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mortel était porté; on me transporta dans cette prison , clans cette chambre , à cette même place où je me trouve ; quelques semaines après je n'existais plus.
A ce récit Joséphine laissa couler les larmes qu'elle s'efforçait en vain de retenir.
DuvERGiER, — Comment pourrais-je me j)laindre en présence d'une si noble infortune! qu'il me soit seulement permis de me justifier à vos yeux de l'exil où je me suis vu forcé. Après avoir servi mon pays avec honneur, et dans l'âge de le servir encore , je me consolais de la perte de notre gloire , dans l'espérance de cette liberté civile et politi({ue dont la charte royale nous garantit l'inappréciable bienfait. Les droits de la nation y sont reconnus et consacrés ; mais il faut bien convenir, même à Sainte-Pélagie, que les cinq ou six ministères qui se sont succédé en France depuis huit ans, ne
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nous en ont pas encore permis une entière jouissance. Au mois de juin 1820, la foule ardente et patriotique des jeunes gens qui peuplaient alors les écoles de jNIédecine et de Droit , se réunirent plusieurs jours de suite autour de la Chambre des Députés pour y protéger quelques membres de Topposition constitutionnelle contre les insultes dont ils avaient été l'objet. Le hasard me conduisit et me retint dans une de ces réunions malheureuses dont le cri de ç>we la Charte 1 était le seul mot de ralliement. On crut nécessaire d'employer la force armée pour dissiper ces groupes de jeunes gens sans armes ; je fus arrêté au milieu d'eux , jugé et condamné à cinq ans de détention à Sainte-Pélagie. Cet arrêt me parut trop sévère : un ami résolut de commuer ma peine, et me procura les moyens d'abréger le temps de ma détention; j'ai pris la fuite, et dans l'exil où je suis forcé de vivre , je prie les dieux, comme Thémistocle , de donner à
ToM I. Les Hermiles , ^' . édit, ^