‹ Les hérétique d'Italie (volume 3)Chapitre 7 sur 24 · SEE · texte numérisé non relu

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frido Malaterra , contemporain d'Urbain II, dans laquelle ce bref était inséré au liv. IV, c. 29; mais il pourrait se faire qu'il y eût été inséré frauduleusement ou mème altéré. Charles Quint s'en prévalut, et en 1526 le faisait signer par les conseillers de Sicile et publier dans le livre De Monarchia.

Du reste, ce bref porte textuellement, quod omni vite tue tempore, vel fit tui Simonis, aut alterius, qui legitimus tui hæres exstiterit, nullum in terra potestatis vestræ, præter voluntatem aut consilium vestrum, legatum romane Ecclesie statuemus : quin immo, que per legatum acturi sumus, per vestram industriam legati vice exhiberi volumus, etc. Le bref valait donc uniquement pour le roi Roger et pour son fils aîné Simon, ou pour son autre fils. Pourtant de là vinrent d'interminables disputes, ‘assoupies peu à peu par les concessions particulières des papes; et notamment Clément XI, par la constitution de 1715 Romanus pontifer, a pourvu à Ja répression de grands abus; Benoît XII, mieux encore, fixa les limites des pouvoirs concédés par ce privilége dit della Monarchia. Charles VI ne tarda pas à violerle concordat, et par la suite les rois s'en firent un précédent pour soutenir comme légales ces usurpations qu'on pratiquait alors en Toscane et ailleurs aux dépens de l'autorité ecclésiastique : peu à peu elles grandirent à ce point qu'on vit en 1860 Garibaldi s'asseoir sur le trône et recevoir l'encens. Voyez La Sicilia e la Santa Sede, Malte, 1865 (1).

(D.) — Il y avait longtemps que les papes’avaient renoncé à l’idée qu'ils pouvaient déposer les rois. Le 23 juin 1791, le cardinal Antonelli, préfet de la propagande, adressait une note aux évèques d'Irlande, où il dit : « Il faut bien distinguer entre les vrais droits du siége apostolique et ceux qu'on lui attribue méchamment. Le saint-siége n’a jamais enseigné qu'on doive refuser la fidélité aux souverains hérétiques, et qu'un serment prêté à un roi qui est en dehors de la communion catholique doive être violé, ou qu'il soit permis au pape de priver ces rois de leurs droits temporels. » ©

Les évèques des États-Unis, réunis au Ve concile de Baltimore, envoyèrent au pape une adresse, où, parlant de leurs adversaires, ils s'expriment ainsi : « Ils s'efforcent d'inspirer des soupçons sur

(1) Depuis l'apparition de l'original italien des HERÉTIQUES, Pie IX, par une bulle du 15 octobre 1867, a aboli complétement le tribunal de la Royale Monarchie et de l’Apostotique légation de Sicile. Bien plus, il a excommunié l'abbé Rinaldi de Palerme, qui, malheureusement rebelle à cette décision suprême, a persisté jusqu’à ce jour à exercer les fonctions de légat a latere au profit du pouvoir civil royal. (Vote des traducteurs.)

leurs frères catholiques qui ont versé leur sang pour la liberté de ce pays; ils prétendent que nous sommes sous le: pouvoir du pape pour les choses civiles et politiques, et qu'ainsi nous dépendons d’un souverain étranger... Plusieurs d’entre nous ont déclaré hautement, et sous la foi du serment, que le papé n’exerce vis-à-vis de nous aucun pouvoir civil : et cette déclaration fut parfaitement acceptée par Grégoire XVI. » Voir M. Arrre, Essai sur la suprématie temporelle du pape, 1829. Cet auteur a démontré, contrairement à La Mennais, que la bulle de Boniface VIII a été abrogée peu d'années après par Clément V, en tant qu'elle disait que la puissance temporelle était soumise à la censure de la puissance spirituelle.

François Suarez, à qui Grotius ne pouvait trouver d’égal en fait de pénétration philosophique et théologique, démontre que le sentiment commun à tous les jurisconsultes et théologiens était que tous les rois tiennent leur pouvoir de Dieu par l'intermédiaire du peuple, et en sont responsables non-seulement envers Dieu, mais aussi envers le peuple. Un prédicateur ayant avancé en présence de Philippe Il à Madrid que « les souverains ont un pouvoir absolu sur la personne et sur les biens de leurs sujets », l’Inquisition le poursuivit, et le condamna à certaines pénitences et à se rétracter en disant du haut de la chaire « que les rois n’ont sur leurs sujets d'autres pouvoirs que celui qui leur a été accordé par le droit divin et par le droit humain, et qu’ils n’en tiennent aucun de leur volonté libre et absolue ». Voir Bazuës, le Protestantisme comparé au catholicisme.

