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mes conduits à table, et l'embonpoint de la plupart de nos magistrats. Si j'étais docteur de la faculté, et qu il me tombât sous la main quelques-uns de ces sybarites qui sont toujours mëooutens de leur estomac , je leur prescri-* rais une promenade de deux heures dans la salle des Pas^Perdiis , je les forcerais de respirer quelques minutes l'air de la grand'chambre , et je suis sûr qu'ils s en retourneraient affamés. Nous laissons à nos plus célèbres médef^ins le soin d'assigner les causes de ce phénomène.
Nousj voilà jdonc à table, dissertant, sur notrie , procès , sur la faconde de M. l'avocat -général , l'éloquence de M. Dupin , et l'arrêt prononcé. Noos avions beau retourner la chose en cent manières , nous trouvions toujours pour dernier résultat : « Il/hut al--
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1er en prison. <* Je ne connais pas de
ukotg plus fâcheux' à prononcer; ils ne
re n&rment pas une seule idée agréable.
Nons avons des amis, une famille ,
même des petits-enfans ; il faudra les
quitter. Ce qu'il y a de pis, c'est qu'ils
seront plus sensibles que nous à la dé-
tention qui nous attend. Il y aura des
r^retây des plaintes amères^ des lar*
mes m^me à es^yer ^ toutes choses que
la loii^e prévoit pas et qui aggravent la
peine ; car, dans uijie pai^eilje circon*
stanCjÇti On spufire moins pour soi que
pour.les autres. Mais )e sort en est jeté,
nous irons à Sainte-Pélagie.
Toutefpis il ne suffit pas d'aller en prison, il faut savoir ce qu'on y fera.. Le temps n'a point d'ailés pour le , captif ; on dirait au contraire qu'il marcha à pas comptés, et que parfois même il lui prend fantaisie de s'arrêter.
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C est un grave iaQoâtéAient auquel il faut porter remède. Si nôu$ paryeooiM à échapper au temps , nous échapperons pour ainsi dire à la capiiTit<L Fai* sons-nous uœ occupation qui rempUsse les trente jours de notre réclusion. Si les libres exercices du corps nous sont défendus ^ qui nous empêchera d'exercer nos facultés intellectuelles ? La pensée est libre sous les verrous comme au milieu des champs , aucun ài*rèt ne peut la mettre en détention;*
u Cela est totlt-^l-faît raisonnable , i) nous dit un ami qui écoutait ces ré- » flexions. Vous allez voir des objets >» nouveaux , éprouver de nouvelles )i sensations. Prenez la résolution de H peindre les uns , d'exprimer les au- %) très; vous ne serez jamais einbari^s- )) ses de votre loisir. Le recueil de vo& >i observations formera un ouvrage qui
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u aurii du ttoins le mérite de Torigina-* >x lité. On ne voug accusera pat d avoiv - » Ç9inpo«e yoV^e llvr^ avec d'autrea li^ » yres., rçprodbie qui tous les jours de* » .vient plus commun et mteux fonflé.
M Vous nou^ parlerez de Sainte-Pélagiej»
M àe son régime , des prisonniers dignes » de remarque que vous y trouverez.
» Vous aurez des caractères à retracer, » des infortunes à décrire , des aper- >» eus philosophiques à saisir. L'utilité » peut se joindre à Fagrément dans )) un tel ouvrage. Que voulez-vous de » plus? »
Ces sages considérations nous déterminèrent. Mais ce n'est pas assez d'avoir un sujet, tnême de. Tavoir traité.
U nous faut un titre j c^est peut-être ce qu'il y a de plus important, surtout pour le libraire. J'en connais qui ont l'esprit des titres à un hiaut degré, et qui.
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avec ce talent^ mettraient en vogue même un, recueil de discours académiques. Pour nous , nous nous contenterons d*un titre significatif et sans prétention. « Que pensez-vous de celui-ci :
de Sainte-Pélagie? 11 n'a rien d'ambitieux^ il dit bien ce qu'il veut dire.
Nous pensons même qu'il excitera Tintérét^ car^ au temps où nous sommes , il peut être intéressant de savoir comment on se console en prison. )•
Notre ami applaudit à cette idée.
u J'espère bien, dit-il, que vos consolations n'affligeront personne, et qu'on ne dira pas de votis ce qu'on a dit d'un certain écrivain, « qu^ sa félicité était » l'infortune de ses lecteurs. »
Nous tâcherons d'éviter cet inconvénient; mais qui peut répondre de la
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destinée! Le public est un juge tantôt indulgent, tantôt sévère ; heureusement il est indépendant, ou ne lui dicte point ses arrêts. Espérons !
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