‹ Les hemorragies sous-arachnoidiennes et le mecanisme de l'hematolyse en generalChapitre 7 sur 18 · A.'— FORMES MORTELLES · texte numérisé non relu

A.'— FORMES MORTELLES

Elles comprennent une hémorragie par traumatisme crânien et deux hémorragies spontanées. Nous rapportons également une observation de MM. Letulle et Lemierre.

Observation I.

B..., maçon, âgé de 50 ans, est apporté, le 30 août 1903, à l'hôpital Cochin, dans le service de M. Widal.

Le malade vient de taire une ctiute d'un troisième étage et est dans le coma complet : le faciès est pàle, la respiration stertoreuse et tous les réflexes sont abolis. Les membres, soulevés, retombent lourdement sur le plan du lit ; à une ou deux reprises, on constate un peu de rigidité

musculaire. .

Il existe une bosse sanguine volumineuse au niveau du pariétal gauche

et on constate une otorragie abondante du même côté.

Les extrémités sont refroidies. Le pouls est irrégulier et égale tOU. Les urines sont albumineuses, mais ne contiennent pas de sucre.

Le malade meurt huit heures après l'accident.

. Une ponclion lombaire a été pratiquée dans le cinquième espace, trois heures après la chute.

Position couchée.

Ecoulement en gouttes lentes.

Quantité : 20 centimètres cubes, dans quatre tubes. Coloration : noire, uniforme, dans les quatre tubes. Il ne se produit pas de coagulum fibrineux.

Cenlrifugation : culot hématique énorme et liquide jaune. L examen

cytologique n'a pas été pratiqué.

Numération : globules rouges ^ 3.380.000. Globules blancs = 4. .OO. Les globules rouges ont tous l aspect normal.

Albumine : coagulation massive par la chaleur, comparable à celle que •donne le sérum sanguin.

Spectroscopie : les deux raies de l'oxyhémoglobine existent.

Autopsie. — Tout le cuir chevelu est infiltré de sang, qui vient constituer l énorme bosse située sur le pariétal gauche. 11 existe, de même, plusieurs hématomes dans le tissu cellulaire des lombes, des régions cervicales et scapulaires.

Le pariétal gauche est découpé en sept ou huit fragments par de multiples traits de iractures. Quelques-uns se continuent sur la base du crâne et l'un d'eux, très visible sur le versant ^intérieur du rocher gauche, s étend jusqu'à la selle turcique.

A la périphérie de la masse encéphalique, on ne constate ni écrasement, ni destruction de la substance nerveuse, mais la surface de l'arachnoïde est recouverte de sang, et les espaces sous-arachnoïdiens sont également inflltrés de .sang coagulé.

La moelle baigne dans un liquide sanguinolent ; le sac spinal ne contient pas de caillots autour de la moelle, ni au milieu des nerfs de la queue de cheval.

Les coupes de l'encéphale et de la moelle ne montrent pas de loyer hémorragique. Les ventricules cérébraux ne contiennent pas de caillots.

Le cœur est hypertrophié. L'aorte est athéromateuse. Les reins sont petits et scléreux. Le foie est de voli.me. normal, un peu dur à la coupe.

Observation II.

D..., marbrier, âgé de 70 ans, est apporté le 3 juillet '1903, à 6 heures du soir, à l'hôpital Cochin, dans le service de M. Chauffard.

11 est dans le coma. On apprend que cet état comateux a débuté le matin même, à la suite d'un ictus brusque. Aucun autre renseignement ne peut être fourni.

L'insensibilité du malade est absolue. Il présente une raideur généralisée, surtout marquée au niveau des membres. Il est possible de l'asseoir et on ne constate pas de signe de Kernig, ni raideur de la nuque.

II y a un myosis très prononcé, sans inégalité pupillaire.

La respiration est irrégulière : tantôt elle est difflcile, profonde et bruyante, stertoreuse ; tantôt elle est plus faible et presque imperceptible. La suite de ces temps respiratoires ne présente aucune régularité.

