‹ Les hermites en liberté (volume 5)Chapitre 7 sur 27 · UN DES FL A 31 AND S · texte numérisé non relu

UN DES FL A 31 AND S

» Eh non ! madame , ils ne sont que fidèles à leurs intérêts.

JEAN BOUJU.

w Je viens d'écrire un petit pamphlet pour le duc de Mayenne : c'est le Tocsin des bons catholiques.

FORTIGUERRA.

» On ne vous Va payé que trois ducats ; j'en offre six pour récompense de vos labeurs en faveur du roi mon maître.

FRÈRE ROSE

»Messire Jean Bouju sait qu'il a la nappe mise au couvent; il ne voudra pas, en désertant la bonne cause, perdre...

LA DAME d'honneur.

w... Trois dîners par semaine!... Mais il sait aussi , monsieur Bouju , que le duc de

Mayenne a payé le pourpoint de soie autrefois noir qu'il nous montre aujourd'hui , et qu'un autre pourpoint...,

JEAN BOUJU.

» Quel embarras ! quel embarras !

l'abbé d'elbène.

» Nous sommes tous d'accord sur un point, c'est que le fléau de la France , ce roi qui s'associait aux hérétiques, a été justement frappé.,.

FRÈRE ROSE

y> Jiisto y justissimo judicîo condemnatus.

LA DUCHESSE

» Je suis d'avis que ce jeune héros soit de suite canonisé.

JEAN BOUJU.

» Je ferai les vers latins, et la prose du missel.

FORTIGUERRA.

» Je donne à ses descendons ou parens, même éloignés, des titres de noblesse de la part du roi mon maître.

FRÈRE ROSE

» Je vote pour qu'une députation soit envoyée à sa mère, qui est une pauvre paysanne de Nogent-sur-Seine.

LA DUCHESSE

» L'idée est admirable !...

FRÈRE ROSE

» Etes-vous prête , madame ? Nous avons des chevaux ; nous partirons de suite.

l'abré d'elbène.

» Eh bien ! allons , si madame la duchesse n'est point trop lasse.

LA DUCHESSE

» Moi! point du tout.,. Partons.

» Alors la procession rentra, et, après une collation plus rapide que frugale , toute la troupe partit en bon ordre pour Nogentsur-Seine. On continua, pendant la route, à chanter les litanies. On trouva la vieille villageoise occupée à arracher les mauvaises herbes de son petit champ ; et le frère Rose, en la saluant, lui adressa en latin un discours qui dura deux heures. >■>

Ici s'arrête ce fragment curieux , qui donne une idée assez juste des mœurs de cette déplorable époque dont l'illustre La Chalotais a dit :

(c Toutes les horreurs de quinze siècles renouvelées plusieurs fois dans un seul : des peuples sans défense , égorgés aux pieds des autels ; des rois mis à mort ; un vaste état réduit de moitié par ses propres citoyens; la nation la plus belliqueuse et la plus pacifique divisée d'avec elle-même ; le glaive tiré entre le fils et le père; des bour-

leaux, des parricides et des sacrilèges, violant toutes les conventions divines et humaines par esprit de religion, voilà l'histoire de la Ligue, ou plutôt celle du fanatisme. Les agens que l'ambition ecclésiastique ou séculière a employés pour parvenir à ses fins ont séduit et décimé les peuples ignorans et superstitieux. »

Dans tous les temps l'ambition a été fanatique, et le fanatisme ambitieux.

no. XXIV. — '^o juillet 1824.

VIiNGT-QUATRlÈME LETTRE.

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