‹ Les hernies inguinales de l'enfanceChapitre 39 sur 76 · II · texte numérisé non relu

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. Nos opérés ne portent pas de bandages, ni.de pelotes, ni de; ceintures.

Un bon nombre d'entre eux ont subi, quelques

semaines ou quelques mois après l'opération, l'épreuve de la coqueluche, de la rougeole et des maladies à toux, et nous les avons examinés, à la suite, avec la plus grande attention.

A part deux cas, les enfants René Grandin et Hausset, dont on verra l'histoire aux observations, la guérison ne s'est pas démentie.

Plusieurs fois, nous avons vu la coqueluche ou la rougeole, survenant plus tard, provoquer l'apparition et le développement rapide d'une hernie du côté non opéré, sans que la réparation du côté opéré ait été compromise ou même ait molli, en quoi que ce soit.

Nous avons recherché et revu nos enfants, opérés par le procédé que nous avons décrit : les plus anciens remontent à trois et à quatre ans.

Nous avons toujours observé une guérison solide et permanente.

Les fils métalliques sont restés chez tous, à part deux (obs. ci et ou); plongés dans les tissus, sans y provoquer ni inflammation, ni douleur. i

Nous n'avons donc pas à établir des catégories suivant les degrés de la solidité de la région réparée.

Les onze dernières observations, que vous lirez à la fin de ce travail, représentent la tache noire de notre pratique.

Nous pouvons les diviser en trois classes :

I* Opérations malheureuses ;

2* Opérations frustes ;

3*. Opérations suivies d'incidents.

La première classe comprend :

f Le fait xciv : /lîorf;

2", Le fait xcy : phlegmon diffus, mortification des piliers, récidiye sur la cicatrice de la Aer/i/e, résultant d'une grande perte de substance;

j** L'observation cv : insuccès de /'orch/dopexie, avec guérison de la hernie.

A ces faits on ajoutera l'observation civ, dont les suites sont véritablement mauvaises, en ce sens que la blessure d'une veinule du cordon a nécessité l'application prolongée de topiques, dont l'effet a été une rétraction du cordon, et une élévation du testicule contre Torifice externe. La hernie est guérie, sans doute, mais il y a lieu d'attendre pour voir ce que le temps fera de l'ectopie testiculaire cicatricielle, suite de notre intervention. Cette observation porte un enseignement utile et nous montre quelles conséquences peut entraîner une blessure insignifiante du cordon spermatique et comment on ne saurait trop multiplier les précautions, pour le mettre à l'abri des trauma^ tismes.

Dans tous les cas, la guérison radicale de la hernie elle-même a été obtenue et nous n'hésitons pas à attribuer ce résultat à la sévérité et à la solidité du procédé qui assure la fermeture du trajet inguinal et qui n'a manqué son effet qu'une fois (obs. xcv), dans la catastrophe locale d'un phlegmon diffus.

Parmi les opérations frustes, nous voyons trois opérations (xcvi, xcvii, xcix) dans lesquelles, malechance ou maladresse, nous n'avons pas pu trouver le sac herniaire. Les enfants ont subi la suture des piliers, qui a guéri leur malformation. Dans cette classe nous rangeons le fait c, dans lequel le sac a été excisé, mais l'opération n'a pas été complétée par la suture des piliers, en raison de difficultés anatomiques à peu près insurmontables.

Parmi les observations à incidents^ nous rangeons les observations ci et en, qui nous montrent l'élimination tardive des fils d'or, sans toutefois que la fermeture de la baie herniaire ait été compromise, en quoi que ce soit.

L'observation cm a trait à une épiplocèle que nous a avons pas détachée et que nous avons eu le tort de lier avec le sac. Opération mauvaise et qui peut entraîner dans l'avenir le danger d'un étranglement par bride épiploïque.

L'observation civ a trait à une hernie singulière^ hernie sans sac.

L'opération n'a pas été suivie de la suture des piliers et l'enfant a été guéri ; de quoi ? Nous l'ignorons.

Enfin l'observation cvi se rapporte à un jeune enfant de ai mois qui, opéré le 25 avril 1893, sortit, guéri sans incident le 5 mai, et rentra à l'hôpital pour mourir de diphtérie, dans le service de notre collègue le D' Cuffer, le 22 mai, c'est-à-dire moins d'un mois après son opération.

L'enfant était d'une constitution parfaite; la malformation du trajet avait été régulièrement corrigée; l'opération avait marché à souhait ; la guérison s'était produite rapidement et à sec : nous avions, dans notre idée, un beau succès à relever.

La maladie qu'il contracta, en rentrant chez lui, ne nous a pas permis de voir se justifier nos espérances. C'est ainsi que nous rangeons l'enfant dans la section des cas non probants.

Nous exigeons de nous-mème ce que nous demandons aux autres : l'épreuve d'un temps prolongé, pour affirmer la réalité de la cure radicale.

Nous avons cependant joint à nos observations les faits d'enfants opérés depuis moins de six mois. C'est surtout au point de vue de l'anatomie pathologique et de l'action opératoire, que nous avons relaté ces observations.

Au point de vue du résultat définitif, ces opérations radicales ne sont pas encore, malgré ce que nous en pouvons penser, des guérisons radicales; nous

les suivrons avec soin et vous remarquerez que chaque relation de ces faits est suivie de cette mention : Sera revu. '

Nous avons d'ailleurs pris le parti de publier, en tète des observations, les noms et les adresses de nos petits malades, sans croire avoir trop manqué à la discrétion.

Il n'y aura donc ainsi pas d'erreur : d'une part, il sera facile à qui voudra bien en prendre la peine, de retrouver mes opérés; — d'autre part, si jamais l'un d'eux, frappé, contre mon attente, de récidive, venait demander le secours d'un de mes collègues, celui-là pourrait trouver ici des renseignements précis, publier l'observation de l'heureuse ré-opération d'un de mes cas de récidive et m'épargner la naïve prétention, dont je ferais preuve en continuant à considérer comme guéri un opéré « non revu » qui, n'ayant plus confiance en moi, aurait eu l'idée de s'adresser à un autre.

Pour ces raisons, cette manière de faire m'a semblé plus instructive pour le lecteur et plus commode pour moi, que le simple énoncé, dans un tableau statistique, du sexe et de l'âge, sans description clinique, sans adresse et sans nom.

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