LE STOÏCISME
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Depuis jqiie |e suis k S^îi^te-PéjUgie., je lis be»ic<mp les écrivains f philosojpJies* J'ai ^àmt-^ chë k fsûre connaissance avec les sectes cUver-* ses qui 9 depuis Pythagoie jusqu'k.M.. AzaïSy o&t partage l'esprit bumain. Je me suis surtout occupé de la partie morale , qui me parait la plus essentiellQ dans la position oii }e suis. Je jie serais pas fàcbé de savoir, au juste si le monde, est éternel , ou^ s'il a en un commencement y-à^ connidtre le véritable principe du mouvemoït, ce qui m'a fait quelquefois rèvej^ j de. pouvoir expliquer avec clarté, en vertu de quelles, lois les végétaux croissent autour de moi 9 les animaui: agissent ^ t% Phomme disserte et raisonne. M. Azaïs me le dirait bien si je voulais l'entendre. Mais ce serait peine perdue ^ mon intelligence n'irait pas jusque*lk. Il faut donc que je me contente de ce qui est k ma portée* Je sais . poaitiTemeut qu^ j'existe
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dans un pays qui se nomme la France ^ sous un gouTernemenf dit constittêlionnel , que j'ai écrit une pbf aee- dius^ laquelle M» de Broë a treuyé des cjioses affreuses ,' et que je suis en prispii.;.
Ce qui m^importey c'est donc de savoir com* ment il faut me conduire dans une telle position. Les philosophes moralistes peuvent seuls satisfaire ma curiosité à cet égard ; aussi je les ai interrogés k diverses reprises dans le loisir de ma 'cellule 9 et j'ai màrement examiné leurs systèmes : je n^en ai trouvé que deux qui valus-* sent krpeine de' fixer: mon attention^ et j'ai quelque temps balaàcé entre k? secte d'Spiewe et celle des 'stoKcieus* ^
J'ai d'abord admis avee Epîcure , .oomnt principe fondamental de mon sj^tème», que la volupté' était le souverain bien. «Cette maxime m^a paru raisonnable au premier coc^d^œîl; mais quand j'ai «roulu l'examiner* de près , )'ai^ vu .que ce n'était ^ qu'une chimère. Un pré--^ cepte ^li-n^est pas applicable k toutes^ les cir? constances de la vie ne peut, servir de r^e.* Comment f^ais- je , pat ^exemple, pour. avonBde la volupté k Saiate^Pélagie 7 J'wnraia beau mé tourmenter de cent manières , jejaw vten^. drais pas k bout. La, vue des griUes^ Taspect des geftl^ra mettrait en ftiHe toute la volée^iiea Jeux' et des Ris. Il fout que fe prenne mon parti Ik-dessus ^ je renonce k la volupté.
Cependant je veux avoir 4e bonnea raiio^i^
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ptrar n'être pas mtlheiifeia- dan$ qutlqae situaljk>»\de la vie oii le.«Qrt.,pui«8« ine f^ler« Vàk trouyé ce qae.jt ehercbiysy fe me.attii fait stoïoteii. y QUI voyev en naî im yrai diiciple db Z(àM>ib ia hcave itoakitaïuait Finluatice et la pec^Htkm t. je ^daigâe la calemllie ; ne votUk cttiraué oestre tous les 0fMafMi.de ia foiiiH' se. le prëleQda même qu'on k aaehe ^ afia que si l'4n veot eaoere as dânnc» k peine ou k plaisir de a^enroyer ea priaon | il aoit bien avâré qae )e s'ea ressesUsai atteuoe d^eur*
Ce qù^il y a de bon aToe kjtoïetafliQ^ a'eftt qu^il ne vous. abaDdomie }aflMas et ee troure toujours k votre portée au »ordlettt o& vous eu aves besohi* l'éprouve u» f^and nwets de fortaoe } des biens que j'avais Uborieusemeut ac* qoss ose sam eDkvés. Vous ca'oy^s que je vais me oouirouoer oostre ]a deatÎDëe ^ presidre k partie kciel et ks iMimiues y éokter mm fhin^ tes et uo génuaseaaeus } cela serait bmu pour k vulgaire : quuut k nd, je dis timt «inpleaieiit avec Zétton : « Il »e dépeud pas de tm â'è-« » ire riehe, ouàs il dépend de toi d'fttre heu-* » reuft. Les nchesses inènei ne aenc pas tau* )) foufi un bien^ ec cditaioMnent eUea sont » toufours 4e peia <de durée ; -fliais k bonbew » qui vtem de la sageese dure toujours* a
Pour bien «omprMdre eettè «Msoiatien V ^ faut savcHr ce que c'est que k sage des stoï* (âeus. C'eat un bemae qui n'a ni désirs , ni
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cmintesy et ijni , pour fiie serrîr du ten&e de Pécole , a nîs son âme en liberté* Le «iel tam* berak sur loi , ^onmie dk Heraee , ^il n'en »râit pas phia éom ^«k s'il reeeTtit snr la tè«e une pluie de r^es. li n'este eu «dehors que par acfiideÀt , il «st font eil lui rnètne* La sa^ fessé qu'il s'est faite hii suffit poiat feules les occaaic^ns ; il est toujours heureal par<;e qu'il est toiqours Teitueux* Ua sto^ien enehaînë cotume M* Magalliifi k un fereat galeux, ex«posé comme lui au supplice de l'eiposition publique dans tous les quartiers de Paris , forcé d'aller k pied k Poissy et d'y faire le métier de dkapdier , aurait bien trompé l'espérance de ceux qui Panifient ainsi traité* Q aurait timsidéré IMt cela eoncse une maitiraisè plaisant terie. le aaqppose que c'e4t été Arien *on Siii^ fdicî«s.'U se^semt ainsi raisonné lui-même.
