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(1) Corresponlince de Médicis aux Archives diplomatiques de Florence.
que Marguerite de Valois, fille de François I° ‘et sœur d'Henri II, avait adopté les erreurs de la fameuse Marguerite de Navarre, et qu'elle avait protégé Carnesecchi à la recommandation de Flaminio. Devenue l'épouse ae Philibert de Savoie, elle avait amené avec elle des lettrés et des érudits infectés de calvinisme; par son influence, ajoute l'historien, et avec l'aide de ces derniers, elle avait engagé son époux à résister à l’autorité du pape à laquelle, à l'exemple de ses aïeux, il avait été très-docile. Les ministres du duc avaient imposé aux habitants de Verua et d’autres lieux dépendant de l'Église d’Asti l'obligation de payer un tribut, de fournir des soldats, et d’acheter à leurs frais certaines armes. Cette restriction de liberté parut injuste au pape; il fit voir au duc combien son nom en souffrait ; il l’exhortait à retirer ces ordres, ou, s’il croyait avoir des raisons, à les lui faire connaître. De graves reproches furent adressés par le pape à lévéque d’Asti Gaspard Caprio, qui avait donné son assentiment à ces impositions extraordinaires; il allait en informer le duc, lorsqu’il tomba d’un escalier et mourut. ILavait été lent à persécuter les hérétiques, qui à l’occasion de la guerre étaient venus en grand nombre dans ce diocèse, et il laissa beaucoup à faire à son successeur, le frère Dominique Della Rovere, déjà inquisiteur. Celuici sut avec fermeté amener le duc à renoncer aux usurpations diverses qu’il avait commencées contre les iinmunités ecclésiastiques.
Le 30 décembre 1569, Pie V écrivait à Honoré de Savoie, comte de Tende, omnium hæreticorum hostem.acerrimum, qu'il eût à arrêter Antoine Planca, ce scieur de bois dont nous avons parlé ci-dessus, et qui était retombé dans l'hérésie après rétractation; Innocent Guino, dit Umeta,
et d’autres dont il lui transmettait les noms, et que vite et secrètement jl les livrât à l’évêque de Vintimille. Le pape demandait aussi à Emmanuel-Philibert, le 2 avril 4570, qu’il livràt au Saint-Office Jean Toma, hérétique et apostat, ‘enfermé dans les prisons de Turiu, et dont il espérait obtenir des révélations sur ses complices. On dit aussi qu’à cette époque il y eut des édits, des condamnations, des réac#lons, soit dans ces vallées, soit dans le Dauphiné, qu’on détruisit des églises, qu’on massacra des curés, ce qui fut attribué par les uns aux Vaudois, par les autres aux Huguenots, réunis dans la vallée de Pragelat. Le frère Thomas Giacomello de Pignerol, mort en 1569, inquisiteur général à Turin, puis évêque de Toulon, ct auteur de deux traités De auelorilate papa et contra Valdenses, prit le chef des Barbets, et le livra au bras séculier. = |
Saint François de Sales s’illustra dans la conversion des Vaudois (4567-1622). Il avait été élève de Panciroli à l'Université de Padoue, où il fut reca docteur le 5 septembre 1591 ; durant ses études il avait connu le pieux et doux jésuite Possevin qu'il prit pour directeur de sa conscience, el peut-être est-ce de lui qu'il tira cette douceur qui le caractérise, Il professait une dévotion spéciale pour la Bienheureuse Vierge, et il le fit voir dans son pèlerinage à la sainte maison de Lorelte. A Rome, il ne trouva que sainteté, là où Luther n'avait vu qu’abomination ; devenu prêtre, il se consacra tout entier à la conversion des hérétiques, et fut fait évêque de Genève. Allant-à Milan pour vénérer le corps de-saint Charles, et, pendant son voyage, ayant eu connaissance de la congrégalion des Barnabites instituée depuis peu, il logea près
d’eux dans des chambres qui avaient déjà servi à ce saint IV — 32
Saint Francois de Sales
et la
Savoie,
alors qu'il allait y faire des exercices spirituels, et il les pria de venir régir le collége d’Annecy, fondé par Eustache Chappuy, qui avait été au service de Charles- Quint. En effet, avec le consentement de Frédéric Borromée, le frère Juste Guérin y alla; et ce fut lui qui succéda au saint dans l'évêché de Genève, et qui établit à Annecy les prétres de la mission. | Loris. Alors régnait le duc de Savoie Charles-Emmanuel (1580- 1630), dit le Grand parcequ'il se mêla à toutes les querelles de cette époque avec une ardeur infatigable et parce qu'il chercha à agrandir le Piémont sous le prétexte d’unifier Y'Htalie et d'en chasser les étrangers, tandis que par ses mesures il les y attirait. Il envoya prier saint François de venir à Turin, pour discuter les moyens de ramener ke Chablais dans le bon chemin ; le saint, persuadé que la scission du pays avait eu pour cause principale l'ignorance de la vraie religion, proposa d'y envoyer des missionnaires zélés, capables de dissiper les préventions et de réfuter les calomnies; on exclurait de la Savoie les ministres calvinistes; aux livres hérétiques on en substituerait de bons; on introduirait les Jésuites pour élever les jeunes gens et soutenir les controverses. Pourtant, parmi les ministres mêmes de Charles-Emmanuel, un grand nombre inclinaient pour les nouvelles doctrines ; et saint François de Sales eut trop à exercer sa modeste majesté et sa douce persuasion pour renouveler les rites ca- | tholiques dans la Savoie, dont enfin les calvinistes furent exclus.
. Le due aidait le saint à convertir les Savoyards; il les attirait à son château de Thonon, les accueillait avec courtoisie, et leur exposait les arguments les plus efficaces pour démontrer l’unité de la foi et de l’Église. Un grand
nombre d’entre eux répondirent à son empressement, et, quand il sortait, le peuple l’entourait en criant : « Vive Son Altesse royale! Vive l’Église romaine! Vive le pape (D) ! »
Christine de France, devenue l'épouse du prince de Piémont, voulut avoir François de Sales pour aumônier; mais il n’accepta qu'après de longues instances, el à la condition de ne pas quitter sa résidence. Elle lui fit présent d’un beau diamant, le saint s'’empressa de le vendre; alors elle le rempaca par un autre; mais le saint lui donnant à entendre qu’il ne pouvait conserver de bijoux tant qu’il y aurait des pauvres, elle le pria de ne pas le vendre, mais de le mettre en gage, ajoutant qu'elle-même le rachèterait. Voilà le communisme des saints! :
Charles-Emmanuel, dans son insatiable ambition de s’agrandir et habile à profiter de toute occasion, en vit une dans les guerres religieuses de France; il s'allia avec Philippe II, et grâce à son appui enleva Saluces aux Français, assurant qu'il le faisait pour soustraire ce pays au danger de tomber dans les mains des Huguenots (1588). Se donnant le titre de champion du catholicisme, il appelle toute l’Europe à son secours, attaque la Provence, tente d'enlever Marseille par surprise, emploie tour à tour les menées et les violences, jusqu'à ce que, fatigué, Henri IV dui déclare la guerre.
Lesdiguières prit le commandement des Protestants du Dauphiné, qui alors se répandirent dans le marquisat de Saluces, dans San-Germano, à Pramollo; et avec eux en 1592 il prit les châteaux de Perosa, Cavour, Bricherasio, et d’autres, ce qui le fit surnommer l'Écumeur des Alpes. Le fort de Sainte-Catherine, qui des confins de la Savoie menaçait toujours Genève, fut donné à cette ville; on l’enleva au duc, qui céda aussi, lors de la paix,
Lesdiguitres et Henri IV.
les pays qui entourent le lac Léman, mais qui garda Saluces.
Charles-Emmanuel, disposé à tourner casaque toutes les fois qu’il y trouverait son avantage, s’associa aux protestants allemands, et, par le moyen du comte Ernest de Mansfeld et de Christian d’Anhalt, offrit de les secourir dans la guerre de Trente ans; il espérait ainsi arriver à l'empire, mais il ne put y réussir *. ll se ménagea des intelligences avec Lesdiguières, à qui il avait toujours fait la guerre comme chef des Huguenots, et: il pensait à conquérir le Milanais, leMontferrat, la Corse et le pays de Gênes dont il devait céder la capitale et la rivière du Levant à la France, pour qu'elle eût un passage libre vers FItalic. M6content de son insuccès en Italie et de sa honteuse expédition contre Genève, après avoir ruiné son pays pour en acquérir d’autres, il mourut de chagrin.