Les prétentions du pape excitaient une telle jalousie, que la Jérusalem conquise du Tasse fut prohibée par le parlement de Paris, parce que l’auteur en décrivant les troubles de France, y avait dit du papeau chant XX, 77,

Ei solo il re può dare al regno El regno al re, domi i tiranni e i mostri, E placargli del cielo il grave sdegno (1).

(1) Voici la traduction deces vers:

« Lui seul (le pape) peut donner le roi au royaume « Et le royaume au roi; il a dompté tyrans et monstres ; « Il peut apaiser le terrible courroux du ciel, quand il plane sur eux. »

Les hérétiques en Vénétie. — Académie de Vicence. — François Negri. — Jérôme Zanchi et autres.

Dès 1248 Venise avait établi quel’on punirait ceux qu’un concile de prélats aurait déclarés coupables d’impiété. Et dans la formule du serment prêté en 1249 par Marino Morosini en qualité de doge, on lit pour la première fois : Ad honorem Dei et sacrosanctæ Matris Ecclesiæ et robur et defensionem fidei catholicæ, studiosi erimus, cum consilio nostrorum consiliariorum vel majoris partis, quod probi et discreti et catholici viri eligantur et constituantur super inquirendis in Veneciis. Et omnes illi qui dati erunt pro hareticis per Dominum Patriarcham Gradensem, Episcopum Castellanum, vel per aliosepiscopos provincie ducatus Veneciarum, comburi faciemus de consilio nostrorum consiliariorum vel majoris partis ipsorum. — Le 4 août 1289, sur les instances de Nicolas IV, on introduisit l’Inquisition, composée de trois juges, qui étaient l'évêque, un dominicain et le nonce apostolique : toutefois ils ne pouvaient siéger au tribunal sans une commission signée du doge; le doge seul pouvait leur prêter main forte dans l’exercice de leur charge; on déposerait une somme entre les mains d'un député de

la commune qui ferait les dépenses et recevrait tous les émoluments et tous les bénéfices; trois Sages de l’Aéresie, chargés par le doge d'empêcher les abus et de tenir le

gouvernement au courant des délibérations prises, devaient assister aux séances. Les juges devaient procéder uniquement contre l’hérésie, mais non contre les Turcs et les juifs, qui ne sont pas hérétiques; non contre les Grecs, attendu que leur controverse avec le pape n'avait pas encore reçu de solution; non contre les bigames, attendu que le second mariage étant nul, ils avaient violé les lois civiles et non le sacrement; pareillement les usuriers n’attaquaient aucun dogme; les blasphémateurs manquaient de-respect à la religion, ils ne la niaient pas; les sorciers et les magiciens n'étaient pas non plus justiciables de ce tribunal, à moins qu’il ne fût prouvé qu’ils avaient abusé des sacrements. Les amendes revenaient au trésor et les biens des condamnés à leurs héritiers.

Un livre favorable aux opinions de Jean Huss avait été dénoncé : le sénat le fit brûler et fit promener l’auteur avec le bonnet du condamné : puis on l’envoya en prison pour six mois, et ce fut tout. Le gouvernement de Venise était bien plus tolérant encore à l'égard des juifs en leur qualité de négociants. L’ingénieur Alberghetti inventa en 1490 une machine nouvelle : s'étant associé, pour l'appliquer, avec quelques juifs, il demanda au Collége si l'ordonnance du 19 mars 1414, relative aux priviléges, était applicable aux juifs. Il lui fut répondu que cette commission regardait quiconque avait inventé quelque chose de grand ou d’utile, sans distinction de Vénitiens ou d'étrangers, de chrétiens ou de juifs, de cité ou de secte. Plus tard on défendit même de s'élever contre les juifs du haut de la chaire, de les obliger à aller au sermon ou de porter des signes humiliants.

premiers Nous trouvons dans une autobiographie de Jean Bembo,

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Réforme Vénilien, écrite en 1536 et publiée en 4861 par le savant

Venise.

