‹ Les hermites en prison, ou consolations de Sainte-PélagieChapitre 4 sur 86 · U& B. JOUY · texte numérisé non relu

U& B. JOUY

l^e coDlsa lear :vîeîUc^ uiétlioâef du Parnasse ^ oà reprit de la. coatuBie et celui du piîiiUégp .avaient sm se nbaipteiû maigre tous les uip -veaux de }a révolutioa. Oet ou;vrage n obti^l .qu*UQ succès d*estiii^. Dans la tragédie d^ BéUsaifT^ ce «.'était pas^le^cmveram ipû était le malheureiix:. : c'était le gvaad boiUBie , le sauveur de l'empire ; Pempereur était le coi^ pable; le botureau, Tingrat. La scène était belle et instructive pour la société, Les îm«pressions étaient tontes firaiebes de» xx^Mi&xxs d'un gr^nd génie et du triomphe de $e& ennemis couronnés* Un sentiment décbirant d'àmour de la patrie r^^n^ait dans le noble caraejtère du héros aveugle , et sjmpathisaii avec des plaies récentes et des émotions qu'aucune rigueur n'a jamais pu condamner au silence chez les Français. Car il est bien remarquable que c'est s^touf aux représentations théâtrales c}fie se trahit et s*épanche , avec la franchise la plus vive et une expression presque héroï*que , la conscience morale et politique de la nation. Les lectures de cet ouvrage, qui fut reçu avec acclamation au Théâtre -Français, avaient suffisamment donné à son auteur la mesure du succès qu'il eut obtenu sur la scène. Mais il était écrit que le beau rôle de Bélisaire serait rffusé à Talma, La censure elle-même avait d'abord accueilli l'ouvrage. Mais la cen* sure est scrupuleuse selon les gens : elle se crut

ftééhiite, elle Yéltdt en effet, elle se repentit. Cest à Oe repentir d'inquisiteurs qne le public dlemanda' raison , dans le temps,- de la nonreprësentàtion de BéliSatre. Le public la lui iemsinda JSélisaire à la main. L'auteur fit imprimer sa pièce avec une préface , où il rendait compté du t/eto prononce par Faréopage des tënèbres. Ainsi Bélisaire^ au lieu d'un triom* pbe public , n'eut qu'un succès général. Mais toutes les émotions furent privées , et Tadmiration n'ayant pu être séditieuse parce qu'elle fut individneUe , la tranquillité de l'empire ne fut' heureusement point troublée. M. Jouy fut généreux 2 ans après envers la censure, ou plutôt il s'était repenti à son tour. En répara* tion cle Toutrage qu'il avait fait à la délicatesse de ce tribunal, en lui offi-ant dans le personnage de Bélisaire le tableau de l'héroïsme persécuté , pardonnant à son bourreîiu , il lui pré&enia le génie du crime , heureux dé ses triomphes , et rassasié de la mOrt des hommes , abdiquant avec sécurité au milieu de ses victimes son épouvantable magistrature. La censure adopta Sylla: C'était tout simple, elle avait retxïsé Bélisaire. Elle rendit même eotnpte à l'auteur des motifs de sa préférence, en lui deitiandâht le sacrifice de quelques vers qui respiraient franchement l'amour de la patrie et de la liberté. Le tact de la censure fut bien juste, car la tragédie de Sylla, après 60 re-

préseQtations consécatrr^ , ponmit , sôil i Paris , soit dans les 4épiàrtemeii9 , soit à ïi* tranger , la jcarrière d*un des plus grands suc-" ces dont lies annales dramatiques aient eoiir serve la mémoire : le genre était anssi nouveau qne le triomphe de l'auteur.- Montesquieu a été , a-t-on dit, la mnse dé M. Jony pour la tragédie de Sylla : cela n*est pas exact. Ce quiest vrai , c'est qne M. Jouy a trouvé dans le dialogue du dictat^eur ave^ un sage , Theureuseidée de mettre sur la scène Sylla se justifiant de la férodté de son propre génie , et se décla* rant , au nom de la liberté de Rome , innocent de tout le sang que sa tyrannie y a répandu.

