‹ Les hémosidéroses cutanéesChapitre 11 sur 29 · CR · texte numérisé non relu

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torrhexis: des grains ronds et brillants (gouttes d’hémoglobine ?) quittent le globule, bourgeonnement de particules globulaires ; — enfin, le mode le plus fréquent, d’après ARNOLD, est érythrocytolyse : l’hémoglobine dissoute, diffuse dans le voisinage, et il ne persiste du globule qu’une ombre (Blutschatten) qui disparaît à son tour. Notons tout de suite que nous ignorons ce que devient l’ombre globulaire. Les globules rouges entiers ou leurs fragments peuvent se transformer sur place, c’est-à-dire dans les interstices tissulaires, en pigment, comme nous l’avons décrit plus haut. Le plus souvent ils sont phagocytés par des cellules du tissu conjonctif et leur transformation en pigment est intracellulaire, Secondairement, le pigment formé dans les cellules peut être libéré et se retrouver dans les interstices tissulaires, soit par expulsion en dehors de la cellule dans laquelle il s’est formé, soit par la désintégration de la cellule mère. L'hémoglobine en goutte, séparée du stroma globulaire peut également subir la transformation pigmentaire après phagocytose ou en dehors des cellules. Enfin, l’hémoglobine dissoute et diffusée imbibe les cellules et les substances intercellulaires, qui restent d’abord incolores, tout en donnant déjà les réactions histochimiques du fer. Plus tard, le fer extra-cellulaire se précipite en donnant naissance à des boules pigmentaires qui présentent souvent des couches concentriques. L’hémoglobine diffusée dans iles cellules se condense sous forme de granulations très fines. C’est probablement par fixation sur les mitochondries que se fait la précipitation du pigment (ARNOLD). Nous verrons plus tard que ce pigment à fines granulations a une grande importance pour certains phénomènes histo-physiologiques. Lors de la destruction sanguine intra-vasculaire locale, telle qu’on la rencontre dans les anévrysmes, les thromboses, les infarctus et les stases chroniques (LUBARSCH), la pigmentation se fait selon le même processus, par érythrocytolyse et transformation de l’hémoglobine, sans intervention de cellules. D’après HUECK, on ne peut exclure complètement la possibilité d’une pigmentogénèse dans le sang circulant, mais, pour des raisons techniques, il est presque im-

possible d’en fournir la preuve. Enfin, on peut admettre que l’hémoglobine dissoute dans l’intérieur du vaisseau peut être absorbée par les cellules endothéliales et que ce sont ces dernières qui la transforment en pigment.

Enfin, insistons dès maintenant sur le fait d'observation quotidienne qu’une extravasation de globules rouges n'est pas nécessairement suivie de la formation de pigment hémoglobinogène. Les substances provenant de la destruction

* globulaire peuvent être dissoutes et entièrement éliminées,

ou bien l’on peut admettre que le pigment formé est instantanément dissous et disparaît immédiatement. Pour qu'il y ait pigmentogénèse, il faut que ces substances provenant de globules rouges soient retenues sur place ou dans un organe, par exemple le foie ou la rate. Nous tâcherons de

préciser plus loin quels sont les facteurs qui déterminent

la rétention et la pigmentogénèse.

Le

F. — ÉTUDE HISTOCHIMIQUE DES PIGMENTS D ORIGINE SANGUINE. Li

C'est VircHOW qui, en 1847, démontra le premier que la destruction globulaire dans les tissus donnait lieu à la formation d’un pigment brun et qui appliqua à l'étude de ce pigment des techniques histochimiques. Il employa différents acides et bases pour déterminer la solubilité des pigments et constata sur certains de ces derniers une réaction colorée avec l'acide nitrique ou l'acide sulfurique après traitement préalable à la potasse caustique. Plus tard, en 1867, PERLS démontra à l’aide d’une nouvelle méthode qu'il avait imaginée que certains de ces pigments contenaient du fer. Il plongea les coupes dans une solution à 2 % de ferrocyanure de potassium pendant quelques minutes et fit agir ensuite une solution à 1 % d'acide chlorhydrique Il constata sur certains grains pigmentaires une coloration bleue, due à la formation de bleu de Prusse, et en conclut que ces pigments contenaient du fer. Peu après, en 1868, QUINKE fit la même constatation avec une autre méthode :

il trempa les coupes pendant 5 à 30 minutes dans une solution pas trop récente, déjà jaunie de sulfure d’ammonium et constata sur certains grains pigmentaires une coloration vert-noirâtre, due à la présence de fer. Cependant cette réaction n'est pas spécifique pour le fer, elle se produit, d'après HERXHEIMER, également avec l'argent, le plomb et le mercure.

Une des meilleures méthodes pour la mise en évidence du fer dans les coupes nous semble être celle de TIRMANN et SCHMELZER, qui est une combinaison de la méthode de QUINKE avec la méthode au bleu de TURNBULL.

