‹ Les hérétique d'ItalieChapitre 22 sur 26 · noue ue ‘piStoc hs XL · texte numérisé non relu

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profonde ig ignorance des choses de Dieu, et des mœurs qui ne valaient pas micux que les croyances; des unions incestuenses ; , des usuriers éhontés, les “droits du clergé | foulés aux pieds, des prêtres simoniaques et vivant publi- ‘quement dans le désordre. Les homélies que le saint cardinal y avait prononcées peuvent donner une preuve de l'état de ce pays, et du zèle qu'il dut déployer pendant son séjour, qui se prolongea j jusqu’au 13 décembre. Il y fonda ‘aussi une prébende pour l’entretien d'un maître d'école ‘catholique ; laissa en partant un catéchisme ; | rédigé tout exprès par le jésuite Adorno, et organisa le collégé d’ 'AS- ‘cona. Comme il avait fait renvoy er par le gouv ernenient ‘de’ Bellinzona Beccaria et Trontano, il espérait faire de Mesocco le foyer du catholicisme régénéré en Rhétie; “comine ce pays était un État souverain, jadis fief appartenant à la famille Trivulzi de Milan, et librement uni aux Grisons, il disait qu'il ne devait pas être soumis à leurs ‘lois; On devait y ‘établir une ünprimerie catholique pour faire contre-poids à l'inprimerie protestanté de Pos- ‘chiavo; quant au ‘château des Trivalzi, i il se proposait d'en ‘faire un collége de Jésuites. - - ect

Au milicu même des préoccupations dont il était assiégé dans ses dernicrs jours, saint Charles s’occupait d'obtenir, sinon la paix, au moins une trêve pour les catholiques de ces contrées; il entretenait à cet éffet avec le roi Philippe II une correspondance suivic sur des affaires si intimes, qu il ne les confiait pas à la plume, mais s cn entretenait de vive voix avec Terr ‘anova, alors gouverneur du Milanais au nom de l'Espagne. * o +

Chacun sait ‘comment cet établissement hospitalier fut supprimé dans la persécution qui suivit la guerre du Sunderbund.

ITALIENS EN SUISSE. —' LA MESOLCINA. 623 -‘A-dater'-de 4578, un nonce apostolique résida toujotirs ‘en’ Suisse, malbté’les- onfibrages ‘que sh présence dans ce ‘pays excitnit chez les'puissances’'allité! Des écoles dirigées pat les caputiris' furent fondées à AM6rf pour les’ classes ‘pauvres; pÜür led: classes Supérieures : les Jésuites ‘en: étéblirent d'autres è' Encerne,: auxquellés"" Grégbiré: XIIF assigrik'‘üiie tente ‘siinielle dé six cents seins /'sans compter les' élèvés qu'if entrete nait è ses’ frais -daris les tohHégés‘@e Milan dt de Ron: Bien plus; off’appeld!Eigmé Bérroéente bu Ligué:d'ér celle que-leti! Cantons‘ éatholiques fofmètent'#vec ‘le roï d'Espagrie por sauvegatder'l'Éplise et-n paix "les meiribres de cette Véué'prehñient l’engüpemént « dé'vivré et « ‘de mbarir danslx setrle vinie'ët antique foi catholique, « apostolique Et romaine, cux et leur éferñélle postérité.'s | “Le cardinal Frédéric Bôrroiiéé, lui aussi, donind tons ses soins à inaïntenir ‘duris la foi fa Mesôléiha, où il 'envoyail souvent des prêftes et des maîftiés' d’écète. En 1609:'‘éttte vailée avait pour :baïlli Sirtüh' dé! Néori;: et' pour: éhancelier un nommé Sanvito, qui, se rappelant'que jadis elle avait eu en résidénce un ministre: protestant, vot@urent, en appeler un: Le #euplé’en fut'inidigné : excité en outre par Antoine Gioerio, il envahit fe lotal oùtelui-ci célébrait l'office, abattit la cloche, “Propre le temple et brûla Îles bancs. ‘: EE È {oe UNICA (Yo (If QI IT

Pas plus que‘le8'Grisons, Genève n’était alors membre Le nétori de la Confédération: Helvétique: elle: était seulement ‘S<iune

Ses lutte avec

confédérée. Ce pays: formait une partie de l'empire ger- Ratto manique et était divisé, comme le roste de la Snisse, entre plasicurs barons, souvent en lutte entre:eux et avec l'évèque : tantôt &vee les comtes du Génevoisi" qui allé-

guaient le droit impérial, tantôt avec les ducs de Stivoîc II — 40

a V . » Re ds at} di - sos cp A Von. « attantiizo > +& € +

630 ° BISCOURS XIT.

sonner, dechasser ses adversaires et il atla plus loin vis-à-vis de Michel Servet, médecin aragonais, élève de l'école de Padoue, qui s'était obstiné à nier la trinité des personnes divines. Le cardinal Aléandre écrivait de Ratisbonne à Sanga, le 17 avril 1532', qu’on avait envoyé à la diète un livre de Michel Servet intitulé De Erroribus Trinitatis, où « ce traître s’éfforce avec tout son génie de prouver que le Saint-Esprit n’est pas une troisième personne in divinis, et que ce nom de Trinité est faux, etc. C’est un jeune homme de vingt-six ans et d’un très-grand mérite, maïs la eonnaissance des saintes Écritures qui paraît dans ce traité - fait supposer qu'il n'a fait qu'y mettre son nom. » Aléandre pense tout simplement à faire condamner Servet par une congrégation de théologiens, et à « écrire en Espagne qu'on dénonce ce livre impie, qu’on le brûle publiquement ainsi que l'effigie de l’auteur, comme cela se pratique dans ‘ce pays... Quant à présent ( ajoute-t-il }, on ne pourra rien ‘faire de plus : ces hérétiques d’Allemagne devraient, partout où l’on rencontrerait l'Espagnol, commencer à le réfuter, s'ils sont, ainsi qu'ils s’en vantent, de vrais chrétiens ‘et des évangéliques, parce que Servet est non moins opposé à leur profession de foi qu’à celle des catholiques, etc. *. »

Ses conseils furent ponctuellement suivis : Calvin voulut d’abord prendre l’avis des fidèles, et toutes les églises helvétiques répondirent unanimement qu'il fallait empêcher le scandale des doctrines impies de Servet, et s'opposer à ce que les erreurs et les sectes fussent semées dans l’Église du Christ : sur cette pente, on alla jusqu'à le condamner à mourir par le feu. Servet demanda à être relâché, parce qu'il s'agissait d'hérésie, crime qui n’était pas de la compé-

(1) Monumenta Vaticana, LXXXIV.

tence du pouvoir civil, ainsi que Constantin lui-mêmel'avait établi à propos d'Arius. Sa demande ne fut pas accueillie. Calvin, de qui il implorait son pardon, le lui refasa, et lui conseilla de s'adresser à Dieu qu'il avait blasphémé. Exhorté par le célèbre Farel à sc rétracter, et partant à implorer miséricorde, Servet, sur le point de mourir, lui répondit : « Je n'ai point mérité la mort, et je prie Dieu de par- « donner à mes persécuteurs; mais je ne rachèterai pas « ma vie au prix d’une rétractation qui répugne à ma eons- « cience. » Farel l’accompagna tout le long du chemin, usant tour à tour envers lui de supplications, de menaces, de flatteries et d'insultes. Sur la délicieuse colline de Champel, au milieu d’une foule immense qui priait pour lui, Servet fut lié à une potence avec son livre, ayant sur la tête une couronne de feuillages saupoudrée de soufre; on y mit le feu, et son Ame alla comparaître devant le Très-Haut.