Il y a de l'incontinence d'urine. On sonde le malade et on retire environ 50 grammes d'urine donnant une réaction albumineuse très forte, ne contenant pas de sucre.

Le pouls est bien frappé et régulier. La température =: 3i.°,6. 11 n'y a rien au cœur, ni aux poumons.

Une ponction lombaire permet de retirer seulement 2 centimètres cubes de liquide sanglant, qui s'écoule en gouttes très lentes. Le sang se dépose dans le tube et, le lendemain malin, on ne constate pas decoagulum fibrineux. On hésitait entre le diagnostic d'urémie et celui d'hémorragie : l'absence de coagulum dans le tube fit affirmer l'hémorragie méningée.

Le malade meurt le lendemain matin, à 8 h. 30, tout à fait comateux, cyaiiosé, avec une respiration très pénible. La température = 38°, 6 au moment de la mort.

Autopsie. — Après ouverture de la dure-mère, on constate que les espaces sous-arachnoïdiens de la convexité sont infiltrés de sang, en proportion moyenne.

La base de l'encéphale est recouverte d'un caillot sanguin, formant une plaque noirâtre, étendue sur tout le mésocéphale et très épaisse au niveau de la protubérance. Elle masque le tronc basilaire, l'origine des nerfs crâniens, le chiasma optique et les grosses artères, qui sont nettement athéromateuses.

La coagulation sanguine s'insinue dans la fente cérébrale de Bichat et déborde en avant sur les circonvolutions olfactives. Un caillot sanguin est moulé dans la cavité du quatrième ventricule ; il en existe un autre sur la partie antérieure de la moelle cervicale. Ces caillots sont sus et sous pie-mériens. Aucun d'eux n'a effondré la substance nerveuse : les coupes de Lencéphale et delà moelle ne montrent ni foyer hémorragique, ni foyer de ramollissement. On n'a pas trouvé le vaisseau dont la rupture a engendré l'hémorragie.

Il existe de gros caillots sanguins dans le cône durai, au milieu des nerfs de la queue de cheval.

Le cœur est hypertrophié et l'aorte est athéromateuse. Les reins sont petits, kystiques, avec atrophie de la substance corticale. Le foie parait normal ; les poumons sont normaux, sauf quelques adhérences pleurales à gauche.

Observation III (1).

D..., blanchisseuse, âgée de 70 ans, est apportée dans le coma, â l'hôpital Cochin, dans le service de M. Chauiïard, le 17 septembre 1903.

On nous dit que la malade est alcoolique. Elle a eu quatre enfants : tous sont vivants et bien portants. C'est une femme d'un embonpoint notable.

Elle semblait en bonne santé, lorsque, dans la matinée du 17 septembre, on la trouva chez elle, étendue à (erre, ayant perdu connaissance. Elle

(il Observation publiée dans lu Gazelle des hôpilaux, io lo décembre ioo3.

porte des traces de contusion sur le visage. Pendant qu'on la transporte à l'hôpital, elle est très agitée et délire.

L'agitation persiste et la malade a tendance à rouler hors de son lit, Elle parle continuellement. C'est un délire professionnel. Nous constatons la déviation conjuguée de la tête et des yeux, du côté droit. Les membres sont presque constamment en état de contracture, surtout à gauche, et ont des mouvements automatiques fréquents. Les réflexes tendineux sont très diminués.

Le signe de Babinski est en ûexion du côté gauche et en extension du

côté droit.

Il y a de l'incontinence sphinctérienne. — Le pouls égale 100 et est bien frappé. La température = 37°, 4.

Une ponction lombaire permet de retirer un liquide céphalo-rachidien

hémorragique.

Le 19, le coma est moins accentué, mais la malade ne peut répondre aux questions qu'on lui pose. Le délire professionnel, avec la déviation de la tête à droite, les contractures intermittentes, surtout prononcées à gauche, persistent comme au jour de l'entrée. Le signe de Babinski se produit en flexion des deux côtés.

La langue est sèche. 11 y a toujours une incontinence d'urine complète.

La température se maintient à 37»,4. Le "pouls = 100, un peu plus faible et inégal.

