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et obstinés, maïs ils finirent aussi par être réduits à l'obéissance, excepté trois qui forent exilés. D y retooiHa dans la suite en 1801 et pût purger Luseme ; les habitants deBibianaTOulurent que leur barbe Augu^in, moine italien, réfiigié chez eux et marié , pût discuter sur la Yérité de la messe; mais, lorsqu'ils étaient, soit lui, soit d*autres, serrés par Fargumentation, ils tournaient la chose en ridicule. L*archeYéque y entretenait toujours des missions, surtoutde capucins, et faisaitbeaucoup d'aumônes. En 16S0, le pérc GérOme de Hondovi restaura l'église de Perrero, ainsi que le presbytère; le père Ambroise de Moncalieri réunissait le dimanche les fidèles pour leur expliquer la doclrine; et les années suivantes le père Etienne de Turin relevait les chapelles détruites, ^instruisait, secourait. Le père Jean*Thomas de Bri fondait à Perosa un gymnase; le père Gér6me de Pamparato, en 1048, y retourna plusieurs fois pour empêcher que le fisc ne s'empar&t des biens destinés à ces missions. En 1623, rarchevêqne Chiglietti, visitant la vallée de Pragelat, 'soumise à la France, n'y trouvait plus aucun vestige de pratiques catholiques.
Marc-Aurèle Rorenco, co-seigneur de la vallée de Luserne et grand prieur de Saint-Roch à Turin , fit de grands efforts pour convertir les Vaudois ; sa mère le secondait, et il fut considéré, au dire de Léger, comme rinstrument le plus actif, le plus subtil, le plus efficace contre eux. En 1632, il imprima un « Récit de l'introduction des hérésies dans les vallées du Piémont > ; et en 1640 € Mémoires historiques de l'introduction des hérésies, dédiés au duc de Savoie > ; il dit dans la préface : « Agis- « sez et parlez; il y a des personnes qui se rappellent que « vos frères agissaient et parlaient autrement ».
Uuand, par le traité de Cherasco de 1633, le duc de
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Savoie Victor-Amédée recouvrait les damaines de ses aïeux, on revint aux édits anciens, qui éloignaient les Vaudois de Pignerol» et punissaient de mort ceux qui dépassaient les confins qu'on leur avait assignés.
Mais survinrent de nouvelles guerres, et €harles-Em- t^r. manuel, dans le traité de paix, dut ceSer encore aux Français Pignerol et la vallée de Perosa ; Louis XIV , le A août 1654, y prohibait l'exercice du culte vaudois, et remettait en vigueur les édits des ducs. Changeant alors leur patience en fureur, les Vaudois se réunissent en grand nombre dans les vallées de la Doire et de Pragelat, sous le commandement de Jean Léger, consacré ministre de Prali^ San-Germano et Rodoreto ; en: 1639, ils s'avancent dans la vallée du P6 en mettant tout à sac; leurs ministres et leurs femmes sont accusés d'incendies de monastères et d'églises, et d'assassinats comme celui du curé de Fenlle, que le meurtrier Berru déclara avoir commis à l'instigation d'Antoine Léger et d'autres Barbes.
Quant au duc, après des édits nombreux et inutiles, des concessions nouvelles et des rigueurs pour restreindre les Barbets dans leurs confins propres, il envoie }e marquis de Pianezza pour camper au milieu d'eux, pour occuper leurs châteaux et leurs habitations. Alors eurent lieu de terribles batailles : et dans Pune, à Bobbio, du 11 mars 1655, il périt cent soixante Vaudois et autant de catholiques; à Villar il y eut cinq cents morts des deux côtés; deux mille en tout, dit-on. En avril la vallée entière de Luserne était dévastée par l'incendie et la mort. Conduits par Léger, Giavanello et Jayer, qui tuaient tous les catholiques qu'ils pouvaient prendre, les Vaudois se rassemblèrent sur les rives de TAngrogna, vers les cimes les plus ardues; à la Vacherie et au Pré du Four, ils se forti-
S06 DiacooBs vin.
fièrent si bien qu'ils paraissaient invincibles, pendant qu'ils invoquaient l'aide de leurs cordigionnaires de toute l'Europe.
