PIÉMONT. LES VAUDOIS SUBALPINS
vrages partout ailleurs très-rares, fut fournie principalemeut par le colonel Beckwith, qui dépensa plus de deux cent mille francs pour la diffusion de l'instruction parmi les Vaudois. Lorsqu'en 1842 les maîtres d'école des vallées se réunirent pour une fête, au sommet d'une montagnej, au retour chacun d'eux portait une branche de rose des Alpes : arrivés à Torre, tous en détachèrent une fleur, et l'offrirent à Beckwith.
Les Vaudois pouvaient posséder, être notakes, architectes, chirurgiens, procureurs, pharmaciens, administrateurs de la commune, mais seulement chez eux. Ces restrictions cessèrent le 17 février 1848, lorsque, la constitution ayant été octroyée au royaume de Sardaigne, les Vaudois furent assimilés aux autres citoyens. En juillet 1849» les Protestants de Turin demandèreat à se réunir avec l'église Vaudoise/ ce qui fit donner à cette congrégation, le nom de paroisse Vaudoise ; en 1853, un temple nouveau fut ouvert dans cette ville : favorisés par les circonstances et les raisons politiques, les Vaudois érigent ailleurs des égMses, impriment des journaux *, font des prosélytes, inspirent tour à tour des craintes et des espérances. Depuis 1856» quelques-uns ont commencé à émigrer en Amérique ; ils ont fondé dans la République arientale de l'Uruguay une colonie, dite du Rosaire, que le travail et beaucoup de moralité ont jusqu'ici fait prospérer.
{i)VÉ€hoé$sVaUée8; la Sonne nùuvdle ; tesSùirées Vauâoises, etCi Nous en reparlerons au JHscwrs Y du tome Y.
NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS
AU DISCOURS Tin.
(A) Ce point est également soutenu par le protestant J. J. Herzog (Le origine et fnisHno 9tatu Wàldenskan se&mdiumanti' qmssima eonxm scripîa ctim libris oatholiGoruim ejusdem (m, côUata, Halle, 1849), qui a analysé tous les manuscrits yaudois des bibliothèques de Genève, Lyon, Paris, Cambridge, Dublin. Le même a publié à Halle, en 1853, Die Bomaniichen Waidetiser, ihre vcrrefermatorichen Xustaende uni Lehren, ihre Befmnation im sechszehentenJahrhundert, tmd die Buckmrkungen der- $elben, nach ikren eignen Schriften dargestelU. Bien que protestant, il yeut prouver que les croyances des Vaudois se sont considérablement modifiées, en s'écartant graduellement de celles de l'ÉgUse catholique, et qu'ils ont adopté les opinions des Hussites.
De son côté A. W. DieckhofT (Die Waîdenserin MUtelalter, zwd histcrische Untenuiehungen, QœtHnge \HM), tend à prouver que les divers écrits que Ton rapporte ordinairement auxcomn^ncements des Vaudois sont une simple imitation des Hussites. Ces écrits seraient : L'Anticristo, Aiço es la causa del nostro âespartimentde ia Gksia [romana, avec la date de 1 120, et la Nobkt Leizm de 1 100. De toute manière ils seraient bien postérieurs à répoque apostolique à laquelle quelques-uns feraient remonter ces croyances; mais la bonne critique ne reconnaît pas une aussi grande antiquité au premier de ces ouvrages, dans lequel est cité le nom d'Augustin Trionfo qui est mort en 1328, et n'est probabkmen qu'une traduction d'un travail des frères Bohèmes portant le même titre. Quant à la JVd62a Letion, on ne peut la placer qu'à la fin du iZ^ siècle.
Voir Charvâz, RechercJies historiques sur l'origine des Vaudois^ et caractères de leurs doctrines primitives. Paris, 1836. Il est étrange que frà Paolo Sarpi, après avoir dit au commencement de son histoire du concile de Trente, que le monde entier obéissait à Rome, ajoute : a Seulement dans un petit pays situé au milieu
NOTES ET fCLAIRCISSEMENTS AU DISCOURS VIII. 517
des montagnes qui joignent les Alpes aux Pyrénées^ se trouvaient les restes des anciens Yaudois ou Albigeois. Mais il régnait parmi eux une telle simplicité et une telle ignorance des belles-lettres^ qu'ils n'étaient pas capables de communiquer leur doctrine à d'autres personnes. Outre cela, ils étaient en une telle réputation d'impiété et d'immoralité auprès de leurs voisins, qu'il n'y avait pas de danger que la contagion pût s'étendre à d'autres. »
(B) Le i3 juin 1560, saint Charles écrivait à Monseigneur de Collegnp, ministre du duc de Savoie, que le Pape avait a remis 20,000 écus es mains de Messire Thomas de Marini à Milan, qui doivent servir à la défense des Gantons catholiques contre les autres Cantons hérétiques qui voudraient offenser lesdits catholiques : et de ces 20,000 écus Son Altesse le duc en tirera tel profit, que^ les Cantons luthériens étant empêchés de faire la guerre aux catholiques, ils ne pourront venir au secours de Genève, quand Son Altesse ira l'attaquer. Outre cela. Sa Sainteté offre au seigneur duc de l'aider de 20,000 autres écus payables comptant dans les trois mois, quand il ira sus à Genève. Et de plus il enverra sa chancellerie, payée à ses frais, laquelle aura à servir S. A. pendant que durera l'entreprise contre Genève. S. S. pour la conduite de cette guerre, si elle devait durer plus que nous n'espérons, se contentera d'accorder quelques dîmes et encore la croisade, si besoin est. — S. S. rappelle à S. A. qu'il n'est pas à propos de désigner cetteguerre, en disant qu'elle est faite contre les Luthériens , mais seulement contre ses sujets rebelles, et pour recouvrer Genève qui lui appartient. Pourtant en cela il s'en remet au bon jugement de S. A. » Archives du Eoyaume.
On a imprimé l'instruction que la cour de Rome donnait au père Corona le 28 juillet 1621, lorsqu'il fut envoyé à la cour de Turin et à celle de France, dans le but spécial de pousser à une entreprise contre Genève, ville qui, n*ayant ni territoire ni dignité propres, ni mérite guerrier ou scientifique, n'a pas de raison d'être indépendante, tandis qu'elle est une sentine de maux pour l'Italie : elle devrait appartenir au duc de Savoie, salvo jure episcopatus. Le duc avait l'intention de l'occuper, mais il en fut empêcl^é par la guerre^ qui épuisa ses ressources. Maintenant le moment serait propice, mais il faudrait élire le pape comme chef de l'entreprise, pour qu'on n'accusât pas d'ambition le duc de Savoie. C'est vers ce parti qu'il £aut d'abord se tourner, puis s'il venait à échouer, ce serait vers le roi de France ; ^certes une fois gagné à la cause, le duc n'hésiterait pas. Il faut faire voir au roi combien le pape déske le rachat de Sedan, de la Rochelle^