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retir répudiait sa fortune ; j'en avais rinfaillible pressentiment , et cette pensée m'affligeait bien davaJitage que la perte de la couronne .dont il avait orné mon front. J'appréciais, dans FiDtérèt, de la politique , le motif d'un divorce qui brisait nos destinées ; et j'aurais pu, sinon Papprouver, du moins le concevoir s'il eût épousé une Française.
Mina. — Cep^dant vous eussiez pu croire alors que Pamour avait part k son choix... •
Joséphine. — J'aurais été moins certaine de son malheur , et conséquemment moins q^alheureuse moi-même. Vingt fois j'avais entendu Napoléon s'élever* centre ces alliances diplomatiques dont le moindre inconvénient y selon lui y était de dénationaliser les rois k K troisième ou quatrième génération. Sa manière de le prouver avait quelque chose de vigoureux et de positif qi|e je n'ai pas oublié, c Je suppose^ disait-^il, qu'un monarque européen épouse une négresse , le prince héréditaire qui naîtra de ce mariage sera nécessairement un mulâtre ; que ce fils épouse unev femme i noire, le royal héritier se rapprçchera beaucoup de la couleur de sa mère j et s'il devient k son tour l'époui^ d'une négresse , il est certain que ses enfans , tout aussi noirs 9 tout aussi crépus que dès naturels de la côte de Guinée, n*aurbnt plus dans les vmes yqu^nneibien laibU partie jde sang eu-
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ropëea , laquelle disparidlra ^nfièreineiit dans les.géoétuti&ïÈS suivantes* Mdînteaaiit , au Heu de DégMSses, «apposes -aiitaHt d'étraogères ameaëes sttcoessi^ieiiieiit dans U lit de vos rois, et dites-moi ce qui doit leur rester ée «ang natio- Bai k la b«it ou dixième gëo^ratioB. » Cett€ objection était la sioiodre de «elles qu'il faisait valoir contre les alliances frangé res; llustoire k la main y il prouvait (ju'elies avaient été presque partout une source de malheurs et de guerres pour les princes et pour les nations. Je rappelai k Napoléon ises propres paroles le ^our oï son ministre d'odieUse mémoire était venu me préparer au pins grand des sacrifices : « Souvenez-vous , lui dis-je , qu^Henri iv est le seul roi de «a race qui épousa une Française ; encore irépudia-t-îl Marguerite de Valoir pour épouser (^étrangère Marie de Médtcîs j songes quelle fut pour lui k suite de ce dé'ploraUe- hymen. » le parlai eu vain , Torgucil et Ift politique avaient dicté Farrct ; Napolf oii s'unil k Tarriere-petiie-fille de Marie-Tliérise : cinq aâs aprës son tr6ne était renversé , d^s tontns d'ennemis avaient submergé la France ^ et dès monarques étrangers entoiirmentmon lit funèbre. ... « Mais je m aperçois que je me livre au doulotureui: plaisir de vous parler de mes chagrins , auicquels la mort a mis dit moina un terme, sans connaître ceux qui m'écoulent.
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L^Heriote.^ C'est à moi de faire leshon- ;]ieurfi du modeste logis où vient de me confiner pour UM mois k justice, et ou le charme de mes souvenirs est parvenu Révoquer votre prë^encp. L'adorable Josepliirie a devant elle le général Bonnaire, le^^lonel Durei^ier, le génà^ Mina et i'Heimile de la Chaussée d'Amiu^ d»ttt les feuilles oat quelquefois amusé ses loisirs. »
Ail nom de Mina, les doux regards de Pim*pératrice s'étaient arrêtés avec étonnement sur le général espagnol. — Vous a Sainte-P^agie ? lui dit-elle.
Mina. — Comme vous, madame,, sous une
forme plastique qui n'empêche pas que je ne sois
a guerroyer en Catalogne en ce moment. Cette
dernière circonstance est encore un prodige,
.mais celui-lk du moins je puis l'expliquer.
Soigneux de ménager 1 objet de vos immortelles affections , je ne me plaindrai point du traitement que me fit subir Napoléon a sont retour de l'ile d'Elbe; [e me bornerai k vous dire qu ra milieu de la paix il me fit arrêter h Pari;$, et conduire k Sainte -Pélagie, où je passai soixante et cinq jours dans cette même cbambrç.