Confirmés dans leurs croyances par les persécutions, ils notèrent chaque jour ce qui leur arrivait; leurs fuites, leurs victoires, leur exil, ils ont tout raconté avec cette passion qui, en diminuant la vraisemblance, accroît l'intérêt. Et si aujourd'hui ce récit a tant d'attrait pour nous qui en sommes éloignés, qui sommes d'une autre croyance, que devait*il en être alors, et entre des coreligionnaires? Jean Le» ger, qui avait envenimé leur haine contre les Piémontais, et qui encore, au synode de Boissel, les avait déterminés à l'insurrection, a décrit ( espérons^le ) en les exagérant les persécutions qu'ils avaient souffertes, surtout dans Y Histoire des églises évangéligues dans les vallées duPié$»ant ( Leyde, 1669). Il y excitait Tindignation des Réformés de toute l'Europe en racontant que des vierges avalent été violées, des mères empalées, des enfants écrasés contre des rochers, des hommes attachés aux arbres la poitrine ouverte, après qu'on leur eut arraché le cœur et les poumons, et d'autres écorchés vifs ; que le sang avait coulé par torrents ; que le pays avait été incendié par Pianezza, rendu plus cruel par les excitations de certains religieux ; à cela s'ajoute l'attrait des dessins de ces martyres. Ce Tacite àe la secte transmit à ceux qui vinrent ensuite et le récit et l'indignation ; aussi parmi ses contemporains Charles-Emmanuel II passa pour un Néron, et fut à propos des pâques piémoniaises un objet d'horreur. On fit pleuvoir de la HpUande et de la Suisse les remontrances ; Cromwell, protecteur en Angleterre, faisait s^ner partout ses plaintes; Charles-Emmanuel répondait qu'il paraissait étrange de qualifier de barbares les châtiments paternels infligés à des sujets
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dont nul souverain n'aurait pu tolérer la rébellion ; quant à loi, il était disposé h pardonner par déférence pour le sérénissime protecteur. De tous côtés on fit des quêtes pour secourir les Vandois; on recudllit deux millions de Ihres en TAngleten^e; six cent quarante mille florins en Hollande. Cromwell consacra douze mille livres ster* ling par année à venir en aide aux églises des Vaudois, auxquels il ofHrit un asile et du terrain en Irlande.
Alexandre VU désapprouva les cruautés des Piémon* tais, et il en reçut mille éloges des gazettes hollandaises de ce temps ^ Enfin la Franee s'interpose; à Turin, le 31 juillet 16S5, fut rétablie la paix avec pardon général, et avec les concessions primitives; les terres que les Vaudois possédaient hors des confins forent échangées contre d'autres situées entre le Pellice et le Ghison.
Un ennemi à qui on laisse toutes ses forces intactes n'est pas vaincu ; aussi de nouveaux tumultes ne tardèrent pas à attirer de nouvelles guerres sur cette « terre maudite, sans moines ni madones ». Les colères étaient allumées par le grand nombre de ceux qui, dédaignant le pardon, s'étaient fixés en Suisse, et qui, commetous les bannis, agitaient leur patrie plus par vengeance que par désir d'y renU'er. Léger, qui avait été condamné à mort par contumace, ne cessait de blâmer tout acte du gouvernement, et de se plaindre aux princes protestants, en accumulant des calomnies et enréunissant des souscriptions, des armes et des deniers ; il ne cessa de se remuer josqu'à sa mort, à Leyde, où il était devenu parleur. C'est ainsi qu'on provoquait des cruautés dans les deux partis ( E ) ; à Turin on faisait des proQès et des condamnations, dans les vallées des in-
(1) V. Batlê, au mot Chigi, et ci*dessus,ps(g. 402.
