INTRODUCTION
De tous les pigments que l’on trouve chez l’homme, seul le pigment normal de la peau, la mélanine, a été abondamment étudié, aussi bien au point de vue chimique que morphologique. De même, parmi les dyschromies cutanées, seules les dyschromies mélaniques — mélanodermie et leucodermie — ont suscité de nombreux travaux.
Ceci tient, croyons-nous, aux connaissances assez avancées que nous avons de la mélanine, de sa nature chimique et de son origine. En outre, les dyschromies dues à la mélanine, soit par sa surabondance, soit par son défaut, sont fréquentes et ont pu être étudiées par de nombreux auteurs.
Par contre, nos connaissances sur les autres pigments, que l’on peut rencontrer dans différentes lésions cutanées, sont beaucoup plus restreintes, voire même confuses. En outre, ces pigments anormaux se trouvent presque toujours combinés avec la mélanine, ce qui rend leur étude plus difficile. De plus, les dyschromies non mélaniques sont le plus souvent des phénomènes secondaires et ont, pour cette raison, moins attiré l'attention des auteurs. Les dyschromies non mélaniques essentielles, par contre, sont rares, surtout sur notre continent.
C'est à l’occasion de deux cas de maladie de Schamberg que nous avons étudiés avec Monsieur PAUTRIER que notre attention a été attirée sur les dyschromies dues au pigment ferrique.
Comme ces dyschromies n’ont jusqu’à présent pas fait l’objet d'un travail d'ensemble, et que, d'autre part, leur étude histo-chimique nous donne des aperçus qui nous semblent avoir un intérêt général, nous nou$ sommes décidé de consacrer ce travail aux hémosidéroses cutanées en pas-
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sant d’abord en revue nos connaissances actuelles sur l’hémosidérine et les pigments voisins et en groupant ensuite les affections cutanées dans lesquelles la pigmentation par . l'hémosidérine domine le tableau clinique ou présente la répercussion cutanée d’une maladie générale ou, enfin subsiste comme séquelle d’une affection cutanée banale, primitivement non dyschromique.