REMARQUES SUR LES MAISONS DE OBTENTION
JNous nous promenions jeudi dernier, moE, compagnon de captiTitë et imoi) sons l'arcade da prëau de Sainte-Pëlagîe y et nous parlions de ^la manière dont les maisons de détention sont administrées en France. « Il serait injns* ur, mè disait-il, de'ntéipas leconnattre les amâioratioDS qui ont ^4 ilitroduites dans lenr r^nue depuis la révolttiion* L'impulsion donnée k cet ëgard par l'esprit philosophique ne s'est point encore ralentie ; elle a produit et produira d'heureux effets. Par exemple , s'il est injuste et crviel d'assujettir des hommes hon-^' nétes^ qui n'ont encoum de reproche que peur leurs opinioBs, k des travaux auxquels leur éducation ne les a point prëj^arës, c'est ua bienfait pour les TagaIioo<k , pour les êtres dëprayës et ignorans que h justice renlS^rme dans les prisons j l'oisiveté , lu fdupàrt dil temps y les jette dans le vice^ et en leur donnant l^bitude du tcayaU, ou les dispose 4 l'ordre, et on fait naitte en euxlei^ect
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•de la propriëlé; ils apprennent, pour me servir d'une phrase populaire y ce que coûte et ce que vaut l'argent* Comme ils mettent k part un tiers de leur gain journalier , ils se forment un pécule, un petit capital. Ils doivent en apprécier la valeur , et peuvent le faire fructifier lorsqu'ils rentrent dans le monde avec une industrie dont l'exercice , s'ils ne sont pas entièrement corrompus, est devenu un besoin pour eux: » ■ ■
— « Tout ce que vous me dites k ce sujet est parfaitement juste; personne n'est plus disposé que moi k reconnâUre le bien partout oi!i il se trouve; .m4i9jik,côt.é des améliorations- dont vous me^ pgfirlez , je vois des abus, intolérables ^ et qi)^ |'<^Quse d'autant moins qu'il serait trës-aiçé demies faire disparaître* Examinons d'abord les localités. N'est-il pas surprenant qu'en France, dans un pays qui se glorifie de sa civilisation , on ne construise f ou, si vous l'aimez mieux , on n*accommode pas des batimens qui puissent répondre aux fues qu'un gouvernement sage doit se proposer en établissant des maisons de détention ? Estril convenable, par exemple, que dans un édifice tel que Sainte-Pélagie on trouve, sous le même toit ,' des prisonniers d'espèces si différentes , tels que des détenus pour dettes, pour, délits politiques et littéraires, pourvoi, escroquerie et vagabondage, sans cotnpter cette foule
d^enfans qui devr'aient être l'objet de soins as-. sidiis et particaliers ?»
— « Je ne conteste point les abus dont vous me parlez , et il serait k désirer qu'une partie des fonds publics qu^on dépense en somp-tueuses r inutilités 9 pour ne. rien dire de plus,fût consacrée k construire des maisons de détention qui pussent satisfaire k tous les besoins, de leur destination. Mais le mal se fait.yite, et le bien ne s'opère qu'avec Paide du temps.) Vous. savez que^ sur la proposition de M. de Laborde , on parle d'établir quatre maisons séparées pour les enfans détenus. »
— « On en parlera probablement longrtemps avant que le projet soit réalisé. Tel est le ca-: ractère des Français : prompts k. concevoir, remplis d'enthousiasme pour les réformes re-. connues utiles , et d'une lenteur désespérante dans l'exécution;- La mobilité de leur caractère les fait passer avec rapidité d'un objet k l'autre,, et leur attention ne se fiie nulle. part ; peuple d'ailleurs actif, entreprenant, plein d'honneu^ et de courage , et qui deviendrait facilement la première nation du monde si »
. — « Prenez garde k ce que tous allez dire; nos murs ont de bcmnes oreiUes !»
