‹ Les hermites en prison, ou consolations de Sainte-PélagieChapitre 5 sur 86 · M'. A. JAY · texte numérisé non relu

M'. A. JAY

JAY (AiTTOiHs), avocat, né à Guitres» département de la Gironde, le 20 octobre 1770.

U commença de bonne henre ses ëtùdes an ccdlégé de Miort, dirigé par les Oratoriens, et les termina à Toulouse, Ville alors câèbre par le concours des élèves et lliabilété dès professeurs. Un homme cpii depuiâ a joué un grand rôle sur la scène politique ,^Foa(^ de Nantes , professait au collège de Niort à l'épo* que même où M. Jay suivait ses premières études; Télève fut remarqué du professeur , et cette circonstance a influé sur la destinée du pi'cmier. Les études qui se faisaient alors , par un singulier contraste avec les formes monarchiques du gouvernement^ tendaient à'exciter dans Tâme des jeunes gens une exaltation républicaine et un vif amour de la liberté. Us puisaient la haine du despotisme dans les livres de Plutarque, de Tite^Live , de Cicéron^ qu'ils méditaient sans cesse, et qui les transportaient dans les plus beaux uèdies de Tanti^

quité. C'est sans doute à ce genre d*éducatîon qu'il faut altrILmer renthtuaîasme presque gëoëral qui saisit la jeunesse française lorsque, pour la première foi^^ elle entendit retentir, dans un pays monarchique , les mots de liberté et de patrÎQ. .M. ' Jay partagea cet enthousiasme, et adopta les principes populaires ( de la révolution avee^^une chaleur naturelle à l'inexpérience du jeune âge , et qui , modifiée clepuis par la râiezion , parut être devenue un attachement râisomié ats. doctrines qui fondent le b^i^nr des peûpfes sur la liberté légale, régala té des droits et là division des pouvoirs : doctrinea aussi favorables à la sta^ bilîtë d«s trdaeS qu*à là proépérité des nations^ Appelé , en Fan 4 » aux fonctionis administra^ tives'du district de Libourae par la eonfianc« Aeses concitoyens, il bs abandonna bient^ pcmr satisfaire te goât des voyages et celui de Tétude, qui avaient toujours occupé son ima* gination . Ua séjour de 7 années dans les États* Unis d'Amérique, lui donna ks facilités nécessaires pour se livrer entièren^vt à oeite inelinatiou naturelle. Pendant cet intervalle de temps, il visita le CajBada, les états- de rOuèât , les Floi^idca et la Louisiane. Quelques firagmèn^ de ses observations sur les Étatsynis oiàt été publiés dans le Nout^eau Jàumal des Voyages, Revenu en France en 180a, M* Jay avait repris j&xoa sqi;i pay&la proiessioi)

d*av«cat y loTsq^e^Fonehé de Nantes , Infemu^ de ^(m retOi^r , lui écWvit pour lui propose^ de venir à Paris et. d'accepter la surveillance de frédu«atioii de ses en&ns. Il lui donnait pour principal motif »' le ministère aaqud If'apoleon venait ie le rappeler , et qui ne lui permutait pas de prendre sur lui-même unç tâclie dont il sentait bien rinjportance et la difEcuIté. M. Jajf » séduit prîncîpalemeiit par la perspectiye de se troi^ver tu milieu du monde littéraire , per^eciive toujours a ttri^antjÇ dans réloignemetit} «t de poursuivre à loisir quelques travaux que les devoirs de sa profes« sion Tavaient. forcé de suspendre ^ accepta sans hâitation les offres du ministre. Occupé pendant 6 ans de diriger les études de troiç enfahs qi^ ne manquaient ni de facilité ni d'esprit , il trouva le loisir de travailler poui; lui-même, sans avoir encore d*idée arrêtée pour la publication daucun ouvrage. U se niéûait de ses forces, et redoutait le granc^ iour de iimpressîon* Une .question proposée par l'Académie française en 1806^ le Tableau littéraire du 18*^^ siècle , usa, son attention. Le9 concurrens avaient échoué pendant 3 années c(msécutives ) M. Jay; essaya, en iSio^ s*il était impossible d£ vaincre les diiEcult^ du sujet. Il partagea le prix i^vcc. M. Victorii^ Fabre. Ce fut U son, prepûer succès dans la carrière des lettrofs. Il conicourut de nouveau

