‹ Les hémosidéroses cutanéesChapitre 13 sur 29 · D ON · texte numérisé non relu

D ON

ce pigment peut être mis en évidence aisément par les réactions

microchimiques. Ce pigment, dont la teneur en fer avait

été démontrée par PERLS, avec la méthode au ferrocyanure de potassium — acide chlorhydrique, et par QUINKE, avec la méthode au sulfure d’ammonium, fut nommé par NEUMANN hémosidérine et par KELCH et KIENER «pigment ocre». AUSCHER et LAPICQUE proposèrent plus tard de le nommer rubigine. Déjà VIRCHOW avait observé qu'à côté de son pigment cristallin, l’hématoïdine, il se formait un pigment amorphe. Mais il considérait l’hématoïdine comme un stade passager des dérivés hémoglobiniques et croyait que ces cristaux se transformaient plus tard en pigment granuleux non cristallin ; le stade terminal de cette évolution était pour lui le pigment noir du poumon, que nous savons actuellement être du charbon. L'opinion de la transformation des pigments hémoglobinogènes a été reprise plus tard par M. B. ScHMIDT qui admettait que la réaction de fer n'était que passagère. Ilavait observé que dans les hémorragies en transformation pigmentaire une partie seulement des grains donnaient la réaction de fer, tandis que d’autres, morphologiquement identiques, ne donnaient pas cette réaction. Il décrivait en outre des stades de transition entre le pigment fer-positif et le pigment fer-négatif. Ayant en plus observé dans des mélanomes des transitions entre le pigment fer-négatif, la mélanine, et des grains donnant la réaction du fer, SCHMIDT en conclut que la mélanine était également hémoglobinogène.

D'autres auteurs, MILNER, par exemple, parlaient d’une hémosidérine Fe-négative ou hémosidérine I et d’une hémosidérine Fe-positive ou hémosidérine II.

c) La lipofuscine.

HUECK, par contre, s'élève énergiquement contre cette manière de voir. Grâce à ses analyses histochimiques systématiques, il distingua strictement entre l’hémosidérine: qui est fer-positive et soluble dans les acides et un autre pigment qui se trouve lors de la désintégration de globules rouges

dans un tissu vivant, caractérisé par l’absence de la réaction au fer et par son insolubilité dans les acides et qu’il nomme lipofuscine. HUECK explique les faits de transition observés par M. B. SCHMIDT par des variations de concentration du fer dans le même substratum morphologique, en démontrant que pour l'obtention d’une réaction au fer positive il faut une certaine quantité minima de fer: il existe par exemple des tissus (foie, rate) qui donnent, macroscopiquement, une réaction Fe-positive, c’est-à-dire, lorsque l’on plonge un fragment de tissu dans la solution ferrocyanure — acide chlorhydrique, une teinte verdâtre très nette, alors que la réaction microchimique sur coupe reste négative. En outre, d'après HUECK, hémosidérine et lipofuscine peuvent se fixer sur un même substratum morphologique, de sorte qu'un grain pigmentaire peut donner la réaction du fer alors que le grain voisin, morphologiquement identique, mais imprégné de lipofuscine, ne la donne pas. La réalité du substratum se démontre aisément par la dissolution de l’hémosidérine dans un acide: la coloration brune et la réaction au fer disparaissent, mais il persiste un grain incolore, souvent assez réfringent, que HUECK considère comme une particule protéinique ou lipoïdique.

Il semble donc établi, surtout par les travaux de HUECXK, que la désintégration globulaire donne naissance à trois pigments distincts par leur caractère histochimique :

19 l’hématoïdine, que nous avons déjà décrite et qui ne se forme qu’en absence de tissu vivant.

2° l’hémosidérine et

3° la lipofuscine qui, les deux, ne naissent qu'au contact avec des cellules vivantes. |

Au point de vue dermatologique, c’est l’hémosidérine qui nous intéresse le plus, car c’est ce pigment qui détermine le plus souvent les dyschromies non mélaniques.

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