SYMPTOMES
généralement un petit mangeur^ à un âge où Tappétit est le besoin dominant de l'organisme.
Ce qui nous fait penser que l'inappétence, la dyspepsie et les coliques sont liées au trouble qu'occasionne le va-et-vient de la hernie abandonnée à elle-même, c'est que nous avons vu le plus souvent toutes ces misères cesser, dès que le petit malade était muni d'un bandage qui, sans le guérir, contenait bien sa hernie.
Toujours est-il que sous l'influence de ces crises de pincement, dont le souvenir reste vivace et inquiète profondément le malade, sous l'influence des coliques répétés et de l'indifférence à la nourriture, par le fait même du port de ce bandage, qui soulage le petit patient, mais l'humilie, l'état général continue à pâtir et le moral à déchoir.
Le garçon qui a atteint l'âge où l'on peut comprendre la tristesse des infirmités dont on ne voit pas la fin, est souvent pâle, malingre. Il ne se sent pas en état de prendre part aux jeux de ses camarades. Il s'isole, il s'attriste, il voit dans tout ce qu'on lui dit une allusion à son mal, il devient ombrageux et malveillant, de toute la malveillance dont il se croit environné : hernieux^ hargneux^ disaient les vieux chirurgiens.
Nous avons été assez souvent témoins de cette détérioration physique et morale, pour pouvoir garantir que le tableau que nous faisons de l'état de bon nombre de ces petits malheureux n'est nullement chargé, et la rénovation, la résurrection, pourrait-on dire, que nous avons constatée à la suite de la guérison radicale de l'infirmité, ne nous laisse aucun doute sur ce fait que la hernie était la cause unique du dépérissement.
Il faut toutefois ajouter que bien des enfants, les enfants de la campagne surtout, loin de souffrir ainsi
double hernie, qui l'avait fait réformer du service militaire.
Sur nos 105 cas de hernie opérée, nous relevons 4 cas d'étranglement, soit une proportion de près de 4 p. 100.
Cinq semaines (Michon) ; — douze mois (Van Moll); — dix-sept mois (Tournier); — dix-huit mois (Guittard), tels sont les âges de nos petits opérés.
Nous ne nous sommes, dans ces quatre cas, décidé à intervenir qu'après une séance de taxis sérieux, pratiqué dans un bain, puis sous le chloroforme. Nous avons certes vu, plus souvent que quatre fois, la réduction se faire simplement avec le secours du chloroforme et nous ne comptons pas, dans la petite liste de nos étranglements herniaires opérés, deux faits véritablement instructifs.
Nous avions épuisé les ressources ordinaires. Le chloroforme n'avait pas permis de rentrer l'intestin. Nous décidons l'opération : dès le premier coup de bistouri, la hernie rentre d'elle-même sous nos yeux, et les accidents cessent.
11 semble que les accidents herniaires rebelles et nécessitant l'opération s'observeraient surtout chez les très jeunes sujets.
Nous avons eu, chez les plus grands, des étranglements. Mais les bains, le repos, les applications froides, avec un taxis modéré et patient, venaient à bout de l'accident en quelques heures : jamais nous n'avons eu encore à cet âge, à pratiquer l'opération du débridement. Nous en avons cependant été plusieurs fois bien près dans deux circonstances, dans lesquelles le commencement de l'incision des téguments amena, par action réflexe, la réduction de la hernie qui avait résisté à toutes nos tentatives.
Nous avons eu souvent le spectacle de cette