— « Soyez tranquille; ce que j'allais, dire , je le dirais sans la. moindre hésitation devant M. Jacquinot de Pampelune. Oui, nul peuple ne s'élèvei^ait : au-rdes&us des £riuiçais si toutes
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les parties da f<mTerDeiBeQt cbiistîtiitiotmél étaient d'accord entre elles ; si toutes les iasti*» tMionfc promises par la charte étaient Cbadées ; ri nous n'étions, pas retenus dans ce labyrinthe de lois révolmaonnaire» on impériales qui sent si favo^rables k l'exercice de l'arbitraire , et ^cpii corrompent par nn impur mélange le régime d'une sage liberté ; ai enfin l'administratiott s'oc» oïlpaicun peu moins de ses intérâts particuliers, et beancdup plus des intérêts réds de la société. « Prcmona les prisons pour exemple* Qol est«-ee qui empêcherait d'améliorer ce dépôt nommé Préfecture^ où les détenus pour délits correctionnels sont placés k leur ar rivée k Sainte- Pélagie, o& Us se pèrvetrtîsaeiit iputnellemmit f eu ils respirent nn air corrompu et peurent con^ tracter àe dangereuses midadies? Ne seraitf-il pas facile de les déposer dans des diambres aé-^ parées j où ils aoralent un lit'et les antres menr* blés indispensables? Sèrait<41 si difficile de leur donner une nourritnre plus substantielle , «a ayant égard aux genres de travaux dont ils sont chargés? Les ouvriers eux^^dmes, tout en aoi-«gnant le matériel de leur existenoe , ne ponrraitt on rien faire pour le moral? Il en est beaucoup parmi eux qu'on pourrait retirer des routes du vice et rendre k ia société améliorés par d'honnêtes paachans. Maïs von» voyes combien cett4 paitiefjsi essentielle est négligée dans le; ateliers eu plttsieiirs détenus travaillent en commuiii
I» DiETBNTION. l55
Les profNO Kcénciéax n'y sfMt pks mèmt réprifl|és. On ne peut que gémir mt «ae telle ii»pnhroyiXDce. Je voudrais ^ «dms fimërk -de l'im- Jttaanlé 9 ^e xes genl, dont il ne faut pis dé^ 96ftpâœr^ fassent tnôtés av-ec une indiil^nee mèîëe b propos de séréripé^ cpiV)n 8e ftt mn devoir de les échircr sur lenr état par des ins*tnections propres \k les ramener k in Terui^ <et i[mi fiinsenit 4Û^gées d'nçeeisoHres 4bmi «dessus 4te lêar inieUigeniée ; qne ce&K qui^s^nnsenderaiem, qnî se itrtmnlt reiwafifiier par ienfr 4écence ^ leur itelns^ , même lenr propreté ^ wçassent des ienooœrageiitetts. )v -
. '^ « Sans donm il ày owait rien de nueoX';. mais de la dtéarîe k ia pratique ta distance est -goande« H laut qn^il y ait uwié dans un sys^. ttoe;Coninieot poinrieB^Tons Pdbcenir lorsqup dans cette maison^ par exenpie ^ il y « deux «bpft ^ le 4cohicietige et rëconome ,■ qui 4ann leur ptfrtie respective sont indépendâns Pun de l'autre, et ne pleurent répondre -de l'en^ semble. Cependant Tordis de 4i9Giplîne et l'ot^ dpé éeonoknîfqnè de^meiA reposer sur une mteie bfise , et se lier étrcnlement ponr arr^ 9«reF h iiU résultat sMtsfinsai^ D fendrait de Pharmonie, et vous voyez que dans P<kat aqtnel des choses elle ne peut eiiiAer. »
-^4( (?est la &ute de )^ad«atnistilit»off . Fni vu des matsens ds détention dbns les Ét^A»^ Unis y qui pourraient servit de xttodi)^ aux
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nôtres. On les -oomm^ ptnileniiary hoi^es , maispiis de pénitence, et il n^y règne aucnn des abus dont nons venons de parler. M. de la Rochefoucault-Liancourt a fait parfaitement connaître le régime de ces établissemens dans un . excellent ouvrage intitulé : Des Prisons dt. Philadelphie, dn y voit tout ce que! des hommes sages peuvent faire lorsqu'ils sont animés d'un véritable esprit de philanthropie. J'ai TU moi-même là maison de pénitence de New- York , et je ne crois pas qu'il y ait au monde 4e prison de ce ^enre mieux .administrée. Il est bien rare que ceux qui s'y trouvent en détention né se corrigent pas de leurs peuchans vicieux; ils en sortent sans flétrissure, et ceux qui mènent une bonne conduite reprennent tous leurs droits k l'estime de leurs concitoyens. Je me rappelle un exemple frappant de ces conversions. Il fut accompagné de circonstances si extraordinaires qu'il est resté dans mon souvenir , et que probalemem il n'en sonira jamais. »
— « Vous excitez ma curiosité ; racontezlAoi donc cet événement afin que je puisse juger s'il est aussi remarquable que vous, le prétendez. »
— « Gela nous prendrait un temps considérable j j'aurais quelques caractères h peindre , une action k raconter, et tout, cela rend nécessaires des développemens assçz étendus.
