‹ Les Hépatites Amibiennes à Forme SepticémiqueChapitre 29 sur 46 · OBSERVATION VIT · texte numérisé non relu

OBSERVATION VIT

Germain P.., 43 ans, propriétaire à G.… (Tarn), envoyé au : Maroc en août 1914, y reste jusqu’en décembre 1918, mobilisé dans un régiment d’Infanterie. Il contracte la Fièvre Typhoïde en 1915.

En 1917, il présente des selles glaireuses et parfois sanguinolentes pendant deux ou trois mois. Il n’est pas hospitalisé à cette occasion et ne subit aucun traitement. En septembre 1918, apparition de douleurs vives au creux épigastrique avec propagation à l’hypochondre droit et à l’épaule droite, durant une demi-heure environ, et survenant le plus souvent après le repas du soir. Cette dernière période douloureuse dure jusqu’en novembre 1918. Le malade est rapatrié en décembre 1918.

En France, en février 1919, période douloureuse d’une quinzaine de jours. En novembre 1919, nouvelle série de crises d’une durée de un mois et demi. Les crises surviennent maintenant à toutes les heures ; elles s’accompagnent d’accès fébriles, violents, avec frisson initial et sueurs profuses, rappelant l'accès palustre.

En 1920, de février à juin, crises très fréquentes ; l’une d’elles s’accompagne d’ictère. Le malade remarque dès ce moment-là une certaine régularité dans les crises douloureuses et fébriles. Il est considéré successivement comme atteint de Paludisme et de Lithiase biliaire. Un traitement prolongé par la quinine reste

D de Le

a. PE FE

sans résultats. Il va à Vichy en juillet 1920, où il est nettement

amélioré du point de vue général.

Nous voyons le malade à la campagne à la fin du mois d’août 1920. Nous le prions de venir à Toulouse pour compléter notre examen et lui demandons de prendre régulièrement sa température rectale. Le malade, pour des raisons diverses, attend quatre mois et demi pour venir, mais il fait avec le plus grand soin sa courbe thermique pendant toute cette période. La température suit un cycle à peu près régulier. Elle est normale

- pendant 4 à 6 jours, elle s’élève ensuite en 2 ou 3 jours à 38°5,

39° ; elle s’y maintient pendant 3 jours et revient ensuite en 2 ou 3 jours à la normale. La durée totale de ce cycle est de 11 à 12 jours. Il se reproduit très sensiblement le même depuis le début de septembre 1920 jusqu’en janvier 1921. Le malade affirme qu’il en était ainsi depuis longtemps déjà, maïs il n’avait pris que très irrégulièrement sa température avant septembre 1921.

Les douleurs, pendant toute cette période, suivent la marche de la température. Leur caractère paroxystique est beaucoup moins marqué ; elles s’exagèrent pendant la période d’ascension de la fièvre et diminuent très vite pendant sa descente ; pendant la période apyrétique, le malade se trouve tout à fait bien ; son état général s’améliore rapidement jusqu’au début de la crise suivante.

La crise de fin décemhre et la première crise de janvier sont particulièrement violentes. Nous voyons le malade le 10 janvier 1921.

A l'examen, il présente un gros foie débordant de 1 cm. environ le rebord des fausses côtes et surtout développé en haut et en avant où il atteint nettement le 4° espace intercostal. Il est douloureux dans son ensemble, maïs les douleurs provoquées sont surtout nettes vers l’extrémité antérieure de la 10° côte. La vésicule: n’est pas perçue ; la rate est normale. Rien à signaler du côté des autres organes. T’état général est relativement satisfaisant. La pression sanguine est de 13,5/8,5 au Pachon. La radioscopie permet de constater l’hypertrophie du lobe droit du foie ; le bord supérieur présente une déformation angulaire des plus nettes : la mobilité du diaphragme à droite est diminuée. L'examen du sang donne :

Urée : 0 gr. 235 Cholestérinémie : 1 gr. 47

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