LA DETENTION. — LE DOYEN DES VOLEURS
Il ii*«sC point d'homm* pcrreBU A an certaia degr^ de perversité qui n'art de .«oj me idée topétte wr e* Dvcios»
J^AUHAis étë mécontent de mm-même si j'i^ tais sorti de Sainte^Pelagie sans avoir acquis une connaissance parfaite de ce lieu de dou^ leurs dans kquel ont gémi d'tUustros ▼ictinés de nos dissênsioBs politiques » eC qlii teook aujourd'hui 9 par une Tolonté arbttraûpe, ce que la société a d'konorable et de tîL A différentes^ heures de la journée je toîs se promener dans une cour appelée tour dt hi déUniion , tant&t des hommes rerctms d'une reste et d'un pantalon d'étoffe grossière, moitié gîis-pâle > moitié gris-foncé , tantôt des en£ins qui paraissent soumis au même régime.
Ayant de parler' de ces détenus , je vais dé* terminer les localités diaprés des renseigne>^ mens positifs*
Le corridor de la détention occupe tout le second étage du principal bâtiment de Sainte*-
resserré pour le nombre des prisonniers y t]ue la plupart fument du tabac , et qu'ils ne peu- Tent sortir pour satrs&ire aux besoins les plus presstus^ il s'y forme une atmosphëtie brftlante et Métère. C*est là quk I^ hohte de l'humanité on entasse des hommes con^ damnés pour des d^its d^nne nature plus ou moins grave, et auxquels on inflige la même torture.
'Fa&tuenx amis de la religion , qui uses ainsi du pouvoir, venez contempler ces malheureux ; voyez celui que l'Evangile vous ordonne de regarder avec pitié, même dans son état d'abjection ; venez le voir gisant sur la paille , ne respirant qu'un nir vicié, couvert d'insectes dégoùtans, près de tomber dans les convulsions du désespoir. Ces hommes que le vice a dégradés, la loi les condamne li la détention, elle punit sans colëre : à^oh. viennent donc toutes ces rigueurs qui lui sont inconnues 7 Laissez -les au moins respirer un air pur; ne les condamnez pas k Tinfection , source inévitable de maladies. Vous nous parlez sans cesse de bienfaisance, de charité; montrez -vous donc charitables et bienfaisans. Vos paroles sont religieuses , 'que vos actions le soient aussi. 'Si vous ne craignez pas les hommes , redoutez au. moins les jugemeqs de Dieu !
Jusqu'k neuf heures du soir , on etfteiSd dans cet enfer ^un bruit tantôt confus, tantô^t
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retentissant. Quelquefois le brigadier ^ de là préfecture reclame le silence, et annonce quiutnouveau prisonnier deauodek raconter une histoireb C'est un coquin détermine qai prend or«> dînairement la parole , soit pour exposer les motifs et les circonstances de son arrestation , soit pour célëbrér les exploits de quelque vieux camarade mort au champ d'honneur y c'est-k* dire en place de Grève ^ on écoute avec atten^ tion ses récits , exprimés dans «n jargon inlfnt^Iligible pour la partie civilisée de la société»
Si Porfiiteur , dans sa narration , indique quelque moyen nouveau et subtil d'éluder la loi et de- eonèottittler le délit , Fintérèt redou-* bie , rairditoire s'ffgite et applaudit avec enthousiasme : c'e!9t ainsi qu'ils se fortifient hiqtueUement dans le crime , et que cette conta*^ gioQ motale gagne jusqu'il oêux dont le cona* n'est pas encore ^néurci , et qu'un traitement humain , dé sages instruûttofis y «usaient eon* duîts an îcfpentif.
Ce repaire relifemie non*-s€tilement des orateurs, maïs encore des poètes , qui, dans leurs rimes grossières, chantent leurs brutales amours et les catastrophes des pripoë*^ Il s'y trouve* aussi des avocate qrit dissîert«nt sur te Code p?nal micfui qu'aucun juriscoïfeulte , et qui
* Oi^ 0p{)eUe br^adier le détenu cl^argé de la dîstribulion clu pain /H reçoit un léger salaire et jouit de qutW quefinrSutl- /*» •')^ *iii >. fit..:... o • • * »• '
l'expliquent aux autres avec uae ^toDBante sagâcitë»
Mais neuf heures son&eBt : la voix rauque des gardiens roule sourdement sous les sombres voàtes des corridors , un silence profond s'établit» Bientôt l'appel se fait , la porte crie sur ses gonds , et les énormes verrous sont tires. Mais k la^ pointe du jour le tumulte re^ commence*
Les prisonniers âgés de plus de soixante ans 9 ou qui ont une infirmité apparente, sont dispensés de tout travail, et reçoivent chaque jour ce qu'on appelle les vibres gras. Ces vivres se composent d'un peu de bouillon , d'une portion de vin , et d'un morceau de viande bouillie. C'est un commencement d'améliora^ tion, l'humanité doit, y applaudir. Les vieillards couchent seuls, dans un lit formé d'une paillasse , d'un matelas et d'une paire de draps» La plupart de ces détenus sont les patriarches de la filouterie. Je parlerai plus tard d'im prisonnier âgé de quatre-vingt-quinze ans, que tous les voleurs ont en grande vénération comme le doyen de Tordre en France et pro* bablement en {lurope.
Le quatrième étage de Sainte-Pélagie est occupé au midi par les détenus pour dettes , ,et k l'ouest par les mômes. C'est par ce mot lugubre qu'on désigne une foule d'eâfans qui n^ont pas encore atteint leur seizième awée^ .