RÉSUMÉ DES QUATRE OBSERVATIONS PRÉCÉDENTES
Causes. — Dans l'observation I, un traumatisme violent a entraîné des fractures multiples, et une hémorragie sousarachnoïdienne très abondante. Dans deux cas, la rupture vasculaire s'est produite chez des sujets âgés (70 ans), au niveau d'artères malades (artérite chronique, Obs. II et III).
Le quatrième cas concerne une femme de vingt ans, chez laquelle il a été impossible de découvrir la cause de l'hémor ragie.
Lésions. — On a trouvé, une seule fois, une rupture vasculaire, au niveau de l'artère cérébrale postérieure (Obs. III).
Dans l'observation I, la coloration noirâtre du* liquide retiré par ponction lombaire devait résulter probablement de l'ouverture des sinus veineux par les fractures multiples. L'abondance des globules rouges (3.380.000 par millimètre cube), dans cette hémorragie traumatique, peut s'expliquer en partie par l'otorragie qui a permis l'écoulement du liquide céphalo-rachidien et la diffusion plus facile du sang. Des caillots volumineux ont été trouvés à la base de l'encéphale et dans le cône durai (Obs. II, III). Enfin, l'observation IV est tout à fait remarquable par l'existence de la gaine sanguine enveloppant toute la moelle.
Symptômes. — Malgré l'absence de grosses lésions macroscopiques de la substance nerveuse, ces hémorragies ont entraîné
des troubles encéphaliques, parfois aussi caractérisés que dans les hémorragies cérébro-méningées, soit que le choc cérébral ait été très violent, ou bien que le sang se soit coagulé en feuillets épais sur le névraxe qu'il a pu ainsi comprimer et irriter.
Troubles de Vinlelligence. — Dans l'observation II, le coma a été profond et la mort est survenue rapidement, en 48 heures environ. Une torpeur plus ou moins marquée a succédé au coma, dans nos observations III et IV, et les malades ont alors présenté de l'agitation et du délire.
Contractures. — On a constaté des contractures chez les quatre malades. La.recherche du signe de Kernig, pratiquée dans les observations II et IV, a été négative. Dans le troisième cas, il y a eu de la déviation conjuguée de la tête et des yeux et des mouvements automatiques ; des convulsions cloniques (Obs. IV).
Paralysies. — On a trouvé de la parésie d'un membre avec extension de l'orteil du côté correspondant (Obs. III), mais ces phénomènes n'ont duré que deux jours. Dans l'observation IV, il semblait également y avoir des phénomènes parétiques avec concomitance du signe de Babinski des deux côtés.
Symptômes généraux. — La fièvre s'est élevée au moment de la période terminale (Obs. II) ou a suivi une marche très irrégulière (Obs. ILI et IV).
Il y a eu dissociation de la fièvre et du pouls et même ralentissement du pouls (Obs. IV); la température était au-dessus de 38°, et on trouvait seulement 50 ou 60 pulsations à la radiale.
Le rythme respiratoire était modifié dans les observations 1 1 et IV : arrêt de la respiration, avec reprises marquées par des inspirations et des expirations bruyantes. La respiration stertoreuse est notée dans les observations I et II, ainsi que le myosis.
Une albuminurie massive existait dans l'observation I. Une albuminurie et une glycosurie légères sont apparues quatre jours
après rictus, chez la malade de l'observation IV, en même temps que des crises sudorales. Elle a présenté aussi des escarres sacrées terminales.
Liquide céphalo-rachidien. — Pression. — H y a toujours eu écoulement en gouttes, dans les quatre cas, que les malades soient assis ou couchés.
Abondance de P hémorragie. — 11 s'agit d'hémorragies considérables. Chez trois malades (Obs. I, II, III), la ponction lombaire a parfaitement renseigné sur l'abondance de l'hémorragie : nous avons compté 3.380.000 et 2.030.000 globules rouges par millimètre cube de liquide céphalo-rachidien (Obs. I et III). Dans l'observation II, l'-aiguille a dù pénétrer dans un des caillots formés autour des nerfs de la queue de cheval, et il a été difficile d'avoir quelques gouttes de liquide.
Dans l'observation IV, l'hémorragie péri-médullaire était très abondante et cependant elle n'a montré par la ponction lombaire que 230.000 globules rouges par millimètre cube de liquide céphalo-rachidien. L'espace sous-arachnoïdien spinal était comblé en partie par un coagulum qui enrobait la moelle et retenait la majeure partie des globules rouges.
Absence de coagulum fibrineiix. — Dans ces quatre cas, on a constaté l'absence de prises fibrineuses dans les tubes.
Processus hémalolytiques. — Us ont pu se manifester, dans la cavité arachnoïdo-pie-mérienne, chez la malade de l'observation 111, et se sont caractérisés par la présence de pigments biliaires, avec grande abondance des éléments uninucléés, ainsi que par une réaction éosinophilique tout à fait exceptionnelle. La résorption et la destruction hématiques avaient amené, du troisième au cinquième jour, une diminution considérable des globules rouges (2.030.000 à 517.500) (fig. /i), Après le passage des éosinophiles dans la méninge (cinquième jour), le nombre des hématies diminue seulement, du cinquième au septième jour, de 517.500 à
450.000. Il y a eu aussi perméabilité méningée à l'iodure de potassium. Dans l'observation IV, même éosinophilie méningée encore plus abondante et plus hâtive (constatée le quatrième jour) : or, le liquide céphalo-rachidien est resté toujours légèrement
Jours de la maladie
3?Joup
COLORATION
J3.UOQ
Jaijne verdàtre
Jaune verdâtra
Jaune rosaire
CRYOSCOPIE