‹ Les hernies inguinales de l'enfance (volume 2)Chapitre 46 sur 83 · I. Bbrgbr, Traité de chirurgie, t. VI, p · texte numérisé non relu

I. Bbrgbr, Traité de chirurgie, t. VI, p

pionnière a résumé les 275 opérations de hernie qu'il a pratiquées, en retenant seulement les 235 hernies inguinales, les 40 autres, proportion relativement infime d'ailleurs, ne touchant pas à mon sujet.

Pour M. LucasrChampionnière, ce serait donc dans les six mois que les récidives, quand elles doivent survenir, se montreraient.

Certainement, il y a des récidives dont l'apparition ne tratne pas, mais il en est aussi qui, après une durée plus longue de l'apparente guérison, se déclarent. On aurait grand tort pour celles-là, le semestre opératoire achevé, de se hâter de proclamer le succès.

C'est qu'en réalité, la question du temps écoulé n'est pas tout.

L'état anatomo-pathologique des choses, le procédé opératoire mis en usage, l'âge, le sexe, la santé générale, la profession du malade, etc., sont autant de conditions portant avec elles les causes d'une récidive, qui tantôt peut se manifester d'emblée, tantôt attend une occasion, à la faveur de laquelle une hernie mal guérie réapparaîtra.

A tout prendre, chaque fois que le manuel opératoire ne garantit pas matériellement la persistance de la guérison, le temps est un réactif de la plus haute importance, car c'est à son épreuve qu'en dépit des craintes ou des présomptions théoriques, s'affirment les guérisons définitives. Il est donc absolument nécessaire de revoir les opérés à des intervalles les plus éloignés que Ton pourra.

M. Lucas-Championnière a revu ses malades. Mais il s'en faut qu'il les ait revus tous, ce qui est une faute capitale au point de vue de la valeur que nous devrons attacher à ses affirmations.

Sous le titre de : Opérés Revus^ notre collègue consacre une petite page, non numérotée, perdue

extrême simplicité chez tous, à part chez un, qui laissa, dans l'aventure, son testicule frappé de gangrène.

Le plus jeune opéré de la série avait six ans et demie, qui est, coïncidence heureuse! exactement Page au-dessous duquel on ne fait, selon M. Lucas- Championnière, que des opérations sans valeur et sans sécurité.

M. Lucas-Championnière, nous le savons, n'a pas opéré de sujets appartenant à la première enfance.

Moins que personne, nous ne pouvons pas nous étonner des succès qu'il a obtenus après l'âge de six ans et demi. Mais, dans l'espèce, il nous est bien difficile de juger, en connaissance de cause, la valeur réelle de la technique mise en usage, car notre collègue ne nous fait connaître ni les particularités héréditaires, ni les maladies antérieures, ni l'état de santé actuel, ni l'anatomie du trajet, ni la conformation des anneaux de ses opérés. Nous sommes donc obligé d'enregistrer les résultats en bloc^ sans pouvoir analyser les conditions cliniques, dans lesquelles le succès a été obtenu.

Or, ces succès, dont les conditions ne nous sont pas expliquées, sera-t-il indiscret de les étudier avec les simples éléments d'information que les tableaux statistiques nous fournissent ?

Un des enfants (obs. j i) est ainsi noté : « Sort au bout de 6 semaines dans l état le plus satisfaisant. » On ne Ta pas revu.

Un autre (obs. 107), non revu, reçoit cette mention : « Sort en bon état. Ceinture Raynal. »

Un autre (obs. 148), « suites irréprochables ^ sort au bout d'un mois avec paroi irréprochable ».

Un autre (obs. 162) « sort en bon état y cicatrice solide au bout d'un mois » .

Un autre (obs. 190), « suites très simples y l'enfant

36o HERNIES INGUINALES DE L'ENFANCE

récidive commencée, pour l'un au bout de deux mois, pour l'autre au bout de plusieurs (?) mois^ est annoncée par des euphénismes ingénieux :

Chez le premier, « le choc intestinal est moins haut que pour d'autres opérés » ; ce qui signifie, à ce qu'il semble, l'apparition d'une pointe de hernie en bas.