LES HÉRÉTIQUES EN VÉNÉTIE. 37 Théodore Mommsen, que sa mère, Angela Corner, et d’autres dames vénitiennes, dont le nom a disparu dans une déchirure du manuscrit, assistaient à la lecture et à l'ex- | plication de l'Évangile en langue vulgaire, que faisait le | médecin Jean Marie, de Bologne. Celui-ci, dénoncé par François Georges, frère mendiant, fut mis en prison et délivré longtemps après par le pape Jules. Cela dut donc arriver dans les premières années dussiècle, et avant que les réformateurs tonnassent en Allemagne.

Le 96 août 1520, le vicaire du patriarche Contarini se présenta au sénat, et exhiba la bulle pontificale qui condamnait les œuvres et les propositions de Luther, en me- | nacant d’excommunication quiconque les soutiendrait ou | les professerait : il demanda la permission d'envoyer ses | |

sergents à la librairie de l'Allemand Jourdain, située à Saint-Maurice, pour séquestrer les dits livres venus d'Allemagne. Celte permission lui ayant été accordée, il les fit brûler solennellement; mais quelques exemplaires étaient déjà dans le public, et Marin Sanuto, auteur de Diarii eurieux, dit en avoireu un, qu’il conservait dans son cabinet. Sanuto raconte encore que « sur la place « Saint-Etienne, messire André, de Ferrare, précha avec un « grand concours de peuple ; la place était remplie, et lui « il écoutait sur la terrasse de la maison de Pontremolo, « écrivain de l'Office des Dix; le prècheur dit da mal du « pape et dela cour de Rome. Il suit la doctrine du frère « Martin Luther, qui, homme très-savant en Allemagne, « suit la doctrine de saint Paul, est très-opposé au pape, « et a été excommunié par lui‘. »

Le pape se plaignit par la bouche de son secrétaire

(1) Diarj manuscritti, t. XXIX, p. 126 et 482.

Bembo de l'impunité accordée à ce religieux, et recommanda que la république ne permit pas l'impression d’un ouyrage de lui, dont les sentiments étaient luthériens : on en donna l'assurance au légat; quant au religieux, on le laissa ou on le fit partir.

Cette même année, Burckard Schenck, gentilhomme allemand, écrivait à: Spalatino, chapelain de l'électeur de Saxe, que Luther jouissait d’une grande estime à Venise; que ses livres passaient de main en main, malgré la défense du patriarche ; que le sénat avait eu peineà permettre Ja publication de l'excommunication contre l'hérésiarque, publication qui n'avait été lue qu'après la sortie du peuple de l'église. Luther lui-même se félicitait, dans ses lettres', que bon nombre de disciples y eussent accueilli la parole de Dieu; il était en correspondance avec Jacques Ziegler, qui déployait un grand zèle dans son prosélytisme. De là encore parlaient des exhortations à Melanchthon pour qu'il ne chancelàt pas dans la foi et ne trompât point l'attente des Italiens.

Le 21 mars 4521, le Conseil des Dix délibérait au sujet des hérétiques de Valcamonica, accusés de sorcellerie; et, rappelant le zèle toujours déployé par la république en faveur de l'Église catholique, il ajoutait que l'on devait procéder en cette matière avec beaucoup de mesure et de justice, et confier la procédure à des personnes d'une grande intelligence, d'un jugement droit, au-dessus de tout soupçon. En conséquence il fallait en charger, simultanément avec le père inquisiteur, deux évêques recommandables par leur savoir, leur vertu, leur intégrité, qui devaient s'entendre avec deux docteurs laïques pour

(1) Luruent Op. comp.; édit. Walch. XXI, p. 1092.

la procédure. Après le procès, terminé sans qu'on eût eu recours à la torture, les accusés seraient soumis à un nouvel interrogatoire fait par deux recteurs de Brescia, avec intervention de la cour du podestat et de quatre autres docteurs, procédant avec toute diligence et circonspection avant de passer à la sentence, et prenant garde que la cupidité de l’argent ne fit condamner ou diffamer quelque innocent (A). Ils recommandaient ensuite d’envoyer dans la vallée des prédicateurs, dont ces montagnards, simples et ignorants, avaient plus besoin que non pas d’un inquisiteur.

Monseigneur Aleandre écrivant de Ratisbonne à Sanga, le 34 mars 1532, à propos d'un certain frère Barthélemy, minorite vénitien, en fuite parce qu'il était soupçonné de luthéranisme, lui disait que monseigneur Teatino lui voulait particulièrement du mal. Il sollicitait un bref du pape qui le justifiât de manière à ce qu'il pût vivre tranquillement dans sa patrie; mais en même temps il lenait des propos de vrai luthérien, et assurait que les hérétiques lui faisaient des offres avantageuses pour qu'il se donnât à eux. Aleandre usait avec lui tantôt de douceur, tantòt de sévérité; mais, ne venant pas à bout de le convertir, il crut que ce qu'il y avait de mieux à faire était de le laisser aller au milieu des Luthériéns, et non de le laisser rentrer dans Venise, où « ayant des parents et, à cause de la tristesse des temps, de nombreux fauteurs etiam de summatibus », il pourrait semer de tristes germes.

