzième jour de la maladie.
1" Le sixième jour, ponction lombaire dans le quatrième espace. Position assise.
Quantité: 15 centimètres cubes, dans trois tubes. Ecoulement en jet continu.
Coloration rouge cerise, uniforme dans les trois tubes. Centrifugation : gros culot hématique. Liquide jaune rosé. Numération : globules rouges = iOO.OOO. Globules blancs = 4.000. Spectroscopie : on constate les deux raies de l'oxyhcmoglobine que l'on réduit par le sulfhydrate d'ammoniaque. "2" Le neuvième jour, ponction lombaire dans le quatrième espace. Position assise.
Quantité : 15 centimètres cubes, dans trois tubes.
Ecoulement en jet continu.
Coloration jaune rosé, dans les trois tubes.
Centrifugation : culot bématique moins abondant. Liquide de coloration plus jaunâtre qu'à la ponction précédente. Numération : globules rouges = 80.000.
Spectroscopie : on voit les raies de l'oxybémoglobine. 3» Le onzième jour, ponction dans le quatrième espace. Position assise.
Quantité : 15 centimètres cubes.
Ecoulement en jet, puis en gouttes rapides. Centrifugation : culot bématique minime. Liquide jaune. Numération : globules rouges = 17.000.
4° Le douzième jour, ponction lombaire dans le quatrième espace. Position assise.
Quantité : 15 centimètres cubes.
Ecoulement en gouttes lentes. Liquide jaune.
Cytologie : lymphocytose moyenne. Peu de globules rouges et de polynucléaires.
0° Le quaranle-huilième jour, ponction lombaire dans le quatrième espace.
Position assise.
Quantité : 13 centimètres cubes.
Ecoulement en gouttes lentes. Liquide limpide.
Cytologie : lymphocytose légère.
6" Le soixante- neuvième jour, ponction lombaire dans le quatrième espace.
Position assise.
Quantité : 13 centimètres cubes.
Ecoulement en gouttes lentes. Liquide limpide.
Cytologie : très légère, lymphocytose.
7" Le qualre-uinfjl-onzième jour, ponction lombaire dans le quatrième espace.
Position assise.
Quantité : 15 centimètres cubes.
Ecoulement en gouttes lentes. Liquide limpide.
Cytologie négative.
Observation IX.
P..., 56 ans, carrier, entre à l'hôpital Cocliin, dans le service de M. Widal, pour une très violente céphalée, avec un peu de vertige, sans autres phénomènes.
Le jeudi 3 septembre, après une journée fatigante, employée à transporter de grosses pierres, il est pris brusquement, après son repas du soir, d'une douleur aiguë dans la tête et de sensation nette de constriction du thorax. En même temps, il a des bourdonnements d'oreille, est pris de vertige, et est obligé de se coucher à terre pour ne pas tomber.
Les jours suivants, les mêmes phénomènes persistent, et, en outre, à deux ou trois reprises diQérentes, le malade vomit ce qu'il essaie d'ingérer : ces vomissements sout faciles et abondants. La céphalée continue, toujours intense. 11 remarque, en outre, une certaine parésie du membre supérieur gauche et un peu de gêne pour effectuer des mouvements, quels qu'ils soient. 11 dit s'être toujours bien porté, n'a jamais eu la syphilis, ne parait pas alcoolique.
Le 9 septembre, à son entrée à l'hôpital, il ne se plaint que de la tête, d'une douleur en casque surtout marquée dans la région frontale.
Il semble qu'il y ait un peu d'asymétrie faciale due à un léger degré de paralysie faciale gauche. Les traits paraissent légèrement tirés du côté opposé; la commissure labiale est abaissée, le pli naso-labial plus prononcé. Les phénomènes s'exagèrent un peu quand le malade rit, la joue est légèrement soulevée par l'air expiré. La parole parait un peu embarrassée. Au point de vue moteur, le membre supérieur gauche semble un peu moins fort que l'autre.
Il n'y a pas de signes d'irritation méningée; pas de raideur de la nuque, pas de signe de Kernig.
Le réflexe rotulien, normal à droite, est légèrement diminué à gauche. Le signe de Babinski est en flexion, des deux côtés. Il n'y a pas de trépidation épileptoïde.
La température = 37°, 2. Le pouls = 90.
Une ponction lombaire, immédiatement pratiquée dans le cinquième
— io3 —
espace, permet de retirer un liquide sanglant, palhognomonique d'une hémorragie méningée.
La ponction lombaire soulage beaucoup le malade, qui se plaint moins de la céphalée et effectue les mouvements avec plus de facilité. On lui donne de l'iodure de potassium.