a L'esekTage du corps ^ c'est l'ouvrage de la » fortune; et l'escla^i^e de l'âme , c'est l'on- » Vrage-du rice. Celui qui a la lib^té du oorps, Il s'il m l'âme liée et garotlée , est esdave ; et 3» celut qui a l'Ame libre a beau être chargé V de chaînes , il fouit d'une pleine liberté. ^ i» J'igncHre ai j'atrirerai jamais y malgré ma bonne iwlonté , k un si haut point de perfec<tion. Le stoïcisme -ordonne de se garder de la colère comme d'mie pasaîon funeste et tout-kfiut indigne d'un ^losophe* Quant k moi , je
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TOtifli'ais coAiiiie Alce^te^ pouvoir pester- à mon aise (loutre le genre bumam. l\ y a des cht>9es anxqiiell^s J'ai beaucoup *de peine li lu'aecour tumer. Il faut ^ue \t teîUe sur moi-même airec grand sorï> pour réprimer . Fe^plosion dp me^ semiitienspls sont toujours sur' le bord de mes lèvres ou du boul de Tàa pltime ; mais^ je me discipliné , suivant le précepte dé Cratès > le mieux qu^il m'est possible, et fe ne* désespère pas de dev-enir aussi piattent quÉpictète lui-
Ce .qui me coûte le ifioiàs pour devenir lUH srage parfait, c'est le pardon des injures* Mes haines sont fugitive», elles passent plus vite que le mépiis.'Les doctrines du portique ne, défendent pas de Hiépriser ce qui est vil, et je m'y 4iens; dans le temps où nous sommes, assez d'objets sufl^sent au dédain piaur occu<* per suffisamment lès loisirs d'un honnête hom* me ; je n'en demande pas davantage.
Le portique interdit k ses disciples Tambi-^ tion , la vanité ; il ordonne de ne craindre ni là douleur, ni les fers, ni la mort; en un mot, d'être toujours le même, dans toutes les droonstances de la vie. Reprenons ces pré* ceptes l'un après l'autre , et voyonsi si. jesuu en ^état de m y conformer*
' V ambition* C'est une maladie dont il nt me sera pas drffioile de guérir* Si j'avsfis un grand pouvoir, je ne saurais qu'en faire > ce
serait pQUrœoinn yéritable far4iBm})e,le,|K0iw terris p^ï^t-èjre.q^Jqiwp (Qmips poup ftû'rei le Ke»i^ 4. cela étfiit j^f^$sM^ ; nuûa il mfi Uu>der^\ d!^ ,etir« dejjirriis^t . Serait-ce Phottpe^r. que jçs biiifU pouyoïFs coiijferent qui pourrait me lealcr? J^^imer^i^ weii^. i^onor r«r m? place, qi^esl ma place, m'i\oiiorai^ Serait-Cjft le plf^i^ir d'être appelé mon^gneur ou «'c^«l?e grmdeur? 5t ne trouve pas que ce$ mois ai^nt un sou ph$ l^ajpmouieus» que beaucoup d^autres auxquels on n'attache . aucune knppptiiQpe j tout ce qu'ils peuyent ftire , c'est de 'flatter 1- oreille d'un spt; et I'oa ift'açsuce qiie.çel# est arrivé plus d'une fois. »
Za vanité. N'ayant point d'embition, quç ferais*-je de la vanité? Ce serait pour moi nm comp^gpe fort. d^agréable, elle m'ennui^iait k la mort ; d'a^leur^s^ je suis par caractère tr^sr peu enclin, k cette fafiblesse ; je connais trop bien les in^rmités de la nature humaine pour tirer ,queli}i|e vanité d appartenir k une .si pauvre e§pècis..Je cultive J^s lettres , par inclination, parce-, que cette culture fournit, un exerr eicB sjilutfiire k la pensée ^ mais les famées de la gloire littéraire, ae m'ont jamais monté au çerjr^fii^i }e n'ai p^s, comme la. plupart de mes confrères 9 les regards.. /(oujciurs fi^és sur l'ave* nir.: Je jie suis f^ â^s^z content de ce que l'écrjs. pour «spé|*e^, beaucoup de la pos^ité; elle me jugera, comme ^elle voudra ; jedé^
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clitfe d'âvaeiM^ ipie je n'appelle point de sôu jugeMent, quelque létète qt'il ptiisse ètt^.