Nous le retrouvons plus tard à Nuremberg, au milieu des Luthériens, « qui en chantait de belles contre l'Église « en des termes qui faisaient bien du tort aux Vénitiens ». Aleandre ajoute : « De Venise, Messire Robert Magio « me presse vivement par ses lettres de revenir; il dit « que c’est très-nécessaire, et que tout le monde m'attend.

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« Dans une que j'ai reçue hier, il m'a écrit que les temps « sont favorables et que je pourrai faire de bonnes œuvres « dans cette cité!. »

Balthazar Alfieri, d’Aquila, établi à Venise et agent d'un grand nombre de princes allemands, eut la facilité d'y répandre des livres et des idées nouvelles; celles-ci firent.si bien leur. chemin qu'en 1338 Melanchthon exhortait le sénat à y permettre l'institution d'une église. « Vous devez « accorder particulièrement aux savants le droit de ma- « nifester leurs opinions et de les enseigner. Votre patrie « est le seul pays qui possède une aristocratie vraie, ayant « la sanction du temps et toujours ennemie de la tyrannie. « Assurez donc aux personnes pieuses la liberté de penser, < et qu'on ne rencontre pas chez vous le despotisme qui « pèse sur les autres pays?. »

Le carème de 1547 fut prêché à Saint-Barnabé par un jeune servite, avec un concours plus grand qu’il n'y en avait jamais eu; mais le prédicateur, ayant paru s'égarer en des témérités contraires à la foi catholique, il fut arrèté; ses livres et ses papiers lui furent enlevés; leur examen prouva qu’il était « Luthérien, personne de grand « scandale et digne de châtiment?, »

C'est à Venise que Henri de Salz et Thomas Molk de Kcenigsgratz firent imprimer une Bible hussite, qui se

(1) Monumenta Vaticana, XCI et XCVIII. En ce temps vivait un prédicateur fameux, frà Zaccaria de Luni, qui en 1534 obtint du sénat l'ile de San-Secondo, où un grand nombre de personnes s'enrôlèrent sous la règle de Saint-Dominique. V. Copagti, Histoire, de l'éle et du monastère de San-Secondo. Ce P. Zaccaria a écrit une Defensio qua tuetur H. Savonarolam sociosque ab hæresi immunes esse, manuscrit qui se trouvait naguère au couvent de Saint-Marc de Florence.

(2) Epistolæ, col. 150 et 154, édit. de Londres.

(8) Voir Lettres d'hommes illustres, conservées à Rome; Parme, 1853, p.181.

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trouve maintenant à la bibliothèque de Dresde'. Nous avons vu que Bruccioli y publia sa Bible vulgaire dans un sens luthérien. Dans les maisons de Jean Filadelfo on imprima, en 4536 et 1537, le « Commentaire sur l'épitre de saint Paul, composé par Juan Valdès, pio y sincer theologo; en 1546, Paul Gherardo y fit imprimer le Bienfait du Christ, Philippe Stagnino Les Opinions de saint Augustin sur la Grdce, et en 1545 Augustin Fregoso Sostegno Le libre arbitre. C’est à Venise encore que préchait Ochin; à Padoue, Pierre Martyr Vermigli fit un long séjour, et Spiera de Castelfranco tint une école (voir notre T. II, p. 415). A Trévise, il se forma un cénacle de novateurs. À Venise, dans un de leurs clubs, que fréquentaient environ quarante personnes , on tenait des conférences dans lesquelles on dépassait de beaucoup les limites posées par le protestantisme. Melanchthon en prit ombrage : aussi écrivait-il en 1539 au sénat de prendre des précautions contre les antitrinitaires, et de ne pas le confondre avec eux. « Il est temps d’y pourvoir, leur dit-il, car le bruit court que plus de quarante personnes à la ville et dans les campagnes sont infectées du mauvais principe antitrinitaire, personnes toutes nobles et de grand esprit? ». Nous avons parlé de monseigneur della Casa, nonce du Le nonce pape à Venise en 1844, et de la part qu'il prit au procès de Della Casa. Vergerio. Ses lettres font ressortir la manière dont le gouvernement de cette république en usait avec l’autorité ecclésiastique. Il écrit au cardinal Farnèse, le 29 mai 1546 : « J'ai fait mettre en prison un certain François Strozzi,

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(1) D'après Luprer, Staatsgescichte von Venedig JI, 2° partie, p. 1168. SIE *

(3) MeLanctonIs Epist,, t. I, p. 100: voir en outre ALLVOERDEN, Hist. M. Serveti, p. 34.