Dans une requête adressée au duc en 1585, les Vaudois disaient qu’ils professaient leur culte secrètement depuis un certain nombre d'années, et ouvertement depuis trente ans; ils vantaient. leurs droits à la tolérance;-ils voulaient pactiser avec leurs propres souverains, et ils envoyaient des ambassadeurs aux souverains étrangers. En 1593, lorsqu'Henri IV était prêt à abjurer, ils lui écrivirent : « Sire, Dieu vous a fait maître de la Gaule tran- « salpine; la cisalpine aussi sera vôtre, pour peu que vous « la vouliez. Le marquisat de Saluces vous reviendra ainsi « que Milan. Déjà les vallées de Luserne, de Perosa, de « Saint-Martin vous appartiennent, et serviront de bastions
(1) Un mémoire de lui adressé à Mansfeld est imprimé dans l’Archivium unito-protestanticum de 1628, et illustré par B. Erdmansdorfer, Herzog C. Emmanuel ron Savoyen und die deutsche Kaiserical von 1619. Leipzick, 1862.
« à votre Dauphiné, bastions construits par lc souverain « Architecte et élevés jusqu’au ciel. Cela est beaucoup, « mais ce n’est pas tout, car avec ces murailles hautes et « crénelées vous aurez des remparts et des châteaux: forts. « Ils sont vos peuples, Sire, ceux qui”habitent le cœur de « ces vallées; ce sont des combattants invincibles par leur « nature et dont la renommée remonte aux temps anti- « ques; consacrés maintenant et toujours au service de « Votre Majesté, ils vous ont offert leurs biens; ils sa- « crifieront sur votre autel leurs corps et leurs vies; eux « ct leurs fils ont vécu pour vivre et mourir sous votre « règne. En un mot ils sont à vous. »
Il n'est donc pas vrai, ainsi qu’on l'a tant répété jusqu'à ce jour, qu'Henri IV voulut agrandir la maison de Savoie en Italie : il est notoire que, dans son fameux Plan de republique chrétienne, il mettait à la tête de la : confédération italienne le souverain pontife, et qu’il ne tolérait en Italic que la religion catholique *.
(1) CAPEFIGUE (Histoire de la Réforme ct de la Ligue, tome VI, p. 310) reproduit cette lettre, qu'il a trouvée à la Bibliothèque impériale. (2) V. la note H du Disc. IX, t. III, p. 483. On sait, du reste, que quand Henri III, revenant ou s’enfuyant de Pologne, passa par la Savoie, on lui demanda la cession, pour une somme d’argent, des villes de Pignerol et de Savigliano, et qu'il y consentit. Peu après le duc, voyant Henri III engagé dans la guerre civile, envahit le marquisat de Saluces, tout en protestant de son intention de le rendre : en attendant, il destitua les fonctionnaires francais et fit frapper une médaille avec un centaure qui foule aux pieds une couronne et le mot opportune, pour indiquer qu'il avait su saisir l'occasion. Après le meurtre de Henri III, il occupa d'autres lieux de la Provence : pour l'arrêter, Henri IV fit envahir la Savoie, et frapper une médaille avec un Hercule terrassant le centaure, et le mot opportunius. Ces faits sont rappelés dans la Première et seconde Savoisienne, pamphlets publiés à l’époque où Henri IV obligea le duc de Savoie à lui céder le marquisat de Saluces. Clément VIII seul parvint a calmer Henri, auquel tous les hommes politiques, et surtout le cardinal d’Ossat, conseillaient de garder la Savoie et le Piémont pour
tes piques Dans ses intrigues avec Lesdiguières, il se laissa
ass. amener par celui-ci à accorder aux Vaudois un édit de grâce en 1617. Par cet édit, « les très-fidèles et très-hum- « bles sujets et serviteurs de Son Altesse, qui font profes- « sion de la religion réformée selon l'Évangile de Jésus- « Christ dans les vallées de Luserne, Perosa, Saint-Martin, « Roecapiatta, Saint-Barthélemy, Taluco, Meana, Matti et « dans le marquisat de Saluces » eurent une longue paix. Ils s’en servirent pour repasser le Pellice, qui était leur limite prescrite, et pour se répandre dans les vallées de Suse et de Saluces, pour construire des temples, et célébrer des pàques solennelles avec une si grande affluence que l’évêque de Saluces accourut, la même semaine, afin de redonner quelque splendeur à son église abandonnée:. Ils profanèrent aussi des églises et des cimetières, et commirent des crimes que l’histoire ne doit relater qu'avec dé grandes précautions, convaincue qu’elle est des calomnies que les partis ont coutume de se lancer mutuellement.
Les Vaudois avaient continué à vivre dans le Marquisat, même après sa soumission à la France. Lorsque, au mois d'août 1572, survint à Paris le déplorable massacre des Huguenots, on envoya de cette ville l'ordre à Louis Birago, gouverneur de Saluces, de faire massacrer aussi dans sa province les dissidents. Il rassembla les magistrats et les principaux ecclésiastiques, et tous d’un commun accord prirent une délibération en vertu de laquelle on devait refuser obéissance. Voilà des gens qui comprenaient jusqu’où doit s’arrèter l’obéissance.
Mais, en 4624, on vit se renouveler les persécutions,
punir le perfide duc : Henri, plus généreux que prudent, restitua tout à Charles-Emmanuel. :
(1)Musron, Histoire des Vaudois des vallées du Piémont, 1834.
les confiscations et les incendies, en sorte que les persécutés se réfugièrent dans les vallées des Alpes et en Suisse, ce qui amena la dépopulation de ces forteresses, et l'abandon pendant plusieurs années de ces terrains qui restèrent incultes; aussi après 1633 ne trouve-t-on plus d’hérétiques dans la vallée du P6. Les émigrés y paraissent seulement de temps à autre pour recueillir les fruits provenant des fermes dont ils avaient été injustement dépossédés, mais quelques-uns furent arrêtés et
envoyés aux galères".
Le 24 janvier 1624, Charles-Emmanuel ordonnait la démolition de six nouveaux temples, et le renvoi d’un maitre; il envoyait aux Vaudois des édits qui ressemblaient à des lettres pastorales; il leur défendait de parler dans l’église d’autre chose que du culte; il élevait des forteresses contre leur humeur turbulente; il expédiait des capucins et des jésuites, qui tenaient des conférences publiques. Une d'elles eut lieu en 1598 à San-Germano entre le capucin Philippe Ribotti de Pancalieri et le ministre, David Rostagno, à la suite de laquelle divers capitaines embrassèrent le catholicisme; en 1602 l’archevèque de Turin donnait un sauf-conduit aux Barbes pour venir discuter avec lui à Perosa.
En 1596, l’archevèque Broglia visitait les vallées vaudoises, à la tête des missionnaires, capucins et jésuites, et fit de nombreuses conversions, en commençant par les menaces, puis en accueillant avec une grande charité les néophytes. A Festonea seulement, près De monte, les hérétiques continuèrent à se montrer insolent
(1) MuLÉTTI, Storia di Saluzzo, e de’ suoi marchesi; Saluces, 1833. ‘ Voir aux diverses années, et à l’appendice:
et obstinés, mais ils finirent aussi par être réduits à l'obéissance, excepté trois qui furent exilés. Il y retourna dans la suite en 1601 et pùt purger Luserne; les habitants de Bibiana voulurent que leur barbe Augustin, moine italien, réfugié chez eux et marié, pùt discuter sur la vérité de la messe ; mais, lorsqu'ils étaient, soit lui, soit d'autres, serrés par l'argumentation, ils tournaient la chose en ridicule. L’archevéque y entretenait toujours des missions, surtoutde capucins, et faisaltbeaucoup d’aumbnes. En 1620, le père Gérôme de Mondovi restaura l’église de Perrero, ainsi que le presbytère; le père Ambroise de Moncalieri réunissait le dimanche tes fidèles pour leur expliquer la doctrine;-etles années suivantes le père Étienne de Turin relevait les chapelles détruites, instruisait, secourait. Le père Jean-Thomas de Brà fondait à Perosa un gymnase; le père Gérbme de Pamparato, en 1648, y retourna plusieurs fois pour empêcher que le fisc ne s’emparât des biens destinés à ces missiohs, En 4693, l’archevèque Chiglietti, visitant la vallée de Pragelat, soumise à la France, n'y trouvait plus aucun vestige de pratiques catholiques.
