M""'. CE SAINT-GENEST
Non ; pour les eaux , aujourd'hui même , avec vous. Ne vous étonnez pas, Sophie, ou ces dames vont croire que vous ne comptiez pas sur moi.
Tyjmc DÉTREVILLE.
Mais, mon amie, je sais et ces dames savent que vous êtes retenue à Paris par des affaires de la plus grande importance ,
par un p<-ocès au gain duquel voire présence est presque indispensable.
m'"*, de s aint-g enest.
Peut-être dit-on aussi, et je ne m'en informe guère, qu'un lien plus doux et plus puissant m'y retient encore , mais vous êtes souffrante , vous vous en allez à deux cents lieues; et vous auriez pu croire que je vous laisserais partir seule, que je vous abandonnerais aux soins d'une femme de chambre...? cela ne ressemble ni à vous ni à moi...; mes gens sont en bas qui aident les vôtres à charger la voiture. Ainsi je ne vous causerai aucun retard , et nous partirons quand vous voudrez.
M'"*^. UETREVILLE embrassant teiidremenl madame de Saint-Genesl.
Tout cela pourrait en surprendre une autre. Eh bien , moi , j'en avais si bien le pressentiment , que ce matin , au lieu de
trois chevaux de poste pour la diligence , j'en ai commandé six pour la berline.
LA MARQUISE
Vous serez forcées d'avoir vos femmes avec vous. Si vous voulez, ma chère, je vous prêterai ma voiture de voyage; elle est faite sur le dernier modèle; les gens y ont derrière une place couverte et trèscommode.
M'"". DÉTREVILLK.
Mille remercîmens ; ma femme de chambre a l'habitude de voyager avec moi ; et , si vous voulez que je vous le dise, cette mode anglaise de placer des femmes sur un siège devant ou derrière, avec des laquais, a quelque chose qui me révolte....
M""'. BEAUVKRLETbas à madame Délr.'vill.--
Dites-moi franchement, est-ce que notre visite un peu longue ne gêne personne ici ?
DU MATIN. 2o5»
M™*. DÉTREVILLE.
Non pas, que je sache.
M""". BEAUVERLET, i part.
Vous êtes sûre qu'il n'y a personne dans ce cabinet?
M"". DÉTREVILLE sonnant avec embarras.
On n'y peut entrer que par cette chambre.
M""^. BEAUVERLET , i part en se levant.
Vraiment oui , et pour que la marquise, un peu mal disante de sa nature , n'en fasse pas , ainsi que moi , la réflexion , vous ne serez pas fâchée que je l'emmène, n'est-il pas vrai? ( On tousse dans le cabinet. ) D'ailleurs le jeune homme est enrhumé.
nyjme^ DÉTREVILLE, riant.
Le petit indiscret.
(Ou tousse encore, et tout le monde se regarde arec embarrai et surprise. )
m"', de sa IW T- g E. WEST, en faisant a madame Drtieville un signe d'intelligence.
A propos, ma chère, je vous ai envoyé le relieur pour mettre vos livres en ordre ; çe^t lui que j'entends, sans doute.
M"'^ DÉTREVILLE.
Non, vraiment; vous verrez que c'est quelque curieux impertinent qui s'est glissé là pour nous écouter. Je ne suis pas fâchée de le confondre. ^Allant vers la porte du ccU?ifiet.) x-V^lons , sortez , monsieur, vous êtes découvert..... (//^ori.) ¥)oilà Je jeune lj9mfl?e.
LA MARQUISE
Ei) 1 c'est notre bon hermite !
m"*". BE AUVERLET àM'"^ DélreviUe.
Comment, ma chère, vou8 saviez qu'il était là...., et vous ne nous avez pas prévenues ! c'est un véritable guet-apens. Ah ça! monsieur, ne vous avisez pas de répé-
ter ce que vous avez entendu , ou vous aurez le sort de Panthée, je vous en préviens.
m"", détreville.
Laissez-le dire , mesdames , il vient de se convaincre d'une chose dont il avait l'impertinence de douter ; c'est que presque toutes les femmes valent mieux que leur réputation.