ETUDE CLINIQUE VALEUR DIAGNOSTIQUE ‘ DES SYMPTOMES
Devant les difficultés de tous ordres à établir un diagnostic dans des cas tels que le précédent, sur quels éléments pourrons-nous nous baser pour affirmer l’Hépatite ?
Nous savons qu’elle se caractérise par la triade symptomatique : douleur, hépatomégalie, fièvre, signes auxquels s’adjoignent les résultats de examen sanguin (leucocytose avec polynucléose), de l’examen radiolo-
gique, de l’étude. des antécédents et du traitement:
d'épreuve. Etudions la valeur de chacun de ces élémenis :
HEPATALGIE —— HEPATOMEGALIE
Nous savons déjà la valeur toute relative de ces signes, car le silence du foie est presque de règle dans
les Hépatites Atmibiennes à forme septicémique, durant
les dix Premiers jours au moins de la maladie. Sur les 25 observätions relatées dans cet ouvrage, 12 témoi-
gnent de l'absence totale, mais temporaire, de toute symptomatologie hépatique, ‘et dans la plupart des
autres, les signes hépatiques sont discrets ou incomplets. |
“ À titre d'exemple, citons une observation, de Frerichs, rapportée par BERTRAND et FONTAN dans leur
Traité Médico- Héurgical de core suppurée des
Pays chauds : S + Su. | 2
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Andral raconte l’histoire d’un jeune homme qui, après avoir
fait à cheval un voyage fatigant, fut altaqué d’une affection
fébrile pour laquelle on ne put découvrir aucune cause locale. Le 4° jour apparurent des accès de fièvre et une céphalalgie
‘intense; la langue devint blanche, l'appétit disparut ; la consti-
ei était opiniâtre. Le 12° jour, le malade commença à déli- ; le 17°, il succomba. Pendant toute la durée de la maladie,
Rs et l’hypochondre droit étaient restés mous et indo-
lores ; il n’y eut ni vomissement, ni ictère ; ; ce fut en vain que,
pour Aer une lésion locale, on examina les divers organes.
A lautopsie, aucun organe ne présenta une altération impor-
tante ; le foie lui-même au premier abord sembla normal jusqu au moment où un coup de scalpe, donné’ au häâsard, décou-
vrit un abcès, gros comme une orange, que remplissait un pus jaunâtre et inodore, et qui était En de substance hépatique rouge et ramollic.
Ainsi done, il n’est pas possible d'attribuer une grande valeur à la douleur ou à l’hépatomégalie dans le diagnostic précoce de l’'Hépatite Amibienne. Ces signes n ’apparaissènt que tardivement, après un silence plus où moïns long, ce qui caractérise l'Hépatite Amibienne à forme septicémique. Le foie, pendant un cer-
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tain temps qui varie de quelques jours à deux semaines, semble en dehors du tableau clinique dans lequel prédominent les signes généraux, et ce n’est que lorsque apparaissent soit la douleur dans l’hypochondre droit, soit la tuméfaction du foie qui déborde le rebord costal, soit les deux à la fois, que l’on pense à une Hépatite. En effet, souvent un seul de ces deux signes vient éclairer le diagnostic : tantôt le malade souffre du foie, mais le foie reste impalpable (observations X et XIID), tantôt le clinicien trouve bien un gros foie, mais le malade n’en souffre pas (observations IV, V, XIV, XVI et XXI).
Il faut reconnaître cependant que, si l’absence de signes hépatiques embrouille le diagnostic, par contre leur apparition fait penser de suite à l’Hépatite. Cela se retrouve dans presque toutes les observations citées. Il semble que le clinicien ne puisse concevoir d'Hépatite sans douleur ni tuméfaction du foie, et qu'il préfère errer dans l'incertitude en attendant le signe révé- Jateur de la participation du foie à la maladie.
RADIOLOGIE
Il semblerait au premier abord que nous puissions accorder toute confiance à la Radiologie. « Il sera indispensable, nous dit Rossignol, dé faire un examen radiologique du foie >», surtout si « le foie apparaît cliniquement normal ou difficile à percevoir chez un sujet à paroi épaisse. Le foie, en effet, peut n’être augnienté de volume que vers le haut : seule la radiologie peut déceler cette variété d’hépatomégalie ». Et il semble bien que l'observation de Boidin et Dujarric de la Rivière (in ROSsIGNOL, fhèse Paris, 1936) que nous reproduisons ci-dessous, le confirme :
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