Bien des cœurs frémirent à la pensée de cette barbare exécution : Calvin les bravait dans un langage brutal; il soutenait le droit, voire même le devoir de punir de mort ‘les hérétiques. Il paraît que ia duchesse Renée de France, dont nous avons parlé plus haut, lai en fitun jour reproche, à quoi l'austère réformateur lui répondit : «C'est que sur ce « que je vous avois allégué, que David nous instruict par son « exemple de hatr les ennemis de Dieu, vous respondez « que c’étoit pour ce temps-là duquel sous la loy de ri- « gueur il estoit permis de haïr les ennemis. Or, Madame, « ceste glose seroit pour renverser toute l’Escriture, et « partant il la fault fuir comme une peste mortelle... El « pour couper broche à toutes disputes, contentons-novs « que sainct Paul applique à tous fidelles ce passage : « Que le sèle de la maison de Dieu les doit engloutir. Par

632 iL ale 4 DISCOURS ZII. CRE À SAPETE

s, Quoy nostra Seigneur Jésus, reprenant 4es. disciples de «ice, qu'ils spuhaitoyent:qu'il-feit. tomber la .fouldre du « jciel sur-ceux. qui. de rejattoient,, comme Édie avoit faict, *-ap-leur.allègue pas qu'on: niest plus:soubs lai log de « rigueur, mais seulement leur remonsire qu'ils ne sont ‘4, has--menez d'une telle affection.que le prophète. Mesme « ;sainct: Jéhan, duquel vous, n’avez-retennque le mot de & charité, monstre bien :qua-nqusne debxons pas, soubs Ambre, de l'amour. des, hommes, nous refroidir; quand Au debvoir;que nous ayons quant à l'henneur de Dieu 4; et-la conserretion de notre Église, C'est quand il: nous «s1jdéfend: mesmses da.saluen,qeux qui .nous, destournent, 14-20 tant qu'en. eux, sera; de la-pare dectrine;» {Lettre du ,24 janvier,1564, tom, IL éd; dules Bonnet, page 384.) »«nfempe.Galvin, disait da Serset, Si venerit, modo waleat «neg aualoritas,. viuum acira-non.paliar, ainsi, disait-il d'un de nos réfugiés italiens : J'eusse vouly. qu'il fust nowrry,en «quelque fosse, si cechi élé à mon. souhait ; et sa venue.me réjouit, autant. camma: qui. mesi, nevré de, cœur d'un poiignari... (dé. vous assure, s'il:ne-fusk si, tot, eschappé, que, pour m'acquitter de. man; debvair, fhmeust pastenu è moy qu'il.me-fust passd par. le; fe@u: : 511: 3 6. 42 27 at .. Comme.on Aavail-Wrouvé quelques écrits de Gruet, qu'il avait envoyé au. supplica, Calvin ;les fit brûler. par le bourreau, et il appelle l'auteur adhérent d'une secle in- Jecte et plus que diabolique... dégorgeant lelles exécralions doni. les cheveux. duibuent dresser en la faste à tous, et qui song afecliqns si puantes pour rengre ua pays.wauldict, tellement qua, loules gens. quant conscience doibvent. requérir warduià, Dig de ce, que,san poxa ja. élé ainsi bigsphéme entre EUkesr « “pie Lie NI

: Telle était, donc la, tolérance saluiniste,. à laquelle nous

ITALIENS EN SUISSE. =. LA MESOLCINA. 033 pourrions opposerrla douceunide Sadolet,, évêque. d'Avignon; qui fut sbienveillant. mémerenyers, les coryphées de la Réforme. :;: : +. anatra eine gua Lorsque ide; vice:légat Canspeggi conduisit l'axmée contre:les Naudois , Sadolet: leur -offnit. un asile dans.son évèché, et-leunécrivitiune lettre; dens-laquelle, après. leur avoin reproché-lenrs doctrines, ilajoutait ;:.m.Je souhaite «; de toute man Ame votre.bismuet,je-serais rempli d’amer- «:tumesi,onvénait-vous exterminar, comme de fait on a s déjà oommmenef:à le: faire. Afin-.qua vous <ompreniez «mieux l'amitié querjervons porte; teljour vous me .trou- « verez près de Cabrièreas vous:pourrez venir soit,en petit, sisoit. en grand nombre ,:,sens :qu'on:veus inquiète en <.auçune façon ,rek là.je.vous:. donnerai des avis pour «..vatre, avantage et votre saduls vinti inn. Paul ULindiqua-la, ville de Lyon:peur y tenir des.con-

férences ,.. euxquelles ‘assistèrent-lévêque de Genève, le

cardinal de Tournon, les archartques. da Lyon, de Turin, de, Vianne, de Besançon,.nt les.iévêques. da:Langres et de Lausanne ainsi que Smlolet.:On:y disenta; besucoup sur les moyens de rétsbhr le egthokeigame à Genève;, à la fin on. dut s'en tenir à une lettre dont la rédaction fut confiée à Sadalet, en:1330, Ella mousia été conservée : c'est moins une œuvre de polémique. qu'une effusion da fon emur patennel, un mélange-heureux d’éévation de pensées et de tendrasse-moxale:-puisée, danal'Éyangile, cemposition bien différentedea disceurs pleins d'aridité auxquels. Calvin habituait alors.les Génevois 1 y déploreles ravages:accomplis par: Ja Réforma dans leur;ville naguère si paliegt si hospitakière, Agémitsur les maux desGénerois, et;- persuadé que les nayateurs ne;pourront.triomnher:que.par Ja:réyalte et Parde renversement .des.libertés civiles et,æeligieuses, il

Sadolet.

634 di ‘+ DISCOURS XII. —

glorifie la grandeur de l'unité catholique qui, sans autres armes qu'une croix et un symbole, a vaincu le monde, et a enseigné toujours, sans interruption, les mêmes vérités, depuis saint Jérôme jusqu'à Paul HI : admirable unité dans le sein de laquelle doit se réfugier quiconque se dit chrétien, lors même que les pasteurs n'auraient pas toujours été doux de cœur, comme le Christ! Qu'importe que le soleil se voile quelquefois : n'est-il pas tonjours le soleil? Au jour du jugement dernier, ajoutait-il, deux âmes comparafîtront devant le juge suprème. L'une dira : « Mon Dieu, je suis née et j'ai grandi dans votre Église; « j'ai observé ses préceptes comme si je les avais reçus « de votre bouche. Les novateurs vinrent à moi, la Bible « à la main, essayant de troubler mon cœur, dénigrant la papauté, insultant notre mère, préchant la désobéissance et la révolte: je me tins ferme dans la foi de mes pères, dans la croyance de nos docteurs, dans les enseignements de nos guides. L’orgueil de quelques pontifes, le scandale de leurs mœurs, le faste des dignités, « offusquaient bien mes yeux, mais je leur obéissais sans « les juger, moi pauvre âme, portant au front l’em- « preinte du péché; è mon Dieu! me voilà devant vous, « j'implore moïns votre justice que votre miséricorde! » L'autre dira : « En voyant nos prêtres superbes et ri- « ches, souvent couverts d’or et de péchés, je m’indi- « gnai. Je vécus dans la méditation de votre sainte pa- « role, je me vis pauvre dans une église où mes travaux, « mon savoir auraient dù m'élever aux dignités. J'en « conçus du dépit, je pris la plume contre les pasteurs « pour détruire. leur autorité, je m’insurgeai contre leur « doctrine, j'attaquai la liturgie, le jeûne, les abstinences, « la confession ; j’exaltai la foi et je déprimai les œuvres;

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ITALIENS EN SUISSE. — LA MESOLCINA. 635 « j'invoquai votre sang, et je l’offris en holocauste pour « mes péchés. »

Que dira le juge éternel? S'il y a une Église, l’Ame fidèle ne peut pécher en respectant les signes, les symboles et les paroles de cette Église. Lors même que cette Église aurait une fois failli, le Seigneur pourrait-il condamner celui qui n’a erré que par amour et par obéissance? Mais l'âme qui s’est enorgueillie dans ses propres sentiments, qui ne peut alléguer pour sa défense que son propre jugement, quel sera son sort? Sadolet finissait en exhor- ‘tant les Génevois à se tourner vers la vérité. « Si nos « mœurs vous dégoûtent, si plusieurs d'entre nous par « leurs fautes déshonorent le front immaculé de cette « Église, haïssez-nous, j'y consens, mais ne haïssez pas « notre parole et notre foi, car il est écrit : Faites ce qu’ils « disent. »

La lettre de Sadolet, toute pleine de fines interprétations de saint Paul, était trop longue pour devenir populaire. En outre, elle était écrite en latin, et l’on y sentait trop les artifices de la rhétorique et les subtilités de la scolastique. Cependant de tous les écrits publiés dans ce temps ‘de controverses, je n'en sache pas qui l'emporte sur celui-là. Aussi, quand le sévère méthodisme n'avait pas encore glacé les cœurs, Sadolet, en montrant par son langage tout ce que les dogmes avaient de consolant pour le cœur et l'assistance que le chrétien trouvait dans la prière, devait produire un saisissant effet. C'est ce qu'avoue Théodore De Bèze lui même dans la vie qu'il écrivit de ce pieux évêque, par ces mots : nisi peregrino sermone scripie fuissent, magnum civitati in eorum statu damnum daluræ fuisse videantur.