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eà i8 la , pour la âçrnière fois , et son Éloge âe Montaigne obtint T^ccessit. Dans .Finter- Talle , une de ces révolutions si. fréquentes dans les cours avait précipité Fôuché , alorà duc d^Qtrante , du degré de faveur et de confiance auquel il était parvenu. .Tant qu'il parut craindre personnellement pour lui , M. Jay ne le quitta point, et il ne revint à Paris que lorsque le duc d*Otranté eut définitivement fixé sa résidence dans la ville d*Aix , chef-Iiéu de la sénatorerie dont il était titulaire. A cette époque , M. Jay fut inscrit sur le tableau des avocats de la cour impériale de Paris, où il a plaidé rarement , et presque toujours pour dès malheureux hors d'état d'indecpniser leurs défenseurs. Chargé , en 1812^ de la rédaction principale du Journal de Paris , il chercha à diriger cette feuille vers un but libéral et philosophique : à la mém^ époque, il publia le Glaneur, pu Essaii de Ni^ colas Freeman. L'année suivante^ il remplit la chaire de professeur d'histoire à l'athénée de Paris ; et prononça le discours d'ouverture, dans lequel il indiqua les abus An genre romantique et des doctrines allemandes récemment importée^ , et qui , en délivrant l'imagination du frein salutaire de la raison , tendent à nous ramener aux siècles de barbarie. Les services que M. Jay s'était toujours fait un plaisir de rendre à se^aînis , alors nombreux , et surtout

SUA A. JAT. a^

â se^ çompa tr îotesy lui mëritèrent , en mai 1 8 1 S, rhonneur de représenter le département de la Gironde dans la chambre convocpiée pendf^nt hs cent jours. A cette époque, ses liaisons avec les hommes élevés au pouvoir , lui fournirent les xpoyens, qu'il saisit avec empressement ^ de rendre service à des royalistes qui étaient proscrits , ou qui craignaient la proscription. Ce qni paraîtra surprenant, c*çst que quel* ques-uns d'entre eux, après la seconde re»^ tauration , en ont gardé le souvenir. M. Jay se trouva naturellement placé, dans la chan)l>r^ des rèprésentans, parmi les hommes qui vou-^^ laient fonder le bonhetir de la France sur les bases d'une constitution libérale et inviolable. Le 10 juin, il demanda la révision deVacte additionnel et des sénatus-consulUs y qui for-maient une législation informe , contradic-« toire, et favorable au despotisme : il vota constamment avec le parti constitutionnel.

Le %% juin, il fut chargé de rédiger une adresse à l'armée campée ^QU^ les murs de Paris; il fut aussi membre 4^ la députation chargée déporter cette adresse, dép^tation composée de MM. Arnault, Garât, Ldguette-Momai, et du général Gazan. Un accident qui étonna J>eauc^up ces députés ^ fut de trouver au quartier-général à laVillette M. lé baron ,de VitroUes , récemment sorti d'une maisçn dé détention par les ordres dçTouché^ H js'étid>lit

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entre Mf. âe Vittoftes et Jet tâ:embves de la ^êputàtioil une contersatîtm fort animée, dans laquelle le nom de M. ' Arnault fut imprudemment prononce. Cette' circonstanee,' frivole en apparence , cfot des suites graves j^our M, Ârnauh; et il a eu plus d^unefoi^ Tbccasioh <le s*en souvenir. Toutefois les paroles Ae M. Arnault étaient celles que tout bon Français aiù*ait proférées dans une teSe occurrence. Peu de temps après la seconde restauration , M. Jay publia \ Histoire du mirns^ ière du cardinal de Richelieu, ouvrage atuquel il iravaillaît depuis quelques années, mais qu*il avait souvent été forcé d'interrompre. Il coopérait dans le même temps à la rédaction du Constitutionnel , qu^il continue encore aUjourdliui avec M. Etienne, qui jouit d'un haute réputation littéraire et politique justement méritée. Ils ont a^issi l'un etTautre coopéré à la rédaction de dette' Mlnéiye'qtii a relevé en ï*rance fesplrit public , et qui reste dans les bibliothèi^uès , éo^me un ihonument de patriotisme , de courage et ^e talent, tes ouvrages de MJ Jay: sont :,Étbge deCûrndlley 1808; Tableau littéraire du ï8"« siècle j 18 lO^ Éloge de Montaigne , 1^12 ; fe Glaneur^ 18 13. Cet ouvrage a été traduit en allémanâ , Tannée même de sa publication , par M. L. Â. , ilêsse. Sisioire du. ministère, du cardinal de Riùhelieu, 181 5 , 2 vol. in-8^i Traduction du voyage au

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