Le 50 septembre, la température atteint 38M le soir et s'élève graduellement d'une façon ininterrompue dans les jours suivants. La tête n'a plus la même tendance à se dévier vers la droite, et le signe de Babinski se produit toujours en flexion. Les contractures semblent intenses et plus généralisées ; le coma s'accentue.

Le 21, la température =38°,3 le matin et38",o le soir ; le pouls = 100 et est bien frappé. Le 22, la fièvre se maintient à 39»,4 et le pouls = l'28. Le 23, la température est de 39", 6 le soir et le pouls = 128. Le 24, la malade meurt dans le coma complet, le huitième jour après le début de l'ictus. Elle se cyanose et se refroidit. Le pouls devient filiforme et extrêmement rapide, le thermomètre monte à 40°,3. Aussitôt après la mort la température est de 41»,9, et deux heures après de 4l°,6.

Ponctions lombaires. — On a pratiqué quatre ponctions lombaires: le 47 septembre, au premier jour ; le 19, au troisième jour ; le 21, au cinquième jour, et le 23, au septième jour delà maladie.

]° Le premier jour, ponction dans le cinquième espace.

Position couchée.

Quantité : 15 centimètres cubes, dans trois tubes. Ecoulement en gouttes très lentes.

Coloration rouge foncé, uniforme dans les trois tubes. Centrifugalion : culot hématique énorme et liquide jaune un peu trouble.

Numération : globules rouges = 1.263.300; éléments blancs = 2.100. Cytologie : les globules rouges ont un aspect normal. Equilibre des éléments blancs :

Lymphocytes 13,68

Polynucléaires 52,94

Grands éléments uninucléés 31,37

Albumines : la globuline et la sérine sont en proportion considérable, se rapprochant de la quantité contenue dans le sérum sanguin. Cryoscopie : A = — 0,S7.

Spectroscopie : on ne constate pas les raies de l'oxyhémoglobine.

Pigments biliaires : la réaction de Gmelin est négative dans le liquide céphalo-rachidien.

L'urobiline ne se trouve pas dans le liquide céphalo-rachidien, ni dans l'urine, par le procédé de l'alcool amylique et du chlorure de zinc ammoniacal.

Réaction alcaline.

Dans le sang, on note l'équilibre leucocytaire suivant :

Polynucléaires G8,69

Mononucléaires 31,39

Lymphocytes 2,55

Eosinophiles 0,36

2° Le Iroisième jour, ponction dans le cinquième espace.

Quantité : 15 centimètres cubes, dans trois tubes. Coloration rouge foncé, uniforme dans les trois tubes. Centrifugation : culot hématique énorme. Liquide jaune foncé avec léger éclat, verdàtre.

Numération : globules rouges = 2.030.000 ; globules blancs = 1.900. Cytologie : globules rouges de forme normale. Equilibre des éléments

blancs :

Lymphocytes

Polynucléaires

Eosinophiles

Grands éléments uninucléés

Albumines : la globuline et la sérine, encore très abondantes, semblent cependant diminuer un peu.

Sucre : la liqueur de Fehling ne donne pas de réduction.

Spectroscopie : toute la partie droite du spectre est éteinte. On aperçoit les raies de l'oxyhémoglobine, mais très légères.

Pigments biliaires : la réaction de Gmelin est extrêmement marquée dans^le liquide céphalo-rachidien. Elle existe également dans le sérum du sang, mais moins prononcée que dans le liquide céphalo-rachidien. Enfin, la réaction de Gmelin est très légère dans les urines, et il y a une Quorescence légère par le chlorure de zinc ammoniacal.

S" Le cinquième jour, ponction dans le quatrième espace.

Quantité : -15 centimètres cubes dans trois tubes. Ecoulement en gouttes rapides.

Coloration rouge cerise, uniforme dans les trois tubes. Centrifugalion : le culot hématique a diminué de volume, le liquide est très jaune.

Numération : globules rouges = 517..500, dont 17.500 sphériques et opaques. On voit de nombreux débris globulaires. Éléments blancs = 400.