Ce n’est pas dans les temps de trouble que l'on prète

836 LITT).30:4% . DISCOURS XI, o #51: ;:

Toretlle aux voix: corciliantes.. À Genèye; on songeait à faire répondre à Sadolet, mais sa réputation était telle, que nul n’osaitig tenter. Calvin;-quoique ‘banni, offrit sa plume, et camposa:une:réponse: fameuse. {Cette réponse fut trois: fois ‘aussi longue-que la lettre de Sadolet;,elle lui ‘futsupérieure :eménorgie; peu inférieure quant à l'élégance ‘du'style, cat, Calvin était. un rhéteur consommé. et versé dans là conpaissancerdes alassitues; lui, toujours si. mor- -dänt contre ses adversairgs, vante.la vertn et la science de Sadolet, mais.il le taxe.do mauvaise foi,-et l'accuse.de se “laisser emporter jusqu'à laticence.vilaize.de la calomnie". Al :y présente:ses dagmes comme:antiques; il prétend ap- ‘partenir à Béglise-de:sejnt Basile, de-seint Chrysostome, de Sant. Ambroise; de saint Augustin; cherche à.infirmer :l’autorité-de:« cet-homme nourri dès son eufance aux ar- « tifices romains, dans cette boutique d'astuces et de :€ tromperiess ne nc OZ ter eo pe : En ce quitouche-les innombrables sectes qui se sont élevées parmi les Réformés, Calvin faitgbserver que, si cet -éiat-de.choses. était une faute, elle retomberait à la charge Adu:-christiamisnié tout; entier, : au sein duquel on en vit -naître un ai.grand nombre ;-0n;; devrait même, selon lui, louer le. zèle:des Galvinistes qui les çombattirent, tandis «que les Catholiques dormaient-dans. hoisiveté. Comme si ° (1) « Comme ‘ainsi soit que par ‘toit excéllenté doctrine et grâce Imeveîlleuse en ‘parler tu avés (‘et à bon ‘éroit) mérité qu'entre.les -gene sayans.da nostre teinps ty sois tenu comme en grande admiration et estime, et principalement des vrais sectateurs des bonnes lettres, il 8 despiait mérveifleusement ‘qu'il failte qué!, pit cette MieÂne ex- “postuiation et'complainte qu'à .présent pourras:ouir, soya contraint “publiquement touçher.et aucunement blesser icelle tienne bonne re-

nommée et opinion. »

Voir t. II, Les HÉRÉTIQUES D'ITALIE et IE Condé de Trente, pag. 465,

‘êt Jour, Étuds-sur- Sadolct, Capa, 18564 4, si: cu, |

a ITALIENS EN SUISSES iris :34A MESOLCINA. 6YE l'Église n'avait pas repoussé Les sectes de son autorité: propre qui est infaillible ; comme si-c’eùt été un'mérite de combattre erreur par une-antre erreur! Le docteur: de: Genève termine. en reebnnaissant qu'il nf à pas de: plus grand bien que l'union des ecclésiastiques, et par nne invocation au Christ ille supplie de: les réunir tons dins la société: de san corps; ‘en’ sorte. que par:lieffet seul de .sa. parole .et. de son esprit nous:soyons tous-réunis:dans ua: même cœur et une même. pensée. :+..1 .:1:1°1 .:

.On cite-encore de nos jours:la: réponse de Calvin comme un modèle de beauté ct d'énergie de-style; et: pourtant, nous autres Catholiques et Italiens , nous avons complétement oublié la lettre de Sadoleti qui nele cède en rien: è celle da célèbre réformateuri :::-. Li ica

Passant incognito ..par Genève ;Sadolet. s'enquit de la demeure de:Galvin.:On:lui ‘indiqua une modeste maison; i-frappa à la porte, et ie réformateur,:pauvrement vêtu, vint lui-même ouvrir, Leur'entretien futiong,. mais ilsine parent se: convaincre l’un Y'autre : Calvin protesta à Sadolet que; dans sa guerre contre V'Église de Rome, il avait pris conseil, non du sang et de la chair, mais du pur désir de glorifier. Dieu et de défendre la foi. . .::

Nous avons indiqué Ochin comme étant le fondateur de l'Église italienne de Genève {tome.II, page 208). Aveo lui

s'était enfui de Sienne Lactance Ragnoni, qui, étant venu à Genève cn. 1831, fut. le. premier ay cxercer. les fonctions de catéchiste; phastard, après Ja mort:de Martinengo, le 24 octobre 1587, il fut nommé ininistre de l'Église italienne

établie dans cette ville, et-y mourul le 16 février 48501.

131 “ICE se", e *.

(1) Registre de TÉglise italienne. ti (o "+ « Bernardin dé $eswar,' homme érudñt, désirant énnonéét oublié quement la parole de Diet ‘en'itañienr; on: décide qu'on le metträ porti

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Émigrés italiens à Genève.

638 DISCOURS XII. "sell Dans les commencements, les Italiens se rassemblaititt pour la prière commune dans la salle du vieux collége : étant devenus plusnombreux, ils se constituèrent en forme d'église. En 1552, elle avait à sa tête un pasteur; en 1556 on organisa un consistoire composé du pasteur, qui était alors Martinengo, de quatre anciens et de quatre diatres : le chef des anciens fut pendant trente et un ans le marquis Galéas Caracciolo, qui, en cette qualité, veillait à tout ce qui survenait à l’église et prenait soin des pauvres. H la pourvut de règlements destinés à affermir son existence, et obtint des autorités un statut qui déterminait les obligations du ministre, au nombre de vingt-cinq. La première était de commencer la réunion par l'invocation à Dieu pour lui demander son assistance, et de la clore par une action de grâces. La seconde consistait à faire tout avec ordre, modestie, simplicité, charité, sans discorde ni disputes. Tous les membres de l'Église italienne se réunissaient une fois l'an en assemblée générale pour conférer sur le règlement des familles et sur l'acceptation [de nouveaux membres : ces dispositions conservaient les bonnes mœurs, d'autant mieux qu’on ne recevait à la Cène que ceux qui n'en étaient pas indignes. Les fidèles étaient visités de temps en temps par les anciens, et l'instruction des enfants était faite avec beaucoup de soin. Dès l’année quelque temps dans la chapelle du cardinal, à Saint-Pierre, puis qu'on pourra le mettre à Saint-Gervais. » Registres, 13 octobre 1542. Nous trouvons ce passage dans PicoT, Histoire de Genéve, mais, ainsi qu'on peut le voir tome II, Les HÉRÉTIQUES D'ITALIE et le Concile de Trente, pag. 305, note 1, nous avions supposé qu'on devait traduire par Bernardin de Sienne. La même erreur se reproduisait dans le passage où Calvin dit : Bernardinus de Seswar, primus pastor ecclesia italica, que Genéva, mense octobris 1542, erecta est in gratiam Italorum qui se

huc, evangelii causd, receperant ; et il le loue de la guerre énergique qu’il déclarait à l'antéchrist. Epistola Calvini Vireto.

89e Nicolas Fogliato de Crémone et Amédée Varro piémontais avaient reçu la charge de secourir les pauvres avec les fonds recueillis à cet effet. En 1555, les autorités de Genève voyant cette Église bien organisée et fidèle à l’accomplissement des préceptes de l'Évangile, lui concédèrent la jouissance du temple de la Madelaine, pour y administrer la sainte Cène chaque dimanche à huit heures du matin, après qu'elle avait servi pour le même usage à l'Église française. On assigna pour résidence au pasteur une habitation dans le cloître de Saint-Pierre.

Parmi les Italiens qui souscrivirent à la profession de foi génevoise, nous trouvons les noms des brescians Celso et Maximilien Martinengo, de Galéas Caracciolo, de Bernardin Ochin, des comtes Jules Stefanelli et Antoine Tiene de Vicence, de Marc Pinelli de Gênes, de Pompée Avanzi de Venise, de J. B. Natan, qui se fit ensuite prédicant, de Nicolas Gioffredo de Crema, de Cesar Bollani et de Pompée Diodati de Lucques; d’Onophre Marini de Naples, de Charles Federici et de Paul Alberti de Rome, de Pierre Muti de Toscane, de Paul Lacize de Vérone, de Mathieu Gribaldi, des milanais Georges Biandrata et Charles Alciati, de Barthélemy Polentani, d’Augustin Fogliani, d’Horace Chiavelli, de Santo Mellini, de Jacques Verna, de Sigismond Pigna, de Jean Fecato, d’André Cotogni, et d’un grand nombre d'hommes du peuple;

‘tous « prêtres ou moines qui ne s'étaient réfugiés à Ge-

nève que pour se soustraire aux rigueurs du cloître et aux fatigues du bréviaire, et qui trouvaient commode de passer joyeusement le reste de leurs jours en pleine liberté avec une femme. C’est au moins ce qu’en écrivent les auteurs catholiques, aussi bien que les protestants qui se piquent de mériter le titer d’honnêtes gens. »

, «lo dl 9 ai. Anno » €" Fini cant gi D o a+ > » Lu eu - MI

Gregorio Leti.