Quafit k mê% cott4ànpoHiiitt , «'iln pensent de mtA ce ^ ]«' pttti^e du plm grand nombre d'entre en<> >je- n'aipai Mfet d^tte fier. Une sente' obose poumii me donnnè de la ¥amtë^ c'est ma priaon ; et f y coderais pent-é^e' si j'ataîa moins envie d'être philoK^ev
La crainte de la doakur et ées /ètsï Ceei devient plus sérieux : le portique eta parle bien k aoft aise ; il prétend que la douleur n'eM qu'une chinikre , qu'elle ft'e&îsM qu'en idëe. A me aend>le quii y a quelque ehose d'exagéré dans cette prétention ; je ne me crois pas i^-^ pable d'imiter ce philosophe qu'on pliait dans un mortier , et dont la dernière parole lut ; « O douiëwr ) on tte mefùtoèra fankùB itairt^aet qm tu ^ê un nudJ » Tout oe que je puis promettre V la philosophie , o'e^t de m'armet de patience quand j'éprouverai de la douleur} mais si ia* plainte pouvait m^eâ éébarrasser ^ je ci^is que je n'j résisterais pas*- C'est déjlt quoique chose que la patience ; le reste vfen^ Ara quand il pourra. Quant )i la mort, je ne sais pas au juste ce que c'est j intssi'fe me contente d'y penser le moins qu'il est possi-^ ble< S'il est vrai, comme j'en ai Fespérance, que les familles, les amis se* retrouvent et se reconnaissent k ce grand rendét-*^ro«s de lltumaDité , il est clair que la mort qui nous
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sépare des mëciitns et des perséoatetirs est plutôt un bieÉk qn'im imI*^ -
Voilà donc mon cours; de sagesse termine.!
je vais être ferme comme uo roc contre tous les accidens de la vie ^ je a^éproiivaiai plus ni émotion fâcheuse, ni passion, ni ressentiment} je deviejis impassible^
Comme i^àcbevais ces lignes , le gardien qui veille h mx sèreté avee me soHîettnde inquiète , m'aojaQQq^ Vaxavee de ma femme et de ma filW« 2énon ne défend pas d'aimer sa- famlkéy aussi' pivs eaàfaiBm avec phlisin Mais il est airriv^. ua matS/em: > on me le raconte* Une vieille amie qui ne m'avait pas quitté dqmia kiig^bempa y ddal je regrettais l'ab-^^ s^ice , e& qw iNiûlaîl dm drfsir de me seroîr , ma eUevMr Zedbioe aiMiil suiti ces éHncs , ee MA kii anraia ialmmaiMmflDt tefiisé Fentrae der Sainte -^Pâàgb ? eH»' aurait eu beieîn d^tte permissioai timbiée de la ptéfectwe de police, en ont n^«f»ia pas soagé k • lai demaBdev. 2er« Um ae hmèttÉM' pStewemeiit^ h la porte* de fai prioM^ eîkle attendrissaie tout le monde y «xecfêé k g«daie«Mf. I^aRurans :vKnivù voîv ma oliisnflei : ae désappoiiitemeBt^ m^vlie, ^'éjdate an lepnedaaa^ je'«i%id^ne eenlpe ebfi^ ptfo* téiUk J'éaai» vivianent ite& : adicttf ma phi« losophie , adiea men. s^ïciéiBe rèreei • « Je awa Goaë-4e«a oenne devaiit^i » ^
N" X. — "i^aml 1823.
i MXIÈME CONSOLATION.