TOUS
» Jacques Clément!
PREMIER FLAMAND
» Quoi! c'est ce jeune paysan imbécile qui regardait si tendrement madame la duchesse ?
FRÈRE ROSE
» jSe calomniez pas , ne blasphémez pas ,
ne parjurez pas! frère Jacques Clément ne regardait que le ciel. Frère Jacques, priez pour nous , priez pour nous!
- ( Tout le inonde tomlia à genoux , en cliantant , et en pleurant avec une exaltation fréne'lique , l'oraison de Jacques Cle'ment. )
LA DAME d'honneur.
j> O pauvre Jacques Clément ! beau Jacques Clément! moine héroïque, tout admirable et tout aimable ! il est donc vrai que tu as accompli cette œuvre méritoire!..
JEAN BOUJU.
» Hélas! oui , madame; je l'ai vu , moi , Jean Bouju, historiographe; je l'ai vu, ce martyr , et je vous demanderai la permission de réciter à l'illustrissime dame , nouvelle Judith , nouvelle Dalila , le poëme en sixains que j'ai composé pour la postérité, avec, j'ose le dire, une élégance qui ne contrarie point la sublimité des pensées.
LA DAME d'honneur.
» Maître Jean Bouju, je ne doute pas que la noble sœur du duc de Guise ne soit sensible à cette petite joyeuseté rhytbmique ; mais pour le moment elle a quelque chose de mieux à faire que de vous écouter.
» L'Espagnol Fortiguerra , qui n'avait pas encore parlé , se mit à pérorer pendant que la procession demi-guerrière et demi-monacale défilait en chantant le cantique de délivrance pour al'er édifier la ville de Paris.
FORTIGUERRA.
» Je suis d'avis , moi , qu'après le grand coup que nous venons de frapper, il ne reste plus qu'à placer la couronne sur la tête la plus digne.
FRÈRE ROSE
» Il faut s'entendre , seigneur. Spùitus salvat ^ l'esprit sauve. Il n'y a qu'une tête
cligne de la couronne : c'est la tête , le chef, le principe de l'église catholique.
IR l'abbé d'elbène.
M Et l'avis du frère Rose serait de placer de suite sur nos hannières la légende choisie autrefois par la république de Florence : Suiis le règne de Jésus? Le très-saint et très-éloquent frère Rose y trouverait un peu son compte. Moi, qui suis attaché à mes engagemens, je crois que le duc de Mayenne...
FORTIGUERRA.
)) Bon d'Elbène, permettez-moi de vous dire que les fruits de ce grand mouvement doivent nécessairement appartenir à celui qui les a semés, à mon souverain, à mon maître, le prince des catholiques.
LA DUCHESSE qui entre entend ces derniers mots.
«Comment, messieurs, vous seriez infidèles à vos promesses !
DE LA. LTGUE. jg