508 DISCOURS Tnu
surrections» et en 1663 surtout il y eut beaucoup de morts ; Tannée suivante, par Tintermédiaire des puissances catholiques, on fût de nouveau la paix, et Charles-Emmanuel pardonne « malgré les qualités et les circonstances des offenses, des dommages supportés par les sujets fidèles, par nous et par la justice, malgré leur chute dans des crimes toujours phis grands >• uob uv. Peu après ( 1685), Louis XIV révoquait Tëdit de Nantes, 1^ par lequel Henri IV avait accordé en France la liberté du culte aux Calvinistes. A ce roi pape, à ce roi Meu, qui n'avait plus de sujets, mais des adorateurs, à ce roi que Bossuet félicitait à cette occasion avec les paroles que les évêques adressaient en commun à Tempereur Constantin, à celui qui avait réussi (ainsi que s'en vantaient ses adulateurs) à faire changer de religion à un million de sujets , et à réduire tout son royaume à une même croyance, on donna à entendre que lesreligionnaires fugitifs de France trouvaient unreftige dans les vallées subalpines pour se soustraire aux prisons et aux dragonnades. Par son ambassadeur, le marquis d'Arcy, Louis XIV déclara donc, le 12 octobre 1685, qu'il voulait convertir les vallées soumises à son autorité, et qu'en conséquence le duc de Savoie eût à éteindre ce foyer d'hérésie et de rébellion sur ses frontières ; il envoya des troupes pour le déterminer et pour l'aider à les chasser. Victor- AmédéeU, alors jeune, bien qu'il ne se dissimulât pas les diUicultés de l'exécution, après des habitudes si invétérées, après les vaines tentatives de ses prédécesseurs, qui avaient agi dans leur plein droit, ne crut pas pouvoir répondre par un refus et il enjoignit à tous les protestants du marquisat de Saluées de se faire catholiques dans le délai de deux mois sous peine de mort et de confiscation des biens. Aussi ne resta-t-il pas xm
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seul protestant dans les communes de Paesana, BrondellOy Grissolo ; il interdit le culte priré dans les vallées privilégiées ; il ordonna qu'on démolit les temples, qu'on expulsât les Barbes , qu*on élev&t les enfants dans le catholicisme ; en cas de désobéissance, les pères seraient condamnés à cinq ans de galère, et les mères au fouet ; les hérétiques étrangers devaient s*en aller et vendre leurs biens, qui autrement seraient achetés par le fisc. Pour mettre à exécution ce décret intolérant, il fallut ^
' Nouveaux
une armée, et ce fut Victor-Âmédée en personne qui la »assacres. commanda, peut-être pour épargner le sang : Louvois, ministre de la guerre du grand roi , unit aux Savoyards quatre mille soldats; grosse armée contre des montagnards désarmés; elle était commandée parle Français Catinat et par le Savoyard Gabriel. Les hommes qu'on prenait étaient envoyés garrottés à Turin ; on ne laissait que les femmes^ les enfants, les vieillards» exposés à la brutalité des soldats, qui les maltraitaient pour les faire abjurer.
Les Suisses obtinrent de Victor-Âmédée que les Vaudoîs pussent émigrer : t Vous pouvez encore ( disaient-ils à ceux-ci) quitter ce pays si cher et si funeste; vous pouvez emmener avec vous vos familles, conserver votre religion, éviter une nouvelle effusion de sang; au nom du ciel, ne vous obstinez pas à une résistance inutile. » Pourtant, dans rassemblée de Roccapiatta, en avril 1686> ils résolurent de résister jusqu'à la mort; ils tuèrent et salèrent le bétail, et se réfugièrent dans les Alpes les moins accessibles, pendant que les hommes vigoureux se préparaient à repousser résolument les troupes.
Ceux qui, considérant la puissance du grand roi et la valeur du maréchal Catinat, auraient de la peine à se per-
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suader qu'une poignée de Vaudois leur ait résisté avec succès, montreraient quils ignorent ce que peut une nation qui défend sa patrie et sa foi, et qu*iis ne connaissent point quettes positions imprenables sont celles de Balsilla, de Serra, de Crudele et autres, où deux peuvent lutter contre mille, et les pierres détachées des rocs écraser la cavalerie et les canons. Mais la discipline de Tennemi, et phis encore la faim, empiraient la situation des Barbets : lorsqu'ils étalent pris, ils étaient exécutés comme coupables de lèse-niajesté, ou bien envoyés, soit en prison, soit aux galères. Réduits àun petit nombre, ils se réfogièrent sur le sol de l'Helvétie : mais de là ils tournaient leurs regards vers la patrie absente; quelques-uns voulurent y rentrer par la force, et une co* lonne de neuf cents hommes, encouragée et conduite par le vieux Gianavello , s*emb£U*qua sur le lac de Cenëve, traversa la Hamienae et le mont dénis, descendit par la vallée de la Dora dans celle de Pragelat, et du haut de la Balsilla repoussa douze mille Français et dix mille Piémontais : Catinat toutefois ai prit un grand nombre et les pendit.
