LE PASSÉ
Josapliat ëtaît régulier ^ du moins dans sa conduite ^ et si ses amours avec la volage bergère tt la dame infidUlé étaient bien orttiodoxes, mais je sais, et cela me suffit^ jfue ces deux petites pièces de vers sont des modules de grâce et de sensibitite.
Je -me suis iimui^ aujourdliui a feuilleter les six volumes de différens formats dont se composent la gl^re poétique de Desportes, et y^ marqué d'un large et profond onglet (désetpatr des biUiotphiks) , une page où se trouvaient les vers suivans. En les citant, je fais asseï connaître llntéwt ée circonstaiice ^qu'ils avaient potw moi. ' ■
tt Douce lil)erté désirée , St Déesie , ofA t'cs-tu retirée , «K Vit 4M8MMM ■en dipiiVfve t » 'Mtmtfi'éefmm iieiodélwwwi e i .
1» RetourDe., 4 douce liberté i
» QaAl'€b«riie««ii fa«lJ>îeii(pl6Îa4i'tpvic.
3t A cbapgé ma première vie ,
» La comblant à*iiifHicité I
V Et4)»i,<ib6r lë < i é« i éc,
n DéesKvW&t^eMttrMiHfte'?
x Reiourue , é douce liberté !
31 Las ! donc , sans profit je t't^peUe ,
ï> Liberté précieuse et belle !
» Mou corpto est trop ^t -ott^' t
M £ii VAin aptrs toi je vovpivc ^
» £t cr^is que je puis bien te dive
}) Pour jamais adie u , liberte' ! v
d'uoe poésie douce et simple , si supérienre , en moit» k non ereitte, k t^t ee cliquetis de paroles, h e«s mus soBOres qui résonotnt stir 4a lyre moderire j mais au detDÎer vers,
« Pour jaqiais adieu , liberté ! »
mon imagination , a qui la solitude ajovttt m, puissance , prmid epoone uw €oîs «son vfA. et me rend paréseiK à toules Jes àoireors de otlie oaptii^il» ifii ne finie qu'airec ia vie.«.
Te voîià 4ka», èm «liaérable 'k cpi des hommes oonet lurir tia lumiëi-e é» ciami Le sfideil eubrase l^umEan $ je i« denande k fpiette beure du jour 4a erois êtne, et lu me n^otads « qu'il 49St iBak , qa'îl éit toujM»
mit \ » â Ji'y a po«r itoi i{piim pont daas la d«nf e ) DOBMne il 11^7. a qu'tul ^oint don^ i*9S« p«Ke. Parle oepcwdaDt , nu» tel kitertimé } ea^ ta <» Latade «riciiBie idu ctfvice d'uM oomi^ ttsaoefGemsilieurieuK ïrand^, aaciîfië k Torguefl da trôna ?£s^a oà, gnoid oitoyea ,• na La Fayotiie, ^Tiadsie de la Itbeftë mène? oe -v«»tu«aa Saraeviek ?«•«• R^onds {.-«
fe i^ioter^o^ï en iraki} ils antiéleûu aa pensée , écviné aon. int^tligence ; »sa langue ne sait plus aittottlèr ^que ces mata \ J'ai faim : un pain noir toMfae de la Toûta ; il se traîna SI14 la paille infecte et «e saisit «vec avidité de l'aliment gi^o^ier qu'il 4tf¥ore } le pins
6o kJi PASSÉ.
Til des ammanx «n'est ni plus voraee ni pins stupide.
Cest ainsi que l'homme civilisé traite son semblable..,, et les auteurs de ces longs as— sasinats parlent d'un Dieu rémunérateur et vengeur !•••• Misérables , vous n'y croyez pas^ ou vous êtes encore plus imbéciles que mé— chans.
Je m'interrogeais moi-même au sein des ca« cbots oii mon âme était plongée : Je me de»
mandais combien de soupirs Mirabeau avait étouffés dans son donjon ; combien de fois Fouquet avait dû compter et recompter les clous énormes qui garnissaient la porte de son cachot ; combien de fois ce rayon éclatant qui passait au-dessus* du guichet da Tasse avait dû frapper son œil altéré de lumière; comment Galilée avait pu chaque m»tin se proposer et résoudre un nouveau problème astronomique, en mesurant l'angle formé par l'ombre projetée sur le mur de sa prison. . Tour du Temple , donjon de la Bastille j trou. noir de Calcutta, repaires affreux ou les Dalmates enterrent leurs prisonniers ; pontons des Anglais , où leur cruauté plus ingénieuse a trouvé Tart.de faire flotter la peste, l'enfer et la mort ; cachots de la Gmdergerie , oik la même furie, sous un masque différent, plongea tant d*innocentes et tant d'illustres victimes ; ouvrez-moi vo9 gouffres profonds.
l'avenir. ^ 61
et Idissez-moi compter les pleurs ^ les soupirs , les géraissemens dont vous dvez été les témoins!....