640 ef atto DISCOURS XI. n Tel est: le Téibage tertti‘phr ‘uni’ adtré: hèrétiqué Iii époque plus inoderne, 'Gregorie Leti; ‘qui, ‘ads son Histoire‘ dé' Genève" "ajoute Gite’ sept Ttäfiens reftistrent de sotticrire ladtiè professioni de ‘foi ‘ét se'retititent dé la ville! de’ce nombre étient Arldre Osselani; Marc Pizti; Va: lentin Gentile; qui firétit adhèsion plus'tard le dérhiér, cependant, ‘né 'tedsa His -de'sotittHir dd tièsès Aridhhes, en:sorte qu'it fat chassé. Leti'tite d'autift’ personiles qui s'étaierit réfugiées à Geneve: ‘et''parir’éfles! Marguerite Pepoli de Bologne, qui #'étdil'énfaie aYee ‘son ‘ant! uti bâtard de Bentivoglio, et qui, arrivéé darts'cette vilé, avait etabrassé le: ealvinigme: it: "7. sof.

»Ailletrs* il déctémec avec at HfOIPSLE vt sti fare vr dimaires contre Ÿintéléranbe de'Genève. « Bién' nos gardé it»prenne -itu-*roî de-Frâncéïfla fantaisie dé traiter les « malheureux: Hugtienots- avec- un atome‘ide la 'rigieur c avec laquelle les Génevois traitèrent ‘en:1586 les Cdtho- « liquesià Genève.'Dien noùs en garde, 'je le 'fépête‘en- «:core : au moins le roi de France;-eti ce qui le regardé, va « lentement ; depuis plusieurs années, il les dccaäble petit « à ‘petit leur emlevant tamtôt'une chose; tantôt une autre, « sans effusion:de sang et sans violence notables; puis, on e les a menacés avant ate les écraser, ‘et on'’leur a laissé « tont le tempe:néeessaire pour songer ù-leurs affaires..... « Mais les Génevots, dès:qu'ils se sont vu'le pouvoir en « main,-.nionl pas accordé ile moindre 'répit aux Catho- «liques;rvite,: vite, mite : ila sentence, l'exécution fut « l'affaire: d'uniinstant, et ils ne vouturont pas même nc- «.cerden:le:tempsinéeessaire à l'instruction du procès. » : Leti se déchaîne alorsgontre:lcs écrivains de sontemps, SITA RIALTO Vi.

1) Akisterdäin, 1686, parte I, lib. mr.

(2) Parte IH, lib. E. : | ia pa

iii» i io RSR... mn. ttt 4

ftigiiteatholiques que protestants, parce qu'ils ne savent que mentir, invectiver et calomnier; les livres qui se vendent n'offrent au lecteur que controverses ct satires, critiques de la critique, luttes de papistes contre papistes, de calvinistes contre calvinistes; on n'y rencontre à chaque ligne que malédictions, censures et mensonges. Son opinion est que la religion s'en va, que la moitié du genre humain est devenue athée, et que, de même que les catholiques sorît#candalisés en allant voir Rome, de méme les protestants le sont en allant visiter Genève.

Genève en effet était alors bien pourvue d’espions : l’un d’eux fit un jour ce rapport aux magistrats’: « J'ai entendu dire à Catherine, femme de Jacques Copa, originaire du duché de Ferrare, que Servet est mort martyr, et que Calvin l'avait fait mourir parce qu'il était en lutte ouverte avec lui, partant que les autorités ont mal agi en le faisant supplicier; que Gribaldi a ses doctrines à lui, comme Paul Alciat et Biandrata, et que c’est à tort et par suite de malveillance qu’ils sont persécutés : enfin, cette femme veut partir, parce que le procédé des autorités, qui consiste &condamner quiconque a des opinions différentes des leurs, lui déplatt souverainement; de plus elle a proféré divers blasphèmes dont je n'ai pas gardé le souvenir. » Un autre espion renchérissait encore sur ce rapport : « Cette femme a dit que M. Calvin n’est pas d'accord avec Gribaldi, parce que celui-ci est plus savant; que, pour elle, elle ne doit faire que ce que Jésus-Christ dit : que, si elle reste et meurt dans l’état où: clle était lors de son arrivée à Genève, elle sera martyre du diable. Elle possède unc lettre de Gribaldi, signée de Jean Paul et de Valentin. »

Elle fut arrêtée, et l’on sut depuis qu’elle était venue à

Genève pour complaire à son fils unique, qui ne voulait AU — 41

Gribeldi.

pas aller à la messe : elle fut condamnée à im plogfiiftta gràce, de Dieu et de la justice, et bannie avec ordre de quitter la ville dans les vingt-quatre heures, sous peine de perdre la tête".

Un autre fut condamné comme détenteur du livre Les

Facéties de Poggio; un autre, pour avoir lu l’Amadis de

Gaule; un macon, pour s'être écrié dans un moment de lassitude : « Au diable l’ouvrage et le patron! » Ce Gribaldi, que Leti regarde comme Mfilanais, mais qui

semble plutôt Padouan, était un antitrinitaire. Appelè par

Vergerio à l’université de Tubinge, il envoya une profession. de foi à Zanchi, en le priant de la communiquer à Pierre Martyr, mais on découvrit qu’elle était hétérodoxe pour la secte, et De Bèze la désapprouva complétement.

La journée Les ducs de Savoie ne pouvaient se consoler d'avoir

de Pusralade

Genève.

perdu Genève, et cherchaient à la reprendre, sous le prétexte que cette ville était un nid d’hérétiques. Pie IV envoya l’évêque de Côme comme nonce auprès des Cantons catholiques, pour leur persuader de s’allier au duc de Savoie afin de recouvrer la ville de Genève?. Nous avons trouvé aux archives de Turin un bref de ce pape

‘du 44 juin 1560 et adressé à Francois II, où il exhorte ee

prince à fournir au duc des secours enfhommes et en argent pour le même but, ajoutant que l’entreprise serait agréable à Dicu et avantageuse à la paix de son royaume, en faisant disparaître ce repaire des mécontents de France.

(1) Ce fait est consigné aux registres d'État copiés per Galiffe, Notices généalogiques.

(2) Parmi les nombreux livres imprimés dans ce pays, nous connaissons : Antilhesis Christi et Antichristi, videlicet papa, versibus: ac figuris venustissimis illustrata, Geneva, 1578, petit in-8°, avec 36 gravures sur

(3) Bulle Dilectum filium, 14 juin 1560.

Dans” un autre bref au roi d’Espagne, en date du 13 du même mois, le pape assure que le roi très-chrétien et lui enverront, l’un de la Bourgogne, l’autre de l’Italie, des troupes pour cette expédition. Le même jour, Charles Borromée avertissait le seigneur Collegno que le Saint» Père avait fait déposer à Milan viugt mille écus entre les mains du banquier Thomas Marino, au profit des Cantons catholiques pour se défendre contre les hérétiques qui voudraient attaquer les fidèles, et encore pour empêcher ceux-ci d’aller au secours de Genève, quand cette ville aeraît attaquée par le duc. Ce prince aurait en outre vingt mille écus par trimestre pour les frais de la guerre, dès qu'elle serait entamée : le pape promettait d’envoyer sa cavalerie à ses frais, afin que la guerre fût achevée avant que les Turcs vinssent recommencer leurs incursions en Italie. Sa Sainteté trouvait convenable qu’on me qualifiât pas la guerre de luthérienne, mais seulement de guerre contre les rebelles et contre les habitants d'une ville qui appartient au duc Emmanuel-Philibert. | Peut-être l’entreprise fut-elle interrompue par la mort déŸrançois Il; mais la convoitise n'en persista pas moins chez les ducs de Savoie, et Charles-Emmanuel méditait de surprendre la ville au moment où il lui faisait donner les meilleures assurances de paix et de bon voisinage. Son escalade, si bien imaginée et si mal exécutée, est. fameuse dans l’histoire. Il n’est pas besoin de dire que les Catholiques secondaient cette entreprise. Le poëte Vinciolo Vincioli, dans ses vers, encourageait le duc, « à dompter « l’antiqueorgueil d’un voisin barbare, et de ces impies qui, « secouant ton joug, ont eu la hardiesse de fabriquer une « nouvelle croyance et une nouvelle loi »; puis il l'assurait de la faveur de Dieu, qui certainement dans ges desseins

644 |. DISCOURS XIL

a résolu, « que tes armées après une courte campagne « promèneront la victoire sur toute la terre, laquelle, « une fois vaincue, depuis l’Inde jusqu'à Thulé, n'aura plus « qu'un seul pasteur, un seul bercail »; il l’exhortait ensuite à faire fleurir la paix en-deçà des Alpes « tandis « qu'’au-delà de ces monts le cruel fléau de la discorde « tient toujours en travail les peuples qui se sont con- « duits envers Dieu comme des aspics gt des taupes ». En attendant, il l’excitait contre Genève, inutilement défendue par son lac, ses marais, ses fleuves et ses enceintes. « Déjà (dit-il) il me ‘semble apercevoir le Rhône roulant « à la mer du sang au lieu d’eau. » |

‘ Pauvres prédictions des poëtes! Tout au contraire, la nuit du 12 décembre 1602, deüx cents hommes de l’armée du duc, qui avaient déjà pénétré dans l’intérieur de la ville, furent découverts et massacrés; au lieu de re- ‘couvrer Genève, Charles subit la honte d’avoir tenté un ‘acte de perfidie, sans la justification que procure d'ordinaire le succès; il dut boire le calice jusqu'à la lie, et les chansons populaires firent retentir au loin l'hymne de sa défaite. L'institution d’nn jeûne annuel et lé chant olennel du psaume 124 perpétuèrent le souvenir de l'événement. La ville se réjouissait ainsi d’avoir échappé au danger de devenir tout à la fois esclave et catholique.