Voici comment on procède. On plonge les coupes pendant 3 à 5 minutes dans une solution de sulfure d’ammonium n'ayant pas plus de trois semaines. On lave à l’eau, puis on traite les coupes avec une solution de ferrocyanure de potassium à 20 % à laquelle on ajoute quelques gouttes d'acide chlorhydrique. Puis on lave énergiquement à l’eau distillée. Cette méthode est excellente lorsqu'il s'agit de déceler de très petites quantités de fer. C’est cette méthode que nous employons de préférence, en plus d’une méthode personnelle dérivée de la méthode de PERLS, dont voici la formule:

A. Solution de ferrocyanure de potassium à 2% dans l’eau distillée pure.

B. Solution d'acide chlorhydrique à 1 % dans l’eau distillée pure.

On mélange extemporanément une partie de la solution A. avec deux parties de la solution B. et l’on colore les coupes pendant 15 à 30 minutes à l’étuve à 55°; puis on lave à fond à l’eau distillée. Coloration nucléaire à la brésiline. Pour cette méthode, il faut employer des réactifs et de l’eau distillée strictement purs. Les réactifs et l’eau ne doivent surtout pas contenir de fer, sans cela on s'expose à des erreurs regrettables. Nous avons par exemple vu un article tout à fait récent sur l’anthracose pulmonaire. L'auteur soutenait, en se basant sur des réactions histochimiques, que la pigmentation noire était due, non pas aux grains de charbon, mais à un pigment ferrugineux

(opinion que VIRCHOW avait déjà soutenue en 1847 et qui depuis a été définitivement refutée). Cette erreur était certainement due à la teneur en fer, d’un des réactifs employés (l'acide chlorhydrique en contient souvent des traces) ou à l’eau de lavage. Or, le charbon, absorbant de premier ordre, avait accumulé ce fer parasite et avait ainsi donné naissance à une réaction positive.

Une réaction négative avec les méthodes que nous venons de décrire ne signifie pas qu'il ne se trouve pas de fer dans la coupe. L’hémoglobine par exemple, dont la teneur en fer est prouvée par les analyses quantitatives, ne donne pas ces réactions. Pour mettre en évidence le fer qui échappe à ces méthodes et que l’on a appelé fer masqué, plusieurs méthodes ont été préconisées. BROWN propose de traiter, au préalable les coupes avec de l’eau oxygénée. MACALLUM traite les coupes avec un mélange de 95 parties d’alcool à 960 et de 10 parties d’acide chlorhydrique à 25 % pendant 1 à 2 heures à l’étuve à 55° pour éliminer le fer non masqué. Puis il plonge les coupes dans le mélange suivant :

acide nitrique (p. sp. I,4) 3 cc.

alcool à 96° 100 CC.

Ensuite, il rince à l'alcool absolu, il lave à l’eau distillée et colore ensuite le fer démasqué dans la solution suivante : solution de ferrocyanure de potassium à 1,5 % — r partie solution d’acide chlorhydrique à 0,5 % — x partie pendant 5 minutes.

Ces méthodes ont soulevé de vives critiques de la part de ZACHARIAS et de HUECK et restent sujettes à caution.

Enfin les recherches systématiques de LUBARSCH et de ses élèves, notamment de LEUPOLD et les travaux de HUECK ont permis de préciser les caractères histochimiques des pigments actuellement connus. Pour caractériser un pigment, HUECK ‘emploie les différents acides pour rechercher la solubilité et éventuellement une réaction colorée, les bases (eau oxygénée, permanganate de potasse) et enfin les réactions du fer (PERLS, QUINKE, etc.), la coloration ou les colorants des graisses (Scharlachrot, Soudan III, bleu de Nil, acide osmique) et les méthodes de WEIGERT et de CIACCIO pour

les lipoïdes et enfin le nitrate d'argent pour distinguer la mélanine des autres pigments. Nous-même employons,

pour caractériser la mélanine, la méthode de Masson au

nitrate d'argent ammoniacal à 10 % suivie d’un virage au chlorure d’or.

Grâce à ces différentes méthodes, nous pouvons actuellement caractériser avec précision tous les pigments que nous rencontrons dans l'organisme humain à l'état normal ou pathologique. Malheureusement, toutes ces réactions histochimiques ne nous donnent pas de renseignements sur la nature chimique des différents pigments. Nous pouvons uniquement affirmer qu'un pigment contient du fer, lorsque les réactions respectives ont été correctement appliquées. Par contre les résultats négatifs de ces réactions ne nous permettent pas a priori de conclure qu’il n’y a pas de fer. Aussi, quand nous parlerons d’un pigment fer-négatif, cela signifie uniquement que les réactions usuelles du fer sont restées négatives.

On a essayé de suppléer à ces lacunes par l'application d'analyses chimiques quantitatives. Mais HuECKk insiste, avec raison, croyons-nous, sur les conséquences néfastes de la confusion entre méthodes histochimiques et méthodes analytiques. La méthode histochimique, essentiellement morphologique, permet seulement de dire qu’un pigment contient du fer, elle ne permet par contre nullement de conclure que ce pigment est constitué uniquement par le fer. Quant à l'analyse chimique quantitative, ses résultats sont illusoires, car il est à l’heure actuelle impossible d’isoler les différents pigments aux fins d'analyse.

Toutes nos définitions histochimiques n’ont donc — nous insistons particulièrement sur ce point — qu’une valeur morphologique et ne permettent aucune conclusion analytique. .

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