Marc-Aurèle Rorenco, co-seigneur de la vallée de Luserne et grand prieur de Saint-Roch à Turin, fit de grands efforts pour convertir les Vaudois ; sa mère le secondait, et il fut considéré, au dire de Léger, comme l’instrument le plus actif, le plus subtil, le plus efficace contre eux. En 1632, il imprima un « Récit de l’introduction des hérésies dans les vallées du Piémont » ; et en 1649 « Mémoires historiques de l’introduction des hérésies, dédiés au duc de Savoie » ; il dit dans la préface : « Agis- « sez et parlez; il y a des personnes qui se rappellent que « vos frères agissaient et parlaient autrement ».
Quand, par le traité de Cherasco de 1633, le duc de
Savoie Victor-Amédée recouvrait ‘les domaines de ses aieux, on revint aux édits anciens, qui éloignaient les Vaudois de Pignerol, et punissaient de mort ceux qui dépassaient les confins qu'on leur avait assignés.
Mais survinrent de nouvelles guerres, et Charles-Emmanuel, dans le traité de paix, dut cédor encore aux Français Pignerol et la vallée de Perosa ; Louis XIV, le 4 août 4654, y prohibait l’exercice du culte vaudois, et remettait en vigueur les édits des ducs. Changeant alors
leur patience en fureur, les Vaudois se réunissent en grand .
nombre dans les vallées de la Doire et de Pragelat, sous le commandementde Jean Léger, consacré ministre de Prali, San-Germano et Rodoreto; en 1639, ils s'avancent dans la vallée du Pò en mettant tout à sac; leurs ministres et leurs femmes sont accusés d’incendies de monastères et d’églises, et d’assassinats comme celui du curé de Fenile, que le meurtrier Berru déclara avoir commis à l’instigation d’Antoine Léger et d’autres Barbes.
Quant au duc, après des édits nombreux et inutiles, des concessions nouvelles et des rigueurs pour restreindre les Barbets dans leurs confins propres, il envoie le marquis de Pianezza pour camper au milieu d’eux, pour occuper leurs châteaux et leurs habitations. Alors eurent lieu de terribles batailles : et dans l’une, à Bobbio, du 41 mars 4655, il périt cent soixante Vaudois et autant de'catholiques; à Villar il y eut cinq cents morts des deux côtés; deux mille en tout, dit-on. En avril la vallée entière de Luserne était dévastée par l'incendie et la mort. Conduits par Léger, Giavanello et Jayer, qui tuaient tous les catholiques qu'ils pouvaient prendre, les Vaudois se rassemblèrent sur les rives de l’Angrogna, vers les cimes les plus ardues; à la Vacherie et au Pré du Four, ils se forti-
tJean Léger.
fièrent si bien qu’ils paraissaient invincibles, pendant qu’ils invoquaient l’aide de leurs coreligionnaires de toute l’Europe. |
Confirmés dans leurs croyances par les persécutions, ils notèrent chaque jour ce qui leur arrivait; leurs fuites, leurs victoires, leur exil, ils ont tout raconté avec cette passion qui, en diminuant la vraisemblance, accroît l’intérét. Et si aujourd’hui ce récit a tant d’attrait pour nous qui en sommes éloignés, qui sommes d'une autre croyance, que devait-il en être alors, et entre des coreligionnaires ? Jean Léger, qui avait envenimé leur haine contre les Piémontais, et qui encore, au synode de Boissel, les avait déterminés à l'insurrection, a décrit (espérons-le ) en les exagérant les persécutions qu’ilsavaient souffertes, surtout dans l'Histoire des églises évangéliques dans les vallées du Piémont | Leyde, 1669). 11 y excitait l’indignation des Réformés de toute l’Europe en racontant que des vierges avaient été violées, des mères empalées, des enfants écrasés contre des rochers, des hommes attachés aux arbres la poitrine ouverte, après qu’on leur eut arraché le cœur et les poumons, et d’autres écorchés vifs; que le sang avait coulé par torrents ; que le pays avait été incendié par Pianezza, rendu plus cruel par les excitations de certains religieux; à cela s'ajoute l’attrait des dessins deces martyres. Ce Tacite dela secte transmit à ceux qui vinrent ensuite et le récit et l’indignation ; aussi parmi ses contemporains Charles-Emmanuel II passa pour un Néron, et fut à propos des pdques piémontaises un objet d'horreur. On fit pleuvoir de la Hollande et de la Suisse les remontrances ; Cromwell, protecteur en Angle- ‘ terre, faisait semer partout ses plaintes; Charles-Emmanuel répondait qu’il paraissait étrange de qualifier de barbares les châtiments paternels infligés à des sujets
dont nul souverain n’aurait pu tolérer la rébellion ; quant à lui, il était disposé à pardonner par déférence pour le sérénissime protecteur. De tous còtés on fit des quétes pour secourir les Vaudois; on recueillit deux millions de livres en l’Angleterre; six cent quarante mille florins en Hollande. Cromwell consacra douze mille livres sterling par année à venir en aide aux églises des Vaudois, auxquels il offrit un asile et du terrain en Irlande.
Alexandre VII désapprouva les cruautés des Piémontais, et il en reçut mille éloges des gazettes hollandaises de ce temps'. Enfin la France s’interpose; à Turin, le 34 juillet 1655, fut rétablie la paix avec pardon général, et avec les concessions primitives; les terres que les Vaudois possédaient hors des confins furent échangées contre d'autres situées entre le Pellice et le Chison.
Un ennemi è qui on laisse toutes ses forces intactes n'est pas vaincu ; aussi de nouveaux tumultes ne tardèrent pas à attirer de nouvelles guerres sur cette « terre inaudite, sans moines ni madones ». Les colères étaient allumées par le grand nombre de ceux qui, dédaignant le pardon, s'étaient fixés en Suisse, et qui, comme tous les bannis, agitaientleur patrie plus par vengeance que par désir d’y rentrer. Léger, qui avait été condamné à mort par contumace, ne cessait de blâmer tout acte du gouvernement, et de se plaindre aux princes protestants, en accumulant des calomnies et enréunissant des souscriptions, des armes et des deniers ; il ne cessa de se remuer jusqu’à sa mort, à Leyde, où il était devenu parleur. C’est ainsi qu'on provoquait des cruautés dans les deux partis (E); à Turin on faisait des procès et des condamnations, dans les vallées des in-
(1) V. BAYLE, au mot Chigi, et ci-dessus, pag. 402.
Louis XIV.
Victor- Amédée II,
surrections, et en 1663 surtout il y eut beaucoup de morts; l'année suivante, par l'intermédiaire des puissances catholiques, on fait de nouveau la paix, et Charles-Emmanuel pardonne « malgré les qualités et les circonstances des offenses, des dommages supportés par les sujets fidèles, par nous et par la justice, malgré leur chute dans des crimes toujours plus grands ».
Peu après (1685), Louis XIV révoquait l’édit de Nantes, par lequel Henri IV avait accordé en France la liberté du culte aux Calvinistes. A ce roi pape, à ce roi Dieu, qui n’avait plus de sujets, mais des adorateurs, à ce roi que Bossuet félicilait à cette occasion avec les paroles que les évèques adressaient en commun à l’empereur Constantin, à celui qui avait réussi (ainsi ques’en vantaient ses adulateurs) à faire changer de religion à un million de sujets, et à réduire tout son royaume à une même croyance, on donna à entendre que lesreligionnaires fugitifs de France trouvaient un refuge dans les vallées subalpines pour se soustraire aux prisons et aux dragonnades. Parson ambassadeur, le marquis d’Arcy, Louis XIV déclara donc, le 12 octobre 1685, qu’il voulait convertir les vallées soumises à son autorité, et qu’en conséquence le duc de Savoie eût à éteindre ce foyer d’hérésie et de rébellion sur ses frontières ; il envoya des troupes pour le déterminer et pour l’fider à les chasser. Victor-Amédée Il, alors jeune, bien qu’il ne se dissimulat pas les difficultés de l'exécution, après des habitudes si invétérées, après les vaines tentatives de sesprédécesseurs, qui avaient agi dans leur plein droit, ne crut pas pouvoir répondre par un refus et il enjoignit à tous les protestants du marquisat de Saluces de se faire catholiques dans le délai de deux mois sous peine de mort et de confiscation des biens. Aussi ne resta-t-il pas un
seul protestant dans les communes de Paesana, Brondello, Crissolo ; il interdit le culte privé dans les vallées privilégiées ; il ordonna qu’on démolît les temples, qu’on expulsàt les Barbes, qu’on élevât les enfants dans le catholicisme ;: en cas de désobéissance, les pères seraient condamnés à cinq ans de galère, et les mères au fouet; les hérétiques étrangers devaient s’en aller et vendre leurs biens, qui autrement seraient achetés par le fisc.