Cytologie : globules rouges, la plupart de forme normale. Il y en a qui sont épineux; d'autres peu colorés par l'éosine. Equilibre des éléments blancs :

Lymphocytes ^'^^

Polynucléaires 9,32

Eosinophiles 8,46

Grands éléments uninucléés 72,87

Hémato-macrophages 0-84

Dans le sang, on note l'équilibre leucocytaire suivant :

Polynucléaires 78,22

Mononucléaires 14,59

Lymphocytes . . . • • . ■ • ^'67

Eosinophiles 2,50

Albumines : la globuline et la sérine sont peu abondantes. Sucre : la liqueur de Fehling donne une réduction légère. Cryoscopie : A = — 0,55.

Spectroscopie : toute la partie droite du spectre est éteinte. On ne voit pas les raies de l'oxyhémoglobine.

Pigments biliaires : la réaction de Gmelin est très nette dans le liquide céphalo rachidien et dans le sérum sanguin. Les deux liquides ont tous deux une coloration jaune verdàtre.

Les urines montrent aussi une légère réaction de Gmelin.

Ur.obiline : il existe une très légère fluorescence par le chlorure de

zinc ammoniacal clans le liquide céphalo-rachidien. Dans les urines du "20 et du '21 septembre, on constate une Iluorescence extrêmement marquée.

Réaction alcaline.

4» Le seplième jour, ponction lombaire dans le cinquième espace. Position couchée.

Quantité : 15 centimètres cubes, dans trois tubes. Ecoulement en gouttes lentes.

Coloration rouge cerise, uniforme dans les trois tubes.

Centrifugation : le culot hématique est en diminution notable. Le liquide est jaune rosàtre. Pas de coagulum, ni filaments de fibrine.

Numération : globules rouges = 450.000, dont i'i. 'M sphériques et opaques. On voit de nombreux débris globulaires. Éléments blancs

Cytologie : globules rouges de forme normale, en grande quantité. D'autres sont épineux. Equilibre cellulaire :

Lymphocytes

Polynucléaires

Eosinophiles

Grands éléments uninucléés

Dans le sang, l'équilibre leucocytaire est le suivant :

Mononucléaires Lymphocytes .

Eosinophiles .

Albumines ,: la globuline et la sérine ont augmenté, relativement à la ponction précédente.

Sucre : la liqueur de Fehling ne donne pas de réduction. Cryoscopie : A = — 0,63.

Perméabilité : on trouve le Kl, donné depuis trois jours à la dose de 4 grammes par jour, dans le liquide céphalo-rachidien.

Spectroscopie : on constate les deux raies de l'oxyhémoglobine et l'extinction de la partie droite du spectre.

Pigments biliaires : la réaction de Gmelin dans le liquide céphalorachidien est moins prononcée qu'à la ponction précédente. Elle n'existe plus dans les urines.

Urobiline : la nuorescenceest très marquée dans l'urine. Elle n'existe pas dans le liquide céphalo-rachidien.

Le huitième jour, quelques heures avant la mort, on pratique l'ense-

mencemenl de 4 centimètres cubes de sang dans iOO centimètres cubes d'eau peptonée. Aucune culture microbienne ne s'est développée.

La numération globulaire du sang a donné : globules rouges = b. 680.000; globules blancs = 26.000.

Autopsie. — L'encépliale montre une injection noirâtre peu prononcée des espaces sous-arachnoïdiens. On trouve deux caillots qui ont chacun la grosseur d'une noix environ, au milieu des nerfs de la queue de cheval.

La moelle a un aspect normal. A la base du cerveau, toutes les grosses artères sont athéromateuses, surtout le tron'', basilaire, dont le calibre est renflé en certains points. Il y a quelques caillots membraniformes recouvrant le sillon bulbo-protubérantiel inférieur et la protubérance.