En 41609 et en 1611, la maison de Savoie renouvela ces tentatives, toujours sous prétexte de soutenir les papes, comme à notre époque elle songe è s’agrandir sous prétexte de les renverser.

Saint François de Sales, évèque d'Annecy, avait plusieurs fois linsisté sur la nécessité de reconquérir Genève, non pas cependant à force ouverte, mais en la gagnant par la persuasion. Tel était soh espoir : mais il fut déçu ; et le Sa-

voyard fut en exécration aux Génevois, qui avec l'amour de trie inspirèrent à leurs enfants la haine non-seulement Pour le duc, mais pour tout ce qui tenait à la Savoie.

Genève fut plus que jamais la Rome du protestantisme, et les émigrés italiens aidèrent à sa propagande. Emmanuel Tremelli de Ferrare y fit imprimer en 1869 chez Henri Estienne la traduction latine du Nouveau Testament d’après le texte syriaque. On l’a accusé d’avoir volé celle de Le Fèvre de La Boderie, déjà achevée, quoiqu'elle ait été imprimée seulement en 1874 dans la Bible polyglotte d'Anvers; mais, en les comparant, on reconnaît la fausseté de l’accusation.

C'est aussi dans cette ville que Vincent Paravicino en 4638 publia en italien : De la Communion avec Jésus- dans l'eucharistie, contre les cardinaux Bellarmin et DI , traité de Jean Mestrezat, iraduit de la langue francaise.

Les Psaumes ont été traduits en vers à l'usage de l'Église italienne ; nous connaissons l’édition de 1866, avec lettre à titre de premium, signée Gio. Cal, et la profession de foi : on y avertit le lecteur « que cette traduction a été faite d’un commun accord au nom des églises qui sont dispersées

Traduction des Psaumes en italien.

en France, et on lui recommande de s'abstenir des idolà- ‘

tries papistiques ». Cette lettre est suivie d’une préface qui contient la réponse et la défense que Calvin oppose aux calomnies dont on l’a chargé. Le livre: « est sorti des presses de Jean-Baptiste Pinerolo à Genève ».

L'édition de 1592, également de Genève, donne cette traduction comme étant de Jules-César Paschali; elle est dédiée à la reine Élisabeth en sa qualité de protectrice de la foi. Souvent le mot Dio (Bieu) y est remplacé par Giova, qui vient de l’hébreu Jéhevab. Le traducteur s'étend longuement sur la justification de cette nouveauté.

Il a mis en tête un sonnet adressé à l'Italie, où il conclut:

« O vénérable David! à chère Italie! que tu serais complétement heureuse, si tu profitais de ce li et sì tu te tournais maintenant des harmonies ax barmonies célestes ! Je veux te réveiller de ton assoupissement ; daigne écouter mes paroles. Tout passe, hormis la vie consacrée à Dieu, et lui seul doit être célébré sans fin. »

Cette traduction renferme aussi des rimes spirituelles, et le premier chant d'un poëme intitulé : « l'Univers ou Création du monde, son origine et ses développements dans celui de l’Église du Seigneur. >

Dans l'édition de 1621 les psaumes sont au nombre de soixante. Puis, en 4631, on imprima : Z sacri Salmi messi in rime itgliane, par Jean Diobari, sans date, mais avec ancre et le hin, marque ordinaire des Alde : dans cette édition, il y en a cent cinquante. Une édition datée de 4650, des soixante psaumes anciens, contient un grand nombre de prières et d'explications de cérémonies. Puis, en 1683, parurent à Genève : Cento Salmi di David, traduits en rimes vulgaires italiennes suivant la vérité du texte hébreu, avec le cantique de Siméon et les dix commandements de la loi, le tout avec le plain-chant noté. Ce sont les anciens soixante, augmentés des quarante de Jean Diodati, de bienheureuse mémoire. Dans l'épitre placée en tête, qui contient les invectives habituelles contre les catholiques et contre la consécration, Diodati annonce qu’ila déjà publié un livre sur les prières qu'on doit réciter ‘ dans les assemblées dominicales, et sur la manière d’admimistrer les sacrements et de consacrer le mariage. Il vante beaucoup les effets produits par la musique. Son livre eontient aussi l’oraison dominicale, des prières avant et après le repas, ainsi que pour tous les dimanches, pour les jours de cène, et enfin une profession de foi, rédigée

d'accord avec les fidèles de France. Le tout est en italien. En 1840, la Société biblique a fait imprimer les Psaumes d'après fa version en prose de Diodati, avec une traduction en langue piémontaise (en lingua piemonteisa) placée en regard.

Plus tard, dans la Bibliothèque germanique (Amsterdam, 172%), à la page 231, nous lisons, sous la date de Genève : « Nous avons ici, depuis quelque temps, un savant homme « nommé M. Ferrari, Italien, qui depuis longtemps a em- « brassé la religion réformée, et s’est établi en Angleterre. « Il cherche des mémoires pour un ouvrage qu’il inti- « tulera l'Jfalie réformée, et dans lequel il traitera des « Italiens savants ou gens de considération, qui wp em- « brassé la religion protestante. » E

Voici donc un écrivain qui nous aurait précédé de plus d'un siècle. Il s’agit probablement de Dominique-Antoine Ferrari, jurisconsulte napolitain, intendant de la maison du comte de Leicester, celui-là même qui, en 1744, déposa au collége de Saint-Jean, à Cambridge, la copie de l'édition originale du Zraité du Bienfait du Christ, qu'on crut ia seul eexistante. Ferrari avait lui-même envoyé, en 1720, un exemplaire des Cent Considérations de Valdès à un NeuchAtelois dont nous ignorons le nom, lequel fit une annotation sur ce livre. C'est la seule copie qui nous soit parvenue de cet ouvrage. On y lit en francais que Ferrari est original (sic) de Naples, naturalisé Anglais, docteur en théologie de Cambridge, et gouverneur de M. Cock, gentilhomme anglais. Si c'est bien lui, nous serions redevablesau même Italien de la conservation des deux ouvrages de Valdès, qui firent bien du bruit alors, etquien ont fait de nouveau de nos jours.

Nous avons, de l'année1708, la lettre originale d’un trère

Ferrari et Ghicardini,

Aurelius Ghirardini, servite de Bologne, par laquelle offre au gouvernement de Genève sa propre Run 2

« Serenissime Princeps, excellentissimi patres,

« Fidem vestram tueri cupio, serenissime princeps, excellentissimi presidentes; sanguinem ad vestram religionem defendendam sum effusurus, et mei ingenii tenebris splendorem ipsius adaugere peropto. Fidem homini ‘contra fidei dogmata insequuto præstate. Debito abundant rubore characteres, licet atramenti colore funesto nigrescant; vestram enim pietatem implorant, que absque dubio, quamvis in celsitudinem conscendat humgnitatis, quamvis maxima sit, tamen adeo grata est, ut absque precum effusione ab omnibus impetretur : in hoc non recedens a solis generositate, qui tam colium celsitudini quam vallium humilitati lamen suum uberrime impertitur. Vere futuro proximo, vobis annuentibus, hic servitutem, quam verbis profero, operibus confirmabo; dummodo me vobis gratum fore, certiorem reddatis. Hoc temporis curriculam ab hujusce epistolæ éxaratione ad discessionem intercedet, « ob commoditatum inopiam , ab ærumnis et calamitati- « bus a me perpessis exortam et genilam. Nullam artem « mechanicam, ob natalium modicam claritatem, calleo. « Artes tantum liberales humilitate ingenii recolo, et « vestram solum humanitatem et æquitatem summe ve- « neror et agnosco. Vos humiltime precor, ut non ca- « lamo, sed mihi parcatis. Viginti duo anni ætatis meæ « jam evolarunt, et reliquum vitæ et laborum vobis, ves- « tre fidei consecrabo. Responsum et rescriptionem hu- « jusce epistolæ animo hilari exspecto. Ad majorem no- « titiam simul, et mei delitentiam, hic titulam mihi in

A A A A AA A RA fîaA A A A A a

rescriptione adaptandum subposui. Vobis Coelum 1llos tribuat honores, quos æque meritum vestrum appetit. Vobis, vestræ que religioni tribuat incrementum ; reipublicæ augmentum, nominisque vestri famam æternam. Dum in obsequii mei evidentiam vobis me ipsum consecro.