Pour mettre-à exécution ce décret intolérant, il fallut une armée, et ce fut Victor-Amédée en personne qui la commanda, peut-être pour épargner le sang : Louvois, ministre de. la gnerre du grand roi, unit aux Savoyards quatre mille soldats; grosse armée contré des montagnards désarmés; elle était commandée par le Français Catinat et par le Savoyard Gabriel. Les hommes qu’on prenait étaient envoyés garrottés à Turin; on ne laissait que les femmes, les enfants, les vieillards, exposés à la brutalité des soldats, qui les maltraitaient pour les faire abjurer. | |
Les Suisses obtinrent de Victor-Amédée que les Vaudois pussent émigrer : « Vous pouvez encore (disaient-ils à ceux-ci) quitter ce pays si cher et si funeste; vous pouvez emmener avec vous Vos familles, conserver votre religion, éviter une nouvelle effusion de sang; au nom du ciel, ne vous obstinez pas à une résistance inutile. » Pourtant, dans l’assemblée de Roccapiatta, en avril 1686, ils rèsolurent de résister jusqu’à Ja mort; ils tuèrent et salèrent le bétail, et: se réfugièrent dans les Alpes les moins accessibles, pendant que les hommes vigoureux se préparaient à repousser résolùment les troupes.
Ceux qui, considérant. la puissance du grand roi et la valeur du maréchal Catinat, auraient de la peine à se per-
Nouveaux massacres.
Les Vaudois obtiennent la tolérance,
suader qu'une poignée de Vaudois leur ait résisté avec succès, montreraient qu'ils ignorent ce que peut une nation qui défend sa patrie et sa foi, et qu'ils ne connaissent point quelles positions impreuables sont celles de Balsilla, de Serra, de Crudele et autres; où deux peuvent lutter contre mille, et les pierres détachées des rocs écraser la cavalerie et les canons. Mais la discipline de l’ennemi, et plus encore la faim, empiraient la situation des Barbets : lorsqu’ils étaient pris, ils étaient exécutés comme coupables de lèse-majesté, ou bien envoyés, soit en prison, soit aux galères. Réduits àun petit nombre, ils se réfugièrent sur le sol de l'Helvétie : mais de là ils tournaient leurs regards vers ‘la patrie absente; quelques-uns voulurent y rentrer par la force, et une colonne de neuf cents hommes, encouragée et conduite par le vieux Gianavello, s'embarqua sur le lac de Genève, traversa la Maurienne et le mont Cenis, descendit par la vallée de la Dora dans celle de Pragelat, et du haut de la Balsilla repoussa douze mille Francais et dix mille Piémontais : Catinat toutefois en prit un grand nombre et les pendit. i | Au milieu de ces événements, le duc de Savoie trouva qu’il lui était avantageux de se brouiller avec la France et de s’unir à l'Autriche. En conséquence, pour amadouer l'Angleterre, amie de cette dernière, il rétablit les Vaudois dans leurs droits primitifs, relâcha ceux qui languissaient dans les prisons de Turin, et poussa la complaisance jusqu’à laisser revenir à la religion de leurs pères ceux qui, par peur ou pour des motifs humains, l’avaient abandonnée. L’Inquisition romaine cassa ces disposilions comme extessives, impies, détestables : le duc défendit la publication de ce décret, et demanda l'abolition
du Saint-Office dans ses États; quant au pape Innocent XI, il reconnut qu'on était allé trop loin.
Les Vaudois récompensèrent le duc de sa tolérance en l’aidant de toutes leurs forces dams la guerre contre la France, où ils servirent d'avant-garde au prince Eugène de Savoie : réunis en régiments avec la devise La patience fatiguée devient de ld'fureur, ils causèrent de grands dommages tant au Dauphiné qu'aux troupes de Louis XIV. Peu de temps après, Victor-Amédée trouvait de nouveau qu'il était de son mtérêt de faire la paix avec le grand roi, et de recouvrer Pignerol ainsi que la vallée de Perosa, que détenait la France depuis soixante-trois ans. Par une des clauses de cette paix, le roi s'obligea à en chasser les Vaudois : ils quittèrent le Piémont, et se dispersèrent en Suisse, en Prusse, dans la Hesse, dansle comté d’Isemberg, dans le Baden-Durlach. Hebrard-Louis, duc de Wurtem- ‘berg, par une patente de 1699, leur octroya des terres entre Maulbronn et Knittlingen, où ils bâtirent des villages auxquels, pour rappeler leur origine alpestre, ils donnèrent les noms de Villar, Pinasca, Luserna, Mentoulles.
Le reste a toujours habité depuis avec plus ou moins de tranquillité ces anciensasiles de sa liberté et de ses croyances, obéissant silencieusement, aimant même le prince oppresseur. Il ne manqua jamais d'hommes zélés qui s'appliquèrent à les convertir : en 1686, le bienheureux Valfrè de
Verduno, au diocèse d'Alba, s'employa énergiquement pour
établir des curés catholiques parmi eux. Ce pieux oratorien était vivement affligé du conflit entre Victor-Amédée II et le pape : lorsque le roi alla le visiter à son lit de mort, il lui recommanda d'épargner à ses sujets les maux de la guerre, et de rester toujours uni au vicaire de Jésus-Christ, s’il voulait que Dieu le bénît, lui, sa famille et l’État. En
1637, la duchesse Marie-Jeanne-Baptiste, régente, fonda à Turin un refuge pour les catéchumènes, qu'elle confia à la direction des chevaliers des saints Maurice et Lazare, et où l'on devait avoir le vivre et le vêélement comme on faisait à l’Hospice de Vertu : les jeunes gens y étaient instruits dans la foi et formés à un métier quelconque; les vieillards y trouvaient le repos, et les-filles à marier une dot. Cet état de choses dura jusqu’en 1740, mais les guerres et les dissensions avaient ruiné et chargé de dettes l’institution : une réforme était nécessaire. En 1754, Charles- Emmanuel Il érigea à Pignerol un magnifique hospice pour les catéchumènes : mais, en 4800, il futlivréaux Protestants par la Commission exéautive qui gouverna le Piémont à la suite de l'occupation jacobine. Les protestants flattèrent les nouveaux venus : l'empereur Napoléon reconnut l’organisation en églises consistoriales qu’ils s'étaient donnée à Torre, à Prarostino et à Villa Secca; il mit leurs temples au rang des édifices publics et à la charge de l’État : mille franes en terres et deux cents francs de supplément furent assignés aux ministres à titre de traitement. Plus tard l’hospice de Pignerol a été rouvert par le zèle de monseigneur Charvaz * : ce savant archevêque de Gênes est le premier catholique qui, après Bossuet, ait écrit sur les Vaudois.
