‹ Les hermites en prison, ou consolations de Sainte-PélagieChapitre 25 sur 86 · T MORTS · texte numérisé non relu

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venir, même "k Sainte-Pëlagie, que les cinq ou six ministères qui se sent siiccédës en France depuis huit ans, ne nous en ont pas encore permis une entière jouissance. Au mois de juin i8ao, la toale ardente et patriotique des jeunes gens qui peuplaient alors les écoles de Médecine et' de Droit , se réunirent plusieurs jours de «vite autour de la €hambre des Députés pour y protéger quelques membres de l'op« position constitutionnelle contre les insultes dont ils «avaient été l'objet. Le hasard me conduisit et ne retînt dans une de ces réunions malheureuses dont le cri de vice la Charte!

était le seul mot de ralliement. On crut nécessaire d'employer la force "armée pour dfssiper ces groupes de jeunes gens sans armes j je fus an-êté au milieu d'eux , jugé et condamné k cinq ans de détention k Sainte-^Pélagie. Cet arrêt me parut trop sévère : un ami résolut de commuer ma peine , et me procura les moyens d'abréger' le temps de ma détention ; j'ai pris la fuite, et dans Pexil on je suis forcé de vivre , je prie les dieux , comme Thémistode , de donner k ma patrie beaucoup de citoyens- qui vaillent mieux que moi....

Comme il parlait encore ma lampe s'éteignit, le charme disparut;^ je me couchai, \è

m'endormis, et je ne fis que dianger de rêve.

6o LES RESSOURCES

N» Y^i. — 26 4^n7 i8?3, SEPTIÈME CON&OLATIONv

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TiREKCE.

( Ce font des biens pour . ^MitemuMr.)

Il faut avoir l'esprit bien fait pour apprécier les avantages de la prison. A ce seul mot l'imagination s'emporte; elle ne voit que des verrous , des grilles , des gardiens aux regards farouches; elle n'entend que des gémissemens et des soupirs. Un homme sage ne se laisse point surprendre par ces images sinistres; il veut connaître avant de juger.

J'ai une cellule étroite ; je la parcours en deux pas : je ne pourrais y recevoir une noqibreuse compagnie ; mais ma famille s'y réunit ^ un ami peut y tenir. Socrate ne désirait pas un logis plus vaste ; pourquoi serais-je plus difficile que Socrate ? Napoléon est passé du somptueux palais des rois dans la misérable cabane de Longwood. Mais la fortune ^ qui l'avait précipité du faite des humaines gran*

DE LA PRISON. Oi

deurs, n'ayaît point de prise sur son âme.

£lle ëtaît encore sur le tt6he et renaît dans la. captivât Qa'avait^tl perdu? de» trésors , dfis lambris dorés , des courtisans , des flatteurs. Riéif. de t^it cela ne luf lippareenaît en propre. On en trouve au Mogol comme k Paris ; mais il se restait k lui-même , il n'avait abdiqué ni son' génie, ni sa gloire ; il était Na- ' poléon k Longwood comme ailleurs.

On nous renferme tous les soirs; on nous sépare ainsi du monde entier. Gela n'a-t*il pas quelque chose d'efirayant ? — Pavoue que , dans les premiers jours, cette cérémonie m'a déplu ; le bruit assourdisSant^des verrous résonnait désagréablement à mes oreilles. Mais je m'y suis accoutumé. J'ai réfléchi que je me renfermais moi-*mème le soir dans mon logis, sans éprouver aucune émotion; et qu'après 'tout, le mode de clôture était en lui-même assez indifi'érent. J'ai donc pris mon parti en homme raisonnable ; lorsque j'entends le fracas périodique de mon guichetier, je pense k la sollicitude de ce pauvre homme qui me tient sous clef comme quelque chose de bien précieux. Il faut qu'il veille sur ses prisonniers, qu'il soit sur le qui- vive; qu'il ait toujours l'oreille au guet. Ne suis-je pas plus, libre que cet homme-lk?

Vous insistez; vous me dites : on vous a enfermé dans la même prison avec des mal^

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