Un caillot sanguin plus épais s'incruste dans le sillon protubérantiel supérieur et recouvre en particulier la division du tronc basilaire et le pédoncule cérébral gauche. On soulève délicatement ce coagulum, sans aucune résistance, et on aperçoit à un demi-centimètre environ de l'origine de la cérébrale postérieure gauche une petite déchirure, longue de 2 à 3 millimètres, parallèle à l'axe longitudinal du vaisseau, à lèvres amincies et festonnées. Les coupes pratiquées sur les diverses parties de l'encéphale et sur la moelle n'ont montré dans la substance nerveuse aucun foyer d'hémorragie ou de ramollissement.

Les viscères thoraciques et abdominaux ne présentent rien de remarquable. Le foie pèse 1 kg. 236 et a un aspact normal. La rate pèse 42 grammes et a une capsule épaissie, avec plaques cartilagineuses. Il n'y a rien à signaler au niveau des reins. Les poumons sont un peu congestionnés au niveau des bases. Le cœur n'est pas hypertrophié ; l'aorte est presque tout entière athéromateuse, avec nombreuses plaques calcaires sur la crosse.

Observation l'y (1).

B..., âgée de 20 ans, domestique, entre, le 20 juillet 1903, à l'hôpital Boucicaut, dans le service de M. Letulle.

Elle a été prise brusquement la veille, après son diner, d'une céphalée intense et de vomissements, bientôt suivis de perte de connaissance.

Un médecin, aussitôtappelé, la trouve dans le coma : le faciès est pâle, le pouls ralenti ; les pupilles sont normales. Puis, brusquement, la malade est prise de convulsions cloniques, localisées au bras gauche, avec raideur et contracture au niveau du bras droit. Elle agite constam-

(i) Observation publiée par MM. Letulle ctLEMiEimE, à la Sociéié médicale des hôpitaux, le 25 novembre 1904 .

ment la tête : la langue, projetée en dehors des arcades dentaires, est mordue à plusieurs reprises. Vers heures du malin, elle est calmée par une piqûre de morphine. A ce moment, la température = 39°. Les convulsions reprennent à 4 heures du matin, puis cessent sous l'influence d'un lavement de chloral. 11 y a de l'incontinence d urine. La malade n'a aucun antécédent pathologique. lîUe est l'alnée de neuf

enfants, tous vivants.

Après sou entrée à l'hôpital, on la trouve dans le coma. Quand on lui parle, elle ouvre les yeux et promène un regard vague autour d'elle, puis referme les yeux aussitôt. On ne remarque pas de paralysie faciale ; les pupilles sont égales et moyennement dilatées. Il ne semble pas y avoir de paralysie oculaire.

Le membre supérieur gauche présente une certaine raideur, mais il n'est pas paralysé. Le membre supérieur droit est contracturé et semble paralysé. Au niveau des membre inférieurs, la motililé est conservée ; les réflexes rotuliens existent mais affaiblis. 11 n'y a pas de trépidation épileptoïde, ni signe de Babinski.

La sensibilité est intacte partout. Lorsqu'on la pique, la malade agile les jambes et le bras gauche.

La respiration est irrégulière ; elle est superficielle, mais entrecoupée de temps à autre par de profondes inspirations. Il y a des pauses respiratoires prolongées. La température est de 38° ; le pouls= 52, bien frappé. - Le cœur et les poumons sont normaux; les urines ne contiennent ni ffucre ni albumine.

La malade ne présente aucun signe de syphilis héréditaire ou acquise. Le diagnostic clinique hésite entre l'urémie et la méningite tuberculeuse, mais la ponction lombaire donne issue à un liquide hémorragique.

Le 22 Juillel, l'état est le même, et on constate en outre des sueurs abondantes. La température = 38°,2. Le pouls = 52. Le soir, la température égale 37° et le pouls = 60.

Le 23, la malade semble reprendre connaissance; elle répond à quelques questions. Elle projette la langue hors de la bouche quand on le lui demande d'une voix forte, puis retombe dans le coma.

Les deux membres supérieurs ne présentent plus aucune raideur. Quand on les soulève, ils retombent flasques et inertes. Des deux côtés, les réflexes du triceps et des radiaux sont abolis. Les membres inférieurs retombent inertes quand on les soulève au-dessus du plan du lit. .Mais quand on pince la malade, elle fait de légers mouvements de flexion de la jambe gauche sur la cuisse.