En 1814 le Piémont fut rendu à ses anciens maîtres. Restaurer le passé fut un moment à la mode; sous l’empire de cette mode, on rappela les anciens décrets, notamment ceux concernant les Vaudoïs, qui furent quelque peu inquiétés : mais les gouvernements de Prusse et d'Angleterre s'interposèrent en leur faveur, et obtinrent
(1) V. BERNARDI, Hospice des Catéchuménes è Pignerol. Pignerol, 1864.
pour eux la faculté d’exercer un grand nombre de professions civiles et de conserver les biens qu'ils avaient acquis en dehors des limites assignées : il fut de plus pourvu à l'entretien de leurs pasteurs. Le bruit qui se fit autour d'eux poussa-un certain nombi. de voyageurs, anglais pour la plupart, à les visiter, à les secourir, à écrire leur histoire et leur défense (F) : en 1525, grâce à l'intervention de Gilly, un comité fut fondé à LunAres pour protéger leurs intérêts. Ils comptaient alors quinze églises, chacune avec un ministre qui devait être sujet sarde, rétribué par les habitants auxquels on accordait, pour ce motif, une réduction de l'impôt. Ces églises sont présidées par un synode, qui se réunit tous les cinq ans et est composé de tous les pasteurs et de députés laiques. La Table, magistrature formée de trois ecclésiastiques et de deux laïques, gouverne dans les intervalles qui s’écoulent d’un synode à l’autre : réélue à chaque réunion du synode, elle apaise les controverses, répartit les aumônes. Chaque église a son consistoire propre, composé du pasteur, des anciens, de l'économe et du procureur chargé de l’administration temporelle et spirituelle, de veiller aux bonnes mœurs, des pauvres, des écoles dans lesquélles, comme pour le culte, on a adopté la langue italienne. A des époques déterminées, le ministre va visiter les populations isolées dans les Alpes, pour leur apporter les consolations de la religion. Alors, de toutes les prairies, de toutes les hauteurs, les bergers accourent sur leurs pas : l’écho des vallées répète les louanges du Seigneur, les psaumes de la foi et de la consolation. Le ministre dispense les conseils, les consolations, les réprimandes, arrange les différends, raccommode les ménages,
extirpe les scandales ; puis à tous il rompt, du haut de la IV — 33
chaire, le pain dela parole, et leur recommande de veiller, de prier, de rester fermes dans la foi.
En 1603, ils avaient publié leur profession de foi, conforme à celle des Églises réformées : ils la répétèrent dans le manifeste de 1653; et depuis, elle a conservéforce légale. Les méthodistes de Génève s’introduisirent parmi eux après l’année 1824, et, quoique combattus, ils firent des prosélytes : ils observent rigoureusement le repos du dimanche, s’abstiennent de réjouissances et de danses, tiennent des assemblées du soir, et n’obéissent qu'à l'inspiration du Saint-Esprit. |
A Torre, chef-lieu du mandement, on inaugura en 1844 l'Église et un collège destiné aux neuf cents catholiques de la localité. Deux mille trois cents Vaudois ont ouvert solennellement en 1852 un temple en style ogival avec cette inscription : La vrate vie consiste à croire en Dieu et en Jésus-Christ, son fils. Près du. temple se trouve la maison du pasteur et des ministres chargés du culte et de l'instruction : c’est là que se tiennent les assemblées, et que se conservent les actes de leur école, composée de ministres et de laïques, et à laquelle appartient l'administration suprême des intérêts des religionnaires. En 1895, la propagande anglaise accordait une subvention de vingt mille livres sterling pour fonder un collége, avec dix bourses de cent francs l’une, outre qu’elle pourvoyait en Angleterre à l'éducation de trois jeunes élèves destinés à revenir se livrer à l’enseignement chez eux : des subsides furent également accordés pour les écoles de filles. Infatigable à quêter des secours, Gilly obtint d’une seule personne restée anonyme cinq mille livres sterling : c’est à l’aide de collectes semblables qu’un hôpital fut élevé en 1827. Une bibliothèque, composée d’ou-
vrages partout ailleurs très-rares, fut fournie principalement par le colonel Beckwith, qui dépensa plus de deux cent mille francs pour la diffusion de l'instruction parmi les Vaudois. Lorsqu’en 1842 les maîtres d'école des vallées se réunirent pour une fête, au sommet d’une montagne!, au retour chacun d'eux portait une branche de rose des Alpes : arrivés à Torre, tous en détachèrent une fleur, et l’offrirent à Beckwith.
Les Vaudois pouvaient posséder, être notaires, architectes, chirurgiens, procureurs, pharmaciens, administrateurs de la commune, maïs seulement chez eux. Ces restrictions cessèrent le 17 février 1848, lorsque, la constitution ayant été octroyée au royaume de Sardaigne, les Vaudois furent assimilés aux autres citoyens. En juillet 1849, les Protestants de Turin demandèrent à se réunir avec l’église Vaudoise,' ce qui fit donner à cette congrégation, le nom de paroisse Vaudoise; en 1853, un temple nouveau fut ouvert dans cette ville : favorisés par les circonstances et les raisons politiques, les Vaudois érigent ailleurs des églises, impriment des ‘journaux :, font des prosélytes, inspirent tour à tour des craintes et des espérances. Depuis 1856, quelques-uns ont commencé à émigrer en Amérique ; ils ont fondé dans la République orientale de l’Uruguay une colonie, dite du Rosaire, que le travail et beaucoup de moralité ont jusqu'ici fait prospérer.
(1) L'Écho des Vallées ; la Bonne nouvelle; les Suirèes Vaudoises, etc, Nous en reparlerons au Discours V du tome V;
(A) Ce point est également soutenu par le protestant |. J. Herzog (De origine et pristino statu Waldensium secundum antiquissima eorum scripta cum libris catholicorum ejusdem avi, collata. Halle, 1849), qui a analysé tous les manuscrits vaudois des bibliothèques de Genève, Lyon, Paris, Cambridge, Dublin. Le même a publié à Halle, en 1853, Die Romanischen Waldenser, ihre vorrefermatorichen Zustænde und Lekren, ihre Reformation im sechszehenten Jahrhundert, und die Ruckwirkungen derselben, nach thren eignen Schriften dargestellt. Bien que protestant, il veut prouver que les croyances des Vaudois se sont considérablement modifiées, en s'écartant graduellement de celles de l'Église catholique, et qu'ils. ont adopté les opinions des Hussites.
De son côté A. W. Dieckhoff (Die Waldenser in Mittelalter, zwei historische Untersuchungen. Gettinge 1851), tend à prouver que les divers écrits que l'on rapporte ordinairement auxcommencements des Vaudois sont une simple imitation des Hussites. Ces écrits seraient : L’Anticristo, Aiço es la causa del nostro despartiment de la Glesia (romana, avec la date de 1120, etla Nobla Leizon de 1100. De toute manière ils seraient bien postérieurs à l’époque apostolique à laquelle quelques-uns feraient remonter ces croyances; mais la bonne critique ne reconnait pas une aussi grande antiquité au premier de ces ouvrages, dans lequel est cité le nom d’Augustin Trionfo qui est mort en 1328, et n’est probablemen qu'une traduction d’un travail des frères Bohèmes portant le même titre. Quant à la Nobla Leizon, on ne peut la placer qu’à la fin du 12° siècle.
Voir CHarvaz, Recherches historiques sur l’origine des Vaudois, et caractères de leurs doctrines primitives. Paris, 1836. Il est étrange que frà Paolo Sarpi, après avoir dit au commencement de son histoire du concile de Trente, que le monde «entier obéissait à Rome, ajoute : « Seulement dans un petit pays situé au milieu
des montagnes qui joignent les Alpes aux Pyrenées, se trouvaient les restes des anciens Vaudois ou Albigeois. Mais il régnait parmi eux une telle simplicité et une telle ignorance des belles-lettres, qu'ils n'étaient pas capables de communiquer leur doctrine à d’autres personnes. Outre cela, ils étaient en une telleréputation d’impiété et d’immoralité auprès de leurs voisins, qu'il n’y avait pas de danger que la contagion püt s'étendre à d’autres. »
(B) Le 13 juin 1560, saint Charles écrivait à Monseigneur de Collegno, ministre du duc de Savoie, que le Pape avait « remis 20,000 écus ès mains de Messire Thomas de Marini à Milan, qui doivent servir à la défense des Cantons catholiques contre les autres Cantons hérétiques qui voudraient offenser lesdits catholiques : et de ces 20,000 écus Son Altesse le duc en tirera tel profit, que, les Cantons luthériens étant empêchés de faire la guerre aux catholiques, ils ne pourront venir au secours de Genève, quand Son Altesse ira l’attaquer. Outre cela, Sa Sainteté offre au seigneur duc de l’aider de 20,000 autres écus payables comptant dans les trois mois, quand il ira sus à Genève. Et de plus il enverra sa chancellerie, payée à ses frais, laquelle aura à servir S. A. pendant que durera l’entreprise contre Genève. S. S. pour la conduite de cette guerre, si elle devait durer plus que nous n’espérons, se contentera d'accorder quelques dimes et encore la croisade , si besoin est. — S. S. rappelle à S. A. qu'il n’est pas à propos de désigner cetteguerre, en disant qu'elle est faite contre les Luthériens, mais seulement contre ses sujets rebelles, et pour recouvrer Genève qui lui appartient. Pourtant en cela il s’en remet au bon jugement de S. A. » Archives du Royaume.