Cette idée est grande, elle est sublime %néme par son audace. Il n'y avait qn'un esprit supérieur qui put Tenfanter , et qu'un grand talent' ^ui * osât s'en saisir. Mais l'histoire ; et nous osons le dire à l'auteur lui-même, son génieéminemment tragique , lui a dbntiéJe personnage entièrement neuf de Roscitis^ la singuv lière audience des rois de TÂsie , la terrible image du sommeil et de la peur de ceUhomme qui empêcha Rome de «dormir et de soupirer, la beHe scène du fils de Sylla qui, poursau*' ver son ami proscrit, le cache dans le palaisde son père , à qui cet ami doit 6ter la vie ; enfin le grand coup de théâtre de l'abdication»' que tout le monde attend v et qui. saisit tout le monde d'une impression inattendue. Mais

Uf MOTICB

Tobsest ateur de This^oire , w n^lieu des5uecè$ir de SylUj çst irappé'4'uu autre caractère , nou xnpias original, -et aaos doute plu$ attachaat. La tragédie 4^ Yempere^r Jklien a été reçue i> TuEiaiûiiûté au Thëâtr^Fraoçais. Tout ce que. i^pus a)Outejpoti$ , apirès avoir assisté a plusieurs l^çl^ves de cet ouvrage, «'est qu'il Ji^'est le sou^ iteoir d*auçuii foëm^ dramatique , et qu'ua.

iqtérét jusqu'à présent ini^ouxtu sur la scèue « sortant d'juii caractère d^uae inveulioa absolument iieuvQ» répa.ad dans toute cette tra-' gédie un charme tout-à*fait idéal , une clartés pure et niagique « qui s*éteint au déociament €iQmme Tastre de la vie de Julieu , iovf h t^te QQUroftuée de «e grand hom^ie. Mais le Bx>s-> ciualra^çais si sublixu^ dai^s le. rôle de Sylla ,, Qfù ^era-t-il poiur lUQutrer Julien k $e& chers Parviens ! Nous ))on(iines arrivés non au ternie de Ja carrière dpa^iatîque de ])f. Jouy, a»aii( à la dôture de soq répertoire act^l. X»a phi* losophie . UQU$ le montre encore » sous una autre foruse.y }e précepteur de la société. La - Frattce. u avait p^int d^QUvrage du genre du SpecWeur d'Âddîâioni et Steele , du Guar'^ difuk y du Rambler , etc. Itf. Jouy s'est plut i aaturaltaer parmi Wv» cette espèce d^ jovima) en action. Avant lut- chez : les Fran^ çats, MercTer seul avait essa>j^é dans aes ef^ qui^s grossières -i s$,n» vigueur comme saM vérité y tton le tableau , v^m 1a caricature

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de&UMpiurs da'}aiir. IKx si^ Volumes Ib- 11^^ traiduits dans^tomtti les lamgiie^ UU(QPuipe^^4i (Euope^ sont un momuneiit assez imposiit.

db WOL tntTaux dans ee geme si iosbructif et ai ^cpuÎBt y qui donna autrefins i la Téri-»

table £<miédie cette henvense devise , eastigat ridevdo more$. Ces tableaux, o4 la natvitt, et la société sont prises sur le fait à da^ que instant , oflrent certainemeiit aux pein* très comiques la palettç la jdos rache et la plus variée. CTest aiasi une m^mère,d*écme rbistoire. de son âge . dont les scènes les plus intéressantes ne se passent pi» tonÎGors ms le théâtre de la cour , de la politique QU de la guerre : ces couitisaas., ces hcMn-^. mes d'état, ces gnerrîeçs rentrent ausâ dans. la vie porivee \ et il est piquant de les obseï^, ver' •Mmiiie partiçulîen , < dans les repos oa* 4ans( l'abandon de leur carriàve puMique»

Ce sont les balletiss de la guerre et de la paix sodÈales en France ; que YkêFmiÈe a re:^ eueillis ; la réputation , les takus , les ri* dicules , les ^alît^s , les vices , les vertus ^ ks serviees , les ingratitudes , sont les ae«> . tems de cette coDeeti^n vraiment dramati^ que ,, dont les éditions se multiplient chaque )Our. Xft'csaai du même auteur mxf la Morf»h appliquée àim PokUiiv^j est: uuo' grande peuh sée qni méritait d'être mérie plus long-temps. GbI ewvrage , qai a swtri de texte au eours

que M. Jony donça^. Tannés d^x^i^® ((Sas)', à rAthéoée de Paris , fut si vivement de^

