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: pouvons faire de ponction exploratrice, car la palpation ne
SES décèle pas de point douloureux bien précis ; c’est plutôt une
Roue sensibilité de la région qu’une véritable douleur.
Aussi, nous instituons un traitement d’épreuve à l’émétine : 0,08 cg. par jour de chlorhydrate d’émétine pendant 6 jours (du 14 au 19 juin) ; puis 0,04 cg. par jour pendant 8 jours (du 20 au 27 juin). Dès le 3° jour du traitement, la température com-
: mence de tomber, et, à part une légère recrudescence Ie 18 juin, elle continue de S’abaisser progressivement, le maximum vespé- : pal passant dé 3997 le-14, à 39°2%le 15, 38° le 16, 38°2le 20, 37°7 le 25 el 57°4 le 30 juin, comme le montre unepartie de la feuille à température ci-dessous reproduite : cs NS RE CU, ;
Parallèlement, l’état général s'améliore peu à peu considérablement : le malade se lève, fait quelques pas dans la chambre, dans le couloir ; il n’est plus question de l’état de torpeur noté ‘le 6, juin. Les signes physiques au niveau de l’hypochondre droit se sont également modifiés : le foie a diminué de volume et la douleur provoquée n’est plus très vive ; on ne peut mettre en évidence un point douloureux maximum bien net.',
En somme, action évidente et nette de l’émétine, ce qui nous * permet d'affirmer, presque à coup sûr, le diagnostic d’Hépatite Amibienne. Le 21 juin, nous faisons un examen parasitologique des selles, maïs il né révèle .« ni amibes, ni kystes, ni œufs de parasites ». Néanmoins, l’hyÿpérleucocytose du 13 juin (15.000
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Globules blancs) confirme bien l’hypothèse d’une suppuration profonde. Sous l'influence de lémétine, cette hyperleucocytose se met elle aussi à régresser, comme le montre une numération globulaire faite le 23 juin
Globules rouges : 4.050.000
Globules blancs : 13.600.
Mais surtout, alors qu’on s’en souvient, le premier cliché radiographique était normal, une deuxième radiographie pulmonaire, faite le 18 juin, dévoile une « surélévation marquée de la coupole diaphragmatique droite », élévation qui est sur le cliché de plus de trois travers de doigt. (Fig. 2.) Par ailleurs, les poumons sont normaux et un examen bactériologique des crachats fait le même jour, ne montre toujours pas de bacille de Koch. Un troisième cliché, pris le 23 juin, montre « une déformation de la coupole diaphragmatique droite qui est surélevée et a la forme d’une ogive » ; une radiographie de profil met bien en évidence cette surélévation et montre que la différence de niveau entre les deux hémi-diaphragmes est maxima au niveau de la partie moyenne.
En somme, le 27 juin, au 29° jour de la maladie, la série d’émétine est terminée et le malade entre en convalescence. Cependant la température n’est pas revenue absolument normale, la radiographie montre la persistance des signes locaux, l’hyperleucocytose existe encore. Le malade est mis alors à la Pâte Ravaut et au Stovarsol (0,75 cg. par jour pendant 5 jours ; 0,50 cg. par jour pendant les 5 jours suivants). Son état général continue à s’améliorer. Il fait de courtes promenades. Son poids, qui était tombé de 84 kg. (poids du sujet bien portant) à 70 kg. le 25 juin, passe à 72 kg. 250 le 4 juillet et à 74 kg. 400 le 11 juillet. Une numération globulaire faite le 2 juillet montre la disparition de l’hyperleucocytose : |
Globules rouges : 4.150.000 Globules blancs : 8.200
et la formule leucocytaire faite le même jour montre le retour à la normale de la polynucléose (62 %) :
Lymphocytes : 32 % . Mononucléaires : 6 % Polynucléaires neutrophiles : 58 % Eosinophiles : 4 %.
Malgré tout, il persiste toujours une légère fébrilité : la température oscille entre 36°8 et 37°8. L'examen radiologique fait
RIRE le 4 juillet montre la persistance des signes radiologiques, la FEES surélévation diaphragmatique droite ayant cependant diminué. ® LI ' « se . . t
1 - Aussi, le 8 juillet, une deuxième série d’émétine est instituée .