On a imprimé l'instruction que la cour de Rome donnait au père Corona le 28 juillet 1621, lorsqu'il fut envoyé à la cour de Turin et à celle de France, dans le but spécial de pousser à une entreprise contre Genève, ville qui, n'ayant ni territoire ni dignité propres, ni mérite guerrier ou scientifique, n’a pas de raison d’être indépendante, tandis qu'elle est une sentine de maux pour l'Italie : elle devrait appartenir au duc de Savoie, salvo jure episcopatus. Le duc avait l'intention de l’occuper, mais il en fut empéché par la guerre, qui épuisa ses ressources. Maintenant le moment serait propice, mais il faudrait élire le pape comme chef de l’entreprise, pour qu’on n’accusàt pas d’ambition le duc de Savoie. C'est vers ce parti qu'il faut d’abord se tourner, puis s’il venait à échouer, ce serait vers le roi de France; certes une fois gagné à la cause, le duc n’hésiterait pas. Il faut faire voir au roi combien le pape désire le rachat de Sedan, de la Rochelle,
d'Orange, etc., et surtout celui de Genève : on ne peut pas direque ce roi poursuit de bonne foi les Huguenots, puisqu'il protége Genève, qui est la Rome des Évangéliques. Le moment est choisi à propos, tandis que Suisses et les Grisons sont occupés en Valteline. On n’a rien à craindre de l'Angleterre et des Rernois : Fribourg verrait volontiers Genève sa voisine rendue aux Catholiques; cela ferait encore mieux l'affaire de l’archiduc Albert pour l’Alsace et le Tyrol : l’empereur aurait la satisfaction de voir augmenter le nombre des vicaires de l’empire; quant aux princes italiens, ils n’y ont aucun intérêt, et le roi d'Espagne se souviendra de tout ce qu’a fait Philippe II pour aider le duc de Savoie à ce résultat. Les Bernois eux-mêmes verraient plus volontiers Genève aux mains de ce dernier que dans celles du roi de France, qu'ils pourraient craindre, s’il s’en servait pour mettre la discorde entre la Suisse et la Savoie. |
(C) Le cardinal d’Este écrit de Paris au cardinal Borromée à Rome (avril 1562) : « Le Seigneur duc de Savoie a envoyé faire ici à Sa Majesté l’offre très-honorable et très-gracieuse de dix mille fantassins italiens, de six cents cavaliers, et de sa personne ellemême s'il en est besoin, déclarant qu'il voulait payer pendant six mois le tiers des dépenses. Cette offre a été fort agréable, et on lui en a ici une grande obligation.» Manuscrit de la bibliothéque de Parme.
De Bèze (dans le Réveille-matin des Français. Introduction, page 12), oppose à CharlesIX la tolérance d Emmanuel Philibert. Vous pourriez imiter l'exemple de monseigneur de Savoie, tout aussi catholique que vous, et qui entretient les pasteurs et ministres de notre religion aux dépens des trop gras revenus des trois baillages de Thonon, Gex et Ternier, où il ne souffre nullement d’être dit une seule méchante petite messe basse : étant au reste si bien obéi d'eux, qu'il n'a nuls de ses sujets desquels il ne puisse mieux assurer que de ceuxci et de ceux du val d’Angrogne, auxquels il donne presque une ancienne liberté.
Aussi, en 1568, ’avocat général de la Savoie signifia aux pasteurs protestants la défense de combattre ou de blàmer dans leurs sermons la religion romaine, attestant que l’hérésie serait bientôt extirpée (CLAPARED et NoEFr, Histoire du pays de Gex.). L'ordre des saints Maurice et Lazare fut institué et réorganisé pour protéger la religion catholique, et Grégoire XIII én 1575 l’enrichissait des biens ecélésiastiques appartenant aux baillages occupés par les protestants, et il ajoutait que «lorsque les habitants de ces pays seraient parvenus à a lumière du vrai, leurs
évèques établiraient un nombre suffisant de paroisses, en prenant au besoin sur les biens cédés aux chevaliers des saints Maurice et Lazare une rente de cinquante écus par cure ».
(D) Hamon, Vie de saint François de Sales, 1854.
Le roi Charles Albert a fait ériger dans Saint-Pierre de Rome, à saint François de Sales, une statue, œuvre d'Adam Tadolini, qui a coûté 30,000 francs. Le mème monarque fit des instances auprès de Grégoire XVI, pour qu’il reconnût le culte rendu de temps immémorial au B. Humbert, au B. Boniface ,archevèque de Cantorbéry, à la B. Louise, tous les trois de la maison des comtes de Savoie; il ajouta à ces derniers la vénérable Clotilde, femme du roi Charles Emmanuel IV, le B. Amedée IX, la B. Marguerite, tertiaire de Saint-Dominique. Il fut fait un rapport à la congrégation des Rites : quand on le lut à Grégoire XVI, il s'écria : « Mais c'est une maison de saints. »
En 1631, on publia à Chambéry une Apologie de la sérénissime maison de Savoie contre les invectives scandaleuses intitulées Première et seconde savoisienne. Cette apologie entreprend de nier que les dues de Savoie aient usurpé des terres sur les rois de France etsurl’empire, qu'ilsaient commis de gravesoffensesenvers l'Église et affirme que « le Saint-Siége et l'Église n’ont jamais eu de fils plus soumis que les princes souverains de Savoie, honorés, en reconnaissance de leur zèle, des plus grands éloges par les souverains pontifes ». |
La Revue des Deux Mondes de novembre 1866 se plaint en ces termes de la piété constante qui a distingué la maison de Savoie : «Il n'est pas de race royale plus constamment soumise. Sa dévotion, portée jusqu'aux minuties du cloitre, lui donne une physionomie à part, où les traits de l’ascète et du moine se mêlent souvent à ceux du politique et du guerrier. Ils se font volontiers moines, évêques, cardinaux et papes. Rome les canonise ; elle ne sait rien refuser à ces saints; et tandis qu'elle ne laisse aucun pouvoir étranger prendre pied sur le sol italien, elle se montre conciliante envers celui-ci; elle en vient avec lui aux concordats et aux aceommodements.
(E) Monseigneur Bernardi nous a fourni quelques notes se référant à cette époque; nous les transcrivons :
« Je soussigné Laurent Bernardi, podestat de Bubbiana, certifie etatteste avoir, lesjour et fète de Saint-Laurent dernier, qui fut le 10 août de l’année écoulée, procédé à la visite et reconnaissance des cadavres tués par les religionnaires rebelles, venus le matin dudit jour dans le présentlieu, etenavoir retrouvélenombre suivant, tous
decetendroit-u Etd’abord noble Mathieu Barbero, homme de condition, chargé de h it enfants, 55 ans; Maria Bonanda, environ 86 ans, pauvre femme er nisérable mendiante; Adrien et Anne, enfants de défunt Marcellin Sebraro, cultivateur de la campagne, ayant, Adrien 14, et Anne 13 ‘ans ; Catherine et Marie, filles de Jean Dominique Porta, âgées, Catherine de 16, et Marie de 20 ans, pauvres, mais de bonne condition; Antoine Buffo, en service chez Jéròme Cocho, 15 ans, pauvre; Caterino et Giovannina, âgés tous deux d'environ 20 ans, cultivateurs à la campagne; Gabriel Alloa, environ 40 ans, chargé de deux petits enfants, cultivateur; André Chiaberto, 25 ans, cultivateur; Jeanne Bertotta, 60 ans, mendiante; Jacques Antoine, fils de Barthélemy Baron, 14 ans, cultivateur; Madeleine, fille de Bernard Richa et femme de Jean Pierre Sebraro, grosse, sur.le point d’accoucher, 20 ans, de la campagne; Jean Francois Smoriglio, clerc, de la Motta, environ 45 ans, recommandable par ses qualités; Madeleine et Laurent, mère et fils de Veroni, âgés, Madeleine de 60, et Laurent d’environ 15 ans, personnes pauvres et vivant de leur travail : en tout dix-sept corps, comme il ressort de l’acte de visite et des informations de la reconnaissance que je m'offre à certifier, à toute réquisition. En foi de quoi j'ai fait la présente déclaration et l'ai signée de ma main.
