‹ Les Hépatites Amibiennes à Forme SepticémiqueChapitre 16 sur 46 · OBSERVATION III · texte numérisé non relu

OBSERVATION III

\ R.., soldat, n’a jamais été aux colonies ni en contact avec des coloniaux. Depuis deux mois, au retour de la Somme, 4 à 5 selles diarrhéiques par jour, avec à-la fin de l’évacuation, un peü-de sang rouge considéré comme d’origine hémorroïdaire.

À l'entrée, malade depuis 4 à 5 jours : langue sale, 38°5 à 39°5, céphalée légère, ni vomissement, ni épistaxis. En somme, tableau d’embarras gastrique fébrile ou de para-typhoïde légère. Selles abondantes, pâteuses, avec un peu de sang rouge à la surface : deux examens ne montrent aucun élément amibien.

Sans traitement spécifique, chute de la température et amélioration. Pas de bacilles para-typhiques dans les selles, sérodiagnostic faiblement positif et aux taux limites (1/100 pour le Bacille d’Eberth et le Para A, 1/50 pour le Para B), attribuable aux vaccinations antérieures (1914-1915-1916). Bien qu’apyrétique, le sujet reste pâle, amaigri.

Dans la crainte d’une Bacillose, on fait une radioscopie pulmonaire : rien aux sommets, rien aux ganglions, mais à la base droite, immobilité du diaphragme, foie volumineux avec voussure exagérée dans la région du sommet, sans saillie individualisée. :

Cliniquement, foie à peine augmenté de volume, pas de subictère. Dès le début, on avait trouvé des frottements à la base droite. Le malade accusait là une douleur légère, irradiant à l'épaule.

On répète plusieurs jours de suite l’examen des selles qui finit par montrer des kystes amibiens peu nombreux, mais très nets. Le traitement spécifique est aussitôt institué, 2 à 3 séries d’émétine à doses élevées et prolongées, pilules de Segond dans les. intervalles : chaque série comporte 4 piqûres de 0,08 cg. 4 piqûres de 0,04 cg., 4 piqûres de 0,02 cg.

Le sang disparaît aussitôt des selles qui redeviennent régulières et moulées. Etat général très amélioré : le malade mange et engraisse. A la radioscopie, le foie rétrocède plus lentement. Les selles sont normales®mais renferment encore des kystes.

Mais ce n’est pas le foie qui a suscité l'examen radiologique. C’est généralement le poumon qui attire attention (observations I, III, VI et XIX), et, tandis que

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l'image pulmonaire reste normale, on découvre une surélévation de la coupole diaphragmatique. Comine l'ont très bien dit Boidin et Dujarric de la Rivière en ‘1917, « en montrant l’immobilité du diaphragme a droite, une voussure exagérée du bord supérieur du foie, la radioscopie, faite dans ‘un tout autre but, fait

dépister l’Hépatite, et par contre-coup la Dysenterie, $ alors que la maladie évolue avec l'allure clinique d’une 3 Para-typhoïde.> Malheureusement la radiographie reste PRE

souvent muette ou tout au moins aussi longtemps que la clinique (observations I, VFet XV). Car ce qui serait intéressant, ce’ serait de voir à la radiographie l’augmentation de volume du foie, alors même qu’elle ne se traduit encore par aucun signe clinique. Cela nous. : permettrait de poser le diagnostic d'Hépatite beaucoup | plus tôt; mais dans la majorité des cas, il n’en est pas ainsi. C’est pour cela qu’une radiographie du foie négative ne doit pas faire éliminer systématiquement l’Hépatite. .

FIEVRE ha :

La température est généralement élevée, mais irrégulière ; elle évolue entre 38°5 et 40°, avec une rémission matinale. Il y a de grandes oscillations. Mais, nous le savons, cette température est loin d’être la même dans tous les cas ; elle est tantôt en plateau (observations L'IV, V; VE IX, XIL XV, XIX et XXIII), tantôt intermittente (obserŸations VII, XXII et XXIV), tantôt ondulante (observation VIII) ; c’est une des causes des erreurs de diagnostic. Nous Fétudierons davantage à

propos des formes cliniques et du diagnostic différentiel.

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