SIMULATION DE FIEVRE SYPHILITIQUE
OBSERVATION XXIV (EscaBacH, in Soc. Méd. Hôp. Paris, 1922)
X..., 34 ans, rentré en France en août 1919, après avoir servi
< Cv] = 7 ans au Maroc, sans accès de fièvre, ni maladie. Actuellement, ouvrier agricole. Entre à l’'Hôtel-Dieu de Bourges, le 17 juillet 1921, pour des accès de fièvre et de courbature qui le dépriment et lui ôtent toute possibilité de travailler.
Mis en observation, il présente les mênies accès qui ont nécessité son hospitalisation. Un frisson le saisit, suivi de grelottement dans son lit pendant 2 ou 3 heures, avec ascension ? de la température aux environs de 39°, non suivi de sueurs, le laissant prostré et courbatu pendant 2 où 3 jours”avec une température subfébrile entre 38° et 37°5. Ces accès apparaissent sans aucune régularité : deux surviennent le même jour, ou bien un intervalle de plusieurs jours s'écoule entre deux accès. Chaque nouvel accès le laisse plus abaïtu et plus faible.
Aucun symptôme n’accompagne cet état de fièvre qui le mine ; aucune douleur, aucun trouble digestif ; ni gros foie, ni grosse rate, non plus dans l’intervalle qu’à la suite immédiate des accès.
Le Paludisme est éliminé devant l’inefficacité du traitement quinique. La réaction de Wasserman étant positive, on pense à une Fièvre Syphilitique ; l’arsénobenzol, à doses si minimes. soient-elles, réveille des accès qui fatiguent assez le malade pour obliger à les cesser. Aucun élément ne permet d’incriminer la dysenterie.
Après un mois et demi d’hospitalisation, le malade s’affaiblit toujours ; il donne des signes de dépérissement rapide ; la fièvre tend à s'établir à 38° en dehors des accès ; l’appétit est nul, J’amaigrissement s’accentue, la peau devient sèche, le teint est bistre ; l'individu’ ne quitte plus son lit. Bien qu’il n’y ait eu ni toux ni expectoration, la respiration se modifie au sommet gauche. Le murmure vésiculaire diminue, il est remplacé par des bruissements humides inspiratoires, d’abord mobiles, puis fixés dans les fosses sous et sus-épineuses. On sorige à une Tuberculose pulmonaire débutant après une phase de Fièvre Syphilitique. à
C'est alors qu’en désespoir de cause, sur ce seul fait que le malade est un ancien colonial, on soumet le malade à une injection quotidienne de 0,04 eg. d’émétine. L'amélioration est instantanée ; en 15 jours, le sujet est sur pied, l’appétit est revenu, les forces récupérées, tous les phénomènes pulmonaires disparus. Pressé de questions, il se rappelle qu’à sa dernière étape au Maroc en juillet 1919, il a eu pendant plusieurs jours des selles sanglantes et glaireuses. Il quitte l'hôpital le 7 août.
Ru LATE
. Une telle sensibilité à l’émétine, sa valeur presque ‘spécifique br dans l’Amibiase, l’évolution du type clinique rapproché de formes comparables ne permettent guère, malgré l’absence de tuméfaction apparente du foie, de penser qu'il ait pu s'agir | d’une autre affection que d’une Hépatite Amibienne. Nous en 0 avons eu la-confirmation quelques mois plus tard ; en effet, le même sujet rentrait à l’'Hôtel-Dieu en février dernier, suffoquant
à la suite d’une vomique par ouverture dans les bronches d’un Abcès du Foie.
Il avait négligé tout traitement. Il se présentait alors à nous immobilisé par une douleur thoracique l’empêchant de tousser,
à de cracher et même de respirer. Le foie’était énorme et doulou- DL. : reux.. Les phénomènes rétrocédèrent par des injections d’émétine et de novarsénobenzol. du
… Le malade, revu en septembre, est sorti guéri.
SIMULATION DE CHOLECYSTITE
eue : R É: RU OBSERVATION XXV 4 MS: : (SAMBUC, 0D- cit.)
ve | / \ ‘4 Ér M. M, 38 ans, garde de milice, 4 ans de séjour en Indo- D - chine, provient de Quang-Tehéou-Wan et entre à l'Hôpital de ù ‘©. Haï-Phong le 9 juillet 1906.
À Habituellement bien portant, il a eu quelques accès de fièvre, 1 mais jamais de dysenterie. [1 y a trois semaines environ, il a . commencé à éprouver des douleurs dans l’hypochondre droit pee A et à avoir des accès fébriles quotidiens. Il aurait maigri d’une
quinzaine de kilos en un mois. Ventre souple. Foie normal. è Grosse rate. Le malade a un peu de diarrhée. # ‘10 juillet : température 37°8, 37°, 38°7.
Les jours‘ suivants, Ia température, peu élevée le matin, atteint le soir les environs de 38°. À
Le 27 juillet, on constate que le foie a augmenté de volume ; on le sent à la palpation dans l’épigastre. La matité hépatique mesure :