‹ Les hermites en prison, ou consolations de Sainte-PélagieChapitre 28 sur 86 · I.A LIBERTÉ · texte numérisé non relu

I.A LIBERTÉ

Pecsiqùe, je veux bien prendre la peine de proiixer ici jaon-seulement qu'il n'y a de li« berté que dans les troia royaun^es y mais quHl ne .peut y en avoir ailleurs 9 car tel est n<H> tre^bon plaisir*. Personne ne niera ^ j'espère, qne la liberté moderne n'ait pris naissance àau% ,noti:e Ue , et que le titre de majesté donné au peuple anglais par lord Cbatam ne soit la conséquence^ de sa souveraineté, pro— clapié? d'un «boiit du monde h l'antre par la victoire- Si nous avons conservé k. notre chef le nom de roi ^ qui ^ déplaisait tant aux* Ro* mains , nous avpns su limiter sa : puissance par ,des lois dont jl est le premier sujet :

nous yivonft sous l'empire d'un gouverne*»

ment représentatif dont la force résulte d'une sage balance des trois pouvoirs qui le cons* tituent ) et nous^ jouissons avec un trop juste orgueil : de la liberté, que nous .avons cou* qjuise^.pour permettre qu'aucune auti^ena^ tion entre 0n partage d'uu pareil bienEiit.

On m^'obîeciera^ peut-être des faits q»i dé-»mentent chaque jour des- droits dont noua sommes si £ers ; on me demandera ce que e^e&tquB la liberté dans un pays^ oààdemr ou trois familles se sont rendues ^maitressea da gouvernement 9 oii se sont réfugiés tous le^<,pr4fugés, t<^usilea a]^ua..de l'arîstociratîe^ où la souveraineté du peuple seborpe aui^ saturnales des fuistings j 011 le citoyen . qui: se

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promène au bord de la Tamise pent être pressé par qiielqaes matelots irres et sur Tordre d'un agent subalterne de ramiranté, einbar- ^i sur un Taisseau qui le transporte )i Vaaat^ tre extrëE^sé du moàde au ort de Rnk^Bri*iannia.

On me demandera ce que c'est que la liberté dans un pays où la loi ê^habeas cor^ pus n'empêche pas qu'on ne soit jeté en prison pour une dette de cinq sbelings, )k la premièi-e demande d'un créancier auquel vous «erez libre eli sortant de prourer qu'il ne lui en est du que trois. On me fera peut-être une £DuIé de questions de cette nature. Au Mta d'y' répondre ^ je dirai que n^us sommes libres^ noàs antres Anglais, d'assommer un candidat inrinistériel , de boxer dans la me avec un pair d'Angleterre 9 de vendre no^ femmes an marcbé, et de casser les glaces de ia voiture du roi allant au parlemenit. — •

Je né crtis pas pouvoir me dispenser de prendre la parole après ce i«présentant de sa majesté Ivetonne : N'en d^plai$e au gen^e^ mon ^. dis-je en élevant la voix , s'il est vr«i qveia lS)erté soit le fruit de la plus bantQ ciVilisiitioo y des ]4us anciens souvenirs , et de la gloire la pins élevée k laquelle aucun peuple ait januis atteint , k France deât en être la terre clasaqne.

C'est la liberté qui présidait il y a trois mille

ans h la fifdëration des républiques gauloises , et qui consacrait la pierre du serment autour de laquelle se rëuntssaîeiit leurs députés; c'est elle qui présidait aux assemblées du champ de mai , et qui élevait le pavois où le plus brave était porté , consensu popuU. Quelqjies siècles du régime féodal l'avaient exilée du sol français ; mais la philosophie et la victoire ont ramené la' iy>erlé dans «a patrie ; elle y règne sous rempirè d^une charte constitutionnelle où les devoirs du prince sont dictés , où ses droits et ceux du peuple sont garantis : parmi nous les faommefel sont parfaitement égaux devant la loi , lès imp&ts sont ^également répartis , les minis-^ très sont responsables , le pouvoir judiciaire est indépendant > les juges sont inamovibles, et tout citoyen qui aime son pays, qui cen-»

tribue \ sa prospérité par quelque industrie ou quelque talent > qui Thonore par quelque veri tu y vît heureux, libre et considéré sous la pro* tection des lois. ••• A ces mots un grand éclat de rire partit de tous les coins de ma cbam-^ bre; mesh6tes disparurent tous , et leurs voix réunies répétaient, en se perdant dams les airs :

IL SST A SAIN'rE-IPiLAGIB !

8o « LB 8TOÏai$tfB.

NEUVIÈME CQNSOtAjiON.

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