La pensée ploie sous de trop affreuses images ^ comme le cerps sous des fardeaux trop pesaus ^ et l'imagination y semblable k l'oiseau que vient d'effleurer un plomb homicide y fuit avec la rapidité de l'éclair y s'emporte et ne s'arrête que dans des régions inconnues. Qu'on dorme ou qu'on veille , le privilège du songe est de prendre absolument le contrepied de la réalité.
Les yeux tout grands ouverts, assis plutôt qu'étendu sur mon lit, \e voyais distinctement les rives de la Seine ; sur ces quais majestueux ^ de longues allées de rosiers en arbres , et d'orangers acclimatés en pleine terre, mêlaient toutes les pompes de la nature k celle de l'industrie : tout était changé, je lisais sur le Louvre , COMBUBRCE ; sur l'iustitut , GÉNIE j sur l'École militaire, patrie; sur la chambre législative , LIBERTÉ.
Mon étonnement redoubla à la vue des flots d'un peuple immense qui couvraient le Champde-Mars et les deux rives de la Seine : quel délire du bonheur, quelle fêtel... c'était celle des nations : je reconnaissais, h leurs costumes différens , tous les grands peuples de la terre : j'errais avec ravissement au milieu > de cette foule joyeuse et cordiale, oii tout le monde parlait la même langue et semblait animé du
9s ^ ifAsaéj
mime esprit. Hais pooi^oi «celle allégMMe ?
Le monde étak lêtfre^ et ftwis ëttiit fe ftk%« du grand congrès des peuples souvei»â!«9 , reppéflcatés pfir 4ews ciwfe , «ous ies «o?» -de plaident , de roi , d-eœpcwnr , *B«Hlt«a, 4e iog€ , de 4«Hm, de scfea , ^ pèsdiâ , de <r»jka, éc bey , de ^y , de nabab , «te.
' A r«tTéraké des Cbanip6-Ély»ëes -sMleviif wi mwuineHt wiipeffce , dont l -arc ferioA^al 4e PBlrfle foMMrtt r^nttëe principale? -ee pnlais avait qwatre fivçades , swr HÂacnne «desqneiifis <m lisait un de «es «Mrts , €Ofi#tf»ii|lfo*i , iihmti^ pake , justiee^ ce pakis Ai congres «Bnmwel «¥a4> feç« le owi 'de <7«pfWer et l^awgHste wsmiblée , <pri«e»e Féimiisait que toi» ie^ vîngt-Jûinq an*, oëtëbrait aiow Tpôw 3# premîèw fow l«s \mSi s^onlaii«es ÎB^fitnëB en l'honneur 4e »a fonâtfMii .
Groirft-t-on (Jtie oe '^ nwe snrprettait davan^ taçe au milieu de tant de «nerv^Ues, «nncqueiles mon admiration ne pomvail: «nfiie, c'^tak de me trouver a une fête k laipieUe a^^nstatent (fselques millions d^indtTidtis et oà ^ ne voyais pas un eenl gendarme. J'en Aîsais la ffemtrqne a un vieuK brame de mes amis que j'avais quit«i il y a tnente ans an bord d« Gitnge et que je rancontrats sur le ibord de la Seine^ «e pvomenast avec le onrë de &at&|-6ulpijoe : « Lea^efiets ces-* sent, nie détail, quand les causes 'n^xkCmt pins : tout a d»engié sur la terre^*la philosophie lègue d'w hwisx dit aaoude ii ramtffe , la puisr*
l'avenir, 63
sance est sans orgueil, la force sans aous^ la faiblesse saos lâcheté 5 que serviraielit aujourdTiuî les geôles , les bourreaux ; les espions , les libelli&tes , les ceaseurs et teu5 les agens visibles et invisibles de ce pouvoir qu*oû appelait jadis la police ; le congrès est ^e« séance y entrez aveo nous> les discours que vous allez entendre vous feront connaître toute l'étendue de la réforme générale qwis'eiM t^>éréie dans les mœurs et dans la politique des nations... » Tous ceux qui se présestsient iK)ur entrer au Capitole portaient k la main un rameau d'olivier j on m'en offrait un, je le saisis avec empressement... Hélas! je n'avais empoigné qu'un des en ormes litanreairx de ma fenêtre.... Je repris mon livre , et \t répétai avec Desportes , en continuant nia lecture :
« Retourne , liberté , retourne !
^ Retourne» douce liberté! »
N*» XXV. — i4 mai iSaS.
VINGT- CINQUIÈME œNSOLATION.