‹ Les hérétiques d'Italie (volume 2)Chapitre 25 sur 29 · ROTES ET ECLAIRCISSEMENTS AU DISCOURS TII · texte numérisé non relu

ROTES ET ECLAIRCISSEMENTS AU DISCOURS TII

arrive à ce degré de connaissance qui lui permet de dire avec conviction et entière liberté: Je sais et je crois; il acquiert la double foi de rhomme et du chrétien. La connaissance suffisante du vrai intelligible et sur^teliigible^ qu'il a reçue de la parole enseignante, rend intime sa persuasion raisonnable, son obéissance. Ayant appris par l'enseignement ecclésiastique les vérités rationnelles et les dogmes mystérieux de la religion, il admet les premières à eause de leur évid^ice, et, guidé par la lumière qu'elles-répandent, il croit à l'autorité de la parole révélatrice qui les exprime et les accompagne ; il croit aux mystères incompréhensibles sur la garantie digne de foi de ceux qui les enseignent. Ainsi l'homme, qui par la grâce du premier rite était chrétien in habiiu, le devient tn a4itu; il prend librement possession de l'idée parfaite, et entre avec elle dans la naturalisation spirituelle qui lui a été conférée au céleste royaume. Nul ne peut détermmer l'instant précis et le mode spécial de cette opération dans chaque individu; car la vérité absolue et multiforme du christianisme peut influer sur l'esfHrit de mille manières diverses, et l'impression divine qui accompagne et accroît réfficacité de la vérité peut s'adapter diversement au caractère particulier de l'enfant et aux conditions dans lesquelles il est placé. Mais ce qui est clair et manifeste, c'est que la foi chrétienne et la foi rationnelle dans l'enfuit bien élevé ne sont jamais précédées de l'analyse, du doute, de l'examen, et que la méthode cartésienne et protestante est également contraire à la religion et à la nature. Dans les deux cas, on anéantit la foi par le scepticisme, afin de pouvoir la refaire par Texamen; on renonce à la possession d'un don précieux, reçu par l'éducation, et l'on encourt le risque grave de ne pouvoir plus lé retrouver, à la façon de celui qui, ayant en main un trésor nécessaire à sa vie ^ le jetterait dans la mer pour avoir le plaisir de le repêcher, au prix de grandes fatigues et au risque de se noyer. En vérité la foi, qui est l'innocence de l'esprit, est, comme celle des moeurs, plus facile à conserver qu'à recouvrer lorsqu'on l'a perdue, pourvu qu'on use de la vigilance nécessaire. La foi est la vie des âmes, qui, de la même manière que les corps, ne peuvent sortir d'un sommeil mortel et ressusciter sans un miracle. » GioBERTi, Introduction à V étude de la Philosophie»

(C) « L'esprit moderne s'est montré fort sévère à l'égard du cénobitisme. Nous avons . oublié que c'est dans la vie commune que l'âme de l'homme a goûté le plus de joie. Le cantique « Oh ! qu'il est bon, qu'il est charmant à des frères d'habiter ensemble ! » (Ps. GXXXIIl ) a cessé d'être le nôtre. Mais quand l'indi-

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vidualisme moderne aura porté ses derniers fruits; quand Ihu* manité» rapetissée^ attristée» devenue impuissante^ reviendra aux grandes institutions et aux fortes disciplines; quand notre mes quine société bourgeoise» je dis mal» notre monde de pygmées, aura été chassé à coups de fouet par les parties héroïques et idéalistes de Thumanité , alors la vie commune reprendra tout son prix. Une foule de grandes choses» telles que la science^ s'oi^ ganiseront sous forme monastique, avec hérédité en ddi<»s du sang. L'importance que notre siècle attribue à la famille diminuera (! ). L'égoïsme» loi essentielle de la société icivile, ne suffira pas aux grandes âmes. Toutes, accourant des points les plus opposés» se ligueront contre la vulgarité. On retrouvera du sens aux paroles de Jésus et aux idées du moyen âge sur la pauvreté. On comprendra que posséder quelque chose ait pu être tenu pour une infériorité, et que les fondateurs de la vie mystique aient disputé des siècles pour savoir si Jésus posséda du moins « les choses qui se consomment par Vusage ». Ces subtilités franciscaines redeviendront de grands problèmes sociaux. Le splendide idéal tracé par Tauteur des Actes des Apôtres sera inscrit comme une révélation prophétique à l'entrée du paradis de l'humanité. » (Renan, Les apôtres, pages 131 à 133.)

(0) Bebnino, HisUdre des hérésies, XVfl*' âècle, ch. 9.

Un grand nombre des livres prohibés à cette époque ont trait à la mystique. Tels sont en italien : Le trésor mystique révélé à tàtne aspirant après l'oraison contivuelle, ayant pour auteur un prêtre génois (condamné en 1605). — Progrés de Vâme dans h ^lemm de la foi pure, de Jean-Paul Roechi (défendu en 1687 ]. — Petrucci Pierre Mathieu, Lettres et traités spirituels et mystiques, — Énigmes mystiques dévoilées. — La contemplation mystique acquise. -^ Le néant de la créature, le tout de Dieu (condamnés en 1686). Alphabet littéral, fantastique, mystique, acquis, contemplatif, réponse circulaire à une religieuse pusillanime dans Vexercice de la contemplation mystique acquise ( prohibé en i 687 ) ;

Deuil spirituel pour les paxwres âmes du purgatoire (défendu en 1703).

Dialogue de la beauté et moyen de bien se sa^ir des fenêtres de Vàme (défendu en 1733).

Un grand nombre de livres de dévotion de Michel Cicogna, tels que : V Ambroisie céleste, ou nounHture suave de Vâme contemplative. — Source du divin amom\ — Jésus-Christ aimant. — Flammes^ de Vamour dicin dans Vàme désireuse de faire le bien.

Et de Jean Falconi : Alphabet pour savoir lire en Christ. — Lettre

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