G. FÉLiZBT. I vol. in-80. Masson, Paris
a. E. Charon et G. Gevaert. Chirurgie infantile, i vol. in-8«, p. 89. Paris, 189 1.
AVANT-PROPOS Vil
l'hôpital Saint-Pierre de Bruxelles^ pratiqua avec succès et relata, comme un acte audacieux, l'opération d'une hernie congénitale sur un enfant de cinq ans.
Notre collègue subissait sans doute l'influence de ceux qui se sont plu à exagérer les difficultés de cette utile opération^ car il tergiversa longtemps avant d'agir, et c'est avec une modestie parfaite et une bonhomie intéressante qu'il nous raconte ses perplexités :
« Je fus cinq mois, dit-il, avant de me décider à l'opération. Dans les ouvrages que je consultai entre temps, je ne trouvai que de bien rares documents sur la cure de la hernie congénitale che:[ les jeunes sujets. Des auteurs, Holmes entre autres, qui n'écrivaient pas encore sous l'influence d'une foi bien profonde en l'antisepsie, déconseillent formellement l'opération che:[ les enfants; dans les autres traités spéciaux^ il n'était même pas question de la hernie congénitale.
« Je finis néanmoins par me décider à une intervention chirurgicale che\ le jeune sujet, bien convaincu qu'aucun autre moyen ne parviendrait à le débarrasser ni même à le soulager de sa cruelle infirmité.
<t Une fois ma résolution prise, je dus subir la lenteur traditionnelle que mit le fabricant d'instruments à me fournir divers, objets que je croyais indispensables et... dont je ne me servis pas, car l'appareil instrumental nécessaire pour la cure radicale est des plus simples. »
L'enfant, très habilement opéré, guérit.
En France, M. Phocas, agrégé à la Faculté de Lille, a publié la relation de deux opérations pratiquées avec succès che:[ des enfants, dont l'un avait quatre mois et l'autre quinze.
VllI AVANT-PROPOS
Enfin, la Revue mensuelle des maladies de l'enfance, du /5 avril 1892, contient une dissertation dogmà-tique dont la conclusion formelle est^ on ne sait pas pourquoi, quil ne faut pas opérer avant la troisième année. Cet article n'ajoute rien, d'ailleurs, à la connaissance de la question.
Toutes les relations d'opération radicale che^ les petits enfants sont néanmoins pleines d'intérêt. Les indications qui ont déterminé le chirurgien à agir, l'exposé des difficultés qu'il a rencontrées, la rareté extrême des cas de mort, tout cela méritait, certes, d'être publié, ainsi que cela a été fait.
Mais, en dépit de cet intérêt, ce ne sont toujours que des faits dont le caractère saillant se rattache à l'âge des petits opérés, et nous voyons invariablement reparaître l'impression dominante, de l'identité des hernies de l'enfance et des hernies de l'âge adulte.
Nous espérons prouver ici que rien n'est moins fondé que cette opinion.
Nous espérons montrer que la difiérence est fondamentale, au point de vue de l'anatomie pathologique, des symptômes, des complications, du pronostic, du traitement; ajoutons, au point de vue de l'opération, c està-dire des précautions techniques qu'elle exige, des suites qu'elle comporte et des résultats quelle donne.
Dans cette chirurgie spéciale, nous pensons toujours qu'il convient d'opérer vite et d'être extrêmement avare du sang des petits malades. Sur ce point, nos idées n'ont pas varié, depuis la publication de notre mémoire en 1891.
Ou nous avons changé, c'est sur l'opinion qu'il faut se faire des hernies des premières années et sur les ma-