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« hérétique endurci, qui, à ce qu'on croit, a traduit en « italien Pasquillo in estasi, un livre très-mauvais et très- « dangereux. Une épigramme très-mordante et très-cruelle « faite par lui contre la personne dé S. S., ayant ététrouvée « sur lui lorsqu'il fut pris; S. S. ayant fait à Rome toutes « les démarches nécessaires auprès de l'ambassadeur du « sénat de Venise, et moi, de mon côté, n’ayant pas manqué « de faire ici toutes mes diligences pour oblenir d’en- « voyer à Rome ledit François, lequel est prètre ‘eta été « moine pendant douze ans, nous n'avons rien pu obtenir, « et finalement le sérénissime doge m'a donné hier matin «un refus si catégorique que je juge qu'il est inutile d’in- « sister davantage. Le doge l’a motivé sur da conserva- «“ tion de la juridiction, et a montré combien chaque État « doit s’efforcer de la maintenir. »

Le 29 juin : « Au sujet de François Strozzi, la Sci- « gneurie illustrissime m’a promis ce malin de le mettre « à ma disposition dans telle prison qu'il me plairait; « et comme je l'ai maintenant en un lieu commode, « je ferai prendre toutes les dispositions que réclame la « justice dans un cas aussi affreux'. »

Le 95 août : « Il y a ici de nombreux partisans de Lu- « ther, qui souvent font beaucoup de bruit. Comme il n’est « pas possible de les combattre, bien que les: sénateurs

(1) Pierre-Philippe Pandolfini , résident de Toscane à Venise, écrit, le 17 juin 1546, qu'il a recommandé au sénat M. François Strozzi, et quillui a été répondu par le président que les: sénateurs étaient convaincus de son innocence, et que Strozzi était faussement accusé d'hérésie. Dans une autre lettre, du 25 juillet, il dit que Strozzi avait insulté et menacé le légat, ce qui avait retardé la! décision. Plus tard, il annonce qu'il avait été mis en liberté. Le même écrit, à la date du 7 mai 1547, que le sénat a désigné trois hommes des premiers de la cité pour procéder, d'accord avec le nonce, contre les Luthériens. Arch. Dipl. de Florence.

« soient très prudents et ne prètent pas facilement l'oa reille à tout, ils augmentent en nombre et se répandent « partout. »

Le 21 mai suivant : « Je n’ai pas encore pu avoir de « solution sur ce que je dois faire du religieux hérétique « dont j'ai parlé mercredi dernier au sénat d’une manière « qui a fait impression, montrant aux membres de cette « assemblée que les remèdes ordinaires ne suffisaient pas « pour réprimer la malice de cette secte, ainsi que l’ex- « périence l’a prouvé jusqu'ici. Mais comme les avis ont « été partagés, je n’ai pas eu de solution définitive : et « je me suis bien gardé de proposer des choses qui ne « seraient pas exécutées; une telle proposition ne ferait pas « honneur à cette nonciature et donnerait de l'audace « aux hérétiques. J'aurai cette solution lundi, et je suis « très-certain que les envoyés de la Signoria ont encore « reçu dernièrement des pouvoirs plus étendus et ont été « exhortés à la sévérité et à la rigueur. Jai, pour cette « raison, de bonnes espérances. >» ‘

Nous savons d'autre part que le religieux fut dégradé à Saint-Marc, conduit en habit séculier au fort et condamné à vie. Ses livres et ses écrits furent brûlés.

Le 44 juin 1547, le même della Casa écrivait : « Je crois « que ce que S.S. a dit à monseigneur l'ambassadeur « a fait beaucoup de bien à la cause de l’hérésie, parce « que deux des envoyés de la Ségnoria m'ont beaucoup « remercié des bons rapports qu'ils disent savoir que j'ai « faits à Rome sur leurs personnes et en ont témoigné « infiniment de’ plaisir, L'affaire marche, et j'espère « qu'avec quelque habileté il sera remédié d’une manière

(1) Leltre de Valerius Amanio, 30 mai, Archiv. Dipl. di Firenze.

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