Le 10 septembre, la céphalée s"est beaucoup atténuée et le malade a pu se lever deux jours après. Il se plaint cependant d'une lourdeur dans la tète, qui du reste a disparu à une deuxième ponction lombaire, pratiquée le 11 septembre. La parésie du côté gauche a rétrocédé rapidement, la température a oscillé autour de 37°,S et le malade, se trouvant complètement rétabli, a quitté l'hôpital le 17 septembre.
Ponctions lombaires. - On a pratiqué trois ponctions lombaires : le 8 septembre, au sixième jour; le 11 septembre, au neuvième jour, etle n septembre, au quinzième jour de la maladie.
1» Le sixième jour, ponction dans le cinquième espace.
Quantité : 15 centimètres cubes, dans trois tubes. Ecoulement en gouttes très lentes.
Couleur rosée, un peu plus foncée dans le premier que dans les deuxième et troisième tubes. Après centrifugation, petit culot hématique et liquide légèrement jaune.
Numération : globules rouges = 10.200.
Cytologie : globules rouges épineux, très colorés, et globules arrondis et mal colorés. Globules blancs peu nombreux. Equilibre cellulaire :
Lymphocytes ^'^^
Polynucléaires 89,70
Grands éléments uninucléés 8,37
Spectroscopie négative.
Albumine peu abondante.
Ni sucre ni urobiline.
2o Le neuvième jour, ponction dans le quatrième espace. Position assise.
Quantité : 20 centimètres cubes, dans trois tubes. Ecoulement en jet continu.
Coloration jaune.
Perméabilité : le Kl, ingéré depuis trois jours, n'est pas décelé dans le liquide céphalo-rachidien.
Cytologie : nombreux globules peu colorés. Globules fragmentés. Les éléments blancs sont assez nombreux par rapport aux globules rouges. Equilibre cellulaire :
— io4 —
Lymphocytes ^9
Eosinophiles ^
Grands éléments uninucléés 26
3" Le quinzième jour, ponction dans le quatrième espace.
Position assise.
Liquide légèrement jaune.
Cytologie : globules rouges fragmentés. Globules peu teintés. Eléments blancs peu nombreux. Equilibre cellulaire :
Lymphocytes . 89,08
Polynucléaires 0'60
Grands éléments uninucléés 10,30
Observation X (1).
Q..., chiffonnière, âgée de 52 ans, entre le 19 octobre 1903, à l'hôpitiil Cochin, dans le service de M. Chauffard.
Rien à noter dans ses antécédents. Pas de maladies graves antérieures. L'alcoolisme et la syphilis ne sont décelables ni par l'interrogatoire, ni par un examen minutieux de la malade.
Le 18 octobre, en pleine santé, après un repas, elle est prise brusquequent d'un violent mal de tète et perd subitement la vue, sans perte de connaissance. Durant cette journée, la céphalée et l'amaurose persistent en même temps que se montrent des vomissements répétés. Même état pendant la nuit.
Le lendemain matin, 19, la malade se lève et peut sortir, mais elle a de la faiblesse des jambes (des deux également) et sa vue est trouble ; elle heurte les passants et ne peut plus retrouver la porte de son logement. Elle a de fréquents vomissements et entre à l'hôpital dans la nuit.
Le 20, nous trouvons la malade très consciente ; elle se souvient de tout ce qui s'est passé et le raconte d'une façon très précise.
Elle se plaint d'une céphalée assez vive, localisée dans le côté droit de la tête, mais surtout de la perte presque complète de la vue. Elle aperçoit à peine les personnes qui l'entourent.
II n'existe aucune paralysie. La marche est un peu incertaine, mais cette incertitude dépend des troubles visuels. La force musculaire est conservée. Les réflexes sont légèrement exagérés des deux eôtés. 11 n'y
(i) Observalion publiée avec M. Boidin, dans la Gazelle des hôpilaux, le 7 janvier 1904.
— io5 —
a pas de clonus. La recherche du réflexe de Babinski est gônée par la réaction de défense et ne donne pas de résultat précis.
On trouve une légère raideur de la nuque, pas de signe de Kernig. Les vomissements ne se sont pas reproduits. Les sphincters fonctionnent normalement. Les urines ne contiennent ni sucre ni albumine.
L'exploration des autres organes donne des résultats négatifs ; on constate seulement un claquement du premier bruit aortique.
La température = 370,7 ; le pouls = 80,
Les symptômes dominants sont donc la céphalée et la perte presque absolue de la vue. La céphalée est localisée au côté droit de la tête. Le point douloureux a pu être précisé d'une façon encore plus nette par la percussion du crâne avec le marteau à réflexes. La douleur provoquée présentait une grande intensité en un point situé au niveau de la région rolandique.
L'examen oculaire, pratiqué par M. Roche, a donné lieu aux constata tions suivantes : les papilles, saillantes, présentent une stase avec œdème très net. Les artères sont diminuées de volume, et il n'y a pas trace d'hémorragie. Les réflexes pupillaires sont normaux. L'acuité visuelle est de même valeur pour les deux yeux : la malade compte les doigts à 50 centimètres.