Les réflexes patellaires sont très diminués; pas de trépidation épileptoïde. Le signe de Babinski est en exicnsion des deux côtés. Llle a de l'incontinence sphinctérienne.

Il n'y a pas de signe de Kernig, pas de raideur de la nuque. 1 semble qu'il y ait de la déviation conjuguée de la tête et des yeux vers la gauche.

La température = 38°, 6 le matin et 39° le soir. Le pouls =54. On fait une injection hypodermique de 10 centigrammes d'huile biiodurée.

Le 24, la malade semble entendre parfois ce qu'on lui dit, et peut sortir la langue hors de la bouche. On ne remarque plus de déviation conjuguée de la tête et des yeux. Elle est complètement inerte et ne peut faire aucun mouvement, soit des membres supérieurs, soit des membres inférieurs. On ne constate pas de paralysie faciale.

Les règles ont fait leur apparition. Les urines contiennent un peu de sucre.

La température = 380,4 et le pouls — 57. Il y a 33 respirations par minute ; elle pousse de temps en temps des soupirs profonds.

On injecte 10 centigrammes de biiodure de mercure.

Le 25, la malade peut parler mieux qu'elle n'a fait jusqu'alors.

Les urines ne contiennent plus de sucre, mais un peu d'albumine.

La température = 38". Le pouls = 62. On fait une injection de 10 centigrammes de biiodure de mercure.

Le 26, la malade a déliré toute la nuit. Elle reste dans la torpeur. La motilité est un peu revenue dans les membres supérieurs, mais on y remarque de la raideur, surtout marquée à droite.

Le membre inférieur droit est complètement flasque, le membre infé» rieur gauche présente un peu de raideur. Le signe de Babinski est particulièrement accentué à droite.

Une ponction lombaire est pratiquée, et la malade présente à la suite quelques secousses cloniques légères, généralisées aux quatre membres.

La température = 37%6 le matin et 38°,6 le soir. Le pouls = 84, un peu irrégulier. On a injecté 10 centigrammes de biiodure.

Le 27, il s'est formé une escarre fessière bilatérale. Lorsqu'on déplace la malade, elle présente quelques secousses cloniques dans le bras droit.

Il n'y a rien dans les urines. La température = 37», 6 et le pouls = 99. On injecte 10 centigrammes de biiodure de mercure.

Le 28, la motilité semble plus parfaite dans les membres supérieurs. On trouve un peu de raideur du bras gauche. 11 est difflcile de juger de la motilité des membres inférieurs. On arrive seulement par lapiqùre de la plante des pieds à provoquer un mouvement d'extension des orteils et un léger mouvement de flexion de la jambe sur la cuisse.

La malade a des sueurs très abondantes. La température = 38°, 6. Le pouls = 120. La respiration est régulière. Le soir, on trouve une contracture très marquée des deux membres supérieurs. Les bras sont

G. STEINHEIL, Éditeur

collés contre le tronc, l'avant-bras fléchi sur le bras, les poings fermés. Les membres inférieurs ne sont pas contracturés, mais les orteils du pied droit sont raidis en flexion. Le gros orteil est en demi-flexion et se trouve fortement écarté des autres orteils. 11 n'y a rien dans les urines.

Le 29, la malade conserve les yeux ouverts, mais elle ne prête plus aucune attention à ce qu'on lui dit.

La contracture des membres supérieurs est surtout marquée à gauche. 11 y a une contracture en demi-flexion des deux membres inférieurs. 11 n'y a pas de signe de Kernig. Les escarres s'agrandissent.

La température = 38°, 8. Le pouls = 90.

Le 30, à 4 heures du matin, la malade se met à pousser de grands cris et des gémissements. Elle meurt une demi-heure après.

Une heure après la mort, la température = 38", 4.

Autopsie. — Après l'ouverture de la dure-mère crânienne, on constate que, des deux côtés, les lobes frontaux du cerveau sont recouverts d'une couche de sang coagulé qui coifle la convexité de ces lobes.