• * "Si

mandé par. le |vibUc et par les aaditeus des séanoes de cette académie , cpie rauteor ^est vefuse à lui*mâme le temps nëccssnre pour le méditer davantage. Mois; iel qu'il ert , cet écrit est important, riclie d'aperçna, de principes , de style , et de pensées. Quelques chapitres y sont trop éoourtés , et le manque de déyeloppemens s'y fait parfcns 6(SlltiJ^•^ Quelques autre» paraissent s'écarter d'uue classification méthodique. Un mois de Irav^U /dérobé à l'^nfatigaÛe fécondité de M. Jouy , donnejrait à cet ouvrage distingué toute la valeur qu'il doit avoir en France ^ où Ton ne pardonne pas à un écrivain de pé^ cher par les formes. C'est le . seul pays où cette sévérité aoit connue ; elle ert inspirée par la raison. On a parlé avec beaucoup d'é** ]<>ge d'ua autre Essai swrA^imdusirie' fran* çaise^ Pans cettr^ carrière nouvelle pour l'au* teiir , et en denors de son talent et de ses inéditations connues i le plus pur patriotisme lui a servi de guide. Avec ce sentiment, il était bien sûr de ne pas s'égarer , et de remplir vis*à-rvis du commerce dé sa patrie , l'eu* gagement qu'il avait pris. Cet ouvrage a été à son adresse , et a prouvé aux > n^ociaps çA aux mauufiacturievs que les muses fran^^ çaises m sont pa3 emclusives , mai» que tout

suK B. xiinr. i3

oë qui intéresse i on degré âèfë la pnmX

I péri té natîoiiale, toat ce qui doit démontieE

la sapérioritë ou, la rimiitëi de s»n; imdastm en-Europe , est «ne noble carrière m se troBr

I Tent honora de descendre les faummês de

celte antie industrie ; qne l'on* nommé lit<-.

I tératùre. Indépendamment des notahrcox air*

tideBdontM. Joay a aUmente pendant tant d^amiées, et dont il nonirit encore à.prtent plnsienrs joarnanx i- et qni ont «ttadMJ aon tiom comme coUaboratenr à l'ancienne Gm* isetie de Frtuiêe y à la Minerve^ on comoié fon* datenr, ila Bmomméej soi Courrier français^ au JauméU des ^ris^ et ait JÊavir^des Spet^ taelês et des Mœurs j il donna dans ses pre^ m.iers débuts en* litttfratnre nae collection âânentaire de l'iiiatoire sacrée , profane et ^moderne , de la gëograpUe et de la mytho^ logiez divisée en- jenx de cartes poor l'ins* tmùtiondcs enfans. Ces )eax sont deirenos classi4{nes« Il ëliît> difficile à on poly^graplie comme M. Jony , et sartont à nn. aussi actif collaborateur d'écrits périodi<|ues , d'ériter certaines tracasseries moitié poKtiqms, mm* tié judiciaires. >On n'a sans doute pas onUié le procès singuK^ qu'il eut à soul^ur à là cour d'assises en 1819, contre la- mnnicipa»lité de-Toulon, pour ayoirosé blftmer ses ha^ bitans d'avoir livré leurs murs aux-^ Anglais

^ en i793i Le procès 'était gagné de part cl

l4 VOTIGE

d'antre/ pnîkpè d'ôn o6tê, riiifle:iible mé-^ moire de belfe affrcase épo4|ue élait poiùr ràoeusé , et <{tte de Tautre um parti piiiaaa«t se vantait du criiiie que reponaiait si iimoce«t« ment Paoeusateiir. M. Joiîy parladevaut tout les témoina de ce fait piâlhenreûseiDCiit bis? torique, et comme oa peut le penser, il fût afafciua. Un jugfimeiit bien iieiuarqBable du tribunal de i*^ instanoe , à Tocoasioa dWli<^ des incriminai du joumal k Miroir ^ ksqueb »

enpolioe éorrectioanelie, avaient fait ooinkm'r Ber les rédacteurs à 5 meus -de priaôu , a dernîèrémBnt vivement intéressé la curiosité on plntàt Tamitië pdbliquè , et par U fim juste ajçréc&tion de là nature et de Tinteii: tkm de ees articles , a renvoyé abl6^s MAC»

