H. MAGALLON
» d'un mal aussi dangereux qu^gnoble? Qud » est le )>uge , dit Bentham , qui a jamais e^on* )> damné un coupable aux rhumatismes, k la )> fièvre, aux maladies' contagieuses?
» Lorsque le cbef de Pancien gouverne- » ment commua en détention indéfinie la peine }) capitale k laquelle MM. de Polignac avaient » été condamnés, Fidée ne lui vint pas de » les obliger de revêtir un habit de voleur, » et de carder de la laine ou d éplucher du » cotorté Cette atroce clémence e«t révolté » tout le monde, et MM. de Polignac eux?- » mêmes n auraient pas voulu de la vie k oe )> prix. Or , comment peut^on ajouter aujoue* » d'hui k une simple peine <K>rrectionneUe ce y> qui aurait paru barbare k cette époque ^ en » échange de la peine- de mort? i> .
11 est certain que l'article 4o du Code pé^ nal, qu'on a cité pour justifier le traitement qu'ont éprouvé quelques détenus pour délits politiques , ne s'appliquait , dans la pensée du législateur , qu'aux malfi^iteurs et aux vaga*^ bonds. Cela est si vrai , qu'a l'époque de la discussion sur la loi de la presse, des questions furent adressées aux ministres* On leur demanda si les écrivains politiques seraient soumis au régime des prisons : M. de Serre, garde des sceaux, répondit avec une sorte d'indignation que « penser ainsi c'était faire injure an gouvernement du roi; qu'il serait odienx de
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croire que des ministres Aissent assez d^oarvtts de bon sens y de jnstiGe , et d'humanitë pour traiter des hommes de lettres dont le dëîit n'était souTent qn'un manque de justesse dans les idëes) ou une erreur de l'esprit, comme des vagabonds et des malfaiteurs. Cela s'était vu en 1793 , eela ne se verrait jamais sous un mtnîatëre royaliste. » On parla même d'un local particulier qui devait être affecte aux de'tenus pour délits politiques et littéraires.
Il est donc prouvé, i*^ que les auteurs du Code pénal y en distribuant les peines aiBicti- Tes pour des délits matériels , ne pensaient point aux délits de la presse, ces derniers étant alors inconnus , ou du moins étant punis comme délits politiques. Xes coupables, comme je l'ai dit , étaient détenus k part dans les prisons d'état^ QÙ ils n'étaient assujettis h aucun op-> probre personnel ;
2® Que les députés des deux chambres , en votant les lois de la presse, ne pensaient' qu'k la simple détention. Et les magistrats ! ne serait-ce pas les offenser que de croire qu'en condamnant un écrivain k quelques mois de détention pour une phrase hasardée et souvent susceptible d'interprétations diverses , ils entendent le condamner aux cabanons de Bicë-*tre ou k la gamelle de Poissy; qu'ils supposent des fers, l'accouplement avec des galériens, et des travaux forcés !
- - AttèûibbonQime^idè beone foi ne tcontestera • fia ^vérité de foes raisosnemeos , et il faut que iFadinîiiistratioii acàueUe coaservis tout Thonwur dufrajrteinenC q^u'éprouvent les détenus •^pour^ dëlitt palittif ues. C'est «Ue -qui les con- •fbnd avec la lie de l'espèce humaine. Des subterfuges. , des apologies seraknt. inutiles ; il •vaudrai! mieux airouer. • haut etaenH une telle coodtiite ; on s'ëparguersiit du moins la fad-^ gue. de Phypoorisie.
Il existe cependant une société des prisons ^ un conseil général composé de philanthropes.
Ce .qui se passe prouve PinUtilité de ces sortes de sociétés ^ qui- sans doute sont animées des meilleurs sentimens, mais qui n'ont point d'acjtion. On s'assemble, on fait des dis<iours préparés avec soin , des rapports dont les bases sont généralement inexactes, et pendant qu'on disserte, qu'on pérore, la justice s'indigne el l'humanité gémit.
Un homme a plus fait , lui seul , que toutes les sociétés philanthropiques du monde. Cet homme, c'est l'Anglais Howard qui volontai^ rement a passé sa vie dans les prisons. H s'é- ' tait rendu familier avec toutes les infortunes pour les soulager. Il recevait les plaintes comme un messager du ciel , et les faisait retentir dans le palais des rois. Rien ne pouvait le décourager, ni les fatigues de sa mission, ni l'indifférence du pouvoir 5 sa vertueuse importuuité
surmontait tous les obstaieles. Qae de maiiien^ reux lui opt dû le repos !. que ^d'innocentes victimes il a sauvées du* d^espoif ? Le besoin d'être utile k seS'Seipblai>leB; mnbîpKait) ses £irces ; il n'y:a pâB«Uf d'dbsew ctaèket de ta Grande- Bretagne qu'il n'ait Tisilé et' oit il n'ait fait descendre l'espéraneeé A la mérité, pour y pénë-
. trer il n'a pas jeu besoin d une permissioti timbrée qu'il aurdii.dû, payer sept sols par détenu. '
Mais ce n'était pas assez pour luié Howard passe sur le continent. Il parcourt sans bioit, sans faste 9 toutes les prisons de l'Europe } on Qe le cQuodit , coimme la providence , que par
\ ses actes de bonté. Il donne des conseils aux chefs , des consolations aux captifs y il essuie des larmes 9 et. il est récompepsé.
Le premier il a donné l'idée de c^s prisons' qui 9 dans l'Angleterre et les États-Unis , re-
« çoivent le vice et la dépravation , et qui les
.font disparaître par un régime conçu avec ;sar- » gesse et religieusement exécuté* Combien il serait k désirer qu'on imitât en France de si nobles exemples I Ne désespérons de rien 5 nous avons parmi nous uq[ homme qui a toutes les vertus de Howard. Qui sait tout ce que pourra faire M. Alexandre de Labôrde ? .
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