Les Au milieu de ces événements, le duc de Savoie trouva
obuennent qu*il lui était avautagcux de se brouiller avec la France
la tolé- "
ranee. et de s'unir à l'Autriche. En conséquence, pour amadouer l'Angleterre, amie de cette dernière , il rétablit les Vau- 4pis dans leurs droits primitifs , relftcha ceux qui languissaient dans les prisons de Turin, et poussa la complaisance jusque laisser revenir à la religion de leurs pères ceux qui , par peur ou pour des motifs humains , l'avaient abandonnée. L'Inquisition romaine cassa ces dispositions comme excessives, impies, détestables : le duc défendit la publication de ce décret, et demanda rabolition
PUÈtfONT. LES YAUDOIS SUBALPINS. 511
du Saiiit-0£8ce dans ses Ëtats; quant au pape Innocent XI, il reconnut qu*on était allé trop loin.
Les Yaudois récompensèrent le duc de sa tolérance en l'aidant de toutes leurs forces dans la guerre contre la France» où ils servirent d'avant-garde au prince Eugène de Savoie : réunis en régiments avec la devise La, patience fatiguée devient de la fureur, ils causèrent de grands dommages tant au Dauphiné qu'aux troupes de Louis XIY. Peu de temps après, Yictor-Amédée trouvait de nouveau qu'il était de son intérêt de faire la paix avec le grand roi, et de recouvrer Pignerol ainsi que la vallée de Perosa, que détenait la France depuis soixante-trois ans. Par une des clauses de cette paix» le roi s'obligea & en chasser les Yaudois : ils quittèrent le Piémont, et se dispersèrent en Suisse, en Prusse, dans la Hesse, dans le comté d'Isemberg, dans le Baden-Durlach* Hebrard-Lonis, duc de Wurtemberg, par une patente de 1699, leur octroya des terres entre Haulbronn et Knittlingen, où ils bâtirent des villages auxquels, pour rappeler leur origine alpestre, ils donnèrent les noms de Yillar, Pinasca^ Lusema, Hentoulies.
Le reste a toujours habité depuis avec plus ou moins de tranquillité ces anciens asiles de sa liberté et de ses croyances, obéissant silencieusement, aimant même le prince oppresseur. Il ne manqua jamais d'hommes zélés qui s'appliquèrent à les convertir : en 1886, le bienheureux Yalfrè de Yerduno, au diocèse d'Alba, s'employa énergiquement pour établir des curés catholiques parmi eux. Ce pieux oratorien était vivement affligé du conflit entre Yictor-Amédée II et le pape : lorsque le roi alla le visiter à son lit de mort, il lui recommanda d'épargner à ses sujets les maux de la guerre, et de rester toujours uni au vicaire de Jésus-Christ, s'il voulait que Dieu le bénit, lui, sa famille et TÉtat. En
512 DISCOURS Yiir.
1637, la duchesse Marie-Jeanne-Baptiste» régente, fonda à Turin un refuge pour les catéchumènes, qu elle confia à la direction des chetaliers des saints Maurice et Lazare, et où Ton devait avoir le vivre et le vêtement comme on faisait à VUotplee de Yeriu : les jeunes gens y étaient instruits .dans la foi et formés à un métier quelconque; les vieillards y trouvaient le repos, et les ûUes à marier une dot. Cet état de choses dura jusqu'en 1740, mais les guerres et les dissensions avaient ruiné et chargé de dettes l'institution : une réforme était nécessaire. En .1754, Charles- Emmanuel III érigea à Pignerol un magnifique hospice pour les catéchumènes : mais, en 1800, il futlivréaux Protestants par la Commission executive qui gouverna le Piémont, à la suite de l'occupation jacd>ine. Les protestants flattèrent les nouveaux venus : l'empereur Napoléon reconnut Forganisation en églises consistonales qu'ils s'étaient donnée i Torre, à Prarostino et à Villa Secca ; il mit leurs temples au rang des édifices puhlics et à la charge de l'État : mille francs en terres et àenji cents francs de supplément furent assignés aux ministres à titre de traitement. Plus tard l'hospice de Pignerol a été rouvert par le zèle de monseigneur Charvaz ' : ce savant archevêque de Gênes est le premier catholique qui, après Bossuet, ait écrit sur les Vaudois.