« Dominationis vestræ serenissimæ el perquam exc.

« Ab urbe Reggio, mensis decembris, anni 1705,

Humil["® et obsg”" famulus F. AurEL1us GHIRARDIM , ordinis Servorum.

« Titulus italo idiomate faciendus :

° Al p. f. Aurelio Ghirardini, servita bolognese della Madonna. A Reggio. .

A dater de 1795, l'Église de Genève déclara qu’elle ne voulait plus de maîtres humains, fussent même Calvin ou De Bèze; plus récemment, dans les conférences que l'Alliance évangélique tint pendant l’automne de 1861, beaucoup de pasteurs de cette Église affirmèrent qu'ils ne pouvaient adhérer à l'Alliance, parce qu'elle avait adopté une formule dogmatique ainsi conçue : « Je crois au Père, au Fils et au Saint-Esprit (C.). » :

Alors que la négation était poussée à ce point, nous avons été témoins d'un singulier revirement, dû au zèle de l'abbé François Vuarin, originaire de la Savoie, qui fut curé de Genève de 1808 à 1843. Ayant trouvé dans cette ville à peine huit cents catholiques, il entreprit d’en augmenter le nombre, en luttant vigoureusement avec le gouvernement et avec les ministres, composant des livres, les répandant partout, et multipliant les œuvres de bienfaisance. C'est ainsi qu'il introduisit à Genève les Sœurs de la charité et les Frères de la doctrine chrétienne, auxquels

pr

Réveil du e.

catholicisme Genève.

il confia la direction d'un hôpital, d’une école, d’un asile pour les orphelins, à une époque où les cathotiques étaient encore exclus des nombreuses institutions charitables de cette ville. Ce prêtre dévoué trouva de l'aide partout, non-seulement près des papes, mais même près de l'empereur de Russie, Alexandre I°". Il publia le jubilé de 1825, et y vit accourir cinq mille catholiques; à sa mort, il en laissa dix mille dans sa paroisse ; les écoles devinrent libres , les cérémonies publiques, et les prédications solennelles. Nous en avons été nous-même plusieurs fois édifié, et nous avons pu apprécier la piété des assistants. Son œuvre a été continuée par son successeur, monseigneur Mermillod, qui, tout récemment élevé à TÀ dignité d’évèque auxiliaire de Genève, disait : « Au nom de Pic IX et de Jésus-Christ, je suis dans la ville, à travers les rues de laquelle François de Sales ne put passer que travesti, et quelquefois non sans danger pour sa vie. Maintenant je la parcours en toute liberté, en habit d’évéque : j'y suis salué et vénéré, et sur mon chemin je bénis les petits enfants, comme faisait Jésus-Christ. J'ai douze) prêtres : je n’ai encore ni séminaire ni chapitre, mais j'espère les y établir bientôt. Les Frères de la doctrine chrétienne instruisent librement la jeunesse; les Sœurs de la charité traversent les rues avec la modestie de leur innocence. Dans cette cité qui se glorifiait d’être la Rome protestante, le jour de Noël, j'ai compté plus de trois mille communions. Sur cinquante mille habitants, elle a vingt mille catholiques, et une magnifique cathédrale s'élève en ce moment sur une de ses principales places”. »

(1) Cette magnifique cathédrale est aujourd’hui terminée, grâce au zèle de l’éloquent évêque, qui a su intéresser à son œuvre tous les catholiques de l'Europe. (N. des treducieurs.)

(A.) En voici la liste :

Martin Muralt, noble, et Lucie Orella, sa femme, et leurs quatre filles.

Thadée Duni, noble, sa femme Elisabeth, deux filles, et Jean- Jacques son frère.

Louis Ronco, noble, Marie son épouse et trois enfants.

François-Michel Appiano avec sa fille.

Baptiste Cozolo et Bernardin son fils.

Protais Postcollonia, Francoise sa femme, leur fille, et Barthélemy son frère.

Jean-Jacques Zareto (ou Cereto), Catherine sa femme, leurs trois enfants, et Catherine la mère de Zareto.

Louis Orelli, fils de Gioaneto, Apollonia sa femme, etleurs trois enfants.

Jean-Antoine Rossalino, Élisabeth sa femme, Jéròme, Laurent, et trois autres enfants. .

Pierre Toma, fils de Jean-Marie, Francoise sa femme, et leurs cinq enfants.

Sébastien Toma, Claire sa femme, avec leurs deux filles, Marthe sa sœur, Jean.

Zannino Raffagno et Catherine sa femme.

Évangéliste Raffagno, Marguerite sa femme,et leur fille.

Jean-Antoine Riva, Madeleine sa femme, maitre Nicolas, Bernardin et Anna leurs enfants, et trois autres.

Lucie, femme du seigneur François de Gavirate.

Maitre Baptiste Cereto. e

Francois Verzasca, Catherine sa femme, et une fille.

Jean-Antoine et Barthélemy Verzasca, leurs deux sœurs, et les trois filles de celles-ci.

Philippe Appiano et ses trois enfants; Parisio, sa femme et quatre enfants; Catherine et ses trois fils; “Sébastien, sa femme et ses deux fils. |

François Appiano, fils de Nicolas, sa femme et deux filles;

Charles Appiano, frère du précédent, et sa femme. . André Fasolo.

Jean Muralt, Barbara sa femme; Jean-Jacques leur fils, et trois filles.

Andreolo Andreoli, sa femme, et deux fils.

Jean-Baptiste des Baldi, sa femme, et Thomas Baldi.

Albert Trevano, sa femme, et Albertino; Pierre-Paul Trevano, sa femme, et trois fils.

Maître Jean-Antoine Pairano, Bernardine sa femme, et leurs deux enfants.

Barthélemy et Philippe Orello ; Francois, fils de Guffrino Orelli ; Marguerite sa femme, et leur fille; Francoise leur sœur.

Baptiste Orelli, fils d'Alexandre, sa femme, et quatre enfants.

Barthélemy Cattaneo, fils d'Orello.

Baptiste Albrizzi, Jeanne sa femme, et deux fils.

Jean-Antoine Muralt, Lucie sa femme, et Madeleine leur fille ; Catherine ; Anne, femme de Paul Orelli.

Jean Riva, fils de Francois.

Jean-Louis Francioso, et son fils.

Jean-Ange Lancelotto, Suzanne sa femme, et leurs cinq enfants.

François Romerio, et sa mère.

Francois Rozzoli, fils d'Antoine.

Jean Gordulino.

Maître Jean-Pierre Taddei, fils de Jean-Antoine.

Damien Porcio. ”

Philippe Mercazio, sa femme, et leurs enfants.

Jeanne, femme de Jean-Baptiste Rabazotini.

Étienne Pebbia, sa femme, et trois enfants.

Jacobine, femme de Pierre Ragazzi, et leur fils.

Maître Frangois Albertini, sa femme, et quatre enfants.

Antonia, fille de Bernard Benada de Gavirate.

Marguerite, femme de Luigino Ronchi, et Louise, sœur de ce dernier.

(B.) Jean-Jacques Rousseau ne faisait que donner une couleur légale à ces doctrines, lorsqu'il soutenait qu'il appartient au gouvernement d'établir la religion civile ; que le souverain, sans pouvoir obliger personne à croire les articles de la foi civile, peut bannir quiconque ne les croit pas. « Que si quelqu'un (dit-il), « après avoir reconnu publiquement ces mêmes dogmes, se con- « duit comme ne les croyant pas, qu'il soit puni de mort; il a

« commis le plus grand des crimes, il a menti devant les lois. » (Contrat social, livre [V, chap. 8.)

