MINETTE
son altesse royale madame la duchesse du Maine ^ à Sceaux* Puis tout k coup il se lève , cache le billet dans le pli de sa cravate , enibrasse teu- -dreipent Ninette et s'échappe de ses bras; elle le suit k travers le jardin et ne peut l'atteindre qa'au moment où il monte dans. une chaise de poste, oii elle distingue une autre personne: ces mxA^j rouie d Orléans j qu'iF adresse au postillon , sont les derniers qu'elle entendit sortir de sa. bouche.
Ninette, au désespoir , éveille la Fillon, lui raconte tout ce qui vient de se passer^ tout ce qu'elle a entendu ; celle-ci se lève en toute hâte , court chez le cardinal Dubois , lui rapporte ce qu'elle vient d'apprendre , sans lui dire précisément de qui elle tient ces renseignemens précieux. Ils viennent k l'appui des soupçons du cardinal , qui dépèche des courriers sur la route d'Espagne ; Yélasquez et l'abbé Porto-Carréro sont arrêtés k Poitiers; leurs personnes et leurs papiers sont saisis; la conspiration est découverte, et le fils de madame de Montespan n'obtiendra pas la régence, paixe qu'un cardinal avait eu l'esprit de confier à des filles de joie la police du royaume , et qu'un jeune homme n'a pu se décider k quitter Paris sans dire adieu k sa maîtresse. A quoi tiennent souvent les destinées des empires !
La plupart des femmes ne connaissent de perfidie que celle que l'amour leur suggère;
6^ Jf1N£aPTS.
SfÎMHIe dtt aemce i{ii'«Ue «rak rcoifai^ jiôd- M^\emualL ttte iNsfiosa k firis d'une trabismi rdotBt s#<i: cfiniP'ëtail tunocMt ^luni, es ^iqsfnt- «AUt iiu^elle avait e4usé ht ipcrte dé àem Vé*iftAqnes^ fu'eUe aimait avec fiassioii^ dk fit ^attr el)e*«idi»e flw netoiar dont lu wena p r ofit a*
iDusein de la laacrtipXÎMi om îfiiwMe était Mmbée, dk «e .aeleva seok., «t tniiiisa ^dias le sentiment de i»a bottte la iforoe . td'é chay n e c a rinfaïaîe ? Le j«iir màne nà tdle fiit pvéyeliiue de ^k visite â« ftëgtnt à >qai la cardimal devait la ,pnesej»ter.y eUe sordât 4e ,cfaez la ïUiM9 fkar la porte du fardin dant ¥ëla3«pie2 Iqi avait biasé la olef^ et ae Tenait «datt» la mmj&en de pénitOBoe fifDte madame de flaavâifltrBiais- ^Miramicm avait fondée '\'erfi la fia/dii 17^» aièale, .aaiis l'injvocatioB de Sainte-Péla^e, <latts la rue idu jPuita-de-PHennke.
Kîaette ;fut neçtte dans ce pieniL aaile par uq •véritable eccJé^iastîque qui «en lavait Ui dMclion. Yé»i«i>le modèle de H^wtea les irertns ^apc^^iiquQ»! <ûe vieillard «oi«s la êigmt dmc^el .Rapkaël aiwait peint la provideaee^ aocaetUîît fuv^c bonté le diiéaefif#ir «de la jeune péaitonte, ^ff, lui parla niême de «a beauté, pour reievier (à aes propre» yeux le mérOe de son ff^eantir.
Habile k Ure au loftd dea fconars ^ «1 s'apevçitf èiemàt que Ninetle Jie cberdbait dans Fado^our di^vin dont elle parut bientôt saisie , qu'k don«*
ner ^ Am^ )k âcft seotUneos dVie oatiAre plus liBiDaîve; «a 4évcHioi(i «v^ait ^is^ue dans ses ex- ^ftt^iiek[«t ck#fte fik terrestre qui n'é€haij>.pait pBs k et sage let pi«ux directaMr^ Ni«£Ue. vou* lait )9e {tàse Tdf gieu^ç ; il la fdétaurna » par de sages conseils y ^'une résolution formée dans Jeialtatiaii H boil dt^s^ie calme de son âme. - : a Ma ttle y disait^-il y vcms çtes envers vous n plus sévièfê 1^6 k cid'mèinie j vouç voulez )» i^n» puair pmidiinl toute votre vie des er- » vettffs^âe voHteipr(Nttièr« )eunessje« Chacun sur h la 4eiire a sa «âesAwiAiop ^ va«s avez contra- » rié k vètre )f>tff les désordres ou vous ont je- I» tée des hommes pervers ; vous la contrarie- » riez encore en embrassant un état de pery> fection auquel voUs n êtes point appelée. Vos » premiers pas dans le monde ont été marqués » par de griindes fautes^ mais, jeune encore, » vous pouvez en effacer la trace , et recou- » vrer la pudeur après avoir connu la honte. »
Les touchantes exhortations de cet excellent homme firent en peu de temps de Ninette une femme nouvelle ; il décida Paimable convertie k retourner k Yvetot , où sa beauté , ses grâces ) sa douceur , triomphèrent de tous les soupçons et fermèrent la bouche k Fenvie ellemême.
Un jeune descendant de la famille souveraine d' Yvetot conçut pour Ninette un amour qu^elle crut réprimer en lui faisant Faveu sin-