Leur En 1814 le Piémont fut rendu à ses anciens maîtres, •rganisation. Rcstaurcr le passé fut un moment à la mode ; sous l'empire de cette mode, on rappela les anciens décrets, notamment ceux concernant les Vaudois, qui furent quelque peu inquiétés : mais les gouvernements de Prusse et d'Angleterre s'interposèrent en leur faveur, et obtinrent
(1) y. BiiRNAROi, Hospice des Catéchumènes à Pignerol. Pignerol, 1864.
PIÉMONT. Les vaudois subalpins. 513
pour eux la faculté d'exercer un grand nombre de professions civiles et de conserver les biens qu'ils avaient acquis en dehors des limites assignées : il fut de plus pourvu à l'entretien de leurs pasteurs. Le bruit qui se fit autour d'eux poussa un certain nombre de voyageurs, anglais pour la plupart, à lés visiter, à les secourir, à écrire leur histoire et leur défense (F) : en 1828, grâce à l'Intervention de Gilly , un comité fut fondé à Londres pour protéger leurs intérêts. Ils comptaient alors quinze églises, chacune avec un ministre qui devait être sujet sarde, rétribué par les habitants auxquels on accordait^ pour ce motif, ime réduction de l'impôt. Ces églises sont présidées par un synode, qui se réunit tous les cinq ans et est composé de tous les pasteurs et de députés lai* ques. La Table, magistrature formée de trois ecclésias* tiques et de deux laïques, gouverne dans les intervalles qui s'écoulent d'un' synode à l'autre : réélue à chaque réunion du synode, elle apaise les controverses, répartit les aumônes. Chaque église a son consistoire propre, composé du pasteur, des anciens, de l'économe et du procureur chargé de Tadministration temporelle et spirituelle, de veiller aux bonnes mœurs, des pauvres, des écoles dans lesquelles, comme pour le culte, on a adopté la langue italienne. A des époques déterminées, le ministi'e va visiter les populations isolées dans les Alpes, pour leur apporter les consolations de la religion. Alors, de toutes les prairies, de toutes les hauteurs, les bergers accourent sur leurs pas : l'écho des vallées répète les louanges du Seigneur, les psaumes de la foi et de la consolation. Le ministre dispense les conseils, les consolations, les réprimandes, arrange les différends, raccommode les ménages, extirpe les scandales; puis à tous il rompt, du haut de la
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chaire, le pain de la parole, et leur recommande de veiller, de prier, de rester fermes dans la foi.
En 1603, ils avaient publié leur profession de foi, conforme à celle des Eglises réformées : ils la répétèrent dans le manifeste de 1655 ; et depuis, elle a conservéforce légale. Les méthodistes de Genève s'introduisirent parmi eux après Tannée 1821, et, quoique combattus, ils firent des prosélytes : ils observent rigoureusement le repos du dimanche, s'abstiennent de réjouissances et de danses, tiennent des assemblées du soir, et n'obéissent qu'à l'inspiration du Saint-Esprit.
A Torre, chef-lieu du mandement, on inaugura en 1844 l'Ëglise et un collège destiné aux neuf cents catholiques de la localité. Deux mille trois cents Vaudois ont ouvert solennellement en 1852 un temple en style ogival avec cette inscription : La vraie vie consiste à croire en Dieu et en Jésus-Christ , son fils. Près du temple se trouve la maison du pasteur et des ministres chargés du culte et de Tinstruction : c'est là que se tiennent les assemblées, et que se conservent les actes de leur école, composée de ministres et de laïques, et à laquelle appartient l'administration suprême des intérêts des religionnaires. En 1825, la propagande anglaise accordait une subvention de vingt mille livres sterling pour fonder un collège, avec dix bourses de 'cén{ francs l'une, outre qu'elle pourvoyait en Angleterre à l'éducation de trois jeunes élèves destinés à revenir se livrer à l'enseignement chez eux : des subsides furent également accordés pour les écoles de filles. Infatigable à quêter des secours, Gilly obtint d'une seule personne restée anonyme cinq mille livres sterling : c'est à l'aide de collectes semblables qu'on hôpital fut élevé en 1827. Une bibliothèque, composée d'où-*