Ernest Renan, appréciant le livre de Bonnet sur Calvin, a longuement parlé de ce dernier, trouvant son intolérance tout à fait naturelle. Nous en extrayons les passages suivants : « Cette âpreté inflexible, qui doit faire le caractère essentiel de l’homme d’action, Calvin l’eut mieux que personne. Je ne sais si l’on trouverait un type plus complet de l'ambitieux, jaloux de faire dominer sa pensée, parce qu'il la croit vraie. Nul soin de la richesse, des titres, des honneurs; nul faste; une vie modeste, une apparente humilité; tout sacrifié à l'envie de former les autres à son image. Je ne vois guère qu'ignace de Loyola qui puisse lui disputer la palme de ces terribles emportements; mais Loyola y mettait une ardeur espagnole et un entrainement d'imagination qui ont leur beauté; il resta toujours un ancien lecteur de l’Amadis, poursuivant, après la chevalerie mondaine, la chevalerie spirituelle, tandis que Calvin a toutes les duretés de la passion sans en avoir l'enthousiasme... Il est surprenant qu’un homme, qui dans sa vie et dans ses écrits se montre à nous si peu sympathique, ait été en son siècle le centre d'un immense mouvement, et que ce ton âpre et dur ait exercé sur l'esprit des contemporains un si grand prestige. Comment, par exemple, une des femmes les plus distinguées de son temps, Renée de France, en sa cour de Ferrare, entourée de la fleur des beaux esprits de l’Europe, fut-elle éprise de ce maître sévère, et engagée par lui dans une voie qui devait être semée de tant d’épines?.....

« La conséquence inévitable du caractère et de la position de Calvin était l'intolérance..... C'est, au premier coup d’eil, une étrange contradiction que celle de Calvin réclamant avec chaleur la liberté pour lui et les siens et la refusant aux autres.

« Mais en réalité cela est tout simple ; il croyait autrement que les catholiques, mais il croyait aussi absolument qu'eux. Ce qu'on regarde bien à tort comme l'essence du protestantisme naissant, la liberté de croire, le droit individuel de se faire à soi-mème son symbole, n’a guère été entrevu au XVIe siècle.....

« Ce zèle violent qui entraine l'homme convaincu à procurer le salut des âmes par des moyens de haute lutte, et sans tenir compte de la liberté, éclate dans toute la correspondance de Calvin... Comme les catholiques, Calvin ne réclame pas la tolérance au nom de la liberté, mais au nom de la vérité. » — Ses violences contre Servet, Bolsec, Gruet, Gentilis ct autres n’éton-

naient alors personne; elles étaient en quelque sorte de droit commun. |

« La modération et la tolérance, vertus suprèmes des âges critiques comme le nôtre, ne sauraient être le fait d’un siècle dominé par des convictions ardentes et absolues....... C'était la foi du moins qui, en Espagne et dans les Pays-Bas, allumait les bûchers et dressait les échafauds. Ces hécatombes offertes à la divinité (c'est-à-dire à ce qu'on croyait tel) ont leur grandeur, et il ne faudrait plaindre qu'à demi ceux qui succombèrent dans cette lutte grandiose, où chacun combattait pour son Dieu : la foi les immola, comme la foi les soutint.....

« Comment croire à demi ce pourquoi l’on est proscrit ? Quelle est la foi chancelante qui ne deviendrait fanatique par la torture? La jouissance de souffrir pour sa foi est si grande qu'on a vu plus d'une fois les natures passionnées embrasser des opinions pour avoir le plaisir de s'y sacrifier. » (Études d'histoire religieuse, pag. 340 à 352.)

(C.) En 1865, à Uster, canton de Zurich, le pasteur Vôgelin scandalisa tellement les orthodoxes par ses hardiesses, que soixante ministres zurichois lui opposèrent une déclaration publique, où ils l’accusent de n'avoir ni prédication, ni doctrine chretienne évangélique ; d’ébranler l'autorité de l’Écriture sainte et le respect des peuples pour les documents sacrés de la révélation; de nier absolument la divinité et la sainteté de Jésus-Christ et ses miracles; d’abaisser indignement le rôle des apôtres; de faire un usage arbitraire des déclarations du Sauveur; de caractériser la doctrine d'une façon légère et irréfléchie, etc., et ils invoquent l’autorité supérieure de l’Église pour réprimer sa parole.

Il avait pour supérieur le conseil communal d’Uster, qui répondit que ces pasteurs n'avaient point qualité pour déclarer fausses les doctrines de Vogelin; que celui-ci usait de son droit de liberté, comme eux usaient du leur; qu'ils devaient s'appliquer à remplir les devoirs de leur ministère, et s'abstenir de donner des conseils.

Il existe aux archives de Genève, en italien, un Livre des mémoires divers de l’Église italienne, recueillis par mot, Vincent Burlamacchi, à Genéve, MDCL. Nous en extrayons ce qui se rapporte à notre sujet :

Suit la liste des noms d'Italiens, qui sont venus habiter dans cette ville de Genève, et y ont fait profession de la religion réformée : on y trouvera en plus l’année de leur arrivée dans cette ‘ ville.

1550. — Joseph Fogliato de Crémone. Barthélemy Roncado, de Plaisance, et sa femme.

Je ne reproduis ici que les noms inscrits sur les registres, bien que très-certainement tous les émigrés n’aient pas été enregistrés. La preuve en est que dès l’année 1551 on en députa quelques-uns . pour veiller au soulagement des pauvres : ce qui démontre que, alors déjà et bien auparavant, il y avait un certain nombre d'Italiens ici. La réunion pour les prédications commença en 1552, époque à laquelle arriva de Bâle Celse Martinengo, qui fut notre premier pasteur.

4551. — Galéas Caracciolo, marquis de Vico au royaume de Naples (monsieur le marquis), accompagné de son domestique, Antoine.

Giovanello Connello, de Reggio de Calabre. Lactance Ragnone, de Sienne , noble siennois. — Francois Tedisco, de Messine. — Paul Buonaria. — Vincent de Roccia. — Jacques Tomasini, de Sienne, et sa femme. — Lazare Ragazzo, de Crémone, et sa femme. Francois Santa, de Cremone, et sa femme. — Joseph Fossa, de Crémone. — Paul Gazo, de Crémone. — Nicolas Fogliato, de Crémone. — Ambroise Varro, Piémontais. — Michel Varro, Piémontais. — Simon Pauli, de Florence. — Thomas Pueraro, de Crémone, et sa femme.

1552. — Celse Martinengo, comte brescian, premier ministre.

Bernard Loda, de Brescia, et son domestique. — Joseph Fenasco, ®

de Crémone. — Alphonse Maluzzano, de Ravello. — Louis Manno, de Sicile. — Jean-Paul de la Motta. — Jean-Aloys Paschale. — ino Roccia, de Capoue. — Francois Gazino, de Dragonesi. — n-Thomas Gazino, de Dragonesi. — Les frères Francois et Sébastien Sartoris, de Chieri, avec deux sœurs. Bernardin Susanno, de Plaisance, avec sa femme et ses deux enfants.

1553. — François Marchiolo, de Crémone, avec sa femme et leurs cinq enfants. — Jean-Antoine Pellissari, de Mussa (sa femme et ses quatre enfants). Jérôme, de Milan. — Sylvestre Tellio, de Foligno, avec sa femme. — Fabius Tedesco, de Reggio en Calabre. — Simon Fiorello, de Caserte, catéchiste, puis ministre à Tirano. ( Vers 1559) Jean-Bernardin Ventimiglia. — Nicolas Giustiniano. Bottini, de Genève, et sa femme.

1554. — André Rubatto, de Coni, avec sa femme. — Thomas Portughese, avec sa femme et ses cinq enfants. — Jacques Milanese, etc. — Georges Miol di Pancabero, avec sa femme et ses cinq enfants. — Jean-Paul Alciati, Piémontais. — Étienne Rivorio, de Cavorre.— Dominique Fiorentino.— Andre di Verto, de Salasco. Nicolas Carignano, de Carignano. — Boniface Morena, de Cavorre, avec trois enfants. Godefroi Morena, de Cavorre, avec sa femme et quatre enfants. — Jcan-Pierre, Milanais. — Antoine Gazzino, Piémontais. — Constant Gazzino et sa femme. — Joseph Bondiolo, de Crémone, sa femme et deux enfants. — Jules-César Paschali, de Sicile, et sa femme. — Antonio del Buono, de Novarc, sa femme ct cinq enfants. — Jean del Buono, de Novare, cordonnier, sa femme et cinq enfants. — Jeanne Cottina, de Racconigi, avec ses quatre enfants. — Anselme Quaglia. — Tonino Tomasini. —

- Godefroi Mozino. — Hippolyte Carignano. Jean-Baptiste Guazzone. — Jean Ugali, de Vérone, et sa femme. — Pierre Cierigino. — Jean- Antoine Merenda. — Georges Scarparo.

En poursuivant, nous ‘trouvons qu'en 1555 soixante personnes s'enfuirent d'Italie à Genève, principalement de la Calabre; en 1556 trente-six, au nombre desquelles sept de Lucques, avec la famille Balbani.