(0,04 eg. par jour pendant 5 jours) et le malade est guéri ‘lorsqu'il sort du service le 12 juillet ne dans le “3 jour de sa maladie. \
Nous le revoyons trois semaines après, du 4 au 7 août. L’exa-
tion: « la voussure du diaphragme droit s’est sensiblement affaissée depuis le précédent examen ; d’autre part, la mobilité ARE -diaphragme est bonne, le sinus s’ ouvre très bien, l’ensemble de l’ombre hépatique paraît peu ou pas augmentée de volume ». Pourtant le malade, dans l'intervalle, n’a pris pour tout traitement que 4 comprimés de Mixiod par jour pendant 8 jours. Et cependant l’état général a continué de s'améliorer, le poids est redevenu normal (83 ke. 500 le 7 août). La clinique confirme ces résultats : le foie ne. déborde plus le rebord costal. Néanmoins, nous prescrivons au malade la poursuite de son traitement paf une série de Stovarsol associé à la Pâte Ravaut.
Enfin, à l’occasion d’une fracture de la clavicule, le malade rentre à l'hôpital en novembre 1941 : la guérison clinique s’est — maintenue ; les examens de laboratoire sont tous normaux ;
volume ; l’état général est excellent. Le En somme, il s’agit bien d’uné Hépatite Amibienne à -forme septicémique guérie par l’émétine. Quelles remarques pourrons-nous faire à son sujet ?
Tout d’abord, disons quelques mots de la difficulté à établir un diagnostic. Songeons à ce malade qui, ayant mangé des moules crues trois semaines auparavant, se présente à nous, après un léger épisode intestinal, avec une température, oscillante sans doute, mais toujours élevée, avec une dissociation du pouls et de la température, et surtout avec un état général très touché, une torpeur, un abattement qui font songer au tuphos. Comment l’idée d’une infection typhoïde ne se présenteraitelle pas de suite à l’esprit ? Aussi nous nous mettons à chercher minutieusement la tache rosée, le gargouille-
men radiologique passé le 4 août montre une nette améliora-
l'ombre hépatique, à la radiographie, est à peine augmentée de
Es pee = :
ment dans la fosse iliaque droite, la grosse rate qui nous perniettraient d’affirmer notre diagnostic. Mais nous ne trouvons rien de tel, et c’est alors qu’apparaissent quelques signes pulmonaires. Nous pensons aussitôt à une Tuberculose aiguë, et nous faisons une radiographie qui est négative. Ayant rejeté l’idée de Bacillose, l’abondance des sueurs nous oriente vers la Mélitoccocie, mais cette fois-ci, c’est le séro-diagnostic négatif au Mélitocoque qui nous laisse dans le doute. En somme, le malade présente un ensemble de symptômes que l’on essaie de grouper différemment pour faire un tout, mais chaque fois un examen complémentaire s'impose, et chaque fois cet examen reste négatif et nous laisse dans Pincertitude. Bien sûr, nous aurions pu penser dès l’abord à une Hépatite, maïs jamais le malade ne s’est: plaint du foie, jamais notre examen n’a réveillé une douleur hépatique, et c’est cela qui va faire l’objet de notre deuxième remarque.
Comment, en effet. aurions-nous pu concevoir une Hépatite sans hépatalgie ni hépatomégalie ! Or, ici, pendant 16 jours de maladie, le foie du sujet est resté complètement silencieux. Nous l’examinions tous les jours et jamais il n’attira notre attention. Bien mieux, et c’est en cela que réside le gros intérêt de la premiére radiographie, il n’v avait rien d’anormal du côté de la coupole diaphragmatique, l’examen radiographique n'est pas venu pallier la déficience de l’examen clinique. Ce silence absolu du foie, clinique et radiologique, est une des caractéristiques de cette observation. On pourrait croire, en effet. que. parlant d’Hépatites dans lesquelles prédominent les signes généraux. les signes locaux sont simplement novés au milieu du srand tableau clinique de l’état général. Bien sûr. cela existe. mais il est intéressant de remarquer que le plus sou-