Pour le second, « impulsion très élevée » ; ce qui paraît annoncer, après deux mois, que la réparation de l'orifice externe commence à craquer.

Tous les deux portent d'ailleurs, l'un « une ceinture à pelote », l'autre « un bandage double à ressort ».

Ces deux récidives commençantes, ajoutées aux huit guérisons incomplètes que le « bandage à ressort ordinaire » doit soutenir, renforcent le nombre des 14 récidives annoncées et portent, à bien compter, le total des insuccès, récidives flagrantes et récidives commençantes, à 24, sur les 96 opérés de hernie inguinale, qui ont été revus : proportion des insuccès = 25 p. 100.

Il n'y a pas en effet de beau langage qui tienne : les récidives, une fois qu'elles apparaissent s'accentuent et sont forcément progressives.

Une hernie est guérie ou elle ne l'est pas : vous ne pouvez pas sortir de ce dilemme, une fois que vous nous avez annoncé que la cure est radicale.

Notre collègue le sait bien d'ailleurs et quand il prescrit à un de ses opérés « un bandage à ressort ordinaire », nous lisons dans cette prescription l'aveu qu'il ne considère pas l'infirmité comme guérie, et tout ce qu'il pourra nous dire ne sera qu'un thème subtil de suppositions ingénieuses ou d'illusions.

Passons maintenant aux guérisons proclamées.

En étudiant avec attention les tableaux statistiques

Enfin entre les 49 succès et les 24 échecs relevés sur les 96 opérés revus par notre collègue, il y a 23 opérations, dont les résultats ne peuvent véritablement pas être considérés comme des cures radicales.

C'est au temps, nous ne saurions trop le répéter, qu'il appartiendra de faire une sélection et d'apporter des preuves.

La mention « Nouvelles excellentes » d'un malade qu'on n'a pas revu, arrivant au bout de deux, quatre ou six mois, une telle mention ne comporte ni la précision clinique qui convient à la désignation d'une infirmité aussi portée aux récidives que la hernie, ni la durée nécessaire, pour qu'on puisse affirmer que le travail de réparation a fait ses preuves de résistance et que le succès est définitivement acquis.

En réalité, si la proportion des succès n'est pas plus brillante dans le traitement opératoire des hernies des adultes, la faute en est, sans doute, ainsi que nous l'avons vu, aux propriétés physiologiques des tissus, que l'âge a rendus moins vivaces et par conséquent moins aptes à la réparation d'une région déformée ou malformée.

Tout cela fait partie d'un ensemble de difficultés communes pour tous les chirurgiens.

Mais, quand dans la série des récidives annoncées par M. Lucas-Championnière lui-même, nous voyons des hernies reparues chez des sujets âgés de 16 ans (obs.i2o) — dei7ans(obs. 227) — de24ans(obs. 1 10) — de 27 ans (obs. 196) — de 31 ans (obs. 186), c'est-à-dire à l'âge où les tissus possèdent encore une puissance de vitalité presque comparable à celle qui appartient à l'enfance, n'avons-nous pas le droit de nous demander si le procédé employé n'est pas pour

chez nous sur le traitement opératoire des hernies, ne nous accusent pas de complaisance ou de naïveté et ne soient pas les premiers à nous dire que, dans le procédé de notre compatriote, ce qui est bon — la dissection du sac — n'est pas de lui et ce qui est de lui — la suture en U faite au catgut — n'est décidément pas très bon..

Nous n'avons pas grand'chose à dire des effets définitifs et des résultats éloignés de l'opération radicale chez nos enfants.

Aux 5 1 enfants âgés de 6 ans et demi et au-dessous que nous avons mentionnés plus haut, nous ajouterons 52 opérés moins jeunes, dont on trouvera l'observation résumée ci-après. -

En voici la liste par ordre d'âge :

Enfants de 7 ans .... opérés 6

— 7 — et demi — 5

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