A. — CLASSIFICATION DES PIGMENTS
Depuis que Virchow a inauguré en 1847 l'étude microchimique des pigments, un grand nombre de substances colorées normales et patholcgiques ont été découvertes dans l'organisme humain et d'importants travaux leur ont été consacrés par LANGHANS, ARNOLD, M. B. Scxmipr, AUSCHER et LAPICQUE et, plus récemment, par NEUMANN, HuEcKk et LuBarscH. Nous ne noùs occuperons pas dans ce travail des publications nombreuses qui ont été consacrées au pigment normal de la peau, à la mélanine, dont Bruxo BLocE a donné, avec un exposé général de la question, la bibliographie complète.
La classification des différents pigments est assez confuse, car l’on ignore la nature exacte de la plupart d’entre eux. En général, on distingue d’abord entre les pigments exogènes, introduits de l'extérieur dans l'organisme, et dont les tatouages et l’argyrose sont des exemples classiques ; et les pigments endogènes, c’est-à-dire les substances colorées qui sont élaborées par l’organisme.
HuECK propose de diviser les pigments endogènes en deux groupes, les pigments hématogènes, dus à la transformation pigmentaire de globules rouges, et les pigments autogènes, c'est-à-dire ceux naissant par un processus métabolique au dépens de substances protéiniques ou lipoïdiques incolores.
LuBARSCH veut préciser d'avantage l’origine des pigments du premier groupe et propose de les nommer hémoglobinogènes. HUECK reproche, avec raison, croyons-nous, à cette dénomination, qu’il n’est pas prouvé que les pigments qu’elle
PRÉ RTanES
doit englober sont formés exclusivement par l’hémoglobine. Mais nous pouvons, si nous voulons être tout à fait strict, faire le même reproche à la dénomination «hématogène » proposée par HuEcx. Car, s’il est évident que la plus grande partie des matières premières nécessaires à l'élaboration de ces pigments est fournie par les globules rouges, il n’est pas prouvé d’une façon absolue que ces derniers contribuent seuls à leur constitution.
En ce qui concerne le second groupe, celui des pigments autogènes ou métaboliques de HUECK, il est évident que sa séparation est tout artificielle. Pour la formation des pigments hématogènes, l'intervention de processus métaboliques est certainement aussi nécessaire, comme nous le verrons plus loin. Aussi LUBARSCH propose-t-il d’opposer aux pig-
ments hémoglobinogènes le groupe des pigments anhémo- |
globinogènes, à quoi l’on peut objecter qu’il n’est nullement
“exclu que des dérivés de l’hémoglobine ne contribuent pas, en partie, à l'élaboration de la mélanine et de certaines lipofuscines.
Mais comme ces objections sont surtout théoriques et comme toute classification des pigments est nécessairement, en raison même de notre ignorance sur la nature exacte de la plupart d’entre eux, arbitraire et provisoire, nous croyons avec les réserves mentionnées plus haut, pouvoir admettre
provisoirement la classification suivante proposée par
LUBARSCEH.