Les jours suivants, la céphalée a beaucoup diminué. Notons qu'une première ponction lombaire, pratiquée immédiatement, a largement contribué à ce résultat.
La vue revient progressivement. La température oscille, depuis l'entrée,
entre 37° et 37°, S.
Le 31, elle traîne un peu la jambe gauche, mais la force est égale des deux côtés, tant pour les membres inférieurs que pour les membres supérieurs. Il existe une légère ébauche de paralysie faciale gauche qui a fait son apparition huit jours après l'entrée de la malade à l'hôpital. Le signe de Kernig est toujours absent; la céphalée a presque totalement disparu; la vue est redevenue à peu près normale.
Un nouvel examen permet de distinguer les bords de la papille; l'œdème a diminué et l'acuité visuelle est augmentée. La malade quitte l'hôpital.
Elle revient le 9 novembre et se plaint encore de céphalée légère et de faiblesse des jambes. 11 n'y a plus trace de paralysie faciale; les réflexes roluliens sont un peu exagérés à gauche. Le fond de l'œil est normal; la vue est normale.
Ponctions lombaires. — On a pratiqué, chez cette malade, quatre ponctions lombaires : le 20 octobre, au troisième jour ; le 22 octobre, au cinquième jour ; le 29 octobre, au douzième jour, et le 16 novembre, au trentième jour de la maladie.
l» Lelroisiènie jour, ponction dans le troisième espace. Position assise.
Quantité : 15 centimètres cubes, dans les trois tubes. Ecoulement en jet continu..
Coloration jaune rosàtre, uniforme dans les trois tubes.
Centrifugation : petit culot hématique. Liquide très jaune..
Numération : globules rouges = 12,066, dont 766 sphériques et opaques. Eléments blancs = 13.
Cytologie: globules rouges épineux et bien colorés. Globules plus volumineux et moins teintés par l'éosine. Equilibre cellulaire :
Lymphocytes 8,43
Eosinophiles ' 0,61
Grands éléments uuinucléés 29,37
Albumines : la globuline et surtout la sérine sont en quantité assez notable.
Sucre : la réduction par la liqueur de Fehling est normale. Cryoscopie : A = — 0,60.
Spectroscopie : absence des raies de l'oxyhémoglobine.
Pigments biliaires : la réaction de Gmelin est négative.
Urobiline : le liquide céphalo-rachidien ne montre pas de fluorescence par le [chlorure de zinc ammjniacal. Dans les urines, on trouve une fluorescence peu marquée.
Réaction alcaline.
2" Le cinquième jour, ponction lombaire dans le quatrième espace. Position couchée.
Quantité : 15 centimètres cubes, dans les trois tubes. Ecoulement en gouttes lentes.
Coloration jaune rosàtre. Le liquide du deuxième tube est moins rosé que celui du premier et du troisième. Pas de coagulum.
Centrifugation : le culot hématique a diminué de volume, mais le liquide conserve à peu près la même teinte jaune qu'à la première ponction.
Numération: globules rouges = 4.420, presque tous sphériques et opaques. Eléments blancs = 4.
Cytologie : globules rouges peu, et très colorés. Equilibre cellulaire .
Lymphocytes 47,71
Polynucléaires 37,90
Grands éléments uninucléés 14,37
Albumines : la globuline et la sérine sont en quantité décroissante. Sucre : la liqueur de Fehling donne une réduction légère.
Cryoscopie : A = — 0,57
Spectroscopie : les raies de l'oxyhémoglubine sont absentes.
Perméabilité : le Kl, ingéré depuis quarante-huit heures à la dose de i grammes, n'est pas décelé dans le liquide céphalo-raciiidien.
Pigments biliaires : la réaction de Gmelin est négative dans le liquide céphalo-rachidien.
Urobiline : dans le liquide céphalo-rachidien il n'y a pas de fluorescence. La fluorescence est légère dans l'urine.
Réaction alcaline.
Jusqu'au neuvième jour, on constate une très légère fluorescence daus les urines.
3° Le douzième jour, ponction lombaire dans le cinquième espuce. Position assise.
Quantité : l"2 centimètres cubes, dans trois tubes. Centrifugation : culot hématique punctiîorme. Liquide jaune. Cytologie : globules très colorés et globules peu colorés. Lymphocytose
peu abondante.
Sucre : la liqueur de Fehling donne une réduction légère.
Urobiline : la fluorescence n'existe pas dans le liquide céphalo-rachidien, ni dans l'urine.
4° Le Irenîième jour, ponction dans le quatrième espace.
Position assise.
Ecoulement en gouttes lentes.
Liquide limpide.
Cytologie : rares globules rouges, petits et très colorés. Lymphocytose très légère. Cryoscopie : A = — 0,56.