« Bubbiana, le 8 janvier de l'an 1664.
« BERNARDI, podestat. »
«Je soussigné Laurent Bernardi, notaire et podestat de Bubbiana, certifie que dans l’incursion qu'ont faite en ce présent lieu les rebelles religionnaires , les jour et fête de Saint-Laurent, le 10 août, ils sont entrés dans les églises et maisons suivantes des particuliers, et les ontsaccagées, commeil est expliqué ci-dessous :
« Étant d’abord entrés dans l’église etle couvent des R. R. P. P. missionnaires de ce lieu, ils ont brisé la porte, enlevé la pyxide et le calice, mis en pièces l’image de la Madone, et tous les ornements, chasubles, nappes et autres, comme cela résulte pleinement des informations prises par nous. De plus, dans l’église des Disciplinants du présent lieu, ils ont brisé les siéges, emporté leurs vêtements, Yes ornements sacerdotaux, l'autel, le calice et diverses autres choses, comme il apparaît par nos informations; de plus, ils ont saccagé la maison du sieur Pierre Moreno, comme on le voit d’après les renseignements transmis à l’excellentissime seigneur marquis de Pianezza. — De plus, la maison du capitaine Thomas Barbero, la maison d'André Bonino, la maison de ma-
dame veuve Simonda Moresca, la maison de M. André Buffa, la maison de Barthélemy Castella, la maison de François Bonino, la maison de Jacques Antoine Orcello, la maison de M. le lieutenant Jean Gerando, la maison de Mathieu Borgo, la maison de M. Francois Falco, la maison de Marcellin Paul et la maison de M. Mathieu Barbero, brisant les portes, emmenant les chevaux, les bestiaux, ouvrant les greniers, et emportant quantité de linge, d'argent et d'effets, comme il résulte pareillement des susdites informations; et après que je les eus fait chasser de ma porte qu'ils méttaient à bas à coups de massue, ils ont brisé la porte d'une maisonnette, à moi appartenant, peu distante d'ici, m'ont pris une jument de prix valant six doublons, comme il conste de l'information reçue par le sieur Pierre Morello, notaire et co-podestat du présent lieu. En foi de quoi j'ai signé de ma main. | « Fait à Bubbiana, le 13 janvier 1664.
« BERNARDI, podestat. »
(F) Outre ceux déjà cités, mentionnons :
RoreEnco, Memorie historiche della introdutione delle heresie.
Authentic detail of the Valdenses in Piemont and other countries, with abridged translations of l’aIsTOIRE DES Vaupois PAR BRESSE, et la RENTRÉE GLORIEUSE D'HENRI ARMAND : with the ancient Valdesian catechism ; towich is subjoined original letters, written during a residence among the Vaudois of Piemont and Wurtemberg in 1825. Londres.
GiLy, Narrative of an excursion to the montains of Piemont in the year 1825, and researches among the Vaudois or Waldenses protestants, inhabitants of the Cottien Alpes. With maps. Londres,
Jones, The history of the christian Church, including the very interesting account of the Waldenses and Albigenses, 2 vol.
LowrHnec”s, Brief observations on the present state of, the Waldenses. 1825.
AcLann, A brief sketch of the history and present situation of the Vaudois. 1826.
ALLIX, Some remarks upon the ecclesiastical history of the ancient Churches of Piedmont.
Pevrun, Notice sur l’état actuel des Églises vaudoises. Paris, 1822. Il y soutient que les Vaudois remontent à la fondation du christianisme.
A. Musron, Histoire des Vaudois des vallées du Piémont, 1834.
L’Israel des Alpes, ou les Martyrs vaudois, les fait venir de Léon, qui au IVe siècle se sépara du pape Sylvestre, quand celui-ci accepta la donation de Constantin. |
DISCOURS I. — CONFLITS DE JURIDICTION. — POLITIQUE CATHO- LIQUE. — BELLARMIN. — HÉRÉSIE SOCIALE. . .. 00000000000 4 L'État prévaut sur l’Eglise.......0..00 000 sosocsooss Comment les papes défendent leur autorité... ......,.. 4 Les Décrétales et la bulle én Cona Domini......,...,. 6 Prétentions du pouvoir séculier.. 100.00. 0000010000 9 L'exéquatur. ... es. 0000000000000 cr 000000 c00c0r000 = 10 Conflits de juridiction à Gênes, à Milan, à Naples et en Sicile... 0.000 .00000c0acerosorororecccosiocescoo 44 Albéric Gentile. — Ammirato. — Paruta. — Botero... 18 Bellarmin et Santarelli......-00 000000000000 0cv00s0 20 Les Concordats. ... 0000000000100 00000 00000000800 27 Notes et éclaircissements, 0 0000000000000 0000 000r000 30
DISCOURS II. — Les HÉRÉTIQUES EN VÉNÉTIE. — ACADÉMIE DE Vicence. — FRANÇOIS NEGRI. — JÉRÔME ZANCHI ET AUTRES.. 35 Premiers germes de la Réforme à Venise... 0... 000.0. 36 Le nonce Della Casa... 0..e0cc0r0c0covoscercorereo 41
L'Anglais Archiew.....c000.% 00000090... 44 Décret contre les hérétiques........,.,...,.....,... . ‘ 45 Supplices à Venise..,......s..es esse se. . 50
- Les papes stimulent le zèle des Inquisiteurs à Venise.. 53 Jacques Brocardo......... 00000000000 0000000000 D9 Procédure de l’Inquisition en matière d'hérésie....... 60 Procès de sorcellerie... .,.....se.ssosessvosssssere = 62 Censure établie sur les livres, 0.00. 0000000000 0000.0604 Padoue et les Averroïstes. e... 00000... 00000c0000 000 65 Cremonini. .... 00.000 0000000000000 soccoosvoeuess 67
Hérétiques véronais et brescians......,............ 73 Celse Martinengo... 00000000 vo 000 rr0core cer 00000 — 76 Soranzo. ee è e 00000000 00 2 00 0000 06 0090 0 00900 78
Jérôme Zanchi. 0.00. .00000 000000 0000000000 000000 79
Francois Negri...00. 0.00.00 0000 cerroresecao La tragédie du Libre-Arbitre. donneront sense . Académie de Vicence..................,....... ceo Les exilés vicentins.,......,,...... essor Hérétiques de Bassano..............,...,,...,....4e « à ROVIgo........0 00000000 orescagescoso « dans le Frioul............... connues ce « à Bellune............. ARRETE sos « de l'Istrie............,.. NP EETES uses Flacius Nlyricus............ docsrerecseeeri ss sos. Notes et éclaircissements., .............,... so. ….
DISCOURS II. — VENISE EN INTERDIT. — FRA PaoLo SARPI. —
DE DOMINIS, .......:,...,. ss 00000000 00000008 Venise jalouse de la cour de Rome ss. vosseosouse Paul V..... soso srvssrccoeeio soso.
Rupture avec Rome............,.....,.,. soso La querelle s'envenime..............,.......... ve. Frà Paolo Sarpi. — Ses doctrines.......... cartesoso Frà Fulgenzio Micanzio............ srrsorercrnicno , Tentatives de Réforme. — Diodati..... sonstouoose . Sarpi apostasia-t-il?.......... cetroreroserio ces e. Espérances de Réforme.............. sonores. ce Venise se réconcilie avec Rome... ....,.......,0..... Caractère de Frà Paolo, son esprit anti-ecclésiastique. Son Histoire du Concile de Trente..:.,.,.,........ 0. De Dominis : son livre de Republica Christiana.. .
Il édite en Angleterre l'œuvre de Frà Paolo........... Hostilité de Sarpi contre Rome..... ..........,..,. Son assassinat......... surorerorvecenioo cs. seco Pallavicino Sforza.............,,,... osseuses Notes et éclaircissements............,..,.,...,,... .
DISCOURS IV. — Les GRISONS. — LA VALTELINE. — Le SAINT- MASSACRE. .... e 00 008° 00 0 0 0 * 0a? 0 © € 0 280006000000 è è
Les Grisons...... cererierericeceoree soon La Valteline, refuge des protestants... ..,..,,,,,...., La Réforme dans la Valteline et le val Pregalia..
