A PARIS
ou mauvais , nous allons chaque soir au spectacle, quand il ouvre a Lunéville, et de la nous allons achever la soirée, qui se prolonge rarement plus tard que minuit , chez la personne de la socie'té qui reçoit ce jour-la. Dans ces assemblées du soir, dont la conversation, la musique et la lecture font les frais tour a tour, nous nous sommes volontairement prive's de deux moyens de distraction , dont les avantages ne nous ont pas paru compenser les inconvéniens : on ne me'dit pas , et on ne parle pas de politique. Telle est la vie que nous menons a Lunéville , et a laquelle on finit, je vous assure, par trouver quelques douceurs, pour peu qu'on se re'signe à vivre dans une petite société' où chacun, averti par Duclos, apporte de la politesse sans fausseté, de la franchise sans rudesse , de la complaisance sans flatterie, et des égards sans contrainte. »
Que vous dirai-je , mon ami ! la petite provinciale fit événement chez madame de Mérange 5 on quitta les tables de jeu pour l'écouter , et elle eut la gloire de convaincre ces dames qu'on pouvait à la rigueur trouver en province des femmes qui ne fussent pas tout-a-fait déplacées dans les plus brillans salons de Paris.
l68 LE DONJON
N°. xxxv. — 25 août io2i.
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