En 1557, il y eut trente-neuf émigrés, parmi lesquels Godefroi Varaglia, de Bosco, Apollonie Merenda, de Cosenza, et le fameux Georges Biandrata.

En 1558, il y en eut trente-cinq, dont sept Espagnols.

En 1559, quarante-scpt; dix-neuf en 1560, parmi lesquels André da Ponte, frère du doge de Venise; vingt-deux en 1561 ; trente-six

RC 1562, parmi lesquels Castelvetro et Fauste Socin; en 1563, ‘c@aquante-trois : total, des réfugiés dans l’espace de trente années,

environ quatre cents, la plupart Italiens. Revenons au registre de Burlamacchi!. :

= On a trouvé un memento duquel il résulte que les premiel catéchismes ont été faits dans la salle du Collége, salle qui servait à la célébration des baptèmes et des mariages; et que le nombre des Italiens augmentant chaque jour, le local de ladite salle du Collége étant insuffisant pour célébrer la sainte Cène, un arétér du conseil en date du 43 juin 1555 prescrivit qu’on ferait les prédications et qu'on célébrerait la sainte Cèriîà la Madelaine, le diman che, à la suite de celle des Francais, et à l’heure habituelle du premier prèche.

Voici la liste de ceux qui ont exercé le saint ministère dans l'Église italienne, trouvée dans la ville de Genève :

1552. — Le comte Celse Maximilien Martinengo de Brescia arriva dans cette ville au mois de mars 1552, et peu après fut installé ministre de l'Église italienne. Il mourut le 12 août 1557.

1551. — Lactance Ragnoni de Sienne, arrivé à Genève au mois de juin 1551 (d’abord catéchiste), fut recu ministre dans l'Église le 24 octobre 1557. Il mourut le 16 février.

1559. — Ne pouvant obtenir comme ministre Jérôme Zanco, ni même M. Emmanuel, après de longues démarches, Nicolas Balbani de Lucques, arrivé à Genève en juillet 1557, fut reçu ministre dans l’Église le 25 mai 1561. Il passa à une meilleure vie le 2 août

1577. — Jean-Baptiste Rota de... en Piémont fut reçu dans notre Église le 20 aoùt 1577, et sa démission fut acceptée le 20 juillet 1589, sur le désir qu’il avait manifesté de se retirer en France.

1590. — Jean-Bernard Bosso, Piémontais de nation, étant venu à Genève en 1578, fut recu ministre dans l’Église italienne le 20 mai 1590. ll passa à une vie meilleure le 5 décembre 1612.

(1) La liste a été imprimée, mais avec beaucoup d'erreurs, dans l'ouvrage de Gaberel, tome I, page 211 des notes, et va jusqu’en 1612, année sous laquelle est mentionné Jean Louis Calandrini fils de Jean. Four en citer quelques-uns, nous avons à l’année 1563, Baptiste Curti du lac de Côme, Pierre Casale et André Casale de Gravedona, Jean André Rocca de Brescia, Étienne Barbieri de Soncino, Antoine Capellaro de Modène. En 1568 émigrèrent plusieurs personnes de Montacuto de Calabre et divers Piémontais s en 1565, Évangéliste Offredi de Crémone; en 1567 et 1568, Pierre Duca d'Alba, François Micheli de Crémone, Gothard Ganale de Conegliano; en 1573, Nicolas Tiene de Vicence, Galéas Ponzone de Crémone ; en 1577, Jacques Puerari de Crémone; en 1580, Jacques Antoine de done de Brescia: en 1589, Jcan Georges Pallavicino, Hippolyte et Louis ot de Valteline.

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1612. — Jean Diodati, d'origine lucquoise, né à Lucques le

juin 1576, fut recu ministre dans l'Église italienne le 20 dé-

bre 1612. ==

Au sitele suivant, dans la succession des pasteurs italiens, nous trouvons Benoît Turrettini de Lucques, Jacques Sartoris et Jacques Leger, tous deux Piémontais. — François Turrettini. — Fabricius Burlamacchi; Benoît Calandrini, Michel Turrettini, tous d'origine lucquoise; Antoine Leger, le dernier des pasteurs italiens, exerca le ministère jusqu 'enfguss ; ; passé cette époque, la langue française devint si familière aux émigrés, qu'il ne fut plus besoin d’une Église spéciale. Burlamacchi donne aussi la liste de ceux qui furent anciens ou administrateurs des pauvres.

Dans les archives du Conseil d'État à Genève, on trouve les autres annotations suivantes sur le registre du consistoire, lequel va jusqu'en 1612.

1551. — Le marquis Galeace Caracciolo, arrivé ici en 1554, travailla avec M. Calvin pour établir l’Église et l'ordre de la prédication ordinaire, y ayant déjà grand nombre de familles. 11 alla querir à Bâle le comte Celso Massimiliano Martinengo, fameux auparavant pour ses prédications en Italie et compagnon de Martyr à Lucques, qui arriva ici en mars 1552, et y fut établi ministre des Italiens, étant examiné par la compagnie des pasteurs.

4555.— On prècha au commencement, et on fit les catéchismes en la salle du Collége vieux : et l'assemblée étant fort accrue en 1555, par arrêt du Conseil du 13 juin fut dit qu'on ferait le prèche italien pour la sainte Cène à la Madelaine, le dimanche suivant la Cène des Français à 8 heures du matin.

1556. — En l'assemblée générale de mars 1556 on établit pour adjoints du pasteur 4 anciens, dont ledit marquis fut le premier, pour la conduite de l'Église comme corps de consistoire qu'on appela Collége, avec 4 diacres pour administrer les aumònes. Les règlements dudit Collége se trouvent renouvelés le 8 mai 1364. Lesdits anciens avaient charge de visiter fréquemment les familles, se partageant les quartiers. Item les malades. Il y en avait toujours deux, établis sur les différences, pour les accommoder. Un ou deux sur les écoles qu'on dressa.

‘ On établit pour catéchiste dès devant Simon Fiorello, et on expliquait un petit formulaire, et un plus grand à certaines heures. En 1556 Lattantio Ragnone, noble siennois, faisait aussi des caté-

Ca Dès le commencement on eut 50 psaumes, qu'on imprima

2056 augmentés. Tous ceux qui arrivaient d'Italie se présentaient

au consistoire et tant connus de leur instruction, ils étaient in-

corporés en la communion de l’Eglise, se soumettant à la confession de foi et à l’ordre de la discipline. Ceux qui n'étaient pas suffisamment instruits étaient renvoyés aux catéchistes. i

téchismes italiens, au temple ou auditoire de S. Marie, dont il y eut quelques démélés avec les Anglais pour l'heure, et tout fut remis à M. Calvin. Des cette année on fit la dépense du plancher pour ledit auditoire par résolution du 3 mars 1557, et de quet ques bancs pour les femmes en novembæÿ1558, et de plancher les chapelles y mettant des bancs, janvier 1559.

1551. — Dès le commencement de 1551 jusqu'à la fin de 1553, furent élus entre les Italiens pour le soin des pauvres qu'ils assistaient de leurs deniers, Nicolas Fogliato de Crémone et Amédée Varro, Piémontais.

1554. — Pour les pauvres en l'assemblée générale du 4 janvier 1554, furent députés Simon Fiorillo et Nicolas Fogliato, et eu janvier 1555 leur fut adjoint Jean Paul Alciati.

1556. — Pour l'entretien des ministres et des pauvres, il y avait une règle dressée de ceux qui volontairement s'y obligeaient selon leur pouvoir, et depuis ceux de la nation y ont toujours pourvu à ses frais, comme aussi pour les maitres d'école et un chantre à gages. Le chantre pour 8 écus. =

On trouve aux mêmes archives cette note du mois de mai 1558 : « Sur ce qu'on découvrit que Valentino Gentili, Giovanni Paolo Alciato, Giorgio Biandrata et d'autres suutenaient des discours comme ne sentant pas bien des trois personnes en une scule divinité essentielle, ct troublaient la paix de l'Église semant des opinions erronées, par l’avis de M. Calvin et des pasteurs de la : ville, et du pasteur et consistoire italien fut dressée une confessig® de foi spéciale là-dessus, étendant ce qui est plus réservé en la confession ordinaire de Genève, laquelle fut souscrite en une congrégation générale le 18 de mai, en présence du quatrième syndic M. Chevalier (commis au nom de la scigneuric des pasteurs français) par la plupart des membres de l’Église, et par le reste en d'autres jours suivants; et le 23 mai par six de ceux qui y faisaient difficulté, Silvestro Teglio, Filippo Rustici, Francesco Porcellino, Nicolò Sardo, Valentino Gentili, Hippolyte Gallo. »

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