JosèFHiNE.— Peut-être Bonaparte se souvintil avec trop d'amcrtutiie de votre conduite pendant la guerre d'Espagne; il fa'a souvent entretenue de votre habileté, tle votre ralfeur dans lés combats; mais, je dois 1^ vouer, il donnait k
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votre rigueur erivers nos prîsoniiiers , aux <Dt)yei>5 d^attac[ue et de défense dont tous avez trop souvent fait «isage^un imhu dont gémissait Iliumanité^ '
MiNA«*^ La. guei;re.c|u!il aous faisait était iajusteL; il Pavail port^'e, $aii3 a.i;v:uQerfproyocation, au sein de npiCre p^ys, après y ayoir fo* mente les discordes civiles. Il voulait nou^ imposer un roi de sa famille 9 et anéantir nos libertés , sans pouvoir nous offrir en dédommagement l'indépendance et la gloire que la France devait^a son génie et k ses armes. Nous combattions pour nos foyers , pour notre existence ^ pour notre honneur, contre des légions victorieuses commandées parles plus grands capitaines des temps modernes.
Je ne Vetix point ledis^simuler , j'influai d'un^ maiiiëve terrible sur cette terrible guerre : fléau 'mobile et indomptable, la Catalogne , FAragon, la province d' Avala me virent presqu'en même temps sur tous les points porter le ravage et la ^inoi*t. Le courage parmi nous de vrà avok'leca«ractèredu' désespoir et les foreurs de'laveU'geance.
Le nouveau , ou plutôt l'amiett gouTerneneaft irancais a recueilli la succession d'iiqvtstiGed de baine que kii a léguée Napoléon* Le bonkeuret la liberté dpnt jouit l'Espagne, sous 1 -empire d^ilne opostitution que tous les souvepaias de
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l'Europe ( Pempereur des FrancaU excepta .) ont reconnue eo 1813, est devenue un. sujet
. d'alarmes de l'autre coté des Pyrénées; lesFraaçais ont reparu sur les bords de TÈbirc^y.et j^fti de nouveau ressaisi mes armes pour défendre la
'liberté espagnole contre les armées étrangères. Joséphine soupira , et jeta les yeux sur le général Bonnaire dont elle cherchait ï se rappeler les traits. 1
Bonnaire. — Vous m*avez peu vu , madame ; l'ai passé ma vie dans les camps, et ce général étranger, contre lequel j'ai long- temps combattu, est le seul ici dont je puisse invoquer le témoignage personnel. Je ne suis guère connu dans ma patrie que par mon infortune* Mon sang ve* nait de /;ouler pour la troisième fois sur la terire espagnole , quand la fortune ramena les Bourbons sur le tràne de France. L^empereur avait abdtrqué, j'envoyai mon adhésion, au rétablissement . du gouvernement royal après la déelai;atiofiL dlB Saint^^Ooen : j'étais blessé ; on ne m'empbjf^ pas. Le Qo mars de l'année aui vante, Napoléop reparut $ il crut que je pouraîs encore être utile pour la défense d'une place de guerre , il me confia le coaimandeinent.de ceUe, de Condé. Je^me tRonvais dans cette place au mois de juin iSi^,^ lorsqu'un officier français, envoyé en piorleineilta^ede la part des alliés, fut tué par qn^lquilS soldala^de la garnison , avant que j'eim^.pu. wcir
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connaissance du danger qu'il courait. Traduit devant un conseil de guerre, )e fus condamna k la peine infamante de la déportation ; je ne devais en subir que la plus épouvantable partie* Je me vis, sans monrtf k l'heure même, conduit au pied de la colonne d'Austerlitz. « A genouit y^ , me criait une voh étrangère} « Hélas, rcpondis-je, je ne le puis; le fer ennemi a brisé l'articulation de ces genoux que vous voulez me faire fléchir. » A rinslant une main féroce me contraignit , au milieu des plus vives douleurs, a prendre l'attitude des snpplians. Je subis l'infamie publique délia dégradation. Le coup mortel était porté; on me transporta dans cette prison, dans cette chambre, U cette même place où je me trouve j quelques semaines après je n'existais plus.
A ce récit Joséphine laissa couler les larmes qu'elle s'efforçait en vain de retenir.
DuvfiROiER. -*— Comment pourrais- je me plaindre en présence d'aoe si noble infortune ! qu'il me soit seulement permis de me justifier k vos yeux de l'exil oti je me suis vu forc<f. Après avoir servi mon pays avec honiieur, et dans l'âge de le servir encore, je ine consolais de la perte de notre gloire , dans l'espérance de cette liberté civile et politique dont la charte royaje nous garantit l'inappréciable bienfait. Les droits de la nation y sont reconnus et consacrés ; mais il faut bien con-