L’hérésie obtient la tolérance......... eerrrecaroce.o Mainardi...........,. cesroscoo ovorerrorrsenee sese
Camille Renato... soso serene etcorececenee
Antitrinitaires dans la Valteline............,...,,... 208 Confession Rhétique...........,.. .etsssosoeseseses. 240 Mort de Mainardi.....,...,.,........,............. 215 Zanchi.....,....,..,,.. uses croseroriesereso 215 Lentulo.....,:,.,..........sescescesssseoss 216 Tobie gnome N 217 Querelles entre les hérésiarques. ....,...,...,....,.. 218 Persécutions. . .... soso sseosoneosesoseonse ve 221 Réaction des catholiques. ....,., 00... 225 Réclamations de saint Charles. ............,........ 227
Luttes des catholiques et des réformés......... sos 232 Broccardo Borrone............,....... serrecesece0 2933 Les Grisons et le Milanais.......,........ cossvessse 239 Persécution des catholiques en Valteline............. 240 Les archiprétres Salis et Rusca............,..... ooo 244 Calandrino..... cresce, errecoeresonecreoricerrosre0 249 Le tribunal de Thusis......... crvntartorineee vs. 254 Mort de Rusca............ presses soso iii. 253 Destruction de Piuro...,.,..,....................e . 255 Conjuration attribuée a aux catholiques. sonores soso 256 Robustelli et le Saint-Massacre......,.....,.......... 257 ‘ Allégresse et éloges provoquées par le Saint-Massacre. 263 * Guerre et invasion des Grisons........,.....,,.,..., . 265 Bataille de Tirano....... ESPN SEE EEE ETTE vecrori00 267 Intervention européenne. .... recuraticcorecers0.o . 271 Traité de Monçon.........,..... soso. os. 274 Les catholiques l’emportent...... cetorerenio soso 275
Arrivée des lansquenets. ..,......,....,.,..:,,,..:. 278 La peste. — Charité et superstitions. ................ 278 Le duc de Rohan...........e..sssssecrssoeocroe 281 La paix rétablie dans Ja Valteline..........,..,,..., 283 Notes et éclaircissements......00.0 000000000 0000000 287
DISCOURS V. — Vue D'ENSEMBLE SUR LA RÉFORME. .....,.,+ 304 Conditions politiques... .......eee.sososoosovesoes 304 Idées, arts, doctrines, civilisation. .,..,..,.:..:.... 304 La Réforme, source de divisions et de décadence, .... 307
Décadence des GLUGRES,. eo .ee veronesi cr reco ee0 0000 309 Affaiblissement de la liberté.....,.......ssossore.e 342 Conséquences et parallèles. ........0....vcce ce 314
Notes et éclaircissements. 0000000 0000000000000 s0r00 917
Pages, DISCOURS VI. — Pauz V. — URBAIN VII. — LE Tasse. —
GALILÉE. — STENON. — LA SCIENCE ET LA FoI., .. 0... ses. 321 Hallucinations du Tasse... 0000.0001 000000 000000000 322 Galilée. — Ses talents. 00000 0cerec0erertisceoireo, 325
Sa découverte du mouvement de laterre.....,,..,.,. 329
Ses partisans. ..,..........ses.sscsevoscssessosses 330 Ses contradicteurs..... ARRET ETES sersorscnesirsca 333
Preuves insuffisantes........0. 000000000 00000000000 336 Galilée et le clergé... sous. css ... 338 Appréhensions de l'Église à propos du système de Ga-
NICE. 0 ceroroneroserereseseose» css 341 L’Ecriture et les vérités naturelles.....,..,..,.,....,,. 343 Galilée dénoncé à l'Inquisition.....,..,...,..,...,,.., 345 Examen de l'hypothèse. ...:.,,,......o.ss.sose.... 347 Examen de l'opinion. 00.010. .000000 0000000000 000-000 3949 Premier procès de Galilée..»... 0. 0000000000000 0000 350 Urbain VII... .. 0-00 0000000 ssscosecosee css 352 Galilée donne de nouveau prise aux accusations. +... 355 ‘+ Informations de Niccolini... .. 0000 resse 000000000000 358 La prétendue torture de Galilée...... 1000000000000. 362 Condamnation de Galilée, — Sa fin.....,,.......... 364 Stenon. . soso vose cos soovocsessgueoosoooces 368 Sa conversion. e 0000000000000 ce 00100 0000000000000 369 Notes et éclaircissements....,.,.....,.,...,..,,... 983
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DISCOURS VII. — LE xvu® s1ÈCLE. — LES PRILOSOPRES. — GAL- LICANISME, — QUIÉTISME. .edosonoesososescososocesseose 399 Clément VIT... s0c0crescceresic er ere rec sv 000000000 401 Alexandre VII et Louis XIV... 0000000 0000000000 402 Déclaration gallicane. — Les franchises. .......,.,.. 405 Innocent XI....00.c00r00000000 0000000000 r0r00 0000 406 Descartes... 0.00 esse 000000000000 00000000000 408 Gassendi. — Malebranche... 00000000000 0000000 413 Spinosa et spinosisme. +. .0 000000000000 cossssiso. #13 Locke. — Hobbes. 0000008000 è 900° 00608000 00000006 417 Leibnitz. — Bacon........ DLELEEEEEELLEELEEEEE EE 418 Les philosophes italiens. ........es.evuorocoossooe #18 Gravina... .ec0ve00conessose core00ro0s0e00r000000s00 24 VICO. 0. .0v000 ons moon ones sors 422 Disciples de Gassendi à Naples. . ...,...soe.orosocore 424 Livres défendus., 0 .ecrivirceteeee coro sro c0ro0cese0 425
Spiritisme. — L'âme de Caravagio...... 00000000000. 427 François Borri....ss.o..sesessvesssessonsorooetee 431 . Superstitions......1..-. 0060000 0es0oî 0000608000009 di 437
Antoine Oliva....,..... cervrrecrareresie» 00000000 439 Mysticisme..... 000.90 0%. 000000000069 440
Molinos. e. ecs0crra reco reccccosicecia neo sc0rereso hl Francois La Combe. — Mme Guyon...,............. . 543 Pélagiens dans le val Camonica. .....sssoc.oseescsee 443 Pandolphe Ricasoli... 000000100 0000000000 rr0 000000 446 Notes et éclaircissements........0. 000000000000 00000 452
DISCOURS VIII. — PrÉMONT. — LES VAUDOIS SUBALPINS. è «+00 457 Les ducs de Savoie... 0 00... norecoroes000000e0e 407 Les vallées vaudoises.. 000.000 0c0000r0 000 cesareo, 465 Les Vaudois et leurs antiques vicissitudes.s.......... #66 Missionnaires et inquisiteurs. ..s.oesseseonosoosere #70 Claude de Seyssel.. 00000. .crc0r0cecsetonee secco sio #77. Relations des Vaudois avec les Réformés....,.......+ 479 Les articles vaudois....e0er00r0orrc0cccorc0 sa creocerì 482 Leurs altérations.. 0. e0c000000 roseo resero re cosc000 #83 La Bible francaise... 0.0... cer rrerrcerecara censo» #84 Persécution d'Oppède.....-.0. 000000000 00000000000 488 Turin et l’hérésie des Vaudois........ 001000000000. 487 Le Saint-Suaire.. 0001000000000 00000000000 00000 o. 489 POSSEVIN. e. ceceere sce cere ser ercoro0o rs sr 000000000 490 Guerre aux Vaudois. — Emmanuel-Philibert......... 492 Procès intentés contre eux. 0 0000000000000 cerco ros0 494 Saint Francois de Sales et la Savoie... .00. +. 00000000 497 Charles-Emmanuel.......o.oessosssessses sous 498 Lesdiguières et Henri IV.......e.es.ososcsroocreos 499 Les pâques piémontaiges. . ...e...ssoussssssssosceoe 502 Jean Léger.......ososseneusessoocsssemssonesece 505 Louis XIV. — Victor-Amedée Il... ..0r0-0000000010000 508 Nouveaux Massacres. è. sooonvssssosseesvenressosere D09 Les Vaudois obtiennent la tolérance......00000 000000 5410 Leur dernière organisation... 000000000000 000000000 5Î2 Notes et éclaircissements.. . 0000000 0000000000 c00o0sa 016