Il ne fnut pas accorder facilement la parole k un voyageur lorscfu^on veut ménager son temps*
— « Ménager un temps de prison ! voilk une bonne idée ; je donnerais , parbleu ! le mien k celui qui rondrait le prendre. Racontez-moi donc Yotre histoire ^ cela nous distraira pendant quelques heures. Ce sera toujouili autant de gagné. »
— - « Eh bien ! je vais tous transporter dans un autre monde. Je fais disparaître vingt et i\ne années de ma vie ; je me retrouve k New- York. »
i58 U9B ywneê.
JNio,xyii..— * 6 mai iSa 5. . .
DIX-SEPIÏÈME COPtôOLATlON.
.LESYfSITES.
L n^était que quatre hepres 4u majM^ j. ^yais presque aussi mal donuî que si j'eusse été dam uu^ palais; immobile^ et le coude appuyé sur ma chétive table de bois blaiic> doftt j'âii eu tajBt de peine k égaliser les quatre supports 9 la figure exposée de profil aux premiers rayons du soleil naissant y si ma bouche eût rendu des sons harmonieux , on aurait pu me prendre pour la statue de Memnon; mab au lieu de chanter y je me mis k philosopher ; jWais, par hasard ^ sous les yeux une pièce de cinq francs qui me présentait le buste monumental de Sa Majesté, k qui je me permis d'adresser familièrement la parole*
« Sire, dis- je k la pièce d'argent, faites- » moi Fhonneur de me dire si vous êtes beau- » coup plus libre que moi : V. M. , qui sait » son Horace par cœur ; n'a pas besoin que » je lui rappelle ce deux vers :
aUena negotia cenium
Fer capta, etc.
» Qae d'aftiifcs l que de derôir»! ^e dW » nui ! tous ea avez patrdessms les ormiks^ ; » ( wiik p ag jbi de wm senrir de ottte es:- » prtwos Tidgaire , m«b Tcnit ssreB mieisx »' ^pe ptraoa^e ^'il n'y a pa» ^ d^otare BMyen ïi èê rend» le jmt m^^. el tma jaUamt U^ » l«£ du icflEte laftÎD. } Pour moi j tire , ^i n'ai » nmt les lira& ai la guenre d'£$pagoe , in les » ministees de France , ni ceixx. d' Angkteixe , »vni les nltia, ni les f^suttes, je ae CToh et fe »- me trottf» en eftt pfav UWe qu'an roi dçnt • )>: Pesprit^ aussi vaste qne ptvfend^ eafeferoi ».. de menée de fiNnt- tant d'affainn b 1» fots^ de ' » eoneiHtet^tam d'oicondliaUes , de dénmir feantl ^ )»> d'ins^iirabies, ei de oonduivé me nachine '■ » ansû conplhp^^ sans en briser les- Feesort».
