‹ Les Hépatites Amibiennes à Forme SepticémiqueChapitre 43 sur 46 · NS EE OBSERVATION XXII · texte numérisé non relu

NS EE OBSERVATION XXII

Bomix, in RossIGNoz, thèse Paris, 1936)

1 . Nous. sommes en présence d’un homme de 45 ätis. de solide ‘110 apparence, qui depuis 2 mois présente chaque jour, dans l’aprèsmidi, un frisson avec brusque élévation de la température à 40°. La fièvre dure quelques heures, puis retombe à la normale. Cette ñ chute de‘température s’accompagne de sueurs abondantes.

I est un peu fatigué, mais a peu maigri et continue à vaquer à ses occupations, se contentant de rentrer chez lui d’assez bonne heure. L’appétit est conservé, la langue rose, non saburrale, les digestions sont faciles. Les selles sont régulières, d’apparence normale, moulées, ne contenant ni glaires ni sang. Les urines sont claires : analysées, elles ne renferment ni albumine, on pus, ni colibacille. À

L'examen physique du sujet est négatif. Rien de suspect du côté de l'appareil respiratoire. Rien au cœur, aucun signe d’en- . docardite, pas de- panaris d’Osler. L’estomac est normal et il n'existe pas de modification abdominale appréciable ; le ventre est souple, pas de point douloureux colique; le toucher rectal ne décèle rien d’anormal. On ne trouve pas de splénomégalie. Seul, le foie, non douloureux, déborde légèrement le rebord costal. Il n’y a pas d’ictère, la vésicule n’est pas douairensts Enfin le système nerveux est normal.

écarté de multiples diagnostics. D’abord, celui d’une infection ‘intestinale typhique ou paratyphique : mais les hémocultures et les séro-diagnostics ont été négatifs. On a pensé ensuite à une Endocardite maligne, mais il n’y a pas le moindre signe car- diaque, pas de souffle et les bémocultures sur milieux spéciaux sont restées négatives ; au Paludisme, mais pas d’Hématozoaires dans les frottis de sang faits au cours d’accès fébriles ; à un Néoplasme infecté, mais l’absence de troubles intestinaux, l’intégrité de l’état général s’élèvent contre cette hypothèse. Pouvaitil s'agir d’une Bacillose cachée ? les radiographies du thorax ont été négatives ; d’une infection vésiculaire ? on a pratiqué une HN METARRIE abdominale qui n’a pas montré d’augmenta-

Ce malade nous a été adressé après qu’on eût déjà posé, puis.

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tion de volume de la vésicule. Le foie est peut-être un peu gros, mais il est régulier. Il ne pouvait être question d’une infection urinaire, puisque les urines étaient claires, non infectées ; ni d’une Méningococcémie, il n’y avait ni manifestations articulaires, ni érythèmes, et les hémocultures encore une fois n’avaient pas poussé. On avait fait, au début de la maladie, une numération sanguine dont voici les résultats : ;

Globules rouges : 4.500.000 : ” Globules blancs : 8.000 Polynucléaires : 75 %

L’interrogatoire de ce malade nous apprend deux choses intéressantes :

1° Le début des accidents a été marqué par une légère. douleur dans la région hépatique, qui a duré 3 ou 4 jours, accompagnée d’un peu de subictère. Nous lavons dit, l’examen nous révèle un foie débordant de 2 travers de doigt le rebord costal, dont la limite supérieure ne paraît pas nettement surélevée, donc une hépatomégalie légère ;

2° Le malade a eu pendant la guerre, en 1916, une infection très prolongée, caractérisée uniquement par une fièvre élevée qui l’a maintenu plusieurs mois dans un hôpital de la zone des Armées. La fièvre, d’ailleurs assez irrégulière, fut à peu près le seul symptôme : elle ne s’accompagna que! de céphalée, de fatigue générale ; les selles ne présentèrent pas de caractère spécial ; un peu de diarrhée, maïs ni glaires, ni sang ; l’attention ne fut pas attirée du côté du foie qui ne fut pas exploré radiologiquement. Le diagnostic fut celui de Fièvre Typhoïde, mais tous les examens de laboratoire, — et le malade est formel sur ce point —, furent négatifs. La fièvre persistant, le malade fut évacué dans le Midi où il séjourna à l’hôpital plusieurs mois encore, avec une fièvre irrégulière. II finit par guérir spontanément, aucun traitement spécifique n’ayant été institué, et, pendant 17 ans, il jouit d’une santé parfaite.

Notons que ce malade n’a jamais été aux colonies.

En présence de ces sympiômes : début marqué par une légère douleur hépatique avec subictère, hépatomégalie modérée, fièvre intermittente, nous pensons qu’il peut s’agir d’une Hépatite Amibienne autochtone dont l’origine remonte à la guerre. Sans nouvel examen parasitologique, nous instituons un traitement par l’émétine : 0,04 cg. ; 0,04 cg. ; 0,06 cg. ; 0,06 cg. ; etc.

Dès la 3° injection, la fièvre cède ; le traitement est poursuivi régulièrement et le malade guérit complètement.

| LE un ; SIMULATION DE PNEUMONIE

OBSERVATION XXIIT x (BEZANÇON et BERNARD, in Soc. Méd. Hôp. Paris, 1927) M. D... 29 ans, fatigué et déprimé depuis quelque temps, est pris « d’un-point de côté thoracique droit, avec frisson et température montant en quelques heures à 40°, sans expectoration ;

on recherche la Pneumonie et malgré quelques lacunes, ce dia-

gnostic paraît le plus plausible, car on trouve à la partie inférieure de l’hémi-thorax droit, de la matité, du silence, des râles fins, puis bientôt un souffle tubo-pleural »."Avec cela, « état hautement infectieux : abattement, délire nocturne, sueurs pro-

fuses, urines rares et hautes en couleur, langue Ssaburrale, Mais

l’expectoration caractéristique manqué et la défervescence ne se fait pas. La matité s'accroît en intensité et en étendue, le souffle prend davantage le caractère pleural et l’on suspecte le développement secondaire d’un épanchement : une ponction exploratrice permet de retirer un liquide légèrement louche à formule mixte ». |

Quelques jours plus tard, le liquide retiré devenait franchement louche et quelques jours après il devenait .séro-fibrineux. L'examen radiologique montrait à ce moment « une obscurité diffuse de la partie inférieure de l’hémi-thorax droit, offrant tous les caractères d’un épanchement pleural de la grande cavité... Au 29° jour de la maladie, l’épanchement séro-fibrineux à lymphocytes nous orientait vers le diagnostic de Tuberculose pleuro-pulmonaire », d'autant plus que le malade avait une hémontvsie 8 jours plus tard. Mais ce n’était que le prélude de vomiques successives qui orientèrent le diagnostic vers celui d’Abcès Amibien. On commença l’émétine, 0,04 eg., ce qui produisit une nouvelle vomique « alarmante ». Aussi interrompiton j’émétine et continua-t-on le traitement par le novarséno- \benzo!, et 8 jours après, le malade pouvait être considéré comme guéri.

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