LE CORRIDOR
nistrcs ; la tendance présumée d'un écrit vers des doctrines politiques qui ne sont pas ou qui ne sont plus celles du gouvernement; des acclamations qu'il eût été absurde de dénoncer comme des cris séditieux. C'est pour la répression de ces délits de circonstance qu'une loi de circonstance ellemême a investi les tribunaux du droit d'en connaître et d'appliquer à leurs auteurs les peines portées par le code contre les escrocs et les voleurs.
Lorsqu'il fut question l'année dernière d'ajouter cette loi au recueil de 25 ou 3o mille autres qui nous régissent , indépendamment des 24 volumes in-folio d'ordonnances royales auxquelles on a recours au besoin , les inconvéniens de cette mesure législative furent signalés à la tribune ; les infatigables défenseurs des libertés nntionales, MM. B. Constant, Foy, Manuel, Girardin , objectèreni qu'il fallait au moins s'expliquer sur cet emprisonnement dont
on menaçait les auteurs de délits politiques, et que la chambre ne voulait certainement pas qu'on les assimilât, par la nature de la punition , avec des hommes pervers , rebut de la société , qui peuplent les prisons. Plusieurs des honorables membres du côté droit, M. de Serre lui-même, parurent s'offenser d'une pareille supposition. La destination spéciale d'un local séparé, dans une prison commune, ne semblait pas devoir établir une ligne de démarcation suffisante ; il fut à peu près convenu qu'une maison particulière ( on alla jusqu'à nommer l'hôtel Bazancourt ) serait affectée aux condamnés de la politique : en attendant que les dispositions nécessaires aient été faites, le corridor Houge dv Sainte-Pélagie devait leur être exclusivement consacré. On nous a fourni l'occasion de nous assurer par nous-mêmes de la manière dont ces promesses parlementaires ont été remplies ; les