> ». Sli\ y a quelque ckese de pacMhKntl k » aoQtattir <fU0 je suis en prison plua libre qtss » y. Ihi. sw le trame 9 il est du moins cep* » tam qne je sm pins henreAx. »
Être heurenK comme un roi , dit le peuplç h^été. . Pauvres fous ! au bonheur que fait la majesté T
. Vêtais Uop biealaiicii dai^ ks. baule& région;» de la philo$opbie poiu nt'^rc&ter ea si beau
La plupart des homme&^oxe dis^iis-^je:^ n'ont pas de moUrvenieAl.qui leur soit pcopre; le vent de l'opinjbw» de la &Teur pif de la disg^cjç^, ks^ fait mouvoir en tous seni|.} ofe^tr une armée
l60' LE8VISITES.
dont la YoloQtë n'est pour rien dans les évolutions qu'elle exëcute*
Supposez quarante ou oinquaate^ miUe pauvres diables contraints d'aller courir quand ils voudraient, rester chez eux; marchant , campant , décampant sans cessjs ; prenant des villes ouvertes ou fermées, des canons troués ou enclottés; ces gens sopt en prison comme moi; car une prison est. un lieu où l'on vous force de rester malgré vous, et de faire ce que vous ne voulez pas; avec cette différence en ma faveur, que je pense .et que ces braves geùs ne pensent pas* On a beaucoup trop médit dé la solitude, et je suis quelquefois de l'avis de Sdpion : Num/uàm mU nàs solus^ quàm càm salas y disait cet. ezcdlent homme, qui, sut être un héros et un grand orateur, un homme de génie et un homme modeste. Quels sont les grands moyens . de la pensée? le temps, la patience et la méditation : oii trouve- t-on plus de temps qu^en prison ? où s'exerce^t-on mieux i la patience f où se forme-ton mieux k la méditation! Q^t^t en prison , suivant la parole sainte, qu'on apprend k employer le loisir de chaque minute.
J'ajouterai que c'est en prison qu'on apprend Il connaître les hommes
J'achevais d'écrire cette dernière phrase , lorsque mon gardien vient me prévenir qu'on me demande au talon.
LBS vrtiTBs; l6i
Gett€ intërmpttoti change le cours de mes idées, et je prévois qu'après avoir commencé ce chapi^e ptti^ des réflexions sur la solitude, je lé finirai par des observations sur les visites.
. Je rentre dans ma cellule , après avoir passé trois heures au salon. Je crois avoir déjk dit que ce qu'on appelait emphatiquement salon k Sainte-Pélagie est un parloir de cinq pieds plus bas que le sol d'une coUr plantée d- arbres rabougris , qui prend k son tour le nom de jardin* Quatre muraiîles nues et sales, éclairées par quelques soupiraux, forment cette espèce de galerie, dont tout l'ensentible consiste en quelques bancs de bois vermoulu : c'est la que dhaque jour ^ le jeudi et le dimanche excepté , nous avons tenu notre cour plénière. (Qu'on nous pardonne cette eipression en faveur de l'antithèse* ) D'ailleurs si l'on voulait y voir un mouvement d'orgueil , nous le justifierions en publiant la liste des courtisans assidus de notre captivité ; on n'y verrait pas seulement des guerriers qui ont rempli l'Europe de leur gloire ^ de grands orateurs dont la tribune répète encore les accens , . de nobles pairs , d'illustres étrangers , des médecins , de^ hommes de lettres , des artistes célèbres et des femmes charmantes ;: mais on y verrait aussi, et sur les mêmes bancs, de bonnes gens, des* artisans
1$^ LW TiaiYES» 1
du qaaHier , k qw soas iie devom rien , el qhi ik0iia tÎMirwt astet f«ur perdre n» taùps pcî^ cieox k ircMr nous rendreTiske*
