IE RÉEL
a) L’hématoïdine.
Le pigment cristallin, découvert par VIRCHOW, et qu'il nomma hématoïdine, est caractérisé par une réaction voisine de la réaction de GMELIN pour les pigments biliaires. De
LÉMED ONE
là à conclure à l'identité de l’hématoïdine et de la bilirubine il n’y avait qu'un pas (JAFFE). Mais, déjà VIRCHOW avait insisté sur la différence entre la réaction de GMELIN normale et celle que donne l’hématoïdine ; le pigment biliaire donne, avec l'acide nitrique fumant, une réaction colorée, caractérisée par le virage du rouge au vert, bleu et jaune ; avec l’hématoïdine on obtient, en utilisant comme réactif l'acide sulfurique concentré, la gamme de couleur rouge - bleu - vert.
D'après HUECK, cette réaction pourrait être due à la présence de corps voisins à la cholestérine, mais souvent HUECK obtient aussi, en traitant préalablement les coupes avec de la potasse caustique une réaction de GMELIN caractéristique avec l'acide nitrique et il en conclut que l’hématoïdine contient indiscutablement des substances voisines des pigments biliaires.
Outre la réaction de GMELIN, l’hématoïdine est caractérisée par le résultat négatif des réactions histochimiques du fer et par la stabilité vis-à-vis de l’eau oxygénée et du permanganate de potasse. Ce dernier caractère, ainsi que la réaction négative avec le nitrate d'argent ammoniacal de Masson permettent de distinguer aisément l’hématoïdine de la mélanine. Enfin, l’hématoïdine est difficilement soluble dans les solvants des graisses. Par contre, les bases fortes dissocient rapidement ces cristaux. Les colorations des graisses (bleu de Nil, Soudan III et Scharlach KR.) et les colorations des lipoïdes (Craccro et WEIGERT), enfin l’acide osmique, restent négatives.
Au point de vue morphologique, LUBARSCH décrit trois formes diffèrentes, sous lesquelles on peut voir l’hématoidine :
19 en plaques rouges-brunâtres en forme de losange ;
29 en aiguilles fines groupées en faisceaux, souvent incurvées, et en filaments ondulés.
3° en grains et parcelles non cristallines.
HuEcx explique cette différence d'aspect par le substratum sur lequel se fixe le pigment, par exemple dans les plaques losangiques, le pigment serait précipité sur des dérivés lipoidiques. |
L'hématoïdine, sous ses différentes formes, naît, d’après NEUMANN, toujours en dehors des cellules, mais elle peut être phagocytée secondairement. Au point de vue dermatologique, le pigment cristallin que nous venons de décrire ne joue pas de rôle. Cela tient à son mode de formation. NEUMANN a démontré que l’hématoïdine ne se forme qu’en absence de tissu vivant, par exemple dans les hémorragies cérébrales volumineuses ou dans les infarctus.
En étudiant de telles hémorragies au point de vue de la distribution des pigments, NEUMANN put distinguer trois zones différentes : un noyau central contenant un coagulum de sang dénué de pigment, une zone intermédiaire avec du pigment cristallin, et une zone périphérique contenant un pigment granuleux, cette dernière étant en contact aves les tissus vivants environnants. Naturellement ces trois zones ne sont pas nettement délimitées, mais s’entre- : coupent, notamment la deuxième et la troisième zone. NEUMANN conclut de ces observations que dans ces grands territoires hémorragiques. il y a, à la suite de la nécrobiose importante, un excès d'acide qui dissout le complexe ferrique provenant du globule rouge. Ce fer dissous est éliminé ou emmagasiné dans la rate et le foie. La fraction de l’hématine dépourvue de fer est transformée en hématoïdine et se précipite sur des cristaux lipoïdiques.
Mais, lorsque la destruction sanguine se fait au contact de tissus vivants, comme c’est toujours le cas dans la peau, nous voyons apparaître deux autres substances colorées non cristallines, celles que nous avons trouvées dans la zone périphérique de l’hématome.
b) L’hémosidérine.
L'un des pigments non cristallins est caractérisé par sa teneur en fer. Ce fer provient évidemment de l’hémoglobine. Mais, tandis que, dans cette dernière substance, le fer ne peut être décelé que par l'analyse quantitative et ne donne pas les réactions microchimiques caractéristiques pour le fer (fer masqué, MACALLUM, BRowN), le fer contenu dans