Au niveau de la base de l'encéphale, un caillot occupe les espaces sous-arachnoïdiens. L'émergence des nerfs crâniens, les pédoncules cérébraux, la face antérieure de la protubérance et du bulbe sont complètement masqués par le caillot qui remonte sur la face postérieure des hémisphères cérébelleux. Le quatrième ventricule est rempli par un caillot moulé dans sa cavité. Au niveau de l'hémisphère droit, on remarque l'existence d'ua caillot plus épais, recouvrant la face interne du lobe frontal, un peu en avant de la scissure de Sylvius; c'est là que semble être le point de départ de l'hémorragie.

Les caillots sont à la fois sus et sous-pie-mériens. Mais les coupes des hémisphères cérébraux et du cervelet ne montrent dans la pulpe nerveuse aucun foyer sanguin.

Après ouverture du canal rachidien, la dure-mère apparaît distendue et de couleur bleuâtre. On sectionne le sac durai et la moelle se montre complètement enrobée dans un caillot qui l'entoure sur toute sa hauteur et sur toute sa circonférence (Pl. 1).

Des coupes perpendiculaires au grand axe de la moelle montrent que cette gaine de sang mesure en certains points un demi-centimètre d'épaisseur. Elle est limitée, à sa périphérie, par une mince membrane qui est le feuillet viscéral de l'arachnoïde. 11 n'existe pas de foyer hémorragique dans la protubérance, le bulbe et la moelle.

Le cœur est sain et pèse 240 grammes. Les dimensions de l'aorte semblent relativement restreintes. Le foie est normal et pèse 1.200 grammes. Les reins sont normaux : le* droit pèse 180 grammes; le gauche, 415 grammes. La rate pèse 165 grammes.

- Ih -

L'utérus, le vagin et la vessie sont sains. Dans l'ovaire droit, un corps jaune présente un caillot récent. L'intestin et l'estomac paraissent normaux.

Ponctions lombaires. - On a pratiqué chez cette malade trois ponctions lombaires : le 21 juillet, au deuxième jour; le 23 juillet, au quatrième jour, et le 26 juillet, au septième jour de la maladie.

10 Le deuxième jour, ponction dans le quatrième espace.

Position assise.

Quantité : 15 centimètres cubes, dans trois tubes. Ecoulement en gouttes rapides.

Coloration rougê cerise, uniforme dans les trois tubes.

Centrifugalion : culot hématique assez volumineux et liquide légèrement jaunâtre. L'étude cytologique n'a pas été pratiquée.

Numération : globules routes = 230.000 ayant presque tous l'aspect normal. Eléments blancs = 100.

Spectroscopie : absence des raies de l'oxyhémoglobine.

2" Le quatrième jour, ponction dans le quatrième espace.

Position assise.

Quantité : 12 centimètres cubes, dans trois lubes. Ecoulement en gouttes rapides.

Coloration rouge cerise, uniforme dans les trois tubes. Centrifugation : culot hématique encore volumineux. Liquide légèrement jaune.

Numération : globules rouges = 218.000, à aspect à peu près normal. Eléments blancs =100.

Cytologie : les globules rouges sont peu altérés. L'équilibre des éléments blancs est le suivant :

Eosinophiles

Grands éléments uninucléés

3" Le seplième jour, ponction dans le troisième espace. Position assise.

Quantité : 15 centimètres cubes, dans trois tubes.

Ecoulement en gouttes lenles.

Coloration rosée, uniforme dans les trois tubes.

Centrifugation : culot hématique moins volumineux qu'aux ponctions précédentes. Le liquide est légèrement jaunâtre.

Numération : globules rouges = 18.360. presque tous sphériques et foncés. Éléments blancs = 17.

Cytologie : les globules rouges commencent à se déformer ; nombreux globules nains, nombreux globules épineux. Équilibre cellulaire :

Lymphocytes

Polynucléaires

Eosinophiles

Grands éléments uninucléés

Albumines : la globuline et la sérine sont peu abondantes. Cryoscopie : \ — — 0,S7.

Réaction alcaline.

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