)« iraié rarenent à PAcadAnie ), dont j'ai pourtant l'honneur d'être membre , et je &'a-« vais pas le droit d'espérer que mes trente-neuf imiBiortels confirères. viasaent abaisièr tevrfrokt afadàftique sens le» veAtra de ma prisMa. Six dî'ealr'eux m'(»t donné ce tâmoigumge petsoB* mk d'(»tî«e et d'amîiié , et soù vènib s^a^u^ rer par leurs jwx qu'on ne n^a^aie paîiir en-** Yoyë k Potse; airec qne^e galfrien; Et pour- (piot nùû^? îeaaisdêFiKalëiiRcr? Itfaitrii^a-^^os pas ewoyé dans cette prÎBOB dss'^ ttieifai^ tews> ML MafjattoR et phisiews honmies de lettres , ' qm : saMo^t de Fibcadéane , lonfqne npns n'en seoons plus ? Pevl^tré esl-*^ fo le cas d'dl)8effTes qne- Pittuittr compagnie k kh^ q«elle ^'appartiens, est; insritnée y noo^fidtt^ ment pour faoBoreir les lettres-, mais ponr pto^ téger eeuK qui les cuiliveat j et que ks perse* cutiona dootik sont l'ob)tt ne éevyaiefit pas lui rester aussi ooti^lëtement étrangères» Si l'Aaadémie se iuttaît que sei mevèpcs dti> moins, fusseat k Vaini du mallieur (pist frappé h jeufte Magallon., je Fenirerrais tante eniîinre en eonsukatiflHi dttz tel homme de rofee dont le nom mal prowmod Sait toujonrs rougir la femme j (fà lut rëpéteraia ce qu^il disait il y » quek}iiea jours y avec cette intempérance de paroles qui
'gflt Iri çfrAétftse partrôvïek àt sxm éloqueBoe : « <^ fai iti «H'éi^Blip pbnr'toiiftf qu^le^fië fait % piiitti de dîfeteiicB ebtre eé qu'ion iip)ft«% j» . ««fDwd'littâ délits ;p^Utîqiie8^ et be qu'on à y^.ést. mïxf teiips app^U Âilits ^ mfemtaB } >ei ». .^(tiepraf eo&si^qaeiit la oitftie peine pMl èCHi » .'lirfUgëe k dis dëlits SBinËlablefis^ »
• Mais Itissom l'aoadéinie^ lA^ par uttetranii^ Mil ^u\>n ch>itTtra peitt»-étre un peii hno^quâ ^ parldiia des femmes qui nenotisont; p^èt abaiii ddKiiAidaBi notre solitude ; etvp^v*' ha rieii dâMmer du jn^iite de Itar sacrifiée, d)stais'4'lk« bord que* le plus {emie des pvisdnniérs qn^elUa Ydenhefit obuMes p«r leur doUce pnfseuee fe TU s'accomplir son diiième litsiore. Apirès ^étte cbufidedce <eii ttouVera plus touchant le^ oonta»9te de ëe lieudflMirreurët de d^pût àreo des feiumes éleWës dam lotîtes les kabitudes du luxe et de la mollesse, qui-viénkiëiit efaai|ue jour s'y eniei^iiier qtitlqties heiirèsj ee^lesqui ne respirent que l'air embaumé des parfums et des fleurs, qui ne s'asseyent que sur Pëdredon^ dont les pieds ne foulent que de riches tapis , ne craignent pas d'affronter l'air épais et humide de notre salon souterrain, et de s'asseoir sur d'étroits bancs de bois, dont la dureté est le moindre inconvénient. J'insiste sur ces désagrémens physiques parce que ce sont les seuls auxquels les femmes attachent elles-mêmes quelque prix , et dont elles veulent qu'on leur tienne compte* 1 8.
l6i Uft VISITES.
La convenatimi) dans ces assemblas pleines de charmes, n'^t qu'on long commentaire de ces questions amicales .: G>mment votre santé se tronve-telle du rëgimé des prisons? que peut« on faire pour rendre votre position plus supportable? comment passez-Tons votre temps?.. .• Tous ces discours qu'animent des réflexions plus ou moins piquantes» plus ou moins gaies 'sur l'époque où nous vivons^ seraient d'un trop faible intérêt pour' trouver place ici ; d'ailleurs quati*e heures sonnent, nos amis nous quittent , et je irentre dans ma cellule pour achever mon diapitre ; je retrouve sur mon papier ma pièce de monnaie , et continuant k m^adresser k la noble effigie qu'elle me présente :
« Sire, vous avez connu le malheur de- Texil, s> plus cruel que la prison; vos amis, comme » les miens 9 sont-ils restés fidèles k votre in- » fortune? Étiez-vous k Hartwel aussi -heureux » que je le suis k Sainte-Pélagie ? »