Jouy , Arnault , Dupatyet l^s autres c^^bo*»

latieura de ce journal. La litt^ature est aussi une religion , la. persécution, loi esl favi>rat Ue. En 1 8 14 , la mort du dAévalier. d« Parnyi i|uj arrâclia ce poète au spectacle de ta guerre dâs dUux modernes , laissa une plaOU vacant^ à TAdadémie. H. Jouy y fut appelé \ U y était attendu, «t on me put pas le qualifier d'auteur d*ouvrag«i inédits. Yoîeî au surplus la listé eiacte de ses titres littéraires jusqu'au mois de doc'esafaore 182a : i^ la Paix ti l*ji^ mavar^ divertissement à Foceasûon de la paix ; a^ (ai^c Longchamp) la Fille em loierie ; [4r^ htre ; dmmmt htàrû? vavdevill^ , inqlè ; 3«

. SUA B. lOfTY. \^

{ awc lé marne et Di^nUfoy > k TmblHu.éis Smkimi ;^k FaudepUh au. Cmre , ^iii]Mfeev3|e» y. xjîgi^r 4^. ( «f ec .Dte&lafisj ) PJ^firigm ihms ks^ casf€â f ymdssiîHûi J799 i 5« («vec Année « Gersiu) k Carrasse esp^gaoty vamdeVille ; ^, ( ayéc BiènUfoy ) MiîiQH 9 (^rA-oom^u^ y

iSro; 9» les £ayad^f0$ <^ fçtvxà opéra en.St actes, 181 i I 9^/05 Âm0MQms t g^and opérifc en 3 actes, i'8ri $ i^ Jyypon-^^/tr^géiiQ en S àcies, iSi3; xi^k^ ^hno9¥t0ge^ ,,^rv9A epëra enlaetca^ i8i3 } ta^ FûrwÈf^.Chrt9s ^ grand opéra en 3 sM^eë), i9f3 ; ii^* ^irt pkHe et Fkup dû dfyrie ( a^eç Mv .Lêièvre}^ opeVa féerie , en a act«s v i<i«$ > i4^i^'/i^ïz>r0> tragédie ea S actes (qob représentée.)^ aVe« pré&ce et difieùuss ptâîmiaiAine rdatif aAir persécati<ms dont cet €UVrag# a été Vàhj0f ff)i-d<^. râao)^ \h^ PU<HmM awc ,€Qns^enawei9i eomédie en i acte ^ en y^6 % ( 'jrepr.éte&ti!^ M TkéfttreFnmçais ; t^"^ fopidê JisràMr» c(mé^ a» bn & aetea et tir proae { à fOdéoo) i ij^ M. Beau/Us^ mu ta C(ma^rsi^&mfàittd^mmt4^9 comédie ea vn ada et en prosia ( à TOdàia et au Gymnase ); 18° fe Mariage de M, Seaufils^ comédie en i acte et en prose ( à TOdéon ) ; 190 Sylla ^ tragédie en .5 actes, 1821 ; 20® VHermite de la Chaussée-d* Antin y ou Obsen^alions sur les mœurs françaises au ig"* siècle y 5 yol. in-ia (trad. eu angl. par Serran) , chei

1^ NOTICE sua £» 901TV.

Aug. Wahten et C« ; 2 1 « le Franc Paduiri a vol.' iii-12 ^(vtrad. len-aïkg^L ^^-^^iS ) ; a»^ VBermitedeM Guy/mcj^Z vol. m-12 , i8i6j %^ VHermite en province ^ 3 vol. in^ia , Pam^ 1820 ; 24® Morale appliquée à la Politique , a vol. in-8®, Paris , 1822 ; tiS^ JEssai sur Pin^^ iustrie française ^ i vol m-12 , Paris, 1821; %G^ Jeux de caries, hisUmques à V usage de la jeunesse des deux sexes , chez Yanacker , i Lille , etrchez Renouard ; à Paris, 12 .jeux.» }«e «9 Janvier 1823 , M*^. Jouy a ëtë traduit au tribunal de police correctionnelle 4 raison d'un article- de la Biographie des Con-^ let^orains i SOT les frères Faucher de la Réole.. Sur le récjuisitoire de M. Bayeux avocat du voi , M. Jouy a été condamne à un mois de prison et à cent cinquante francs d'amendct If. Jay a encouru la même peine » pour avoir compose un article sur Boyer^ Fonfrède de Bordeaux , son frère j dans la même Biogra* phie imprimée à Paris chez Babeeuf. C'est i ç^tte condamnation exécutée- du 20 avril au âo mai 1823, que nous devons Tingénieuse production des Oermites en Prison.

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